Faucille & marteau COMBAT OUVRIER Pour
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 20 avril 2002 N° 858




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ÉDITORIAL
Si des millions d'électeurs votent Arlette Laguiller...


Choisissons le camp des travailleurs!

Liberté pour la Palestine! A bas la politique criminelle de Sharon et de Bush!

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Pointe à Pitre: manifestation de soutien au peuple palestinien

Esclavage: Les révoltes de Latulipe, Jean-Louis, Bonhomme, Zéphir et d'autres, anonymes

La fête de Combat Ouvrier 2002: un bon cru!

Haïti: la population de la Saline sous la menace des bandes armées

Guy Cabort-Masson

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Martinique: Le gouvernement revient sur sa sanction contre J. Bertholle

Abymes: Marcin sous surveillance

La grève des agents municipaux de Vieux-Habitants

Le maire de Petit-Canal persite et signe

Martinique: requalification des emplois de 126 ex-salariés de l'usine Socomor. Juste réparation des maoeuvres crapuleuses de la direction

Guadeloupe: CTM - Les salariés déterminés à se battre pour l'obtention du statut de producteurs dénergie électrique

Capesterre Belle-eau: succès dans la grève des trois plantations de la Coproban

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Vénézuela: Echec du putsch organisé par le grand patronat et les dignitaires de l'armée


Italie: riposte massive contre la politique anti-sociale de Berlusconi

A propos du Zimbabwe

Guadeloupe: SUPPLÉMENT À COMBAT OUVRIER N° 858 - POUR FAIRE RECULER LA DÉLINQUANCE, L'INSÉCURITÉ IL FAUT MENER UNE ACTION COLLECTIVE PRÉVENTIVE

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Martinique: le gouvernement revient sur sa sanction contre J. Bertholle

On ne sait pas si cela est dû à la période électorale, mais on apprend que le ministre du travail Guiguou a fini par décider de lever les sanctions qui frappaient Jacques Bertholle depuis plusieurs années.
Jacques Bertholle était directeur départemental du travail. Ce fonctionnaire avait tout simplement voulu faire respecter le droit du travail en Martinique. C'est le minimum.
Le patronat local ne l'a pas supporté. Et emmené à l'époque par les patrons békés les plus rétrogrades comme le sieur Baudouin Lafosse Marin, il a déclaré la guerre au Directeur départemental du travail. Les sanctions contre Bertholle avaient été prises après la période de la grève des banques et du commerce en fin 1998. Le patronant estime que les syndicats étaient trop durs et que le directeur du travail n'était pas assez prompt à prendre des mesures contreeux.
Jospin et sa ministre des affaires sociales de l'époque, se présentant comme politiciens de gauche, ont suivi les demandes du représentant du patronat martiniquais, en suspendant Jacques Bertholle, après avoir cherché à l'éloigner de la Martinique. Le Directeur avait refusé une telle proposition jugée comme une brimade et un règlement de comptes.
Aujourd'hui, ce même gouvernement a enfin fait des propositions à Jacques Bertholle. Il lui propose d'être réintégré dans son poste et d'être chargé de mission en Guyane.. Il faut dire qu'un comité composé de syndicalistes et d'autres militants a sans relâche interpellé le gouvernement et les politiques qui le soutiennent depuis plusieurs années.
Aujourd'hui, se sentant menacé par les sondages en faveur d'Arlette Laguiller, Jospin entonne quelques accents en faveur «  des ouvriers et du monde du travail », et cède enfin pour réparer l'injustice commise envers Berholle pour plaire au patronat. C'est tant mieux pour Jacques Bertholle. Mais il n'y a aucune illusion à se faire vis à vis de Jospin. Une répression dont Jacques Bertholle a été victime montre de quel côté le gouvernement sortant se positionne, dans le camp des patrons, avec le supplément colonial qui refait souvent surface dans les îles d'Amérique.



Abymes: Marcin sous surveillance

Les agents municipaux des Abymes, ont fait 2 jours de grève pour s'opposer aux agissements du maire et de ses chefs de service. Ces messieurs, promouvaient, titularisaient les agents, suite au protocole d'il y a deux ans, à la tête du client. Les partisans du maire étaient systématiquement promus au détriment des autres agents. Pour mettre fin à ses pratiques, 2 jour de grèves furent nécessaires. Les promotions et les titularisations, seront dorénavant décidées au sein d'une commission qui se réunira tous les mois.
Marcin sait que les agents de la commune des Abymes demeurent mobilisés et l'ont à l'œil.



