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PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES -
Samedi 20 juin 2009 N°
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Page 4
Le crash de L'Airbus RIO-PARIS
Le crash de l'Airbus A330 d'Air France-AF 447- Rio-Paris qui a
coûté la vie à 228 personnes pose encore une fois le problème du
respect des conditions de sécurité par les grandes
compagnies.
A l'heure où nous écrivons ces lignes quelques dizaines de corps
ont déjà été trouvés et aussi des débris de l'avion, mais on est
loin du compte. Les boîtes noires contenant des informations
importantes sur le déroulement du vol ne sont toujours pas
trouvées. Elles gisent paraît-il à 3000 mètres de fond et tout est
mis en oeuvre pour les retrouver. Combien de temps devront encore
attendre les parents des victimes pour avoir une explication
valable des autorités de l'aviation civile? On ne sait pas.
Mais en tout cas un certain nombre de négligences importantes de la
part d'Air France et/ou d'Airbus apparaissent comme des faits
irréfutables.
Ce n'est un secret pour personne que les capitalistes des
compagnies d'aviation cherchent avant tout à faire le maximum de
profit et quelquefois au détriment de la sécurité des
voyageurs.
On sait que les sondes «pitot» indispensables aux pilotes pour
connaître la vitesse de l'avion étaient depuis longtemps
défectueuses sur les Airbus. En particulier à cause du givre. Air
France avaient engagé une procédure de remplacement progressif de
ces sondes sur les A320. Elle avait commencé à le faire depuis
avril dernier sur les A330 et les A340. Toutes n'avaient pas été
remplacées, en particulier sur le vol AF447. Or, connaître la
vitesse de l'avion est capital, car voler à trop grande vitesse
c'est soumettre les structures de l'appareil à une limite de
résistance dangereuse et voler à trop faible vitesse peut faire
plonger l'avion.
On sait aussi que durant les minutes précédant le crash plusieurs
messages automatiques de panne avaient été envoyés par l'avion à la
maintenance au sol d'Air France. Le premier mettait en cause
les sondes pitot.
Quant à la météo soi disant défectueuse, il n'en est rien. Foudre,
orage, tout cela a été démenti par les spécialistes de la météo. La
thèse de l'attentat n'en est pas plus crédible.
Par contre, on sait encore que cela fait des années qu'Airbus
connaît ces problèmes de sondes. Il n'y a pas si longtemps un
airbus Australien avait connu une chute vertigineuse avant d'être
miraculeusement rétabli. Pas moins de sept rapports, dont trois en
2008, mettant en cause les sondes avaient été transmis à la DGAC
(direction générale de l'aviation civile). Le remplacement des
sondes «pitot» entrepris n'a pas été assez rapide ni assez
général. Il aura fallu ce crash pour qu'Air France les remplace
tous en moins de trois semaines...
GABON
Mort d'un valet des capitalistes français
Omar Bongo, président du Gabon depuis 42 ans, est mort le 8 juin
d'un cancer dans une clinique de Barcelone en Espagne. Il a
été enterré le 18, dans sa ville d'origine Lewaï, rebaptisée
depuis Bongoville. Les condoléances envoyées par tous les puissants
du monde, du style de celui de Sarkosy qui regrette «la perte d'un
grand et fidèle ami de la France qui a oeuvré pour la paix sur
le continent africain» ne peuvent pas faire oublier que Bongo n'est
qu'un vulgaire dictateur doublé d'un voleur.
Dictateur il l'a été. Arrivé, au pouvoir grâce à une intervention
de l'armée française, cet ex-lieutenant de l'armée française
installa un régime de parti unique. Il a fallu des émeutes de
1987-1990 pour qu'il accepte le multipartisme. Cette concession ne
l'empêcha pas de se faire réélire régulièrement avec des scores de
66% à 80% des voix, comme la dernière fois en 2005. Le pouvoir, il
le partagea avec sa famille. Un de ses fils, Ali Bern Bongo est
ministre de la Défense, une de ses filles, Pascaline Bongo, est
ministre des finances et le mari de cette dernière est ministre des
Affaires étrangères. Les postes clés du pays sont tenus par la
famille. Rien n'échappe à Bongo.
Ce pouvoir il l'a mis au service des intérêts français. La France,
son protecteur, intervint pour l'installer au pouvoir et l'y
maintenir lors de l'émeute de 89-90. Bongo laissa 33% du pétrole du
pays aux mains d'ELF actuellement TOTAL; Eramet a la main
mise sur les ressources minières dont le manganèse. Sans oublier le
groupe Bolloré et de nombreuses autres sociétés de service. 10 000
Français vivant dans le pays contrôlent les secteurs suivants de
l'économique: culture, commerce, Bois. Et pour protéger cet
état de fait et le pouvoir de la famille Bongo, l'armée française
entretient un détachement de 800 hommes dans la banlieue de la
capitale Libreville qui lui sert aussi de base arrière pour ses
interventions dans les autres pays d'Afrique comme au Tchad voisin.
