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PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES -
Samedi 20 juin 2009 N°
1009
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Page 3
Guadeloupe-Martinique
Fin de la grève à Orange
Après 63 jours de grève, les salariés d'Orange ont finalement
fait entendre raison à leur direction. Ils étaient 63 grévistes sur
350 salariés, la grève était donc minoritaire, mais la
détermination dont ils ont fait preuve a porté ses fruits. Les
acquis bénéficieront à tout le monde! La grève a débuté en
Guadeloupe sur les points de revendications suivants:
- Concrétisation des résultats des NAO (négociations annuelles
obligatoires) de 2007. La direction les avait reportés à plusieurs
reprises et en avril 2009, ils n'étaient toujours pas
concrétisés;
- Application de l'accord Bino;
- Arrêt du harcèlement moral;
- Respect des IRP (Instances représentatives du personnel);
- Embauches locales et arrêt des externalisations.
La grève a ensuite démarré en Martinique, où la mobilisation a été
plus forte. L'ensemble des travailleurs grévistes des deux îles ont
constitué une intersyndicale et ont établi une plateforme commune
sur laquelle est fondé le protocole d'accord. Le point concernant
les NAO n'est pas inclus dans cette nouvelle plateforme, ni celui
concernant l'indemnisation des jours non travaillés. Les points
concernant l'embauche locale, la réorganisation des services avec
arrêt des externalisations seront discutés vendredi 19 juin.
Tout n'est donc pas résolu, mais les grévistes ont obtenu des
avancées importantes et ont repris le travail la tête haute.
Guadeloupe
Grève des salariés d'Only
Ces travailleurs se sont mis en grève le mercredi 3 juin. La
direction conteste la nomination par la CGTG d'un délégué
syndical; l'affaire est passée au tribunal le 2 juin et le
jugement sera rendu le 7 juillet. Le prétexte avancé par la
direction est qu'il y aurait en Guadeloupe moins de 50 salariés,
seuil nécessaire pour avoir un délégué syndical. Cependant, en
Guadeloupe, Martinique et Guyane, l'entreprise compte 80 salariés
répartis sur 13 agences. En fait la direction ne veut pas voir de
syndicat dans l'entreprise. Elle n'a pas organisé d'élections de
délégués du personnel, alors qu'elles auraient dû avoir lieu en
2008. Les salariés exigent le respect de la convention collective.
Selon leur contrat de travail, ils sont payés au SMIC, alors que la
convention collective prévoit un salaire supérieur de plus de 200
euros. Ils devraient travailler du lundi au vendredi, alors que la
plupart d'entre eux travaillent aussi le samedi et les heures
supplémentaires ne sont pas payées.
Au début de la grève, ils étaient à 39 grévistes. La direction a su
manoeuvrer pour que certains reprennent le travail, en disant
qu'elle allait appliquer la convention collective. Mais une
vingtaine restent toujours déterminés et ne se laissent pas berner
par les promesses de la direction: la convention doit
s'appliquer pour tous. Ils sont bien décidés à ne pas céder avant
d'avoir obtenu satisfaction. Ils ont raison, car seule la lutte
paye.
Guadeloupe
Mobilisation des enseignants contre des «erreurs»
d'affectation
Les enseignants se sont mobilisés mercredi 10 juin au rectorat.
Les représentants élus des personnels du 1er degré, des syndicats
UNSA, FSU et SPEG, ont refusé de siéger à la commission
administrative paritaire départementale (CAPD), qui est censée
valider les affectations. Car ces affectations établies par le
rectorat présentaient des erreurs que les enseignants concernés ont
dénoncées. Certains avaient demandé des mutations dans un autre
établissement de l'académie, mais leur voeu n'a pas été satisfait
alors que le poste convoité a été attribué à un autre enseignant
qui totalisait moins de points. Ces points sont acquis
principalement par l'ancienneté, ainsi que par les notes
administratives et pédagogiques.
S'agit-il d'une erreur due à l'utilisation d'un nouveau logiciel
pour gérer les affectations, ou comme on pourrait le craindre,
d'une volonté du rectorat de n'en faire qu'à sa tête, voire à la
tête du client?
Les syndicats enseignants demandent la tenue d'un groupe de travail
pour corriger ces erreurs.
Guadeloupe
Les employés de la CGRR poursuivent leur grève
Depuis le 29 avril 2009 les employés de la CGRR (Caisse Générale
de Retraite par Répartition) sont en grève à l'appel de la CGTG et
de Force Ouvrière. Les principales revendications portent sur
l'application de l'accord Bino, le respect des instances
représentatives du personnel. Les grévistes réclament également le
calendrier d'ouverture des NAO (négociations annuelles
obligatoires), l'application du plan de formation, l'harmonisation
des horaires du groupe CGRR...