La grève des agents municipaux de Vieux-Habitants

Les agents municipaux de la commune ont cessé le travail depuis le 8 de ce mois. Ils ont présenté au maire 14 points de revendication. Ils réclament en autre, l'application des 35 heures, la titularisation des CES et des CEC, le respect du droit syndical. Bref, ils demandent au maire, chaud partisan de Jospin, tout simplement l'application de la loi.
Pour des revendications plus que légitimes le maire impose des négociations. De plus il le fait avec des arrières pensées. C'est ainsi qu'il a déniché une histoire pour tenter de faire croire que les agents en lutte sont manipulés par son collègue et adversaire politique de Baillif. La manœuvre n'a pas pris et à l'heure où nous écrivons, il a du reprendre les négociations pour donner gain de cause aux agents.



Le maire de Petit-Canal persiste et signe

Florent Mitel, maire communiste de Petit Canal fait durer la grève des agents affiliés à l'UTC-UGTG depuis 5 mois. Il se dit prêt à satisfaire toutes les revendications des agents ( applications des 35 heures, embauches, réorganisation des services ), mais ne veut pas payer les jours de grève. Malgré l'intervention du sous préfet de Pointe à Pitre donc de l'Etat pour trouver un compromis pour payer les jours de grève tout en donnant l'impression de ne pas les payer, Mitel s'obstine. Plus royaliste que le roi, il veut l'application de la loi française. Il se montre plus répressif que bien des maires de droite ou de gauche sans étiquette tel que Michaux, Julliard, Dupont et même son collègue communiste Chovino.
Cette situation qui perdure, a le don d'énerver les agents de toute les municipalités qui envisagent de donner une réponse à ce maire.



Martinique: requalification des emplois de 136 ex-salariés de l'usine

Socomor. Juste réparation des manoeuvres crapuleuses de la direction</h3> 36 des ex- employés de l'usine d'ananas de SOCOMOR ont obtenu gain de cause. Le tribunal des Prud'hommes vient de requalifier les contrats saisonniers que leur avait fait la direction, en contrat à durée indéterminée (CDI ).
Pour ces salariés cela signifie qu'ils devront obtenir un complément sur l'indemnité de licenciement qui leur avait été versée en 2000 ( à peine 7000F par salarié après 20 ans de travail à l'usine SOCOMOR ). Suite à la requalification de leur contrat, les 136 ex- salariés de SOCOMOR doivent recevoir 3.5 millions de francs soit 534 000 euros en complément de ce qu'ils avaient reçus.
On se souvient qu'au début de l'année 2000, la direction de l'usine SOCOMOR avait annoncé un plan de restructuration. Le directeur De Lavigne, soutenu par le gros planteur béké Aubéry, prévoyait le licenciement de 35 salariés et la disparition pure et simple de 226 emplois qualifiés. Les saisonniers étaient salariés de l'usine Socomor depuis vingt ans et plus.
On se souvient aussi que les salariés saisonniers de SOCOMOR ne se sont pas laissés faire. Avec l'aide de militants syndicaux, notamment ceux de la CGTM et de militants politiques, ils ont mis sur pied un « comité de lutte contre la suppression de 250 emplois à SOCOMOR ». Et ils ont exigé que des solutions soient trouvées pour ne pas être jetés à la rue du jour au lendemain comme des « Kleenex ». Pour obliger le patron et les pouvoirs publics qui accordaient des subventions à la direction de l'usine d'ananas et aux planteurs depuis des années, à les réembaucher, ils ont campé nuits et jours pendant un mois devant l'entrée de l'usine, empêchant son approvisionnement en ananas. Grâce à leur forte mobilisation et leur détermination, ils avaient su toucher les salariés d'autres secteurs et avaient bénéficié de la solidarité de nombreux travailleurs.
L'administration préfectorale et l'inspection du travail, les maires des communes concernées ont été obligé d'intervenir. Le béké De Lavigne a dû reculer.
Un accord fut signé le 7 mai 2000 entre la direction de Socomor, le Comité de Lutte et les syndicats prévoyant pour les travailleurs 3 mois de travail payé au SMIC pour 169H puis l'accès à un dispositif de congés de conversion indemnisé avec possibilité de formation, durant une période de 10 mois.
A l'issue de cette longue lutte, les travailleurs de SOCOMOR n'avaient pu conserver définitivement leurs emplois, ni même avoir la garantie d'en retrouver un. Néanmoins, ils avaient obligé leur patron à les respecter et à les dédommager.
Aujourd'hui, ils obtiennent la requalification du contrat de travail que le patron De Lavigne avait modifié quelques mois avant de mettre son plan de restructuration en œuvre. Il s'agissait d'une manœuvre crapuleuse. L'actuelle direction du Conseil d'administration de l'usine Socomor dont font désormais partie les planteurs, avait rendez-vous avec le préfet pour « tirer les conséquences » de la décision du tribunal des prud'hommes.
C'est une réparation méritée pour ces salariés, des femmes pour la plupart, qui des années durant ont sué sang et eau à l'usine d'ananas pour les profits des gros possédants.



