Faucille & marteau COMBAT OUVRIER Pour
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 20 avril 2002 N° 858




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Pointe à Pitre: manifestation de soutien au peuple palestinien

Esclavage: Les révoltes de Latulipe, Jean-Louis, Bonhomme, Zéphir et d'autres, anonymes

La fête de Combat Ouvrier 2002: un bon cru!

Haïti: la population de la Saline sous la menace des bandes armées

Guy Cabort-Masson

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Martinique: Le gouvernement revient sur sa sanction contre J. Bertholle

Abymes: Marcin sous surveillance

La grève des agents municipaux de Vieux-Habitants

Le maire de Petit-Canal persite et signe

Martinique: requalification des emplois de 126 ex-salariés de l'usine Socomor. Juste réparation des maoeuvres crapuleuses de la direction

Guadeloupe: CTM - Les salariés déterminés à se battre pour l'obtention du statut de producteurs dénergie électrique

Capesterre Belle-eau: succès dans la grève des trois plantations de la Coproban

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Vénézuela: Echec du putsch organisé par le grand patronat et les dignitaires de l'armée


Italie: riposte massive contre la politique anti-sociale de Berlusconi

A propos du Zimbabwe

Guadeloupe: SUPPLÉMENT À COMBAT OUVRIER N° 858 - POUR FAIRE RECULER LA DÉLINQUANCE, L'INSÉCURITÉ IL FAUT MENER UNE ACTION COLLECTIVE PRÉVENTIVE

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Vénézuela: Echec du putsch organisé par le grand patronant et les dignitaires de l'armée

Le président du Venezuela, Hugo Chavez a été rétabli à la tête du pays, après un coup détat raté, conduit par une partie de larmée et orchestrée par le grand patronat. Renversé le vendredi 12 avril, et mis aux arrêts par des militaires, Chavez est revenu au pouvoir 48 heures après avoir été déposé par un groupe constitué des hauts dignitaires de larmée et par le patron des patrons Pedro Carmona.

Que sétait il passé ? Les événements avaient en fait commencé par un conflit à la tête de la très puissante entreprise pétrolière, la plus forte du pays et une des plus puissantes dans le monde, la PDVSA (Pétroles du Venezuela). Ce trust pèse dans les 150 milliards de dollars. Nationalisée en 1970, elle produit à elle seule 80 % des devises du pays et alimente 50 % du budget de létat vénézuélien.

Cest pratiquement un état dans létat et lorsque Hugo Chavez a décidé den changer les dirigeants, en vue dorienter autrement la politique pétrolière du pays, il sest heurté à une forte résistance. Il a alors licencié toute une partie de létat-major de la PDVSA. Les cadres de cette entreprise ont alors lancé une grève administrative qui sest prolongée en un grand mouvement anti-Chavez avec laide de centrales syndicales soumises aux objectifs des grands patrons.

La prétendue grève générale animée par tous les milieux civils et militaires hostiles à un régime quils jugent trop populiste sest donc terminée par le renversement momentané du président Chavez, faussement présenté comme une démission. Surprise dans un premier temps, la population des quartiers pauvres, qui placent ses espoirs et sa confiance dans Chavez, a réagi. Dans différents quartiers de Caracas et dautres villes des manifestations, barrages et affrontements avec les nouveaux tenants du pouvoir se sont alors déclenchés et allaient en samplifiant.

Après une période flottement, ce sont les putschistes qui ont dû reculer et devant la menace dune explosion généralisée dans tout le pays.

Une partie de larmée restée fidèle à Chavez, ou ayant compris que la situation allait tourner contre les nouveaux détenteurs du pouvoir, a préféré aller chercher Chavez dans sa prison et le remettre en selle.

CHAVEZ DE NOUVEAU EN SELLE! POUR QUELLE POLITIQUE?

