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PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES -
Samedi 21 juin 2009
N° 1009
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Editorial
Pas d'autre voie que se battre!
Aussi bien le LKP de Guadeloupe que le collectif du 5 Février de
Martinique font le constat que beaucoup de patrons manoeuvrent pour
ne pas appliquer les accords signés à la fin de la grève générale
de Janvier-Février-Mars 2009. Mais en plus certains rajoutent des
attaques créant un climat qui finit par exaspérer les travailleurs.
Ceux-ci déclenchent alors, ici et là, des grèves: à Only,
menaces de grèves sur les salariés du secteur pétrolier, à la CGRR,
etc.
Ce comportement des patrons n'est pas surprenant. Les exploiteurs,
quand ils se retrouvent face à la mobilisation et à la colère des
travailleurs, peuvent reculer et concéder certaines revendications.
Mais ces gens là se considèrent comme des patrons «de droit
divin»: les entreprises sont leurs entreprises, l'Etat est
leur Etat, la société c'est eux qui la contrôlent et la
dirigent!
Quand l'orage social est passé, ils redressent la tête. Et ils
s'apprêtent à mordre de nouveau et à faire régner l'ordre dans les
entreprises. En réalité, tous ces patrons ont dans la tête un
objectif bien précis: c'est de revenir plus ou moins vite à
l'état antérieur, c'est-à-dire ne pas appliquer les accords passés
en fin de grève.
Nous travailleurs devons savoir qu'une seule lutte ne suffira
jamais pour contraindre ces gens à nous donner satisfaction. Il n'y
a pas d'autre voie que se battre et se battre encore!
Et les journalistes et commentateurs au service des patrons
s'emploient à démontrer à coups de mensonges répétés notamment sur
les radios, télévision et dans leurs journaux que nos
revendications ont des effets néfastes sur l'économie, qu'elles
provoquent des faillites d'entreprises, du chômage, etc.
Le but de ces gens est clair, c'est de convaincre les travailleurs
qu'il est inutile, inefficace de se battre, de faire la grève. Et
les patrons s'attachent dans les entreprises à annuler les effets
de la grève générale.
Nous travailleurs devons avoir nos propres façons de voir la
situation, nos propres tactiques de lutte. Les patrons sont nos
exploiteurs, ceux qui s'enrichissent de notre travail. La seule
façon d'arracher des améliorations de salaires, de conditions de
travail, etc, c'est de continuer à nous battre. Si nos 44 jours de
grève en Guadeloupe leur ont fait peur et les ont obligés à reculer
et à accepter des augmentations de salaires, c'est bien dans cette
voie là que nous devons poursuivre notre combat.
Nous n'avons pas d'autres solutions: notre arme c'est la
grève! Et la plus efficace c'est la grève générale! Et
la menace la plus grave pour le gros patronat, c'est qu'à force de
nous contraindre à ces luttes incessantes, c'est le principe même
de la propriété privée sur les grands moyens de productions,
grandes entreprises, banques, plantations, usines, etc.. qui sera
remis en cause.
Il arrivera bien un jour qu'une majorité d'entre nous comprendront
que de revendications en revendications, de grève en grève, la
meilleure solution ce sera un jour de nous débarrasser
définitivement de cette couche de parasites profiteurs qu'est le
gros patronat.
En attendant ce jour, nous devons nous défendre avec bec et ongles
contre leur tentative de ne pas respecter les accords de salaires.
C'est pourquoi nous devons répondre massivement à tous les appels à
la mobilisation, à la grève lancés par nos organisations
syndicales, par le collectif du 5 Février, par le LKP! Notamment,
en Guadeloupe aux rassemblements devant les entreprises, meetings,
et manifestations prévus du 20 au 29 Juin.
Guadeloupe
Les employés municipaux de Sainte-Anne font plier Aldo Blaise
Après bien des rodomontades et autres mensonges sur le caractère
politique de la grève des employés municipaux, le 11 juin dernier
Aldo Blaise a été obligé de signer un accord pour y mettre fin.
Rappelons que cette grève a commencé le 7 mai dernier à l'appel des
syndicats CGTG, CTU et UGTG. Les principales revendications
portaient sur l'application du régime indemnitaire (la NBI) à tous
les agents et non à une minorité «méritante» selon le maire, la
régularisation des fiches de notation de 2006, 2007 et 2008,
l'harmonisation des quotas horaires, l'application des
procès-verbaux de la CAP (commission administrative paritaire) de
2000 à 2005 qui permet une évolution de carrière aux agents. En
fait ce sont souvent les mêmes revendications qui sont posées dans
la plupart des collectivités. Au départ le maire, Aldo Blaise n'a
cessé de répéter que les agents n'avaient aucune
revendication.
