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PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES -
Samedi 23 janvier 2010 N°
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Page 3
Guadeloupe
Les magasins Match deviennent Super U!
Finalement, après la décision du groupe belge SISB propriétaire
des 93 super et hypermarchés Match-Cora-Ecomax de se retirer
définitivement des DOM, et donc de menacer de supprimer les emplois
de 2344 salariés du groupe, les magasins Match de Guadeloupe ont
été rachetés par des actionnaires antillais. L'enseigne Match sera
remplacée par Super U. Les nouveaux propriétaires des 7
supermarchés Match de Guadeloupe ont créé la Holding Sesg (Société
d'exploitation des supermarchés de Guadeloupe). Les trois
principaux actionnaires sont des anciens cadres des magasins Match.
Ils ont prévu la suppression de 75 postes sur un effectif de 261
salariés. Il y aura ainsi des départs volontaires; des
accompagnements sont prévus pour ceux qui auraient des projets et
ceci pour éviter les licenciements secs. Les nouveaux propriétaires
ont adhéré à la Centrale U ce qui explique l'appellation de Super
U. Leur volonté est de diminuer la masse salariale jugée trop
élevée, mais pour ceux qui resteront cela signifie qu'il faudra
faire le même travail avec moins de personnel. Pour mieux faire
passer la pilule les nouveaux propriétaires ont prévu d'ouvrir le
capital aux salariés. Miroir aux alouettes souvent utilisé pour
faire les salariés accepter une aggravation de leurs conditions de
travail.
Nous rappelons que les magasins Ecomax ainsi que deux dépôts,
«Logistica» et l'entrepôt froid de Jarry doivent être
rachetés par le groupe Ho Hio Hen qui détient les magasins Géant et
Casino en Martinique. Et que le groupe Patrick Fabre de Martinique
avait fait savoir qu'il envisageait aussi d'acquérir des morceaux
du groupe.
Pour l'instant les deux hypermarchés Cora n'ont toujours pas trouvé
d'acquéreur et l'avenir est très incertain pour les salariés. Le
président de la Région, V. Lurel avait, suite à l'émoi provoqué par
la décision du groupe SISB, fait part de son intention d'intervenir
pour aider à sauver l'activité et les emplois qui vont avec.
Etait-ce une simple promesse «électorale»?
Martinique-Bâtiment
Une direction autoritaire et meprisante
Les travailleurs des entreprises Fabripress et Locapress,
situées à Ducos Bois rouge s'inquiètent pour leur avenir. Ces
entreprises chargées de faire des locations et location-bail
d'équipements pour la construction, relèvent du bâtiment, elles
regroupent plus d'une vingtaine de salariés.
Elles sont dirigées par trois gérants qui se partagent la part du
gâteau, c'est à dire les profits réalisés par la force de travail
des ouvriers. Depuis quelques jours la direction profite de la
crise économique actuelle pour imposer sa propre loi. Il y a
quelques jours, elle a convoqué tout le personnel pour l'informer
qu'elle a pris la décision d'instaurer un nouveau plan de travail
sous prétexte que les activités de l'entreprise ont diminué sans
même leur apporter aucune preuve écrite et officielle.
Dans un premier temps elle a diminué la prime de fin d'année du
personnel de plus de 70 %. Ensuite elle a décidé qu'à partir de ce
mois de février chaque salarié devra travailler 2 jours de moins
par mois et sur une période d'un an. Cela se traduit pour les
salariés par une perte de jours de travail, donc par une diminution
importante de leur pouvoir d'achat et une aggravation de leurs
conditions de vie.
Et ceux qui oseront protester contre cette décision, elle les a
averti que : «s'ils ne sont pas d'accord ils n'ont qu'à
démissionner». Une façon pour la direction d'éviter toute
contestation et de se débarrasser de tout contestataire en les
poussant à rompre par eux-mêmes leur contrat de travail. Dans ce
cas, bien évidemment, ils ne pourraient bénéficier d'aucunes
indemnités de licenciement.