Guadeloupe: CTM - Les salariés déterminés à se battre pour l'obtention du statut de producteurs d'énergie électrique

Suite à la grève déclenchée le 31 décembre dernier par les travailleurs de CTM (Centrale thermique du Moule), on se souvient que la Guadeloupe avait été plongée dans le Noir, d'autant plus que ceux d'EDF étaient également en grève. Les travailleurs de CTM réclamaient l'obtention du statut national des IEG (industrie électrique et gazière). Ce statut leur permettant d'avoir de meilleures conditions de rémunérations (25 % d'augmentation et l'obtention de certaines primes, de la mutuelle, de la garantie de l'emploi et d'autres avantages). La direction refuse de façon catégorique de céder sur ce point sous le prétexte que les salariés de CTM ne produisent que de la vapeur. La grève s'était terminée sans accord sur ce point. Les salariés de CTM avaient saisi le ministère de l'industrie et viennent de recevoir la réponse du ministre délégué à l'industrie, Christian Perret. Ce dernier donne raison aux salariés en estimant au vu du dossier fourni que les salariés doivent être considérés comme des producteurs d'électricité au sens de la loi du 10 février 2000 et non comme des producteurs de vapeurs.
Pour le moment la direction fait toujours la sourde oreille. Mais les travailleurs affiliés à la CGTG ont dans une conférence de presse déclaré qu'ils étaient prêts à se battre pour l'obtention de leur statut. Ils envisagent éventuellement de faire grève. Ils ont d'ailleurs le soutien de la Fédération CGTG des énergies où le syndicat de l'EDF est le plus important. La balle est maintenant dans le camp de la direction de CTM.
Le préfet qui craint de nouvelles grèves à EDF et à CTM, a pris les devant et décidé de convoquer différentes réunions avec la direction de CTM, les services compétents (DRIRE, DDTEFP). Il a prévu de rencontrer la CGTG le 23 avril prochain et prétend vouloir faire appliquer la notification du ministère et que si la direction ne cède pas, il saisira les tribunaux compétents.
Les travailleurs de CTM savent que tout n'est pas gagné et qu'ils devront se battre pour obtenir gain de cause.



Capesterre Belle-Eau: succès dans la grève des trois plantations de la Coproban

Le 19 mars, à l'appel de la CGTG-banane, les travailleurs agricoles de la SARL Dumanoir, s'étaient mis en grève. Devant le refus de leur patron de donner satisfaction à leur revendication, ils avaient élargi la grève à deux autres plantations du même groupe (COPROBAN), la SARL Montebello à Petit Bourg et la SCEA Kancel-Lurel, à Goyave. Ces travailleurs réclamaient : l'organisation des élections des Délégués du Personnel et du Comité d'entreprise, la mise en place d'un Comité d'Hygiène et de Sécurité et des conditions de Travail (CHSCT), la révision des normes de transport des régimes de banane, le paiement des jours de grève, le paiement de la journée du jeudi de la mi-carême.
C'est ce problème de transport des régimes de banane qui avait mis le feu aux poudres. La SARL Dumanoir se trouve sur des terres rachetées à l'ancien propriétaire Cabre dans la région de Routier en 1995. Le nouveau propriétaire a décidé de ne plus respecter l'accord qui régissait le travail dans les zones de montagne. Il fallait transporter 90 régimes de banane pour une tâche. Le nouveau propriétaire a embauché des travailleurs plus jeunes qui, sous la pression du chômage, ont préféré accepter ces emplois aux conditions plus pénibles. Ils ont transporté jusqu'à 150 régimes pesant entre 40 et 60 kg par tâche, ce qui représente 600 à 900 kg transportés par jour et par travailleurs.
A l'époque, la production était forte, mais actuellement la production a beaucoup baissé. Les travailleurs ont donc réclamé de baisser le nombre de régimes par tâche jusqu'à 110. La direction ayant refusé, la grève a démarré. Les travailleurs en ont profité pour poser leurs autres revendications.
La grève s'est achevée le 26 mars 02, après manifestation dans Capesterre BE et négociation avec la direction. Finalement les travailleurs ont obtenu une baisse de 150 à 120 régimes par tâche, la direction ne fera pas de retenue pour la durée de la grève, mais les travailleurs vont conditionner et faire partir la production de la semaine concernée. Des élections de délégués du personnel, de représentants du CE et du CHSCT seront organisées fin avril et début mai au plus tard. Ils n'ont pas obtenu le jeudi de la mi-carême, des négociations vont s'ouvrir dans chaque plantation du groupe, après la mise en place des Délégués du personnel et représentants au CE. Aucune sanction ne sera prise pour fait de grève. Les 80 travailleurs de ces trois plantations ont donc remporté un succès, à mettre au compte de leur détermination à se faire respecter.




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