| Sommaire > Page
précédente > Accueil > Archives > e-mail
Page 4
IRAK
TOUT POUR JUSTIFIER LA GUERRE
Colin Powell, le ministre des affaires étrangères des USA a présenté
ses «preuves» mercredi 5 février au conseil de sécurité de
l’ONU. En fait rien de nouveau par rapport à ce que disait déjà le
gouvernement américain. L’Irak aurait caché des armes de destruction massive,
l’Irak aurait les moyens de préparer une bombe nucléaire, aurait des liens avec
le réseau Ben Laden etc.
Le gouvernement des USA semble vouloir la guerre contre l’Irak à tout prix. Mais avant
d’entrer en guerre il cherche à préparer l’opinion publique mondiale et
américaine. Pour l’heure, des dizaines de milliers de soldats américains et une
force de frappe considérable sont amassés autour de l’Irak. Le régime de
Saddam Hussein est certes un régime sanguinaire et une dictature cynique. Mais ce qui
préoccupe l’impérialisme américain n’est pas le sort du peuple
d’Irak. Il ne défend que ses intérêts de grande puissance capitaliste qui
entend affirmer son rôle de gendarme du monde et de la manière la plus sanglante qui
soit au besoin.
CÔTE D’IVOIRE.
DES RESPONSABILITÉS CRIMINELLES
Les manifestations en Côte d’ivoire se déroulent sans interruption depuis la
fin des soi-disant «accords» de Marcoussis en France. Le président de la
république Laurent Gbagbo et ses partisans refusent d’appliquer l’accord qui
accorde notamment aux rebelles du Nord le ministère de l’intérieur. Ils
estiment que cet accord leur fait la part trop belle.. Les manifestants s’en sont donc pris
à la France jugée responsable d’un tel accord. Ils s’en sont pris aussi
à la communauté française de Côte d’ivoire. Plusieurs centaines de
français ont déjà quitté le pays. Le gouvernement français a
renforcé sa présence militaire avec l’aval de l’ONU. Il tente de
maintenir tant bien que mal un fragile équilibre armé entre les rebelles qui
contrôlent une grande partie du Nord du pays et le gouvernement de Gbagbo qui s’appuie
sur les ethnies du Sud. Les dirigeants de Côte d’Ivoire ont tout fait depuis des
dizaines d’années pour en arriver là. En ayant exacerbé
l’ethnisme, «l’ivoirité» pour se maintenir au pouvoir sur une
situation économique dégradée et les difficultés extrêmes de la
population, ils ont généré une situation de quasi guerre civile. Quant
à l’impérialisme français, en soutenant sans réserve les
différentes coteries au pouvoir quand il n’a pas lui aussi favorisé
l’ethnisme, il a surtout cherché à défendre les intérêts
des Bouygues, Bolloré et autres gros capitalistes qui engrangent des profits sur la
misère et les divisions entretenues des travailleurs ivoiriens.
LA PEINE DE MORT REMISE EN QUESTION DANS L’ÉTAT DE L’ILLINOIS AUX
ÉTATS UNIS.
M. Ryan, gouverneur de l’Illinois, a gracié quatre condamnés à mort
avant de partir à la retraite. Cette décision qui a fait grand bruit, pose de nouveau
le problème de la peine de mort dans un pays où différents états
continuent de condamner et d’exécuter des personnes parfois accusées
injustement. Au cours de l’année 2002, le gouvernement des Etats Unis a du revenir sur
la condamnation à mort des mineurs et des handicapés.
La décision de l’ancien gouverneur Ryan fait jurisprudence. En 2002 c’est dans
ce même état de l’Illinois que le problème des condamnés à
mort dont les dossiers juridiques prouvent qu’ils sont innocents, a été
posé pour la première fois. En octobre 2002, le Gouverneur Ryan a suspendu
l’exécution de 140 condamnés à mort et demandé la révision
générale des dossiers de tous ces condamnés. Ce gouverneur républicain
était pourtant un farouche partisan de la peine de mort, et comme bien d’autres, il a
fait campagne à maintes reprises en sa faveur pour plaire à un électorat
favorable en majorité à cette mesure barbare. Ce sont des étudiants
d’une faculté de droit de l’université de Northwestern, à Chicago,
qui ont, avec l’aide d’un professeur, lancé une enquête pour la
libération d’un condamné à mort en utilisant des tests ADN qui ont
innocenté ce condamné.
Les erreurs judiciaires sont importantes et le nombre de condamnés à mort ne
diminuent pas pour autant. Le Cas de Mumia Abu-Jamal a déclenché une
solidarité internationale qui depuis plusieurs années a permis de remettre en cause
la peine de mort dans tous les pays du monde où elle est toujours appliquée. A la fin
de l’année 2001, aux Etats Unis 3 581 personnes étaient détenues dans le
couloir de la mort. Le plus jeune était âgé de 19 ans. De nombreux prisonniers
politiques sont condamnés à vie tels Léonard Peltier qui défend les
Indiens et Rapp Brown ex dirigeant du «Black Power» (Pouvoir Noir) dans les
années soixante.
La peine de mort est un système barbare qui frappe presque exclusivement les pauvres. Elle
est le reflet d’une société pourrie qui n’a que du mépris pour les
êtres humains.
