Faucille & marteau COMBAT OUVRIER Pour
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 20 avril 2002 N° 858




À la une

ÉDITORIAL
Si des millions d'électeurs votent Arlette Laguiller...


Choisissons le camp des travailleurs!

Liberté pour la Palestine! A bas la politique criminelle de Sharon et de Bush!

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Pointe à Pitre: manifestation de soutien au peuple palestinien

Esclavage: Les révoltes de Latulipe, Jean-Louis, Bonhomme, Zéphir et d'autres, anonymes

La fête de Combat Ouvrier 2002: un bon cru!

Haïti: la population de la Saline sous la menace des bandes armées

Guy Cabort-Masson

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Martinique: Le gouvernement revient sur sa sanction contre J. Bertholle

Abymes: Marcin sous surveillance

La grève des agents municipaux de Vieux-Habitants

Le maire de Petit-Canal persite et signe

Martinique: requalification des emplois de 126 ex-salariés de l'usine Socomor. Juste réparation des maoeuvres crapuleuses de la direction

Guadeloupe: CTM - Les salariés déterminés à se battre pour l'obtention du statut de producteurs dénergie électrique

Capesterre Belle-eau: succès dans la grève des trois plantations de la Coproban

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Vénézuela: Echec du putsch organisé par le grand patronat et les dignitaires de l'armée


Italie: riposte massive contre la politique anti-sociale de Berlusconi

A propos du Zimbabwe

Guadeloupe: SUPPLÉMENT À COMBAT OUVRIER N° 858 - POUR FAIRE RECULER LA DÉLINQUANCE, L'INSÉCURITÉ IL FAUT MENER UNE ACTION COLLECTIVE PRÉVENTIVE

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Pointe à Pitre: manifestation de soutien au peuple palestinien

Une centaine de personnes a manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre le mercredi 17 avril en soutien au peuple palestinien. Plusieurs organisations politiques et syndicales (la CGTG, L'UGTG, le SPEG, Combat Ouvrier, les Verts, le KLNG, le Mouvman Gwadloupeyen, le PCG, l'UPLG) avaient appelé à cette manifestation. Quelques représentants de la communauté palestinienne de Guadeloupe ont marqué de leur présence la manifestation en défilant derrière le drapeau de la Palestine. Si les participants n'étaient pas nombreux ils ne sont pas passés inaperçus dans les rues de la ville en scandant avec force les slogans suivants : «Guadeloupe Palestine solidarité » «Bush Sharon assassins» «libérez Arafat» «la Palestine vaincra». Les manifestants se sont ensuite rassemblés devant la mairie où les organisations ont pris la parole pour dénoncer l'intervention militaire dans les territoires palestiniens et les massacres de l'armée israélienne. Une participante juive a fait une déclaration très émouvante et a exprimé son soutien aux Palestiniens. Les organisations ont exprimé leur volonté de poursuivre leur mouvement de solidarité en organisant des manifestation plus larges.



Esclavage: les révoltes de Latulipe, Jean-Louis, Bonhomme, Zéphir et d'autres, anonymes

Bientôt, au mois de mai, se déroulera une série de manifestations de commémoration officielle du bicentenaire de la lutte des esclaves contre le rétablissement de l'esclavage. Des manifestations ont du reste commencé. Ces luttes eurent lieu en mai 1802 contre les troupes de napoléon Bonaparte.
Certes, nous ne mêlerons pas nos voix au chœur des exploiteurs d'aujourd'hui prompts à commémorer les exploités d'hier pour mieux tenter de masquer l'exploitation qu'ils font subir aux esclaves salariés du 21 eme siècle.
Mais il faut se souvenir de ces milliers d'esclaves, de damnés qui ont osé se soulever contre l'oppression et l'esclavage. Si nous tenons à le faire ce n'est pas pour pleurnicher mais pour refaire vivre dans la mémoire des exploités d'aujourd'hui la lutte de leurs ancêtres. Il n'est pas sans intérêt de savoir que des pauvres, des exploités sans grand moyens ont pu trouver le chemin de l'organisation et de la révolte. Demain quand il faudra croiser le fer avec la bourgeoisie les travailleurs prendront exemple sur tous ces combats. Il s'agira alors de vaincre et pas seulement de se révolter sans lendemains victorieux.
Dans le précédent numéro, nous avons fait état d'une des premières révoltes organisées en Guadeloupe, celle de Pèdre et Leblanc, en 1656. Dans le courant du XVIIIe siècle, plusieurs révoltes éclatèrent. En mars 1726, les esclaves se sont révoltés sur plusieurs plantations. Au mois de février, une ordonnance avait encore empiré leur sort, régi par le Code Noir. En 1737, les esclaves de 13 habitations s'organisèrent pour soulever tous les ateliers de la Guadeloupe. Ils furent férocement réprimés. Certains parvinrent à s'enfuir dans les bois de Se Rose, dont un des chefs de la rébellion, Latulipe. Ils furent poursuivis, pris et suppliciés. Pourtant en 1738, alors qu'un ouragan avait touché la Guadeloupe et plongé les esclaves dans la famine, la révolte gagna encore plusieurs quartiers, de même qu'en 1748 et en 1751 et 52, où la révolte toucha Marie Galante.
En 1791, Jean-Louis, esclave sur une habitation de Ste Anne, tenta d'organiser une révolte. Il pensait que le pouvoir révolutionnaire français avait décrété la liberté pour tous, y compris les esclaves, mais que le gouverneur de la Guadeloupe, lui-même grand propriétaire, refusait d'appliquer le décret. Les esclaves devaient donc se libérer eux-mêmes. Les insurgés devaient se retrouver sur l'habitation de Gissac. Jean-Louis fut dénoncé et exécuté, ainsi que plusieurs de ses compagnons. A Marie Galante, c'est un affranchi, Bonhomme, et un esclave, Zéphir, qui tentèrent d'organiser un soulèvement. Eux aussi furent pris et exécutés.