Le Venezuela est un pays dit émergent cest à dire pas aussi retardataire que les plus sous -développés dAmérique latine ou dAfrique. Cest le 4 ème producteur de pétrole dans le monde. Son produit national brut par habitant est parmi les plus élevés des pays en retards de développement. Cest un pays plutôt bien équipé en routes, aéroports, infrastructures de toute sorte, héritées de la belle époque du pétrole cher. Cest aussi un pays qui a diversifié ses industries et qui produit une grande partie des biens de consommation quelle utilise.

Mais malgré les recettes du pétrole cest un pays très endetté et très corrompu où règnent de fortes inégalités sociales. Le pays est mis en coupe réglé par une petite minorité de profiteurs des villes et des campagnes, senrichissant à lintérieur, comme de lextérieur avec le pétrole, laluminium, les grands élevages, les grands travaux publics, etc.. Les salaires des ouvriers de lindustrie textiles, de laluminium, des parcs industriels ou même du pétrole sont très bas. Le chômage y massif et la délinquances violente très importante. Le Venezuela est très endetté et le service de la dette représente plus de 23 % de la valeur des exportations.

Les trusts et financiers américains depuis plusieurs années ont voulu remettre dans le rang un pays qui a eu une époque de nationalisme économique vis à vis des USA.

Aujourdhui, le Bolivar qui est la monnaie nationale sest littéralement effondrée devant le dollar qui sans être la monnaie officielle est cependant la référence dans toutes les transactions petites et grandes.

Lorsque Chavez a pris le pouvoir, cest toute la classe politique qui était déconsidérée. Deux grands partis se sont succédé au pouvoir durant les quarante ans qui suivirent la chute du dictature Perez Jimenez (48-58), Adéi (Accion democratica) et Copéi ( démocrate-chrétien). Ils étaient essoufflés et lun des grands présidents Carlos Andres Perez, deux fois élus, a même été accusé et pour corruption.

Les quartiers populaires, durant les années 80 connurent une effervescence grandissante devant la montée du chômage et de la misère, devant les injonctions du FMI qui poussait à la vérité des prix, etc. En 1989; le 27 février, un nouvel ajustement structurel réclamé par le FMI va mettre le feu aux poudres. Une véritable révolte populaire va déferler de toutes les collines entourant Caracas, où vivent la majorité des pauvres. Des dizaines de milliers de manifestants vont envahir le centre riche et moderne de Caracas, manifestant, criant et pillant les magasins. Larmée, devant lincapacité de la police de faire face à ces émeutes, est intervenue et a brutalement réprimé faisant plus de 4000 morts !

Dans les trois ans qui suivirent ce fut à lintérieur de larmée que se transféra le mécontentement contre la situation politique et sociale calamiteuse du pays. Les jeunes officiers regroupés depuis 1982 dans le Mouvement bolivarien révolutionnaire-200 ne cachaient pas leur volonté de mettre un terme à la dégradation de la situation. Cela incita sans doute le lieutenant-colonel Chavez à tenter un coup détat militaire, le 4 février 1992, contre le gouvernement Andres-Perez. Laffaire échoua, la situation nétait pas suffisamment mure.

Mais Chavez va y gagner une énorme popularité dans les quartiers les plus pauvres. Dans chaque maison, alors quil était en prison, on pouvait voir trôner sa photo. Chavez sera libéré et gracié deux ans plus tard. Il va alors se reconvertir en politicien civil. En 1998, il gagnera les élections par 56,2 % des suffrages exprimés ! Puis il organisera un référendum pour changer la constitution et convoquer un assemblée constituante qui sera approuvé par 60, 9 %. Se partisans y gagnèrent 92 % des sièges. Puis la nouvelle constitution dite bolivarienne sera approuvée par 71 % des suffrages. Le 30 juillet il se présentera de nouveau aux suffrages et sera élu par 56,93 % des suffrages.

QUELLE POLITIQUE ?