Face à cette situation, les salariés syndiqués à la CGTM se sont
réunis pour contester cette décision autoritaire et méprisante de
leur direction. Ils ont adressé aux gérants de l'entreprise une
pétition dans laquelle ils dénoncent l'attitude de leur direction,
lui signifiant qu'à leurs yeux aucune activité n'a diminué au sein
de ces entreprises, car les équipements pour la construction se
louent bien.
Par la même occasion, ils réclament que leur fiche de paie devienne
conforme à la législation du travail. Car sur celle-ci ne figure ni
la convention collective à laquelle ils appartiennent, ni de
qualification et aucune ancienneté.
CTM (Centrale Thermique du Moule)
La lutte continue
Contrairement à ce que nous avons écrit dans l'article publié à
ce sujet dans notre numéro 1019 du 19 décembre 2009, les
travailleurs de la CTM (Centrale Thermique du Moule), ne sont pas
en grève. Ils font valoir leur «droit de retrait» en protestation
contre l'inobservation des mesures de protection des risques dans
la centrale.
L'action engagée par les travailleurs de la CTM dure depuis le
25octobre 2009. Ces travailleurs affiliés à la CGTG sont lutte, en
s'en souvient, contre la direction générale de la Séchilienne-Sidec
pour faire aboutir un certain nombre de revendications. Mais aussi
pour notamment obtenir l'indemnité du non versement depuis 1999 de
la participation obligatoire et l'arrêt de la discrimination de
traitement se basant sur l'origine et relatif à l'indemnité
kilométrique. Pour ces travailleurs la lutte continue.
Martinique - Chiffres du chômage
Les travailleurs paient le prix fort!
12,7% d'augmentation des demandeurs d'emploi entre novembre 2008
et novembre 2009.
Tel est le dernier chiffre paru dans le bulletin de l'IEDOM de
Janvier 2010, soit 39 941 demandeurs d'emploi catégorie A (ne
recensant que ceux qui sont obligés de renouveler leur inscription
tous les mois). Parmi lesquels 20 378 perçoivent des allocations de
chômage soit 10,8 de plus qu'en novembre 2008. Cela correspond donc
aux nouveaux licenciés.
Toujours dans ce bulletin on apprend que le taux de chômage
officiel s'élève désormais à 24,5% au lieu du chiffre officiel
annoncé autour de 21% ces dernières années.
Autant dire que les travailleurs paient déjà le prix fort à la
crise.
Echos de l'Aéroport
AIR CARAIBES / SORI: DES PATRONS SANS
SCRUPULES
Avec l'installation de la société Newrest, qui va travailler pour
Air Caraïbes, la SORI a le culot de déclarer qu'il n'y a pas eu de
licenciements. Pourtant 72 personnes ont perdu leur emploi:
26 en Martinique et 46 à la SORI. Ces travailleurs seraient-ils
partis d'eux mêmes s'ils n'avaient pas été sollicités? Quand
on n'a pas le choix et qu'on est mis à la retraite avant l'âge, on
accepte, tout en sachant qu'avec la crise ce sera le dernier
emploi. C'est le cas de ceux qui ont subi le plan de
retraite.
Pour une vingtaine de collègues plus jeunes, la SORI parle de
départs «volontaires». Là encore, le couteau sous la gorge,
certains choisissent de partir, quitte à devoir s'expatrier.
A propos, Air France n'a-t-il pas aussi annoncé 1700 «départs
volontaires»?
PWOFITASYON A LA BRINK'S SUR LE PERSONNEL EN C.D.D.
Saison touristique oblige, la Brink's fait appel à des «C.D.D pour
surcroît d'activité» c'est-à-dire pour les croisières. Les salariés
en question remplacent aussi des départs en congés. Mais ces
remplacements se font au pied levé. Il n'y a pas de planning
prédéfini, ce qui est très contraignant pour leur vie privée.
La Brink's se permet d'être aussi désinvolte avec ces collègues car
elle sait qu'ils accepteront ces conditions de peur de ne pas être
rappelés.
UN CHEF BRINK'S DANS LE COLLIMATEUR DE LA DIRECTION
Créer une situation pour établir une faute, c'est aussi la doctrine
Brink's. Ainsi la direction entend sanctionner un coordinateur sous
le prétexte qu'il ne dénonce pas les salariés soi disant fautifs.