La fête de Combat Ouvrier 2002: un bon cru!

Comme chaque année, la fête de Combat-Ouvrier a rassemblé plusieurs centaines de personnes. Elle s'est déroulée le dimanche 6 mai au domaine de Pako à Baie-Mahault dans une ambiance amicale et fraternelle. De nombreuses personnes dont un grand nombre de travailleurs et de jeunes des entreprises ont participé chaleureusement aux débats, causeries et à toutes les activités de la fête.
Cette année la fête revêtait un aspect particulier à une semaine du premier tour des élections présidentielles et à un mois des élections législatives. Après un repas chaleureux et copieux animé par le saxophoniste et vibraphoniste Alain Mégi, Raymond Gauthièrot et Jean Marie Nomertin ont prononcé leurs allocutions.
Le premier, secrétaire général de l'UGTG et le deuxième secrétaire général de la CGTG ont été très applaudis par tous.
Puis ce fut l'exposé de notre camarade Anaïs entouré de Gérard Séné et de Danielle Diakok. Anaïs a présenté à nouveau le programme d'Arlette Laguiller pour la France et l'outre-mer et invité tous les travailleurs présents à voter le plus nombreux possible pour elle dimanche 21 avril.
Notre camarade Séné a présenté à nos invités et à la presse nos candidats aux élections législatives : Danielle Diakok et François Anaïs respectivement dans la première et la troisième circonscription. Ils auront comme suppléant respectivement nos camarades Max, Céleste et Lita Dahomay.
La forte pluie qui s'est abattue sur la Guadeloupe ce jour là n'a pas empêché la fête de se dérouler dans une très bonne ambiance. La librairie, la documentation culturelle et politique a connu une très bonne fréquentation.
Les petits ont pu entendre les contes de Benzo qui apparemment les ont captivés. Les plus grands s'adonnaient aux jeux vidéo ou au tir. Quant aux accras, Chodo et gâteaux, ils eurent un franc succès.
C'est vers 16H/30 comme prévu que Pulsation, l'orchestre de Benzo a fait lever tout le monde pour danser jusqu'à 20H.
Nous avons toutefois regretté l'absence inexpliquée à ce jour de l'harmoniciste Béligny et nous nous en excusons auprès de tous. Combat-Ouvrier remercie tous ceux qui l'ont aidé à faire de cette fête un succès.
par leur participation, leur soutien, leurs encouragements et leurs aides en tous genres. A l'année prochaine pour la prochaine fête!



Haïti: la population de la saline sous la menace des bandes armées

Durant la semaine du 8 avril, des affrontements ont opposé des bandes rivales dans le quartier de La Saline. Cette fois encore, les étals des marchandes on été détruits, les habitants du quartier ont fuit devant les tirs d'armes automatiques, plusieurs personnes ont été blessées et des dizaines de maisonnettes ont été incendiées. Le quartier de La saline ainsi que le marché de Croix des Bossales ont été bloqués pendant 2 jours.
Cette nouvelle flambée de violence fait suite à l'arrestation de Ronald Camille, connu sous le nom de Ronal Kadav, comme chef d'un gang de La Saline proche de Lavalasse. Accusé du meurtre d'un jeune homme devant le Parlement, il jouait ostensiblement de ses protections gouvernementales pour circuler librement. Son arrestation a provoqué la colère de ses partisans. Ils demandent sa libération et veulent montrer que ce sont eux qui sont les maîtres du quartier. Ils ont les armes pour cela puisqu'en décembre ils ont reçu des mains de la police du matériel de guerre en vue de contrecarrer un soi-disant coup d'état.
La situation est similaire dans l'autre bidonville de Cité Soleil. Ce sont les bandes armées qui contrôlent ces quartiers populaires en y rançonnant la population pour se fournir en armes. Ce n'est pas l'arrestation d'un chef de gang qui mettra fin a l'impunité dont jouissent ses bandes tolérées par le gouvernement. Elles maintiennent la population sous leur coupe et bloquent leurs revendications, ce sont ainsi des supplétifs de la police et les promesses de les désarmer sont comme toutes les promesses de ce gouvernement, des paroles en l'air. Pendant ce temps, la population paie les pots-cassés.



