COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 8 février 2003      N° 875
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IRAK
TOUT POUR JUSTIFIER LA GUERRE

Colin Powell, le ministre des affaires étrangères des USA a présenté ses   «preuves» mercredi 5 février au conseil de sécurité de l’ONU. En fait rien de nouveau par rapport à ce que disait déjà le gouvernement américain. L’Irak aurait caché des armes de destruction massive, l’Irak aurait les moyens de préparer une bombe nucléaire, aurait des liens avec le réseau Ben Laden etc.
Le gouvernement des USA semble vouloir la guerre contre l’Irak à tout prix. Mais avant d’entrer en guerre il cherche à préparer l’opinion publique mondiale et américaine. Pour l’heure, des dizaines de milliers de soldats américains et une force de frappe considérable sont amassés autour de l’Irak. Le régime de Saddam Hussein est certes un régime sanguinaire et une dictature cynique. Mais ce qui préoccupe l’impérialisme américain n’est pas le sort du peuple d’Irak. Il ne défend que ses intérêts de grande puissance capitaliste qui entend affirmer son rôle de gendarme du monde et de la manière la plus sanglante qui soit au besoin.



CÔTE D’IVOIRE.
DES RESPONSABILITÉS CRIMINELLES

Les manifestations en Côte d’ivoire se déroulent sans interruption depuis la fin des soi-disant «accords» de Marcoussis en France. Le président de la république Laurent Gbagbo et ses partisans refusent d’appliquer l’accord qui accorde notamment aux rebelles du Nord le ministère de l’intérieur. Ils estiment que cet accord leur fait la part trop belle.. Les manifestants s’en sont donc pris à la France jugée responsable d’un tel accord. Ils s’en sont pris aussi à la communauté française de Côte d’ivoire. Plusieurs centaines de français ont déjà quitté le pays. Le gouvernement français a renforcé sa présence militaire avec l’aval de l’ONU. Il tente de maintenir tant bien que mal un fragile équilibre armé entre les rebelles qui contrôlent une grande partie du Nord du pays et le gouvernement de Gbagbo qui s’appuie sur les ethnies du Sud. Les dirigeants de Côte d’Ivoire ont tout fait depuis des dizaines d’années pour en arriver là. En ayant exacerbé l’ethnisme, «l’ivoirité» pour se maintenir au pouvoir sur une situation économique dégradée et les difficultés extrêmes de la population, ils ont généré une situation de quasi guerre civile. Quant à l’impérialisme français, en soutenant sans réserve les différentes coteries au pouvoir quand il n’a pas lui aussi favorisé l’ethnisme, il a surtout cherché à défendre les intérêts des Bouygues, Bolloré et autres gros capitalistes qui engrangent des profits sur la misère et les divisions entretenues des travailleurs ivoiriens.



LA PEINE DE MORT REMISE EN QUESTION DANS L’ÉTAT DE L’ILLINOIS AUX ÉTATS UNIS.

M. Ryan, gouverneur de l’Illinois, a gracié quatre condamnés à mort avant de partir à la retraite. Cette décision qui a fait grand bruit, pose de nouveau le problème de la peine de mort dans un pays où différents états continuent de condamner et d’exécuter des personnes parfois accusées injustement. Au cours de l’année 2002, le gouvernement des Etats Unis a du revenir sur la condamnation à mort des mineurs et des handicapés.
La décision de l’ancien gouverneur Ryan fait jurisprudence. En 2002 c’est dans ce même état de l’Illinois que le problème des condamnés à mort dont les dossiers juridiques prouvent qu’ils sont innocents, a été posé pour la première fois. En octobre 2002, le Gouverneur Ryan a suspendu l’exécution de 140 condamnés à mort et demandé la révision générale des dossiers de tous ces condamnés. Ce gouverneur républicain était pourtant un farouche partisan de la peine de mort, et comme bien d’autres, il a fait campagne à maintes reprises en sa faveur pour plaire à un électorat favorable en majorité à cette mesure barbare. Ce sont des étudiants d’une faculté de droit de l’université de Northwestern, à Chicago, qui ont, avec l’aide d’un professeur, lancé une enquête pour la libération d’un condamné à mort en utilisant des tests ADN qui ont innocenté ce condamné.
Les erreurs judiciaires sont importantes et le nombre de condamnés à mort ne diminuent pas pour autant. Le Cas de Mumia Abu-Jamal a déclenché une solidarité internationale qui depuis plusieurs années a permis de remettre en cause la peine de mort dans tous les pays du monde où elle est toujours appliquée. A la fin de l’année 2001, aux Etats Unis 3 581 personnes étaient détenues dans le couloir de la mort. Le plus jeune était âgé de 19 ans. De nombreux prisonniers politiques sont condamnés à vie tels Léonard Peltier qui défend les Indiens et Rapp Brown ex dirigeant du «Black Power» (Pouvoir Noir) dans les années soixante.
La peine de mort est un système barbare qui frappe presque exclusivement les pauvres. Elle est le reflet d’une société pourrie qui n’a que du mépris pour les êtres humains.



