COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 8 février 2003      N° 875
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Martinique:
les travailleurs ne veulent pas faire les frais d’une retraite au rabais

Le samedi 1er février, à l’appel d’une intersyndicale composée de la CGTM, CDMT, CSTM, FO, les travailleurs de différents corps sociaux, se sont retrouvés dans les rues de Fort de France, pour protester contre les intentions du gouvernement Raffarin-Chirac de s’attaquer aux retraites. Près d’un millier de personnes était présentes pour dire non à l’allongement de la durée des cotisations de 37 ans et demi à 40 ans voire à 45 ans.
Le cortège de la CGTM et de la CGT-FSM qui représentait à eux deux près de 70 % des manifestants a regroupé un nombre non négligeable de retraités, mais aussi beaucoup de travailleurs du privé, c’est à dire des ouvriers agricoles, du commerce. Les salariés de l’Education Nationale, ceux de l’EDF ont tenu aussi à montrer leur présence dans cette manifestation. On pouvait noter dans cette manifestation, la présence d’une délégation de la CGT Française. Les slogans sur la défense des retraites ont été repris en chœur par les manifestants.
A plusieurs carrefours, les représentants des organisations syndicales présentes ont pris à tour de rôle la parole pour exprimer leur refus contre les mesures des gouvernements successifs cherchant à s’attaquer aux intérêts des travailleurs. Sur la question des retraites, les organisations syndicales affirmaient leur volonté de voir les retraites alignées à 37ans et demi pour tous et une augmentation des retraites.
Arrivés devant la préfecture, une délégation représentant chacune des organisations syndicales est allée déposer dans les bureaux du préfet, une lettre exprimant leur désapprobation des attaques répétées du gouvernement contre les classes exploitées.
La manifestation s’est ensuite terminée devant la Maison des Syndicats par des slogans hostiles au gouvernement.



Guadeloupe
ASSOCANNE: LE PATRONAT BLOQUE LES NAO (Négociations annuelles obligatoires)

Le désaccord fondamental repose sur les augmentations de salaires. Les travailleurs revendiquent 10% d’augmentation, le patronat propose 2,1%, alors que la hausse officielle du coût de la vie est de 2,7% ! La réunion a eu lieu le 19 décembre dernier. Après six réunions, il n’y a eu aucune évolution.
Spéronel, le représentant des patrons, affirmait au départ qu’il représentait les deux usines à sucre et les distilleries. Les représentants des travailleurs lui ont demandé de fournir un bilan financier pour justifier une proposition d’augmentation aussi faible. Ils savaient bien sûr que cela était impossible ! Et cela n’a pas manqué : lors de la réunion suivante, Spéronel a affirmé qu’il était mandaté uniquement par les usiniers, et non par les patrons des distilleries, et qu’il ne pouvait donc pas fournir les documents demandés concernant ces dernières. Bien entendu, c’était une manœuvre de la part des patrons, puisque le bilan financier de l’ensemble de la filière est plus favorable que celui des seules usines à sucre.
Une 7ème réunion est prévue le 11 février. Les patrons sont décidés à accorder le moins possible d’augmentations de salaires. Mais si la voie des négociations n’aboutit pas, les travailleurs ont heureusement d’autres recours pour arracher leurs revendications!



LE MOULE:
LA TUERIE DU 14 FÉVRIER 1952 CONTRE LES TRAVAILLEURS EN LUTTE.

Le 14 Février 1952 des travailleurs étaient abattus par les forces de répression coloniales au Moule.
Comme chaque année les travailleurs du secteur agricole et les patrons du secteur se réunissaient afin de fixer le prix de la tonne de canne, les salaires agricoles ainsi que le salaire industriel avant l’ouverture de la récolte sucrière.
En novembre et décembre 1951, après des heures et des heures de discussions, la complicité des patrons et de l’Etat colonial avait exaspéré les ouvriers et les petits planteurs. Ces derniers ont, au mois de janvier, déclenché une grève générale illimitée pour exiger la prise en compte de leurs revendications par l’Etat et les usiniers.
Les travailleurs allaient, de Capesterre à Moule en passant par Ste Rose… Anse Bertrand, de parcelle en parcelle mettre les hésitants en grève. Les heurts avec les CRS (compagnies Républicaines de sécurités) étaient nombreux.
Le plus sanglant a été cette tuerie du 14 février au Moule. Ce jour-là les CRS qui occupaient la ville depuis trois jours excitaient la population, la provoquant par leur arrogance et leur mépris, ont tiré sur les gens révoltés de voir leur ville ainsi occupée par des hommes armés. Les travailleurs et la population avaient monté une barricade au bout du boulevard Rougé pour empêcher que les «chars» à cannes se rendent à l’usine Gardel.
Les tirs des forces de répression firent quatre morts et des dizaines de blessés. Les noms de Constance Dulac, Justinien Capitolin, Edouard Dernon et François Serdot sont restés à jamais gravés dans la mémoire collective de la classe ouvrière. Tout comme l’est restée cette page sanglante de la lutte de classe des travailleurs de l’île.