On comprend alors pourquoi Sarkozy et Chirac sont allés s'incliner
devant la dépouille de Bongo.
Voleur: Bongo l'a été. Sa famille dispose de 70 comptes
bancaires en France et de 33 immeubles de luxe. Aux USA, ses
Comptes à la Citibank affichent un solde de 150 millions de
dollars. Argent prélevé dans les caisses de l'Etat gabonais, qui
condamne les 1,5 millions d'habitants du pays à la pauvreté.
La succession de ce dictateur risque de ne pas se faire sans
soubresaut. Son fils et sa fille lorgnent le trône laissé vacant.
Mais la population peut en profiter pour mettre fin à la répression
et au pillage du pays en imposant ses représentants au sommet de
l'Etat, ceci malgré les troupes françaises stationnées près de la
capitale.
Haïti
Manifestations des étudiants pour l'augmentation du salaire
minimum
Lundi 15 juin les étudiants de l'Université d'Etat d'Haïti sont
à nouveau descendus dans les rues par milliers avec cette fois des
mots d'ordre appelant le président Préval à promulguer la loi sur
le salaire minimum. En fait depuis le 3 juin il y a eu de violents
affrontements entre la police et les étudiants et 24 d'entre eux
ont été arrêtés; le 4 et le 10 juin les forces de l'ONU ont
appuyé la police pour bloquer les manifestants.
Des habitants des quartiers ont rejoint les étudiants et les
slogans demandant l'augmentation du salaire minimum sont venus au
devant des revendications. Le salaire actuel, de 70 gourdes (1,5€)
par jour, est en vigueur depuis 2003 et après 3 années de
tergiversations le Parlement et le Sénat ont fini par voter une loi
fixant le salaire minimum journalier à 200 gourdes (4€) au mois de
mai. La dernière étape est la ratification par le gouvernement et
la promulgation de la loi, mais là le gouvernement tend une oreille
complaisante aux cris et aux menaces du patronat.
En s'appuyant sur une campagne de presse mensongère les patrons
prédisent des jours difficiles pour l'économie du pays si le
salaire minimum journalier passe à 200 gourdes. «Le pays va sombrer
dans la catastrophe avec la perte de la majorité des
emplois», rappellent-t-ils; «nos valises sont déjà
faites, nous sommes prêts à voler vers d'autres cieux plus
cléments, notamment en République Dominicaine», ajoutent-t-il. Et
Préval de renchérir : «Je crains que ceux qui applaudissent
aujourd'hui le vote du salaire minimum ne soient ceux qui pleurent
demain la perte de leurs emplois».
Alors que depuis 2006 l'Etat a déjà procédé à trois ajustements du
salaire des fonctionnaires publics, les gouvernements n'ont jamais
demandé aux patrons de faire pareil ou d'aligner ces ajustements
dans le secteur privé, commercial ou dans les entreprises de la
sous-traitance des zones industrielles.
Comme c'est le gouvernement qui fixe la valeur du salaire minimum,
ceux qui occupent actuellement la place montrent que les intérêts
qu'ils défendent sont bien ceux des patrons et des possédants. Ils
reculent devant la publication d'un décret ratifiant le passage du
salaire minimum à 200 gourdes et ils proposent de nouvelles
concertations avec les patrons et les industriels pour trouver des
mesures accompagnant la loi afin, disent-ils, de ne pas léser les
patrons. Les manifestations n'ont pas encore atteint l'ampleur
nécessaire pour faire plier cet appareil au service des possédants,
mais elles ne sont pas encore terminées.
Elections européennes
Une majorité a voté avec les pieds
Ces dernières élections européennes ont battu tous les records
d'abstentions ici en Guadeloupe et Martinique où nous sy sommes
habitués (plus de 80 %!), mais aussi en France. Selon Arlette
Laguiller ( édito du 8juin 2009):
«Près de 60% des électeurs, une très forte majorité,
n'ont pas jugé utile de se déplacer pour aller voter. L'abstention
est particulièrement élevée dans les villes ou les quartiers
populaires où le nombre de votants s'est réduit parfois à un
électeur sur trois, voire un sur quatre! C'est peu dire qu'à
juste raison, l'électorat populaire n'attend rien du Parlement
européen. Mais il n'a pas eu envie non plus de se déplacer pour
cautionner avec ses votes les grands partis qui assument à tour de
rôle la direction du gouvernement. L'UMP arrive en tête, mais elle
n'a pas de quoi pavoiser. Etant donné le nombre d'abstentions, ses
28%représentent à peine 12%de l'électorat.
Lorsque le parti gouvernemental affirme mener sa politique,
favorable aux riches et désastreuse pour les classes populaires, au
nom de la majorité de la population, c'est une escroquerie. Ce qui
n'empêche pas les ministres qui se sont succédé sur les écrans de
télévision d'affirmer que les "réformes" continuent. Continueront
donc les mesures qui, toutes, aggravent les conditions d'existence
du monde du travail.