Chavez est connu pour ne pas être inféodé aux USA, il affiche volontiers son admiration et son amitié pour Fidel Castro. Le Venezuela vend du pétrole à des taux préférentiels à Cuba. Il est allé aussi rendre visite à Saddam Hussein, histoire sans doute de montrer au grand voisin du nord, quil était libre de ses mouvements et de ses amitiés.

Sa politique a-t-elle déjà changé quelque chose au sort des pauvres ? Sans doute non; mais ceux-ci acceptent, pour linstant, de lui donner du temps. Si, toutefois, ils le voient avancer dans le domaine de la lutte contre la corruption qui règne à la tête des grandes entreprises nationales, dans les banques, les services de létat, etc. Il a commencé une réforme agraire qui a attribué des milliers dhectares de terres à ceux qui en manquait. Il sest mis ainsi à dos les grands propriétaires et les spéculateurs immobiliers. En décrétant en 1999 une augmentation générale des salaires de 20 % il a provoqué là aussi une levée de protestations des patrons

Il est certain que ce régime, même sil nest pas lémanation dun réel mouvement ouvrier et populaire, est très mal vu de Washington. La rapidité avec laquelle les dirigeants américains se sont félicité du renversement de Chavez en dit long sur ce quils souhaitent pour le Venezuela. Il est fort à parier que la main de la CIA nétait pas très loin de la manipulation orchestrée par le patron des patrons, les cadres de la PDVSA et certains dignitaires de larmée comme lamiral Tamayo. Celui-ci sétait bien affiché aux côtés du patron des patrons Pedro Carmona, lors de sa prise de pouvoir ratée.

Mais même après la reprise du pouvoir par Chavez ,on a vu dans plusieurs villes continuer les manifestations et les pillages. Combien de temps passera avant que les masses pauvres ne descendent encore dans les rues ? Et accepteront-elles indéfiniment dêtre patientes sans voir changer leur sort ? Tant que le régime de Chavez ne sattaquera pas délibérément à loligarchie dirigeante, pour casser ses points dancrage dans léconomie, pour avoir de quoi améliorer réellement le sort des travailleurs et des pauvres, il sera menacé à la fois dêtre renversé par les complots de certains dignitaires de larmée en liaison ou non avec la CIA. Mais il sera aussi confronté, à un moment ou un autre, à la colère des masses lassées dattendre les vrais changements de leur sort.

Mais pour les pauvres, pour les travailleurs, le meilleur moyen de changer leur sort cest évidemment quils sen occupent eux-mêmes. On verrait alors si Chavez leur apporte son soutien jusquau bout. En tout cas, la lutte indépendante des travailleurs et des pauvres, cest la seule voie sûre pour changer leur sort, mais cest aussi un moyen de contrer et de décourager les tentatives de putschs comme celle qui vient déchouer. Car, en cas de réussite des mauvais coups des sommets de larmée ou du patronat, les travailleurs, les pauvres seraient les principales victimes de la répression qui s'en suivrait.