MARTINIQUE
Education nationale et transfert de compétences : les personnels ont dit NON!

Depuis que Raffarin a fait savoir qu’il est disposé à effectuer des «expérimentations» consistant à transférer à la collectivité régionale certaines compétences assumées jusqu’à présent par l’Etat, la Région Martinique s’est tout de suite positionnée par la voix de son premier vice-président, Daniel Marie-Sainte. Ce dernier a déclaré que la Région souhaitait gérer, entre autres, les personnels de l’Education nationale, enseignants et non enseignants. Au moins ceux affectés dans les lycées. Oh ! Il ne l’a dit aussi clairement, mais son argumentation le laissait comprendre.
En effet, Marie-Sainte dit trouver étonnant que la Région soit toujours sollicitée pour construire et réparer ces établissements, mais qu’elle n’a pas son mot à dire quant à la manière dont les personnels qui y interviennent utilisent ces établissements ou les entretiennent. On ose à peine imaginer comment ceux qui gèrent la Région et ont autrefois été les patrons d’anciens journalistes de RLDM agiraient si la gestion de ces personnels tombait dans leur escarcelle! En tout cas, lors de l’atelier «Education et Formation» organisé préalablement aux Assises des libertés locales, les personnels de l’Education ont très clairement fait savoir qu’ils tenaient à relever de la Fonction publique de l’Etat, et pas de la Fonction publique territoriale. Tout comme ils ont également dit que les diplômes devaient rester des diplômes nationaux. Cela a été rappelé le 16 janvier à Madiana en présence de la ministre Girardin. Marie Sainte a cru bon de prendre l’exemple d’anciens fonctionnaires de la DDE, aujourd’hui fonctionnaires territoriaux, qui ne regretteraient pas leur choix, pour dire que ceux de l’Education se trompaient. – Soit dit en passant, les agents de la DDE n’ont pas encore opté-.
Voilà comment des hommes politiques, ceux du MIM (Mouvement Indépendantiste martiniquais) s’adaptent à toutes les situations.
Ils commencent par dire qu’ils ne sont pas français, puis ils se ravisent en se faisant élire pour siéger à l’Assemblée nationale française où sont votées les lois de la République et finissent par voter y compris le budget des DOM présenté par un gouvernement issu de la vieille droite coloniale, comme l’a fait A. Marie-Jeanne. Ils s’allient à une politicienne du même acabit de Guadeloupe pour sortir un projet. Et enfin, à la faveur de l’arrivée d’un gouvernement supposé hostile aux dirigeants de cette Région et proclamant l’appartenance indéfectible des DOM à l’ensemble français, ils cherchent à profiter au mieux de la politique dite d’«expérimentations» de ce gouvernement.. pour augmenter le champ de leurs compétences et surtout asseoir leur pouvoir.
Un parcours politique qui peut sembler chaotique mais qui cadre parfaitement avec l’évolution de politiciens nationalistes sans préoccupation des intérêts des masses laborieuses.



Martinique:
Grève des personnels de l’Education nationale le 28 janvier.

