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PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES -
Samedi 20 juin 2009 N°
1009
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Page 2
Attaque annoncée contre les retraites et donc contre tous les
salariés
Les panneaux d'affichage des élections européennes ne sont même
pas rangés que le gouvernement tire une nouvelle salve contre les
salariés. Sous prétexte de déficit de la Sécurité Sociale, le
ministre du Travail a prétendu à la télévision qu'il n'y a que
trois choix pour que la caisse de retraite soit équilibrée:
diminuer le montant des pensions, augmenter les cotisations ou
repousser l'âge de la retraite. Lui se déclare favorable à la
troisième solution.
En brandissant la somme de 24 milliards d'euros de déficit pour la
Sécu, Hortefeux n'a pas évoqué pour comparaison les centaines de
milliards d'euros de trou dans les comptes des banques que le
gouvernement s'est empressé de combler. Pour la caisse de retraite,
l'Etat se déclare impuissant. Pour les banquiers, l'Etat a
payé!
Il s'agit pourtant, dans le premier cas, de la vie de millions de
retraités d'aujourd'hui et de demain alors que, dans le deuxième
cas, il ne s'agissait que de sauver la mise à quelques centaines de
banquiers ou de spéculateurs de la finance.
C'est d'autant plus infâme que, si le déficit de la Sécurité
Sociale augmente, ce n'est pas parce que les salariés se soignent
mieux mais parce qu'il y a de plus en plus de chômeurs et de moins
en moins de cotisations qui rentrent.
En évoquant les trois choix entre lesquels il hésite et qui, tous,
aggravent la condition des travailleurs, Hortefeux a omis d'en
ajouter un autre: prendre l'argent dans les sommes consacrées
aux banques justement ou dans celles du bouclier fiscal.
Parmi les mesures évoquées par le ministre du Travail, il y a aussi
l'autorisation du travail du dimanche. Pour un nombre croissant de
travailleurs, il n'y a plus de travail même les jours de
semaine! Mais le gouvernement se préoccupe d'offrir ce petit
cadeau aux grandes chaînes de distribution qui revendiquent depuis
longtemps de pouvoir exploiter leurs travailleurs et gruger leur
clientèle même le dimanche.
Si le gouvernement s'est fait plus discret le temps d'une campagne
électorale, le patronat n'a ni interrompu ni modéré ses attaques.
Pendant que les ministres saoulaient les électeurs de paroles sur
"une Europe meilleure", les patrons continuaient à licencier, à
supprimer des emplois, à fermer des usines.
Les officines de statistiques officielles elles-mêmes ont constaté
que le nombre de destructions d'emplois est sans précédent depuis
qu'il existe des statistiques à ce sujet.
Il est évident que ces attaques ne s'arrêteront pas. La crise est
loin d'être terminée et il n'est pas du tout dans l'intention de la
classe capitaliste d'en faire les frais. Les patrons ne se
contentent pas d'accompagner la crise, c'est-à-dire licencier en
fonction de la mévente de leur production. Ils anticipent. Les
courbes montantes des licenciements et du chômage s'accompagnent
inévitablement de l'aggravation de l'exploitation pour ceux qui
gardent leur emploi.
Cela ne pourra pas continuer ainsi. Il est vital pour les
travailleurs de se défendre par la lutte collective, le seul moyen
de faire reculer le grand patronat.
Les directions syndicales, plus préoccupées de garder leur rôle de
négociateurs avec le gouvernement et le Medef, que de changer
vraiment le rapport des forces, n'ont pas de stratégies orientées
dans ce sens.
L'insuccès de la journée du 13 juin ne résulte certes pas d'une
"fatigue sociale", comme a osé le dire un dirigeant syndical, mais
de l'absence d'une stratégie de mobilisation claire.
Les dirigeants politiques les plus responsables se gardent
cependant de triompher, et à juste raison. Ils savent, et
l'histoire est là pour le leur rappeler, que même si des directions
syndicales se veulent responsables devant le patronat et le
gouvernement en cherchant à éviter que des désordres sociaux
mettent en danger le fonctionnement de l'économie capitaliste, cela
n'est pas une garantie suffisante pour endiguer une explosion
sociale.
Car les boutefeux, ce sont les patrons, avides, ce sont les
financiers, insatiables, ce sont ceux qui, forts de leur dictature
sur l'économie, sont habitués à ce que les gouvernements
considèrent leurs exigences comme des ordres et que leurs décisions
soient acceptées comme inévitables. Jusqu'à ce que la mesure de
trop, la provocation de trop, déclenche l'explosion qui les
contraindra à reculer!