Italie: riposte massive contre la politique anti-sociale de Berlusconi

Le mardi 16 avril, l'Italie a été paralysée par une grève générale. Les aéroports, les gares, les banques et toutes les grandes entreprises ont cessé de fonctionner. Des manifestations dans plusieurs villes ont rassemblé plus d'un million de personnes ce que l'on n'avait pas vu depuis vingt ans. Ce vaste mécontentement s'est exprimé contre la suppression par le gouvernement d'une loi qui protége les travailleurs abusivement licenciés. Cette loi prévoit la réintégration de ces travailleurs. Mais une telle manifestation d'ampleur traduit le ras le bol qui couve depuis longtemps dans la population et parmi les travailleurs contre la politique du chef du gouvernement Silvio Berlusconi. Celui -ci arrivé au pouvoir en mai 2001 applique une politique d'austérité et s'attaque aux acquis des travailleurs. Il utilise le pouvoir pour satisfaire les intérêts du patronat et des grandes entreprises italiennes. Berlusconi est lui-même à la tête d'un empire financier. Il est le magnat de l'audiovisuel, possède des entreprises dans l'immobilier et dans le sport. Il représenterait la quatorzième fortune mondiale.
Mais ce milliardaire à la tête de l'Etat entre fric et pouvoir représente le courant le plus réactionnaire de la droite italienne. Des élus de partis d'extrême droite font parti de son gouvernement tels ceux du parti néo-fasciste, l'Alliance Nationale et l'Alliance du Nord. Ce dernier mène une politique xénophobe et raciste. Après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis Berlusconi ne s'est pas gêné pour faire des déclarations racistes contre le monde islamique en opposant la supériorité du monde occidentale au retard de la civilisation arabe.
Il n'est pas surprenant qu'un représentant de gouvernement aussi réactionnaire et raciste s'en prenne aux travailleurs et à la population. Mais son succès et son arrivée au pouvoir sont le résultat de la politique de la gauche qui avant lui a mené une politique contre les acquis des travailleurs et en faveur du libéralisme économique et des patrons. La gauche a gouverné de 1996 à 2001. Durant cinq ans elle a mené une politique de réformes en s'attaquant aux retraites en appliquant une forte pression fiscale et en relançant les privatisations. Sous le gouvernement de gauche le parti communiste italien(PRC) qui a participé à la majorité parlementaire ne s'est pas opposé fermement aux lois qui ont permis la précarisation de l'emploi. Le mécontentement de la population et des travailleurs contre la politique de la gauche, leur déception, ont joué en faveur du candidat de droite Berlusconi et des partis d'extrême droite.
La grève générale de mardi ne semble pas avoir eu d'effets sur le gouvernement. Berlusconi a froidement déclaré qu'il continuerait à appliquer ses réformes. Reste à savoir si les grandes centrales syndicales poursuivront le mouvement de grève. Il n'est pas dit que les travailleurs et la population accepteront de subir les attaques d'un gouvernement aussi réactionnaire qui n'hésitera pas à imposer ses lois par la force.



A propos du Zimbabwe

Dans un article paru dans le N° 856 de Combat Ouvrier nous avons écrit que “une minorité de Blancs (6000) possédaient 11 000 hectares de terres fertiles”! Il fallait lire “11 .000 000 (onze millions) d'hectares de terres fertiles! Ce qui est plus conforme à la réalité.
Il faut aussi revenir sur un autre aspect. Le fait que Mugabe par démagogie a autorisé certaines ex- guérillero qui luttaient contre le pouvoir blanc avant l'indépendance, à prendre certaines terres aux mains des Blancs, n'est pas ce qui a aggravé la pauvreté en Zimbawe, c'est un ensemble de faits économiques. D'abord après l'indépendance, c'est Mugabe qui a freiné la radicalisation des paysans sans terre et a accordé sa protection aux grands propriétaires blancs. Mais la modération de Mugabe n'était pas de la prudence économique c'était de reflet de son manque de radicalisme en général. Il ne voulait surtout pas que son régime soit poussé en avant par l'accaparement et l'expropriation des terres des grands propriétaires blancs , ni que dans les zones urbaines Une telle radicalisation touchent aussi les prolétaires des villes.
Mugabe a donné des gages aux milieux internationaux , aux représentants de l'empire Britannique, etc. Et ensuite, après quelques années de remontée économique, tout de suite après l'indépendance, il s'est retrouvé à rechercher des capitaux auprès des organismes internationaux. Et c'est le Fond monétaire international qui là comme ailleurs a dicté ses “ajustements structurels” qui aggravaient la situation des masses pauvres et travailleuses.
Quand Mugabe s'est retrouvé devant la montée du mécontentement des masse pauvres (il y eu des émeutes qu'il a réprimées) il a lâché du lest en livrant quelques propriétés de Blancs aux ex-guérillero. E En fait, dès les débuts du changement de pouvoir, il aurait fallu exproprier tous les grandns propriétaires blancs et sur ces terres de bonne qualité développer une agriculture tournée vers la subsistance et non vers la commercialisation, vers l'exportation.
Si la presse internationale, les représentants des grands pays occidentaux ont pris fait et cause pour les “malheureux” grands propriétaires blancs, expulsés, ou menacés d'expulsion, de leurs grands domaines de milliers d'hectares, ce n'est que très normal. Notre camp à nous c'est celui des pauvres des campagnes, les millions de paysans pauvres, sans terres, vivant pauvrement sur leurs terres arides face aux 4500 grand propriétaires blancs (accompagnés d'une centaine de gros propriétaires noirs, tout de même!).
S'il y a quelque chose à déplorer dans toute cette situation, au moment où le Zimbawe fête -ce 17 avril - ses 22ans d'indépendance, c'est que ces gros propriétaires ne se retrouvent que devant les quelques groupes armés des ex-amis de Mugabe et non devant toute la paysannerie révoltée qui les aurait exproprier de façon plus large, plus définitive et plus expéditive. Et franchement nous n'aurions pas pleuré sur leur sort, pas plus que nous ne le faisons maintenant. Ils sont les artisans de cette situation, des mécontentements et des haines accumulés contre eux depuis le plus d'un siècle où ils ont opprimé et exploité les Noirs de l'ancienne Rhodésie.



