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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES     -     Samedi 20 février 2010           N° 1023


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A la Une

Editorial

Le seul vote utile, c'est crier sa révolte!

La réunion entre des dirigeants syndicaux et Sarkozy devait marquer le coup d'envoi des négociations au sujet des retraites. Le mot «négociation» est un abus de langage. Les dirigeants syndicaux ne sont invités que pour le décor, histoire de faire passer pour un accord négocié ce qui est un diktat. Obéissant aux exigences du grand patronat et des milieux financiers, le gouvernement est déterminé à aggraver les conditions de retraite en repoussant l'âge légal de départ et en diminuant le montant des pensions.
Ministres et commentateurs ressortent les discours mensongers sur le déficit croissant des caisses de retraite. Cent milliards d'euros en 2050, si on ne réforme pas le système, annonce le Premier ministre sur un ton catastrophiste. Comme s'il pouvait savoir ce qui se passera dans quarante ans, alors que lui-même comme ses ministres ont été incapables de voir ce qui se passait devant leur nez au moment où la crise se déclenchait aux Etats-Unis et où ils nous répétaient qu'elle ne traverserait pas l'Atlantique !
Et puis, le gouvernement a bien trouvé en quelques jours, et pas cinquante ans après, plusieurs centaines de milliards pour une poignée de banquiers et de grandes entreprises, c'est-à-dire pour sauvegarder la fortune de leurs propriétaires et de leurs actionnaires! Rien en revanche pour les millions de travailleurs arrivés à l'âge de la retraite, si ce n'est la proposition de se crever au travail plus longtemps et pour une retraite réduite.
Rien que la comparaison entre les largesses pour les banquiers qui ruinent l'économie et la volonté de réduire la pension, déjà insuffisante, des anciens qui n'auront pas leurs annuités en raison du chômage, est d'une injustice révoltante. Mais ce qui l'est encore plus, c'est que c'est précisément pour donner plus aux banquiers, au grand patronat, que l'Etat économise sur tout ce qui concerne les classes populaires. Economies sur les services publics, sur les hôpitaux, sur les écoles, sur la retraite.
(...) Prétendre que la «réforme des retraites» est inévitable parce qu'il y a de plus en plus de retraités par rapport aux actifs est un mensonge par omission. C'est taire l'essentiel: un même actif produit bien plus qu'il y a cinquante ans. On pourrait largement financer les retraites si la hausse de productivité n'était pas empochée par les seuls actionnaires! Et il faut un sacré culot pour expliquer que repousser l'âge de la retraite est une nécessité pour l'économie, alors qu'il y a plus de trois millions de chômeurs, même d'après les chiffres officiels, et que des centaines de milliers de jeunes ne trouvent pas de travail!
L'attaque contre les retraites est une des nombreuses attaques menées par le grand capital et le gouvernement.
Mais ce n'est pas une fatalité. Le monde du travail a les moyens d'arrêter les coups qu'on lui porte. Si les patrons ont pour eux leurs capitaux, la propriété des usines et des banques et le soutien sans faille du gouvernement quelle que soit son étiquette, les travailleurs ont pour eux leur nombre et leur rôle irremplaçable dans la production. Ce sont les travailleurs qui font tout dans cette société. Ils ont les moyens d'arrêter toute la production et de stopper la fabrication du profit pour les plus riches. Ils ont même les moyens de menacer la fortune des plus riches comme leur mainmise sur l'économie.
Ces moyens, c'est leur lutte collective, c'est l'explosion sociale consciente.
Les élections régionales qui viennent ne remplaceront pas la lutte collective. Mais elles permettront de crier notre révolte contre une organisation sociale qui laisse crever ceux qui produisent, alors que les riches parasites responsables de la crise en profitent pour s'enrichir encore plus (...)

Arlette Laguiller (Extraits de Lutte Ouvrière du 19-2-2010)

DANS LES DITS "DOM" DES LISTES LUTTE OUVRIERE ET COMBAT OUVRIER

En France et à La Réunion il y aura des listes Lutte Ouvrière. En Guadeloupe et Martinique Combat Ouvrier présente deux listes conduites respectivement par Jean-Marie Nomertin et Ghislaine Joachim-Arnaud Voter pour ces listes sera affirmer avec nous la conviction que, pour défendre les conditions d'existence des classes populaires, il faut faire payer le grand capital, les banquiers, les propriétaires et les actionnaires des grandes entreprises, et que, pour cela, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes.