C'est ce collègue qui a fait l'objet d'un entretien préalable. On a
tous compris que cette manoeuvre vise à libérer une place pour
déclasser son super chef que la direction trouve de plus en plus
embarrassant pour ses intérêts. Ce dernier, lui, continue ses
exactions contre le personnel en toute impunité.
Echo des hôpitaux
CUISINE : C'EST LA PAGAILLE
On a attendu le mois de décembre pour le déménagement de la
cuisine. Inutile de dire que cela se passe très mal. La direction
et l'encadrement supérieur se sont débinés. Les agents doivent se
débrouiller pour donner à manger aux patients.
Jusqu'à maintenant, un logiciel prévu pour coordonner la liaison
entre le NCH et le pôle n'a pas été installé. Nous devons passer du
fax au téléphone ou internet, ce qui entraine un retard
considérable dans le travail et par là même dans la distribution
des chariots. La direction ne s'en soucie guère.
CUISINE : LA COLERE GRONDE
Mais nous avons décidé de nous donner les moyens pour travailler
dans de bonnes conditions. Nous savons que la direction ne connait
qu'un seul langage, celui de notre colère. Après un débrayage, nous
avons obtenu des embauches supplémentaires. Mais le compte n'y est
pas. Une rencontre est prévue avec la direction. Et nous comptons
bien obtenir le personnel, le matériel etc. nécessaires au
fonctionnement du service.
CHU : COMMUNICATION ZERO
Les malades se plaignent : le goût des repas a changé. Il
semblerait que ce soit à cause de la liaison froide. De plus, le
service se fait très tard. Aucune note de service pour nous
expliquer ces difficultés. Aucune communication aux patients et à
leur famille. A nous de nous démerder dans les services.
MERCI L'ACCREDITATION
Pour la venue des inspecteurs de l'accréditation, les ascenseurs
fonctionnent. Tantôt on nous disait que les pièces avaient été
commandées. Tantôt qu'il n'y avait pas de solution et qu'il fallait
attendre leur remplacement. Les inspecteurs sont partis et tout est
redevenu comme avant: les ascenseurs ne fonctionnent
plus.
Dirigeants du CAC40
Une centaine d'hommes sans contrôle dirigent la société
Les 40 entreprises du CAC 40 sont aux mains d'une centaine
d'individus. Les dirigeants des unes sont membres du conseil
d'administration des autres et vice-versa.
Ainsi 98 personnes possèdent 43 % des droits de vote des
grandes sociétés françaises, et peuvent faire la pluie et le beau
temps sur l'économie française. C'est le résultat d'un recoupement,
opéré par le journal Le Monde qui, en combinant plusieurs études
disponibles, a pu livrer quelques autres faits édifiants.
Par exemple, Michel Pébereau, président de la banque BNP-Paribas,
est également administrateur de cinq sociétés, le maximum prévu par
la loi. Au total, quatre dirigeants de cette banque se sont réparti
les postes d'administrateurs et sont présents dans douze sociétés
du CAC 40. Le président de Saint-Gobain, M. Beffa, siège au
conseil de GDF-Suez, dont le PDG, Gérard Mestrallet, siège au
conseil de Saint-Gobain. Même chose entre Claude Bébéar président
d'Axa et Pébereau de BNP-Paribas. Et on pourrait multiplier les
exemples pour toutes les sociétés du CAC 40. Elles sont toutes
liées entre elles par des hommes - Le Monde parle de consanguinité
- qui sont coulés dans le même moule, partagent les mêmes intérêts,
les mêmes choix, ont parcouru des itinéraires parallèles, des
cabinets ministériels à leurs sociétés actuelles en passant par les
entreprises publiques.
Dans les années trente, on pouvait parler en France, des « 200
familles », toute petite caste d'actionnaires tout puissants qui
concentrait entre ses mains la propriété du grand capital, sans que
la société puisse avoir aucun contrôle sur eux et sur leurs
décisions, malgré toutes les conséquences que celles-ci pouvaient
avoir. Aujourd'hui, il faudrait parler de la bande des 98.
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