Guy Cabort-Masson

Guy CABORT - MASSON est décédé le 27 mars 2002. C'est en militant de l'indépendance fidèle à ses principes qu'il a été salué par la presse de Martinique et par des personnes de la société civile dont le grand patron béké Roger de Jaham. Cabort Masson était sorti lieutenant de l'Ecole militaire de Saint-Cyr- Coëtquidan. Il refusa la sale guerre coloniale menée par l'Armée française en Algérie. En 1961 il déserta et passa dans les rangs du F.L.N algérien.
Cabort fit donc partie de cette génération de militants nationalistes antillais qui ont déserté ou fait acte d'insoumission ou encore sont partis à l'étranger pour ne pas combattre les militants du FLN algérien.
Pour cet acte de rébellion, gravissime pour un officier de l'armée française, il fut condamné par contumace à vingt années d'emprisonnement. Bien que recherché par les polices de France, il ne fut pas arrêté et n'exécuta pas cette peine qui fut amnistiée en 1969.
Revenu en Martinique en 1969, il poursuivit son combat pour l'indépendance nationale à une époque où les conséquences de telles positions étaient la mise à l'index. Proche du courant maoïste, il créa et anima plusieurs revues nationalistes « En Avant » ou  "La Parole au peuple". Il contribua à d'autres journaux et revues jusqu'à l'année 2002 comme « le Naïf » ou « Antilla ».
Il fut lié à la grande grève des ouvriers agricoles de 1974 et en fut l'un des dirigeants aux côtés de l'ouvrière agricole Madame Cabrimol. A l'époque, il était farouchement opposé aux dirigeants de la CGTM, mais aussi aux jeunes syndicalistes et aux militants politiques qui militaient dans le bâtiment, les hôpitaux ou autres secteurs pour un renforcement et un élargissement du mouvement de grève afin de faire céder le patronat. La grève des ouvriers de la banane devait être marquée par les assassinats de Ilmany et Marie-Louise lors de la tuerie de Chalvet par les forces de répression françaises, le 14 février 1974. Plusieurs militants nationalistes furent aussi blessés par balles. Après plusieurs jours la grève générale se termina par la signature d'un accord sur un salaire minimal dans l'agriculture, le SMAG. Après cette grève, Guy Cabort -Masson participa à la création de la C.S.T.M . centrale syndicale nationaliste, aux côtés de Frantz Agasta dirigeant de Force Ouvrière.
Cabort fut également l'auteur de plusieurs écrits dont l'un dénonçant la main –mise des Békés sur l'économie martiniquaise dans l'essai « Les puissances d'argent en Martinique ».Il fut opposé à certains de ces gros possédants békés tels Raymond Cottrel et Yves Hayot dans des procès.
L'extrait suivant d'une interview de Cabort Masson est plus que toute autre analyse significatif de ses positions. Il répondit en ces mots à une interview de Tony Delsham à propos des résultats électoraux de A.Marie – Jeanne en 1979 : «  A l'indépendance, il nous faudra des dictateurs féroces et non des démocrates aux mains moites et molles. Il nous faudra des producteurs efficaces et non des 40% quémandeurs ». Les fonctionnaires méprisés, les travailleurs relégués au seul rôle de « producteurs efficaces », voilà qui en dit long sur les limites de la vision nationaliste qui pouvait être celle affichée par Cabort – Masson.
A Combat Ouvrier nous l'avons bien connu, dans l'émigration parisienne comme en Martinique. Et nous avons souvent polémiqué avec lui et combattu ses idées. Certes nous l'avons soutenu lui et les autres militants anti colonialistes face au pouvoir colonial français de l'époque. Le courage dont il a fait preuve tout au long de sa vie et surtout aux plus beaux temps du colonialisme ne nous a jamais empêché de combattre ses idées nationalistes bourgeoises contraires et néfastes aux intérêts de classe des travailleurs.




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