«MOVE»

A la fin du mois de novembre 2002, une délégation du «Collectif guadeloupéen de soutien à Mumia Abu jamal» s’est rendu à Philadelphie pour participer à plusieurs manifestation de soutien.
Ce sont des membres de l’organisation noire américaine «Move» qui ont reçu et accompagné la délégation européenne et antillaise à Philadelphie, en fin octobre début novembre 2002. Ce sont aussi qui ont assuré leur sécurité pendant les manifestations de soutien à Mumia Abu-Jamal. L’une de nos camarades a pu s’entretenir avec eux et en savoir plus sur l’histoire et la nature de leur organisation.

«Move» est une organisation nationaliste noire qui milite aujourd’hui activement pour la libération de Mumia Abu Jamal.
Au départ, ce mouvement regroupait surtout des Noirs et revendiquait ses origines africaines. C’est ainsi que les militants font suivre leur prénom du nom Africa. Move milite contre le racisme et le respect des droits de la communauté noire. Au fil des ans cependant ses thèses politiques et religieuses en ont fait une organisation très marginale aux objectifs très confus un peu mystiques et contradictoires. Move se revendique à la fois d’idées radicales, populistes et pacifistes. Son programme est écologiste et se rapproche du mouvement Rasta. Il recrute aujourd’hui des Blancs victimes également de la répression dans les quartiers pauvres. Mais la combativité et le courage de ses militants ont permis de faire connaître le cas de Mumia. Celui-ci, ex militant des Black Panthers dénonce même en prison le système impérialiste américain et les injustices. Mais Move, comme Mumia ne s’appuient pas véritablement sur un programme révolutionnaire pouvant être repris par l’ensemble de la classe ouvrière et des pauvres.
Move a été créé il y a une trentaine d’années par John Africa. Son siège est à Philadelphie. Bon nombre de ses militants vivent en communauté, en village, dans leur quartier. Ses militants subissent périodiquement la répression policière. En 1978, de nombreux militants ont été arrêtés suite à un affrontement avec la police devant le local de l’organisation. Un policier a été assassiné ce qui a entraîné une répression sanglante. C’est au cours de cette répression que John Africa a été assassiné. 9 responsables ont été condamnés à plusieurs années de prison dont certains à…. cent ans ! En 1985 la répression contre Move a été plus sanglante. Son local a été pris d’assaut par la police, criblé de balles, bombardé par des avions : une véritable opération de guerre. Des enfants ont été massacrés. Trois enfants et une femme, Ramona, ont survécu. Cette militante gravement blessée a été emprisonnée durant plus de 7 ans. Elle a été libérée en 1992. Les membres du collectif de soutien à Mumia ont pu la rencontrer et s’entretenir avec elle durant leur voyage.
Move poursuit son combat contre la répression policière. Mumia Abu-Jamal a soutenu activement cette organisation et défendu les thèses de John Africa. Ce soutien qu’il n’a pas hésité à exprimer sur les ondes en tant que journaliste a été aussi l’une des causes du véritable complot ourdi contre lui.



ISRAËL
VICTOIRE DE SHARON AUX ÉLECTIONS.

Ariel Sharon a remporté un large succès aux élections générales du 28 janvier, en remportant 38 sièges soit un peu moins du tiers des sièges de la Knesset (parlement israélien ). Son parti a infligé au parti travailliste sa plus cuisante défaite depuis sa création. Ce revers du parti travailliste et de celui favorable à la paix est le signe d’un glissement à droite de l’électorat israélien.. Cette évolution de la population israélienne a non seulement favorisé le parti de l’actuel Premier ministre mais aussi ceux des partis religieux et ceux d’extrême droite tous favorables à une politique très répressive contre les Palestiniens. Il faut dire que le parti travailliste n’avait rien de mieux à leur proposer. Au pouvoir avant Sharon avec Hosni Moubarak, les dirigeants travaillistes ont fait comme les extrémistes de droite. Ils ont envoyé chars et soldats contre les Palestiniens, étendu les colonies juives en zone palestinienne, sans rien résoudre. Lors des deux ans qui viennent de s’écouler, ils ont fait parti d’un gouvernement d’union nationale sous la direction de Sharon. Ils ont avalisé les massacres programmés de Palestiniens par le Premier ministre sans rien trouver à redire. Le Likoud de Sharon et le parti travailliste ont finalement mené la même politique. Sharon est plus conséquent que les dirigeants travaillistes, c’est donc normal que la population entre les deux choisisse Sharon.
D’un autre côté, les attentats aveugles perpétrés par les kamikazes palestiniens n’ont fait que renforcer l’emprise de Sharon sur la population israélienne. En frappant indistinctement les Israéliens les attentats ont poussé la population à rechercher une protection derrière la politique répressive et le grand Israël que promet Sharon. Ce dernier se mettra d’accord avec les politiciens de droite pour avoir une majorité à la chambre. Il pourra ainsi poursuivre sa politique faite de massacre et de saccage des biens palestiniens.




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