Il n'empêche qu'après plus d'un mois de mobilisation des agents car
la grève était largement suivie maire a dû revenir à la table des
négociations. Le protocole d'accord signé donne satisfaction aux
agents et le maire s'est engagé à appliquer le régime indemnitaire
à compter du 31 juillet 2009 et à créer une commission ad hoc pour
réaliser une étude ayant pour but d'améliorer la carrière des
agents. Le Conseil d'administration de la Caisse des Ecoles sera
réuni pour délibérer sur le régime indemnitaire des agents.
Concernant la régularisation des fiches de notation le maire
s'engage à régulariser les années 2006-2007-2008 et 2009 au
plus tard le 31 décembre 2009. Les problèmes d'harmonisation des
quotas horaires seront également étudiés et les procès-verbaux de
la CAP des 12 novembre 2007 et 18 mars 2008 seront appliqués. Le
maire s'engage aussi à mettre à la disposition de la CGTG un local
syndical et à fournir aux trois organisations syndicales de la
commune le matériel bureautique, informatique et de
télécommunication. Il s'agit tout simplement du respect du droit
syndical. Ce qui était impossible durant toute la grève l'est
devenu grâce à la détermination des grévistes, et cela en dépit de
la venue des forces de police appelés par A. Blaise pour
impressionner les employés en lutte.
Reste que le plus important pour les agents c'est de faire
respecter l'accord signé car il ne s'agit pas de se remettre en
grève pour faire appliquer un accord déjà signé. Pour une grève,
politique selon A. Blaise et où il n'y avait aucune revendication
on constate que de nombreux points sont tout simplement des
dispositions réglementaires qui ont d'ailleurs été actés. On
constate encore une fois que très souvent les maires ne respectent
pas les dispositions légales au détriment des agents. Ils se
comportent souvent comme des petits potentats et attribuent les
primes à la tête «des clients» qui sont proches du maire où à sa
dévotion et non en fonction du mérite ou de l'ancienneté par
exemple. Les grévistes de la ville de Sainte Anne ont refusé cette
discrimination et ont obtenu satisfaction sur toute la ligne.
Martinique
Rallumons la mèche!
La CGTM en réunion avec ses militants, mais également le
Collectif du 5 février, dans une assemblée avec la population tenue
à la Maison de syndicats, ont tous les deux fait le constat des
difficultés rencontrées pour faire appliquer par le patronat
l'accord sur les salaires, mais également par la grande
distribution, l'accord sur la baisse des prix des produits de
première nécessité.
Dans les grandes surfaces, force est de constater que de nombreux
produits de la liste des 400 articles sont manquants dans les
rayonnages. De surcroit sur les autres produits qui ne sont pas
BCBA, c'est la valse des étiquettes. D'ailleurs c'est la «Lettre de
l'IEDOM» qui signale dans sa parution du mois de juin,
que «des tensions inflationnistes demeurent sur les produits
alimentaires qui augmentent de 3,1%».
Alors pour avoir bataillé contre la hausse des prix, les personnes
présentes aux réunions disent avec une certaine colère, ne pas
vouloir accepter que se perpétue ce vol organisé des grandes
surfaces!
Dans les entreprises, il s'agit pour les travailleurs d'arriver à
mettre en place la négociation sur les modalités de l'application
de l'accord telle que prévue dans l'article 6, du document. C'est
le parcours du combattant et des difficultés en cascade.
Certains employeurs insistent pour inclure dans le protocole soumis
à signature que l'augmentation versée conditionnera les NAO des
trois prochaines années.
D'autres disent attendre la réponse de la branche professionnelle à
laquelle ils sont conventionnellement attachés, histoire de faire
traîner !
Ailleurs, les travailleurs se trouvent confrontés à la volonté de
certains patrons de prélever la CSG et le CRDS sur l'augmentation
prévue, ou encore d'appliquer l'augmentation de 4 et de 2% sur le
salaire net, plutôt que sur l'assiette des gains la plus élevée du
salarié. Voilà grosso modo une série de situations qui montre les
obstacles que dressent les patrons pour n'appliquer l'accord qu'à
minima et réduire les effets de gains escomptés par les
travailleurs.
C'est donc clair que la grève générale leur est restée en travers
de la gorge et qu'ils veulent le montrer. Les patrons entendent
donc indiquer qu'ils ne cèderont pas sans réagir, et qu'ils
tenteront, chaque fois qu'ils s'apercevront que c'est possible, de
reprendre ce sur quoi ils ont dû céder lorsque le rapport de force
était en leur défaveur.
Ce message les travailleurs doivent bien l'entendre, parce les
prémisses de bras de fer pour la période à venir se jouent déjà par
ces manoeuvres d'intimidations. Il est donc urgent qu'ils
s'organisent en conséquence et de manière déterminée sur leurs
futurs objectifs, car c'est de cette manière-là seulement que l'on
rend les conquêtes le plus durables possible.
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