L'électorat populaire n'a pas voulu pour autant utiliser le vote PS
pour marquer son opposition à Sarkozy, tant reste vive dans les
classes populaires la déception des cinq ans de la Gauche plurielle
au pouvoir, qui a gouverné au service des seuls possédants. Mais,
même dans l'opposition, le Parti Socialiste n'a rien à dire aux
exploités. L'électorat socialiste lui-même s'est détourné de son
parti pour se porter sur le vote écologiste.
Nos scores sont modestes mais témoignent de la permanence d'un
courant qui se retrouve dans les idées défendues par Lutte Ouvrière
(206119 soit 1,20 %). Et, si le poids de cet électorat est
faible dans les urnes, il représente des dizaines de milliers de
salariés qui pourront peser dans les futures luttes sociales.
Les élections européennes constituent un épiphénomène dans une
période où les classes populaires subissent des attaques,
redoublées par la crise, de la part du grand patronat et du
gouvernement.
Ces attaques ne se sont pas arrêtées et n'ont même pas diminué
d'intensité pendant la campagne électorale. Pendant que fusaient
les slogans du genre "une Europe meilleure", "une Europe plus
sociale", les plus grosses entreprises continuaient à annoncer des
plans de licenciements.
Et cela ira en s'accélérant. La classe capitaliste se battra bec et
ongles pour que la crise de son économie n'affecte pas trop ses
profits et pas du tout les revenus et la fortune de la grande
bourgeoisie. Pire, comme elle s'attend à une crise longue, elle
licencie par anticipation et en profite pour aggraver le rapport de
forces entre patrons et salariés.
Les élections européennes passées, on verra les dirigeants des
grands partis brandir les prochaines échéances électorales, les
régionales dans moins d'un an et, surtout, la présidentielle en
2012. Leur métier, c'est de promettre, les uns l'amélioration dans
la continuité, les autres dans le changement, en disant n'importe
quoi. Quoi qu'ils promettent, ce ne peut être que mensonge car le
véritable pouvoir est entre les mains du grand patronat qui, en
cette période de crise, ne fera aucun cadeau aux classes
populaires.
Les travailleurs ne peuvent pas attendre les prochaines échéances
électorales pour se défendre. Ils ne peuvent pas accepter d'être
lanternés alors que les licenciements se multiplient et que le
monde du travail est poussé vers la pauvreté. La crise elle-même,
l'avidité de la classe capitaliste pousseront les travailleurs à se
défendre par le seul moyen efficace: la lutte collective.
Alors, ce qui compte pour l'avenir, ce n'est pas le rapport de
forces électoral entre l'UMP et le PS, ou entre les écologistes et
le Modem de Bayrou, qui excite tant les commentateurs.
Ce qui comptera, c'est la capacité et la volonté de la classe
ouvrière à se mobiliser, à déployer ses forces qui sont immenses
car c'est elle qui fait marcher l'économie. Ce qui comptera, c'est
sa capacité à imposer des exigences qui changent durablement le
rapport de forces avec le patronat. A commencer par la mise en
cause du pouvoir sans contrôle des groupes capitalistes sur
l'économie.
EN BREF EN BREF EN BREF EN BREF! (Extraits du Site
Lutte Ouvrière)
Le nombre de Rmistes en augmentation au premier trimestre
2009
Après trois années consécutives de légère baisse, le nombre de
bénéficiaires du revenu minimum d'insertion (RMI) est reparti à la
hausse au premier trimestre (+ 11 000), s'établissant à 1,130
million de personnes. Cette tendance risque malheureusement de
s'accentuer avec la brutale hausse du chômage que la crise a
entraîné ces six derniers mois (3 000 nouveaux chômeurs par
jour).
La création du revenu de solidarité active (RSA) qui remplace le
RMI depuis le 1er juin n'y changera pas grand-chose. Toucher 454
euros par mois, pour une personne seule, ne permet pas de vivre
dignement.
Licenciés pour avoir refusé une baisse de
salaire!
Le fabricant d'ampoules Osram, filiale de Siemens, a annoncé le
licenciement de 108 travailleurs qui ont refusé une baisse de leur
salaire horaire de 12,5%sur 3 ans. Pour justifier cette
décision, la direction prend prétexte de la disparition programmée
d'ici 2012, avec l'entrée en vigueur d'une nouvelle réglementation
européenne, des lampes à incandescence produites sur son site de
Molsheim, en Alsace. Osram pris à la gorge? Cette entreprise
est l'un des principaux fabricants d'éclairage dans le monde et le
groupe Siemens auquel elle appartient a clôturé son exercice 2008
avec un bénéfice de plus de 5,8 milliards d'euros. Alors ni les
baisses de salaires, ni les licenciements ne sont
justifiés!
Dépenses militaires en hausse dans le monde
Les dépenses militaires mondiales ont atteint en 2008 la somme
exorbitante de 1 464 milliards de dollars, soit une hausse de
45%sur dix ans. Rappelons qu'il suffirait de 30 milliards de
dollars par an pour éradiquer la faim dans le monde.
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