Le mardi 28 janvier 2003, des centaines d’enseignants et de non enseignants (de 800 à 900), ont manifesté en Martinique contre la politique de Raffarin et du ministre de l’Education nationale, Ferry.
Sous prétexte de moderniser l’existant, ce gouvernement a décidé de remettre en cause de nombreuse dispositions : remise en cause des MI-SE, (maîtres d’internats et surveillants) des Aides-éducateurs, etc. Ce qu’il veut c’est faire des économies. Et de préférence, il veut les faire sur le dos des précaires de l’Education nationale.
Le 28 janvier, les personnels, titulaires et non titulaires, ont faire savoir qu’ils n’ont nullement l’intention de se laisser faire. D’ailleurs, Ferry, ayant pressenti une forte mobilisation, a tenté de court-circuiter la mobilisation en annonçant des recrutements, mais en forte baisse. Eventuel transfert aux Régions, baisse des recrutements voilà ce qui est en train de se préparer : les personnels ont tout intérêt à rester vigilants et défendre leurs intérêts becs et ongles.



SAINTE-ROSE:
LA DIRECTION DE COFRALIM LICENCIE DES TRAVAILLEURS.

La direction de COFRALIM a licencié une partie du personnel dont un cadre. Dix travailleurs ont reçu leur lettre de licenciement sur laquelle sont mentionnées les raisons de ce licenciement. La direction fait état de difficultés dues à la grève de la CTM et aux barrages qui ont eu lieu sur le pont de La Boucan au cours des manifestations contre la pollution de la rivière. En réalité, la Direction a voulu se débarrasser de certains travailleurs qui réclamaient leurs droits. La direction n'a pas voulu appliquer les 35 heures et ne respectait pas des mesures d'hygiène dans l'entreprise. Elle s'opposait également aux droits syndicaux. Certains des travailleurs ont fait grève et se sont adressés à l'Inspection du Travail. Les négociations n'ont pas abouti. Finalement la Direction a accepté de réembaucher trois licenciés en contrat (CDD) pour trois mois au SMIC. Les sept autres dont le cadre n'ont pas obtenu satisfaction.
Le patron de cette entreprise, M. Gilles Duret, a pu s'imposer en divisant le personnel avec la complicité de l'Inspecteur du travail qui a expliqué aux grévistes que s'ils poursuivaient leur mouvement l'entreprise fermerait ses portes et licencierait tout le personnel. M. Duret fait preuve d'arrogance et de mépris. Son seul souci est de faire des profits avec les avantages que lui offre l'installation de son entreprise dans la zone franche de Nolivier.



Guadeloupe
CHÔMAGE: toujours 45 465 CHÔMEURS RECENCÉS!

La presse a beaucoup parlé ces temps derniers de la baisse du chômage. Entre juin 2001 et juin 2002, le nombre de demandeurs d’emploi aurait baissé de 0,3%. Entre juin 2000 et juin 2001, il avait baissé de 10,3%nous avait-on dit. Mais le nombre de chômeurs recensés reste toujours très élevé : 45 465 en juin 2002. Ce chiffre ne tient pas compte de ceux qui ont renoncé à chercher un emploi. Par contre, les commentateurs sont obligés de reconnaître que le nombre de chômeurs de longue durée à, lui, augmenté : 3% de plus, ce qui amène leur nombre à 22 836. Par ailleurs, la plupart des chômeurs ayant retrouvé un emploi n’ont qu’un CDD, contrat à durée déterminée, de surcroît à temps partiel.
Bien sûr, il est préférable que le chômage baisse si tant est que les chiffres qu’on nous présente soient vrais. Mais pour le camp patronal, il n’y a pas de quoi pavoiser : même au rythme optimal de 10% de moins chaque année, il faudrait 10 ans pour supprimer le chômage. Or c’est bien de cela qu’il s’agit : il faut éradiquer le chômage, le supprimer totalement, et non pas se réjouir de légères baisses comme s’il s’agissait de grandes avancées sociales. Car le chômage, ce ne sont pas des chiffres qu’on peut aligner pour obtenir des voix aux élections ou une crédibilité politique  : ce sont des gens faits de chair et de sang, qui souffrent parce qu’ils n’ont pas les moyens de vivre une vie normale. Ils souffrent, et leurs familles, leurs enfants aussi.
Supprimer totalement le chômage, atteindre le plein emploi, ce n’est pas un rêve inaccessible. L’Etat pourrait embaucher par exemple les chômeurs directement pour effectuer des travaux de service public utiles à la population. L’Etat à l’argent pour cela, c’est celui des impôts des salariés. Mais il préfère faire des cadeaux aux entreprises : défiscalisation, exonération des charges sociales, aides directes aux patrons etc., et le chômage, malgré toutes ces subventions, n’a baissé que de 0,3% cette année!




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