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Guadeloupe
MEETING des organisations syndicales contre LA PRÉCARITÉ DE L’EMPLOI ET LES
ATTAQUES CONTRE LA RETRAITE
Le samedi 1er février, neuf organisations syndicales, les plus importantes en Guadeloupe,
ont tenu un meeting au Centre Culturel du Raizet. Il s’agit de la CGTG, la FSU, la FAEN, la
CTU, le SNUI, le SNETAA, le SPEG, l’UGTG, l’UNSA. Les travailleurs du privé et
ceux de l’éducation étaient donc représentés.
Le meeting a réuni plus de 200 personnes. Les intervenants ont rappelé le scandale de
la précarité de l’emploi, qui concerne dix mille jeunes en Guadeloupe. Dans
bien des cas, à la fin de leur contrat, ils iront grossir le lot des chômeurs. Ces
derniers représentent 30% de la population active, ce qui signifie que 60 000 personnes au
moins (chômeurs déclarés) sont privées d’emploi. Le
problème des retraites concerne tous les salariés : ceux du public comme ceux du
privé. Si le gouvernement s’attaque d’abord aux fonctionnaires, en allongeant
leur durée de cotisation de 37,5 ans à 40 ans, c’est pour mieux s’en
prendre ensuite à ceux du privé : l’objectif du patronat étant de
faire passer la durée des cotisations dans le privé à 42 ans, dans un premier
temps ! Les travailleurs ne se laissent donc pas prendre au piège de la division
public/privé. Tous ont les mêmes intérêts : défendre leurs
retraites, combattre la précarité de l’emploi et le chômage.
Les représentants des organisations syndicales ont appelé à une journée
d’action et de grève pour le 14 février.
ABYMES:
GRÈVE À LA SOTASBAG
Les travailleurs de la Sotasbag, société familiale spécialisée dans
la dératisation et le traitement contre les termites sont en grève depuis le 9
janvier dernier. Ils protestent contre le licenciement d’un ouvrier en contrat à
durée indéterminé.
Il semble que la direction n’a pas apprécié la création d’une
section de l’UGTG et fait tout pour ne pas organiser les élections des
délégués du personnel au motif que l’effectif est insuffisant. Selon les
grévistes l’effectif est de 13 personnes alors que la direction ne compte que 9,5.
Pour la direction le licenciement de l’ouvrier qui est considéré comme une
forte tête est justifié. Il n’aurait pas porté le casque obligatoire sur
un chantier et ce serait une faute lourde passible de licenciement.
Les grévistes disent qu’en réalité cet ouvrier n’a pas
l’habitude de travailler sur un chantier mais est chauffeur-manœuvre. C’est ce
qui est porté sur sa fiche de paie. De plus il devait semer des produits chimiques et
était muni de bottes, gants et masque qui sont obligatoires. Il n’y a aucune
inscription indiquant que le port du casque est obligatoire. En réalité la direction
a voulu piéger l’ouvrier en venant effectuer un contrôle sur le chantier avec un
huissier, le directeur général et son fils. Le travailleur a été
convoqué le lendemain pour qu’on lui annonce son licenciement immédiat sans
même entretien préalable. Depuis l’incident survenu le 6 janvier, la direction a
fait venir des vigiles devant l’entreprise. Pire, les grévistes qui soutiennent leur
camarade ont reçu également une lettre de licenciement au motif que la grève
était illicite et qu’ils ne devaient pas soutenir leur collègue. En
réalité la direction de l’entreprise refuse l’arrivée d’une
section syndicale UGTG et refuse de reconnaître le droit de grève aux travailleurs, ce
qui est totalement inadmissible.
Pour le moment la direction campe sur ses positions et refuse de discuter avec les
grévistes. Elle pense les décourager mais cette attitude ne fait que renforcer leur
détermination à continuer de lutter.
L’IMMIGRATION INDIENNE AUX ANTILLES (Suite)
Dans quelque temps commencera le compte à rebours des cérémonies du 150
éme anniversaire de l’arrivée des Indiens en Martinique et en Guadeloupe. Nous
poursuivons donc à cette occasion la chronique historique concernant l’immigration
indienne
SITUATION DES CONTRACTUELS INDIENS AUX ANTILLES FRANÇAISES DE 1854 à 1889
Ces Indiens recevaient leurs salaires avec beaucoup de retard (2 à 3 mois) Et certains
colons les obligeaient à travailler jour et nuit. Les dimanches et jours de fête, ils
devaient travailler jusqu’à midi. Celui qui se plaignait était mis en prison..