Guadeloupe: SUPPLÉMENT À COMBAT OUVRIER N° 858 - POUR FAIRE RECULER LA DÉLINQUANCE, L'INSÉCURITÉ IL FAUT MENER UNE ACTION COLLECTIVE PRÉVENTIVE

Au cours d'un cambriolage dans la région de Basse-Terre (Calebassier), mercredi 17 avril, deux jeunes voleurs ont été tués par un commerçant qui, semble-t-il dans un mouvement de colère et de panique, a tiré sur eux. Il avait été agressé par les voleurs alors qu'il était dans le magasin, en compagnie d'un ami ou d'un employé. C'est celui-ci qui lui aurait tendu le fusil pour se défendre. Les deux jeunes malfaiteurs ont été gravement blessés et ils sont morts à l'hôpital des suites de leurs blessures. Aussitôt le commerçant et la deuxième personne ont été arrêtés et déférés devant un magistrat qui instruit l'affaire D'après les constats faits, il ne semble pas que les deux jeunes cambrioleurs portaient une arme.

La réaction des commerçants de Basse-Terre a été très vive et ils ont manifesté pour réclamer la mise en liberté des deux prévenus. L'un d'eux, Jean-Marc Joseph, a été mis en examen pour complicité d'homicide involontaire. Il a été relâché et placé sous contrôle judiciaire. Tandis que l'autre, Evans Théophile, restait encore enfermé et a été inculpé d'homicide volontaire ou de meurtre. Des incidents se sont déroulés entre la police et un groupe de près de deux cents personnes réclamant la mise en liberté des prévenus. Le vendredi, des jeunes, amis des deux tués, ont eux aussi créé des incidents et manifesté contre le fait que leurs camarades aient été abattus de deux coups de fusil par le commerçant. Des deux côtés, il s‘agit de jeunes gens. Les uns avaient un emploi fixe, une situation pour gagner leur vie en travaillant, de l'autre il s'agit de jeunes voleurs (17 ans !) dont on ne sait pas pour l'instant s'il s'agit de délinquants occasionnels ou de petits malfrats habitués à ces genres de vols. Il semble qu'ils avaient déjà rançonné et menacé le commerçant ( vendeur d'articles de sports) qui a tiré sur eux. S'agissait-il de jeunes sans emplois, ou de jeunes qui se sont laissé dérivés vers des activités délinquantes, on ne le sait pas exactement à l'heure où nous écrivons. Toujours est-il que les familles de ces jeunes gens, ceux qui ont été tués, ceux qui sont inculpés ou emprisonné, se retrouvent en plein drame, dans une situation effroyable et douloureuse. La mère d'Evans Théophile a entamé une grève de la faim jusqu'à la libération de son fils. Ce drame a provoqué de vives discussions un peu partout, dans les rues, au travail. Comment en est-on en arrivé là, aujoud'hui, dans ce pays ? Il y a bien longtemps que la délinquance fait son chemin et que les faits s'aggravent chaque jour. Alors chacun donne ses explications sur une telle situation, chacun accuse le manque de fermeté de l'éducation des jeunes, le manque de cadre, l'école, le manque d'emplois, la recherche de l'argent facile, etc. Et c'est un peu de tout cela qui alimente une situation qui finit, dans un petit pays, insulaire, par devenir insupportable. La principale cause de ces drames, c'est que plus la situation économique sera incapable de répondre aux besoins de milliers de jeunes et moins jeunes qui sont sans emplois, plus une fraction (même minime) de ces jeunes pourra être entraînée facilement dans des dérives diverses. Qu'il s'agisse de petit banditisme, de consommation et trafic de drogue, de trafics divers, de recherche d'argent facile. Il y a aussi toute la vie sociale, politique et économique qui est là pour glorifier les succès du monde financier, des affairistes, où ceux qui gagnent de l'argent le font sans travailler.