Arlette Laguiller
Martinique
Les gérants de stations service «prennent la population en
otage»
Durant cinq jours, la population martiniquaise a été privée de
son accès habituel aux stations-service. En effet, la grande
majorité des gérants a décidé de fermer le jeudi 21 mai, jour de
l'Ascension (donc férié), le vendredi 22 mai (donc férié), mais
également les samedi 23, dimanche 24 et lundi 25 mai 2009. Il
s'agissait pour eux de faire pression sur le gouvernement pour
obtenir selon leur expression «la revalorisation de leur marge
commerciale de détail» et ils avaient sollicité le 23 mars
2009 les syndicats de salariés, dont la CGTM Produits Pétroliers,
pour que ces derniers s'associent à eux pour ce qu'ils présentent
comme une revendication commune. Le syndicat des gérants pense
tromper son monde en disant que cette augmentation permettrait de
financer l'accord du 14 mars (prime de vie chère de 200 euros) et
l'application de la convention collective nationale. La CGTM a bien
sûr rejeté cette proposition car elle a fait savoir que cela
revenait à augmenter le prix de vente des carburants.
Durant ces cinq jours de contestation patronale, pas un communiqué
du Médef ou de la Cgpme ou des politiques pour dénoncer «une prise
en otage de la population», expression que l'on retrouve toujours
lorsque des travailleurs manifestent leur colère et perturbent
quelque peu la vie courante!
Une délégation de gérants menée par la présidente de leur syndicat
a été reçue en préfecture le lundi 25 mai, et à l'issue de cette
réunion, elle avait manifesté sa satisfaction d'avoir été entendue.
Fin mai, début juin, une délégation s'est rendue en France,
accompagnée entre autres, d'un représentant local de l'Etat pour
assister les gérants qui plaidaient leur cause devant le
gouvernement.
Plutôt que de s'en prendre aux compagnies pétrolières qui, selon
leurs dires, leur imposent des conditions intenables, les gérants
préfèrent taxer la grande majorité de la population, avec le
concours de certains, en pensant réaliser une opération juteuse, en
prétextant le faire au nom de leurs salariés. Mais ces derniers ne
semblent pas disposer à croire à l'histoire des gérants. A deux
reprises, ils se sont réunies à l'appel de la CGTM-PP et ont
clairement fait savoir qu'ils n'entendaient nullement se faire
tromper et qu'ils réclameraient leur dû.
Une réunion avec des représentants de l'Etat, du syndicat des
gérants de station-service et de syndicats de salariés se tiendra
le 15 juin en préfecture pour connaître les conclusions arrêtées.
Affaire à suivre...
Combat Ouvrier présent a la fête de Lutte Ouvrière
La fête annuelle de «Lutte Ouvrière» s'est déroulée comme
d'habitude à Presles à une soixantaine de kilomètres au nord de
Paris. Des milliers de personnes y ont participé durant les trois
jours du week end prolongé de la pentecôte, du samedi 30 mai au
lundi 1er juin. Le beau temps qui dominait cette année a
certainement attiré encore plus de monde que les deux années
précédentes.
De nombreux stands politiques d'organisations principalement
d'extrême gauche et des stands culinaires animent la fête.
Combat Ouvrier, comme toutes les organisations membres de l'UCI
(Union Communiste Internationaliste), dont nous faisons partie aux
côtés de Lutte ouvrière et d'autres groupes de différents pays,
tient régulièrement un stand à cette fête. Cette année, il a connu
un succès plus important que les années précédentes, en raison de
la grève générale qui s'est déroulée en Martinique et en Guadeloupe
de janvier à mars derniers. Un nombre important de militants, de
travailleurs, de jeunes et d'autres participants ont entouré le
stand en quête d'informations sur la grève générale. Beaucoup nous
ont fait part de leur satisfaction d'avoir pu suivre et soutenir la
grève générale des Antilles. Que ce soit autour d'un boudin-punch
ou accras ou autour du colombo servis dans la partie restaurant de
notre stand ou que ce soit dans la partie librairie et politique du
stand, les discussions n'ont pas arrêté. La projection des vidéos
sur la grève générale et une exposition sur le même thème ont aussi
attiré bon nombre de visiteurs.
Mais le temps fort de la fête fut le meeting débat sur la grève
générale aux Antilles qui eut lieu le dimanche en début de soirée.