Nos têtes de liste
Jean-Marie Nomertin et Ghislaine Joachim Arnaud

Jean Marie Nomertin

Jean Marie Nomertin est la tête de liste de «Combat ouvrier» aux élections régionales des 14 et 21 mars 2010 en Guadeloupe.
Agé de 45 ans, il est fut ouvrier de la banane; aujourd'hui licencié. Il milite encore activement avec les ouvriers agricoles de la banane et a particulièrement contribué à renforcer leur syndicat. Dirigeant de nombreuses grèves dans ce secteur, lui et ses camarades ont pu contraindre les patrons de la banane à accorder satisfaction à de nombreuses reprises aux travailleurs de ce secteur.
Il a été l'un des dirigeants de la grève générale de janvier février et début mars 2009 en Guadeloupe.

Ghislaine Joachim Arnaud

Ghislaine Joachim Arnaud, 57 ans, est tête de la liste "Combat Ouvrier" aux élections régionales des 14 et 21 mars; prochains en Martinique. Elle est technicienne de laboratoire à l'hôpital La Meynard. Notre camarade s'est particulièrement investie et ce depuis longtemps dans le combat syndical des hospitaliers aux côtés de ses camarades de travail. Mais son combat aux côtés des travailleurs de tous les secteurs de l'île est aussi bien connu. ;Militante de longue date du mouvement ouvrier, Ghislaine Joachim Arnaud a été l'un des dirigeants de la grève générale de février 2009.



Guadeloupe
La mobilisation des travailleurs de la canne a payé

Les discussions sur les NAO (négociations annuelles obligatoires) ont commencé le 12 janvier 2010 et un accord a été signé le 12 février 2010. Cette année encore, comme c'est chaque fois le cas, les patrons de la filière ont tenté de faire croire qu'ils ne pouvaient rien accorder aux salariés. Mais ces derniers connaissant bien les patrons, ne l'entendaient pas de cette oreille.
Avec les deux syndicats CGTG et UGTG, les travailleurs réclamaient 4 % d'augmentation de salaire. Après 7 séances de négociation, les patrons ont voulu que les syndicats signent un protocole de désaccord le vendredi 5 février et devant leur refus, ils ont quitté la table de négociation.
Le 9 février les syndicats CGTG et UGTG de la canne ont appelé les salariés à une assemblée générale qui a été massivement suivie dans toute la filière et même à Marie-Galante. Les travailleurs ont exigé que les patrons reviennent à la table des négociations sinon la récolte ne démarrerait pas et un appel était lancé pour arrêter le travail dans les différentes entreprises de la filière.
Après l'appel à l'arrêt de travail, le 12 février une nouvelle séance de négociation a eu lieu et un accord a été signé. Les patrons ont accordé une augmentation de salaire de 1 %. Une augmentation de la prime de transport de 10 %, la mise en place pour la première fois à compter de septembre 2010 des chèques déjeuner, la révision de la convention collective. Le problème de la formation pour les salariés de la filière sera revu.
Il faut noter que l'accord a été signé le 12 février à 13h30 et dès 15h la direction de Gardel a mis l'usine en route On constate que chaque année, les patrons utilisent toujours la même tactique: commencer les négociations le plus tard possible c'est-à-dire très peu de temps avant la date fixée pour le démarrage de la récolte. Ensuite, faire traîner les négociations en longueur et faire croire sur les ondes que c'est la faute des syndicats ouvriers si la récolte prend du retard. Il faut savoir par exemple que les syndicats des salariés ont déposé leur plateforme revendicative depuis novembre. Et c'est seulement le 12 janvier que les patrons ont fixé le premier rendez-vous. Mais cette fois, ils se sont rendu compte que les salariés n'avaient pas l'intention de se laisser faire. Ces derniers n'ont pas obtenu les 4 % réclamés mais ont quand même contraint les patrons à revenir sur leur position qui consistait à proposer 0% d'augmentation sous prétexte de l'application de l'accord Bino. Encore une preuve que seule la lutte paie.