Quant à la réaction des commerçants, on peut comprendre que des gens, commerçants ou non, finissent par être exaspérés par les vols, les rançonnements, les agressions diverses, qui se multiplient dans certains quartiers. Bien sûr, ils sont le fait d'une minorité de voyous, petits ou grands. Leurs actes finissent provoquer une certaine exaspération qui, à plusieurs reprises, a conduit des gens à tirer sur eux. Mais on ne peut évidemment pas accepter une telle solution à ces problèmes. Il n'est pas acceptable que des gens, des commençants ou d'autres, se transforment en tueurs pour se protéger ou pour exprimer leur exaspération. Car, un telle solution pourrait se révéler pire que le mal, en sombrant dans un engrenage de violences individuelles et de règlements de comptes, les uns voulant répondre aux autres. Le niveau de cette violence ne ferait que s'aggraver. Ces deux jeunes gens méritaient-ils la mort pour avoir volé dans le magasin ? Ces deux jeunes commerçants méritent-t-ils d'être emprisonnés pour n'avoir pas su gérer convenablement une situation qu'ils n'ont pas créée ! Ils doivent vivre aujourd'hui avec cette charge morale lourde d'avoir supprimé la vie de deux autres jeunes gens pour protéger quelques biens matériels !

On peut trouver une réponse à deux niveaux.

1) D'abord se battre collectivement, pour faire créer massivement des emplois, avec l'argent public, directement, d'abord dans les services publics qui en ont bien besoin. Mais aussi pour en créer dans certains secteurs en évolution tel que le tourisme, l'agriculture tournée vers la consommation locale et tous les domaines qui y sont liés (transport, commercialisation, conservation, conditionnement, etc).

2) Il faut opposer - avant les drames - des réactions collectives à l'insécurité, à la délinquance permanente des quartiers, des centres villes etc. Il ne sert à rien de déplorer le manque de policiers ou d'intervenions policières, de condamnations, etc. Il faut, en s'organisant, rendre difficiles voire impossibles les agissements des malfrats et voyous ! Il s'agit de leur laisser le moins de marge de manoeuvre, les mettre en surveillance permanente et s'opposer collectivement à leurs actions, les empêcher de faire école auprès d'autres jeunes, etc. Mais cela demande de sortir des comportements individualistes et de retrouver le sens des comportements sociaux, collectifs, vis à vis des jeunes pour les persuader, les éduquer à trouver des voies plus justes. Tout cela n'est pas très facile. Mais il faut y réfléchir avant de nous livrer à des règlements de comptes, à l'exercice d'une justice sommaire soumise au seul jugement de chacun. Ce qui n'est pas acceptable.




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