Et si par malchance il devait être hospitalisé (sur l’habitation), il devait
balayer les alentours du bâtiment, enlever le fumier des écuries.
Voilà le sort qui était réservé aux travailleurs indiens sous contrat
qui se rendaient aux Antilles françaises pour y travailler.
Les ex esclavagistes ne leur ont pas fait de cadeaux.
Alors, beaucoup de ces contractuels, rompant leur contrat, choisissaient l’oisiveté.
En fait, très tôt ces Indiens ont «marronné» (fuite dans les bois)
vers une petite parcelle de forêt dans les hauteurs, abandonnant les plaines de la
Grande-Terre en Guadeloupe. Comme l’avaient d’ailleurs fait, juste avant eux, les
anciens esclaves noirs avant et après l’abolition! Cette situation a eu parfois de
dramatiques conséquences.
Ainsi, les «marrons» indiens étaient maltraités et
considérés comme de dangereux sauvages. Ils étaient souvent accusés de
vol et d’assassinat.
Certains savaient aussi se venger. Ils n’hésitaient pas à mettre le feu aux
maisons et aux habitations des Blancs. Mais beaucoup par désespoir s’adonnaient
à l’alcool ou sombraient dans la folie.
En 1888 on comptait 482 Indiens en rupture de contrat dans la seule Guadeloupe sur 42 326
travailleurs indiens indroduits de 1854 à 1888. Les 25 509 contractuels introduits, pendant
la même époque en Martinique, n’ont pas connu meilleur sort.
Mais comme pour les Noirs, cette situation de répression et grande misère n’a
pas empêché les originaires de l’Inde de résister et de
s’intégrer dans ces sociétés antillaises alors naissantes.
(à suivre)
ECOMAX RIEN N'EST RÉGLÉ
La situation reste bloquée à Ecomax, même si la plupart des magasins sont
maintenant ouverts. Les revendications des travailleurs syndiqués à l'UGTG demeurent:
temps complet pour les employés à temps partiel, augmentation pour les salaires de
802 à 882 euros, vu le chiffre d'affaires élevé d'Ecomax -73 millions
d'euros-et les 13 000 heures supplémentaires par an. Mais les difficultés sont venues
de la lutte entre syndicats : la CTU a appelé à manifester contre la grève ;
l'UGTG, elle, refuse la participation de la CTU aux négociations comme le prévoit la
législation. Les salariés n'ont pas à payer les conséquences de telles
oppositions qui favorisent les patrons.
MOUSTACHE, VITE SORTI DE PRISON.
José Moustache, le maire de l’Anse Bertrand a été
libéré après quelques jours de prison. Ce vieux routier de la droite
traditionnelle a été condamné en première instance à un an de
prison ferme, cinq ans de privation de droits civiques et civils. Il était poursuivi pour
irrégularités autour de la construction de logements sociaux, détournement de
300.000 F de fonds destinés à venir en aide aux sinistrés après le
cyclone Hugo et de détournement de fonds au profit de la SEMANOR ( Société
d’aménagement du Nord-Grande Terre).
Ses partisans ne contestent pas le fond du dossier. Ils auraient du mal. Mais ils reprochaient aux
juges de l’avoir fait incarcérer à l’audience avant même le
jugement en appel, Moustache a donc été libéré en attendant.
Les juges ne sont pas toujours aussi prompts à sortir un délinquant de prison. Il ne
serait pas étonnant que les amis politiques de Moustache, Michaux Chevry, Carabin,
très proches de Chirac, aient fait intervenir leurs relations gouvernementales. Eh oui,
selon que vous serez puissant ou misérable.. les jugements de cour… On connaît
la chanson.
Guadeloupe
PROTESTATION DES BOUCHERS
Les bouchers de la Guadeloupe ont manifesté leur colère le mercredi 15 janvier
dernier. En effet, l’année dernière ils ne payaient que 20% du coût du
test de dépistage de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), plus connue
sous le nom de «maladie de la vache folle». Or cette année, la direction de
l’abattoir départemental du Moule leur réclame le paiement de la
totalité du coût de ce test qui sert à prévenir de la maladie de
Creutzfeldt – Jakob chez l’homme.
