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Martinique
Marie-Jeanne, mal à l’aise dans le costume taillé par le gouvernement français
Vendredi 14 février, Alfred Marie Jeanne était interrogé pendant dix minutes dans l’émission politique de RFO Martinique. La question du journaliste était de savoir quelle était sa position sur les assises des libertés locales et les déclarations de la ministre Brigitte Girardin.
On a su que ce qui avait mis Marie-Jeanne en colère, le soir même de l’arrivée de la ministre. C’est que pour juger du résultat du référendum local sur le changement institutionnel, Girardin rajoutait qu’il fallait qu’il y ait une large participation.
Ces propos ont agacé A.Marie-Jeanne. Ils semblaient, il est vrai, quelque peu dirigistes et condescendants. Mais Marie Jeanne parut bien plus embarrassé sur les questions concernant le changement de statut. A propos d’une nouvelle réunion du «Congrès» (conseil général et conseil régional réunis), il a commencé par dire que c’était C. Lise qui était président du Congrès en exercice. Il ajouta qu’il ne voudrait pas voir les membres du Congrès se réunir pour défaire ce sur quoi ils s’étaient déjà mis d’accord.
Il a affirmé que son projet demeurait le Projet-Martinique mis en place à l’initiative du Conseil Régional, et les décisions qui étaient ressorties du Congrès. Il s’agissait d’aller vers une collectivité et une assemblée unique ayant un maximum de compétences. Une telle assemblée devait avoir plus de pouvoir, y compris un certain pouvoir législatif. Tous ces changements ne devaient pas remettre en cause les avantages acquis, dit-il. Mais lorsque le journaliste lui a demandé si en définitive, il se prononçait pour l’article 73 de la Constitution française, (qui conserve le principe de l’assimilation législative comme les départements d’Outre mer actuels) ou pour l’article 74 (qui prévoit le principe de la spécificité législative et correspond aux Territoires d’Outre mer actuels, donc plus autonomes), il n’a pas donné de réponse. Il a préféré détourner la question. Décidément pour le président de la Région, dirigeant du MIM (Mouvement Indépendantiste martiniquais) accepter de jouer le jeu de l’Etat français n’est pas une chose simple.
Martinique
L’UGTM ne cède pas à l’intimidation
Les dirigeants du syndicat UGTM ont tenu une conférence de presse dans une station service de Place d’Armes. Ils ont rappelé qu’ils n’acceptaient pas la sanction dont son secrétaire général a fait l’objet en décembre 2002. Ils ont fait appel du jugement. En effet, poursuivi par la DDE pour la destruction d’un muret, un dirigeant de l’UGTM a été condamné à deux mois de prison avec sursis. L’UGTM avait en effet pratiqué une ouverture dans un muret qui, tel qu’il avait été implanté par les techniciens de la DDE, empêchait les automobilistes d’aller s’approvisionner dans cette station. Le gérant de la station avait déjà dénoncé cette situation et menacé de mettre à la porte son personnel, ce qui avait motivé l’intervention de l’UGTM, présente dans ce secteur d’activité.
Il est curieux de constater que cette administration qui avait la charge de concevoir ce projet n’a même pas intégré dans les retombées de cette réalisation cette conséquence prévisible, à savoir la difficulté d’accès à cette station. A tel point que c’est une organisation syndicale de salariés qui a dû intervenir pour défendre les intérêts d’un employeur et des salariés. Cette organisation est aujourd’hui poursuivie par la DDE pour avoir pris l’initiative de corriger les ratées de cette administration qui décidément ne manque pas de toupet.
Guadeloupe
succès de la manifestation unitaire du 14 février
Plus de 5000 personnes ont défilé dans les rues de Pointe-à-Pitre le vendredi 14 février à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales du public et du privé. Les organisations qui ont appelé à cette manifestation sont les suivantes : la CGTG, la FSU, la FAEN, la CTU, le SNUI, le SNETAA, le SPEG, l’UGTG, l’UNSA. Combat Ouvrier avait appelé ses militants et sympathisants à se joindre à cette manifestation.
Dans différents secteurs les travailleurs se sont mis en grève. La mobilisation s’est faite devant la mairie de Pointe-à-Pitre où plusieurs centaines de travailleurs, rassemblés derrière leur banderole ont organisé le départ du défilé. La retraite à taux plein après 37,5 annuités n’a pas été la seule revendication. Plusieurs pancartes et mots d’ordre exprimaient surtout la lutte contre la précarité de l’emploi et les mauvaises conditions de travail. De nombreux travailleurs actuellement en lutte tels les employés municipaux, ceux d’ECOMAX, les travailleurs de l’usine Gardel ont participé activement à la manifestation. L’Education Nationale, les Impôts étaient également représentés. Après avoir traversé le centre de la ville les manifestants se sont arrêtés devant la sous-préfecture où une motion a été remise contre les attaques du Gouvernement Raffarin qui mène une politique anti-ouvrière. De nombreux étudiants actuellement en grève se sont joints aux manifestants. Le défilé s’est achevé devant la mairie où les différentes organisations ont pris la parole. Les travailleurs unis dans la rue ont exprimé leur satisfaction et apprécié le succès d’une telle manifestation.
Martinique
Nouveau syndicat mixte de l’électricité, la chasse aux places
Le mardi 11 février, la mise en place d’un nouveau Syndicat Mixte d’Electricité de Martinique, chargé de la distribution du courant électrique a été l’objet d’une véritable course aux places pour de nombreux élus martiniquais, et cela a choqué beaucoup de gens.