«MOVE»
A la fin du mois de novembre 2002, une délégation du «Collectif
guadeloupéen de soutien à Mumia Abu jamal» s’est rendu à
Philadelphie pour participer à plusieurs manifestation de soutien.
Ce sont des membres de l’organisation noire américaine «Move» qui ont
reçu et accompagné la délégation européenne et antillaise
à Philadelphie, en fin octobre début novembre 2002. Ce sont aussi qui ont
assuré leur sécurité pendant les manifestations de soutien à Mumia
Abu-Jamal. L’une de nos camarades a pu s’entretenir avec eux et en savoir plus sur
l’histoire et la nature de leur organisation.
«Move» est une organisation nationaliste noire qui milite aujourd’hui
activement pour la libération de Mumia Abu Jamal.
Au départ, ce mouvement regroupait surtout des Noirs et revendiquait ses origines
africaines. C’est ainsi que les militants font suivre leur prénom du nom Africa. Move
milite contre le racisme et le respect des droits de la communauté noire. Au fil des ans
cependant ses thèses politiques et religieuses en ont fait une organisation très
marginale aux objectifs très confus un peu mystiques et contradictoires. Move se revendique
à la fois d’idées radicales, populistes et pacifistes. Son programme est
écologiste et se rapproche du mouvement Rasta. Il recrute aujourd’hui des Blancs
victimes également de la répression dans les quartiers pauvres. Mais la
combativité et le courage de ses militants ont permis de faire connaître le cas de
Mumia. Celui-ci, ex militant des Black Panthers dénonce même en prison le
système impérialiste américain et les injustices. Mais Move, comme Mumia ne
s’appuient pas véritablement sur un programme révolutionnaire pouvant
être repris par l’ensemble de la classe ouvrière et des pauvres.
Move a été créé il y a une trentaine d’années par John
Africa. Son siège est à Philadelphie. Bon nombre de ses militants vivent en
communauté, en village, dans leur quartier. Ses militants subissent périodiquement la
répression policière. En 1978, de nombreux militants ont été
arrêtés suite à un affrontement avec la police devant le local de
l’organisation. Un policier a été assassiné ce qui a
entraîné une répression sanglante. C’est au cours de cette
répression que John Africa a été assassiné. 9 responsables ont
été condamnés à plusieurs années de prison dont certains
à…. cent ans ! En 1985 la répression contre Move a été plus
sanglante. Son local a été pris d’assaut par la police, criblé de
balles, bombardé par des avions : une véritable opération de guerre. Des
enfants ont été massacrés. Trois enfants et une femme, Ramona, ont
survécu. Cette militante gravement blessée a été emprisonnée
durant plus de 7 ans. Elle a été libérée en 1992. Les membres du
collectif de soutien à Mumia ont pu la rencontrer et s’entretenir avec elle durant
leur voyage.
Move poursuit son combat contre la répression policière. Mumia Abu-Jamal a soutenu
activement cette organisation et défendu les thèses de John Africa. Ce soutien
qu’il n’a pas hésité à exprimer sur les ondes en tant que
journaliste a été aussi l’une des causes du véritable complot ourdi
contre lui.
ISRAËL
VICTOIRE DE SHARON AUX ÉLECTIONS.
Ariel Sharon a remporté un large succès aux élections
générales du 28 janvier, en remportant 38 sièges soit un peu moins du tiers
des sièges de la Knesset (parlement israélien ). Son parti a infligé au parti
travailliste sa plus cuisante défaite depuis sa création. Ce revers du parti
travailliste et de celui favorable à la paix est le signe d’un glissement à
droite de l’électorat israélien.. Cette évolution de la population
israélienne a non seulement favorisé le parti de l’actuel Premier ministre mais
aussi ceux des partis religieux et ceux d’extrême droite tous favorables à une
politique très répressive contre les Palestiniens. Il faut dire que le parti
travailliste n’avait rien de mieux à leur proposer. Au pouvoir avant Sharon avec Hosni
Moubarak, les dirigeants travaillistes ont fait comme les extrémistes de droite. Ils ont
envoyé chars et soldats contre les Palestiniens, étendu les colonies juives en zone
palestinienne, sans rien résoudre. Lors des deux ans qui viennent de s’écouler,
ils ont fait parti d’un gouvernement d’union nationale sous la direction de Sharon. Ils
ont avalisé les massacres programmés de Palestiniens par le Premier ministre sans
rien trouver à redire. Le Likoud de Sharon et le parti travailliste ont finalement
mené la même politique. Sharon est plus conséquent que les dirigeants
travaillistes, c’est donc normal que la population entre les deux choisisse Sharon.
D’un autre côté, les attentats aveugles perpétrés par les
kamikazes palestiniens n’ont fait que renforcer l’emprise de Sharon sur la population
israélienne. En frappant indistinctement les Israéliens les attentats ont
poussé la population à rechercher une protection derrière la politique
répressive et le grand Israël que promet Sharon. Ce dernier se mettra d’accord
avec les politiciens de droite pour avoir une majorité à la chambre. Il pourra ainsi
poursuivre sa politique faite de massacre et de saccage des biens palestiniens.
|