Les bouchers disent que l’abattoir aurait dû les prévenir avant le 15 janvier
qu’ils devraient payer les 100% du coût du test, les deux collectivités locales
(départementale et régionale) ne tenant pas à reconduire leur aide cette
année. C’est pour cette raison qu’ils se sont fâchés en se
rassemblant dans les enceintes de l’abattoir pour demander des explications. Finalement, et
pour ne pas trop pénaliser la profession, ils ont payé le coût du test. Une
réunion devait se tenir avec le conseil général, mais nous n’avons pas
à ce jour le résultat de cette rencontre si elle a eu lieu. Certes les bouchers ne
sont pas les plus à plaindre mais leur colère est compréhensible face à
la légèreté avec laquelle sont traités leurs problèmes.
HAÏTI.
UN SALAIRE JOURNALIER DE 160 GOURDES OU 4 EUROS, C’EST TROP POUR LES BOURGEOIS
AFFAMEURS!
Il est toujours facile pour les grands commerçants et le gouvernement d’augmenter
les prix de leurs marchandises d’un jour à l’autre voire d’une heure
à l’autre. Il en est autrement quand il faut par contre ajuster le salaire des
travailleurs par rapport à l’inflation.
Du 31 décembre 2002 au 1e janvier 2003, prétextant la dévaluation de la
monnaie locale par rapport au dollar, le gouvernement avait spectaculairement augmenté tous
les prix des produits pétroliers et de leurs dérivés allant de 75
jusqu’à 100% d’augmentation. Le lendemain, illico, les commerçants ont
aligné tous les prix de leurs marchandises. Le matin, il y en a qui ne vendaient pas leurs
marchandises si le cours du dollar n’était pas connu. Les prix d’une course de
taxi, d’un transport en autobus ont doublé. Les denrées alimentaires de base
sont devenues rares au marché et sont inaccessibles aux plus pauvres tant les prix ont
augmenté.
Mais depuis plus d’un mois, le gouvernement parle d’augmenter les salaires des ouvriers
de la zone industrielle. Cependant, pour lui, il faut que cela se fasse dans le dialogue entre le
patronat, le gouvernement et quelques individus qui s’autoproclament représentants des
travailleurs mais qui sont en fait des laquais de ces mêmes patrons.
Après de longues déclarations dans la presse sur le péril que
représente toute augmentation du salaire des travailleurs sur l’économie du
pays, les patrons ont accepté de discuter avec le « secteur
syndical » comme on dit en Haïti. Chacune des parties, en dehors de toute
préoccupation des travailleurs ont avancé leur chiffre. Le gouvernement voulait
accorder 72 gourdes par jour, le «secteur syndical» avançait 120 gourdes, le
patronat proposait 57 gourdes. Après de vaines discussions pour trouver un prix consensuel,
les parties se sont séparées sur un constat d’échec sans fixer de
prochaine rencontre. Notons que sur la base de 40 gourdes pour un Euro, le salaire journalier
d’un ouvrier est de 0,9 euro, le gouvernement proposait de le mettre à 1,8 euro, les
syndicats à 3 euros et le patronat à 1,42. En 1994, lors de son premier mandat comme
président, Aristide avait fixé le salaire minimum journalier à 28 gourdes,
soit 4 dollars américains, le dollar valait 7 gourdes à cette époque.
Aujourd’hui, le dollar vaut 40 gourdes. Pour rattraper le pouvoir d’achat des
travailleurs de 1994 qui était très faible, il faudrait aujourd’hui 160 gourdes
soit 4 dollars. Cela n’est même pas une augmentation de salaire comme les bourgeois et
leurs économistes veulent le faire croire mais seulement un ajustement par rapport à
l’inflation.
Les travailleurs auront raison de se mettre en lutte pour revendiquer au moins cet ajustement de
salaire et exiger qu’il soit définitivement aligné sur le dollar car, ils
l’ont bien démontré encore, le gouvernement, le patronat et leurs sous fifres
ne leur feront pas de cadeau.
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