C’est le maire de Sainte Marie, Guy Lordinot du nouveau groupe «Défi» issu de la fusion entre le «Renouveau de Sainte Marie» et le «Mouvement Libéral Martiniquais» de Phillipe Petit, qui a arraché la présidence face au candidat du PPM, Léon Zami. Pour seconder Lordinot ou plutôt pour que chacun trouve une bonne place, dix sept vice présidents ont été élus. Un bureau composé de pas moins de 53 délégués de communes et 4 représentants du Conseil général a été mis en place. Si cela ne s’appelle pas une chasse aux places et aux prébendes, cela lui ressemble fort.
Capesterre Belle-Eau
S.A.R.L.-RICHE BOIS: LE MÉPRIS ET L'ARROGANCE DES PATRONS
Il y a quelque temps, les ouvriers de la plantation S.A.R.L.-Riche-Bois apprenaient par la presse que leurs patrons, Minatchy et Mardivirin, avaient vendu la propriété à la Région. Les terres doivent être utilisées pour cultiver des plantes médicinales, et par la suite y implanter un hôpital.
Peu de temps après, la culture des plantes médicinales a commencé. Et pourtant jusqu'à présent, ni Minatchy, ni Mardivirin n'ont daigné donné la moindre information aux travailleurs. Rappelons que M. Mardivirin et M. Minatchy sont deux enseignants en comptabilité qui possédaient il y a quelques années une plantation d'à peine dix hectares. A l'époque ils participaient à la lutte des petits planteurs contre la mainmise d'une poignée de gros planteurs sur l'ancienne SICA-ASSOBAG. Leur qualification professionnelle leur avait permis de déceler et de dénoncer la façon dont cette poignée de gros planteurs se "gavaient" avec les finances de cette structure. Ce qui leur avaient permis de gagner complètement la confiance des petits planteurs et de prendre la tête de leur lutte contre les profiteurs de la SICA-ASSOBAG.
Et puis coup de théâtre : du jour au lendemain nos deux bonshommes se sont retrouvés à la tête de plus cent vingt hectares de terres, dont une plantation à Riche-Bois (Capesterre-B-E) qui jusque là appartenait à H. Chaulet et une autre à Goyave. Et il n'a plus été question de la SICA-ASSOBAG qui a entre temps été liquidée. Par la suite M. Mardivirin a été président de l'ASPROBAN (Association des Producteurs de Bananes des Antilles). Il est à noter qu'il a été l'un des rares planteurs à porter plainte contre les travailleurs de la banane lors de la grève de fin 1999 pour la prime de fin d'année qui a permis aux ouvriers de la banane d'arracher une prime de 4000F nets à l'époque après plus de cinquante jours de grève.
Aujourd'hui nos deux planteurs ont vendu la propriété de Riche-Bois à la Région et envisagent froidement de jeter à la rue sans le moindre égard la trentaine d'ouvriers agricoles de la plantation. Mais rien ne dit qu'ils pourront perpétrer tranquillement leur mauvais coup. C'est peut-être cela le dialogue social dont les patrons, ministres et hommes politiques à leur solde nous rebattent les oreilles.
Martinique
PRIMERÊVE, UNE RESTRUCTUATION SUR LE DOS DES TRAVAILLEURS
Après des mois de procédure judiciaire et de mobilisation du personnel, le tribunal de commerce s’est prononcé sur le sort de l’hôtel Primerêve à Sainte Marie. Après une période de redressement judiciaire, le tribunal a choisi un repreneur. Il s’agit du groupe martiniquais Karibéa appartenant à un gros possédant béké Fabre qui gère déjà plusieurs hôtels en Martinique, tel la Baie du Galion à Trinité, l’Hotel Leiritz à Basse – Pointe ou les Amandiers à Sainte Luce.
Les employés qui se sont battus contre la fermeture pure et simple de l’hôtel ont dû pousser un «Ouf !» de soulagement. Sauf que le projet retenu supprime les activités de restauration et en définitive neuf salariés sur les vingt un qu’employait l’ancienne direction, sont licenciés.
Encore une restructuration qui se fait sur le dos des travailleurs.
SAINTE ROSE
YACOU ÉLU, MAIS POUR QUELLE POLITIQUE?
Après le deuxième tour des élections municipales qui opposait le maire Richard Yacou et l’ex maire Clodomir Bajazet, c’est le premier qui a repris son poste de maire. Ces élections ont eu lieu suite à la démission d’une partie des conseillers municipaux du camp de Richard Yacou. Ce dernier avait remplacé Bajazet rendu inéligible et suspendu de ses fonctions de maire, pour n’avoir pas rendu ses comptes de campagne. Mais l’ex maire comptait reprendre sa place pensant que Yacou la lui céderait après ses difficultés d’inéligibilité. Mais «a dan on commin pa tini dé mè (proverbe créole-Dans une commune il ne peut y avoir deux maires- il ne peut y avoir deux coqs dans la même basse-cour)». Richard Yacou ayant goûté au pouvoir n’était pas prêt à céder la place. Ces deux hommes politiques appartenant à la même organisation «Objectif Guadeloupe» de Michaux-Chevry, n’ont eu aucun scrupule pour se diviser. La présidente de la Région a porté son choix sur Yacou en l’appuyant activement au cours de la campagne. Les électeurs ont choisi Yacou. Il faut dire que Bajazet n’avait plus la même popularité à cause de ses démêlés avec la justice concernant une note d’impôt importante à payer.
Mais Yacou est-il si différent de son ami de parti? Il demeure comme son prédécesseur et comme de nombreux élus, un notable avide de postes et qui peut également décevoir la population dans l’avenir.
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