A ce jour les représentants syndicaux n'ont pu discuter avec la
direction car celle-ci conteste la délégation syndicale par le
refus de la présence de représentants syndicaux extérieurs à
l'entreprise. Pire la direction n'a pas hésité à assigner les
grévistes au tribunal pour entrave le 19 mai et réclamé 2000 €
d'astreinte par jour et par personne et 3000 € au titre de
l'article 700. Les juges qui sont toujours prompts à donner
satisfaction aux patrons ont condamné les grévistes à une astreinte
de 1000 € par personne. Ils n'ont pas accordé d'indemnité au titre
de l'article 700 et ont demandé la nomination d'un médiateur dans
un délai de 15 jours. Deux rencontres ont déjà eu lieu avec les
médiateurs sans succès car la direction reste campée sur son refus
de la composition de la délégation salariale. La mission du
médiateur est terminée et aucune solution n'a pu être
trouvée.
Au dernières nouvelles les responsables de la CGRR ont proposé de
débuter les NAO le 23 ou le 30 juin prochain. Comme quoi ils jouent
le pourrissement du mouvement et ne sont pas pressés de trouver une
issue au conflit.
De leur côté les grévistes ont assigné la direction pour délit
d'entrave au bon fonctionnement des instances représentatives du
personnel. On verra bien si les juges mettront autant de zèle pour
condamner des patrons qui ne respectent pas le droit
syndical.
Les grévistes restent déterminés à obtenir satisfaction car leur
lutte est légitime et ils en ont assez de subir le mépris de la
direction.
Guadeloupe
Début des négociations à la Maison Départementale de L'Enfance
Après plus de 80 jours d'une grève commencée le 25 mars dernier
les choses semblent avancer dans le conflit qui oppose les salariés
à la direction de l'établissement. Le Conseil d'administration
avait décidé le 20 mai dernier de nommer un administrateur
provisoire puisque les grévistes refusaient de discuter avec le
directeur, M. Palie.
Finalement une commission ad hoc a commencé à discuter avec les
grévistes. Cette commission est composée du directeur de la DSDS
(Alain Parondi), du directeur de la PJJ (protection judiciaire de
la jeunesse), M. Amidieu Gérard, de la directrice générale adjointe
des services du Conseil Général ainsi que la directrice de la
tarification, de celle de l'enfance et de la famille et le
président du conseil d'administration Paul Naprix accompagné de
Jean-Marie Hubert. Une première rencontre a eu lieu avec le
personnel afin de déterminer la méthode et le calendrier des
négociations. Rappelons que les principales revendications portent
sur la dégradation des conditions d'accueil et d'hébergement des
jeunes, les mauvaises conditions de travail, la précarisation de
l'emploi. Le personnel dénonce aussi les attaques du directeur
contre les avantages acquis et en particulier son attitude
dictatoriale.
Pour suspendre leur mouvement, les grévistes ont tenu à ce que
certains points soient discutés au préalable car jusque là, le
directeur faisait un blocage. Il s'agit du retrait des sanctions à
l'encontre de certains salariés (syndicalistes); du
rétablissement de la paye car des retenues sur salaires ont été
effectuées de façon abusive; de la réintégration d'agents
dont les contrats avaient été arrêtés toujours de manière abusive
et de l'amélioration des conditions de vie des hébergés, à savoir
les enfants. De plus les salariés ayant appris que la directrice
adjointe de l'établissement n'avait aucune délégation de signature
alors qu'elle est en fonction depuis janvier 2009 ont demandé
qu'elle bénéficie d'une délégation de signature effective.
Dans l'ensemble les premiers entretiens se sont bien déroulés mais
les négociations doivent réellement commencer le mercredi 17
juin.
Il faut savoir que la mission d'audit sollicitée par les grévistes
est arrivée en Guadeloupe le samedi 13 juin et a commencé ses
travaux dès le lundi 15, la rencontre avec le personnel est prévue
le mardi 16 juin.
Recul des droits syndicaux au niveau international
Au moins 76 syndicalistes assassinés, 7 500 licenciés, des
centaines d'emprisonnés et des grévistes victimes de répressions
violentes, voilà le sombre bilan tiré par le dernier rapport sur la
violation des droits syndicaux dans près de 143 pays, publié par la
Confédération syndicale internationale (CSI). Aucun continent
n'échappe à ce durcissement global des conditions d'exercice de la
défense des droits des travailleurs. Ainsi, dans les grands pays
industrialisés, la CSI estime que «le recours au travail en
sous-traitance et aux agences de sous-traitance de main-d'oeuvre est
en hausse, sapant ainsi les revenus, les conditions et les droits
au travail». Et certains prétendent que la lutte de classe, ça
n'existe plus...
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