Nos camarades Ghislaine Joachim-Arnaud, secrétaire générale de la
CGTM et Jean-Marie Nomertin, secrétaire générale de la CGTG,
étaient présents et ont parlé de la grève dans l'enthousiasme
général et sous les applaudissements. A leurs côtés, les camarades
Lita Dahomay et Max Céleste, qui ont activement participé à la
grève ont pris aussi la parole. Un camarade de La Réunion présent à
la tribune s'est exprimé sur le mouvement qui s'y est déroulé à la
même période qu'aux Antilles. Après les interventions, ils
répondirent aux différentes questions posées.
L'accueil fut particulièrement enthousiaste. Et bien après le
meeting, (comme avant, du reste) Jean Marie Nomertin et Ghislaine
Joachim Arnaud furent entourés et pressés de questions par de
nombreuses personnes et de nombreux militants. Tous ces camarades
et participants avaient pu voir et entendre à la télé ou sur les
ondes, lors de la grève, nos camarades en action, principalement
les deux dirigeants de la CGTG et de la CGTM. Et le fait de les
voir présents là et répondant à leurs questions, en chair et en os
les aura visiblement touchés, et réciproquement.
Quant à l'ensemble de la délégation de Combat ouvrier, elle aura
perçu lors de cette fête l'impact de la grève générale sur une
fraction, petite mais combative, de la classe ouvrière
française.
Et pour nous, comme pour les camarades de France présents à cette
fête ce ne peut être qu'un encouragement à poursuivre les luttes et
à se battre pour leur extension, et leur généralisation contre
l'exploitation capitaliste et l'Etat qui la sert.
Le meeting de la fête de Lutte ouvrière et les
interventions de nos camarades peuvent être vus et entendus sur
Internet, dans le site de Lutte Ouvrière.
Guadeloupe
Les négociations sur les baisses des prix se poursuivent avec le
LKP
Plusieurs séances de négociations ont eu lieu entre le LKP et
des représentants de la distribution, fournisseurs des «lolos»,
fournisseurs de pièces détachées d'automobiles ainsi que les
fournisseurs d'appareils et de produits utilisés par les
handicapés. Ces discussions et les propositions de baisses ont été
décidées à partir des engagements pris lors des accords signés par
le LKP avec l'Etat, et les assemblées locales sur la plateforme de
revendications.
Les négociations sur les prix des pièces de voitures ont rassemblé
la majorité des concessionnaires, le 4 juin, à l'exception de ceux
de Mercedès. Des propositions de baisses doivent être faites avant
le 19 juin. Elles concernent les pièces mécaniques de réparation
telles les joints, les courroies, les vis etc. ainsi que des pièces
importantes telles les embrayages, le système de climatisation. Une
baisse doit également s'appliquer sur le prix des pièces détachées
d'engins, tels les tracteurs, les véhicules de transport, les
remorques...
Des baisses de 10 à 15% ont été obtenues sur par exemple des
produits d'hygiène corporelle, les seaux, les poussettes etc., 13%
sur les fauteuils roulants à propulsion manuelle ou électriques.
Ces baisses doivent être appliquées à compter du 1er juillet.
Certains fournisseurs d'audioprothèses ont proposé une baisse de
10% sur l'appareillage contre la surdité, baisse applicable à
partir du 11 juin jusqu'à décembre 2009.
Les fournisseurs des magasins Discount ont proposé un label LKPA
sur les produits en baisse qu'ils fournissent dans les commerces
notamment ceux de proximité tels les lolos.
A toutes ces baisses doivent s'ajouter celle de l'octroi de mer sur
certains produits, obtenue par le LKP suite à des négociations avec
la Région.
Tout cela devra être contrôlé par la population si l'on veut éviter
une hausse exagérée des prix des autres marchandises comme c'est le
cas dans bien des supermarchés et hypermarchés après les accords
signés. Les patrons de la grande distribution, non seulement ne
respectent pas les accords signés sur quelques produits
alimentaires et d'entretient (1400 produits pour l'ensemble des
commerces) mais font flamber les prix sur d'autres marchandises
pour entrer dans leurs marges. Ces capitalistes ne sont pas
réellement contrôlés par l'état et pratiquent les prix qu'ils
veulent.
Seule une intervention déterminée de la population et des
consommateurs permettra de mettre un frein à la rapacité des
profiteurs de tous poils qui croient qu'ils vont pouvoir continuer
comme avant leur «pwofitasion».
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