COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 22 février 2003      N° 876
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Guadeloupe
Grève des communaux pour une politique massive de création d’emplois

Les maires Julien Chovino, Ernest Moutoussamy et Daniel Marsin ont écrit au Premier ministre Raffarin afin qu’il puisse envoyer une délégation ministérielle pour le règlement du problème. L’UTC-UGTG a écrit également au Premier ministre pour faire la même demande mais en insistant sur le fait que la délégation devra être dûment mandatée pour prendre des décisions et non pour venir faire des constats. D’autres maires s’impatientent et menacent. C’est ainsi que Dupont, maire du Gosier a demandé par lettre aux grévistes de libérer l’accès de la mairie mercredi 19 février. Cela veut-il dire qu’il fera intervenir la force?
Il faudra une très forte mobilisation et surtout la solidarité de l’ensemble des travailleurs pour que les revendications des communaux aboutissent.
Les maires se plaignent de ne pas avoir le financement nécessaire pour la résorption de l’emploi précaire, mais ils n’interpellent pas vigoureusement le gouvernement pour régler définitivement ce problème et ont tendance à s’en prendre aux travailleurs.
Alors c’est surtout contre l’Etat qu’il faut se retourner. La question de l’emploi c’est l’affaire de tous les travailleurs car c’est sur les milieux populaires, sur les couches laborieuses que pèse une telle situation. Oui, il faut embaucher massivement dans les services publics d’Etat ou des collectivités locales, oui il faut titulariser les salariés précaires, leur donner un emploi à «durée indéterminée ». Il faut rejeter tous les arguments mensongers ou hypocrites développés par certains politiciens du genre Dorville sur le respect de la loi ou sur le coût des titularisations. Ce qui coûte cher, ce sont les cadeaux somptueux et coûteux au patronat, ce sont les dépenses d’armement, de guerre, les interventions militaires ici ou là. Pas la politique sociale pour favoriser la création de vrais emplois. Les précaires et les communaux ont raison de poser leurs problèmes et de se battre pour les emplois. Ils méritent d’avoir notre soutien, que nous soyons salariés ou chômeurs.



LIQUIDATION D’AIR LIB: LES EMPLOYÉS NE SE LAISSENT PAS FAIRE

Lundi 17 février, la liquidation de la compagnie Air Lib a été décidée par le tribunal de commerce de Créteil. Ce sont 3200 personnes, employés de la compagnie, qui se retrouvent à la rue, dont 55 en Martinique et autant en Guadeloupe. Il leur faudra maintenant se battre pour exiger leur reclassement et pour ne pas grossir le lot des chômeurs.
Air Lib était le nouveau nom de l’ancienne compagnie AOM-Air Liberté, qui avait elle-même déposé son bilan en 2001. Le gouvernement de gauche avait alors prêté de l’argent pour maintenir l’entreprise. Cependant, 1400 employés avaient été licenciés, et les reclassements promis sont restés lettre morte.
Air Lib était sur la corde raide depuis plusieurs mois. Le Premier ministre Raffarin et le ministre des transports avaient fait savoir que l’Etat n’interviendrait pas pour redresser la compagnie.
Cependant depuis tout ce temps, les responsables de la compagnie ont essayé de lanterner les travailleurs en leur faisant croire à une possible reprise. Il y aurait eu plusieurs repreneurs potentiels, selon le PDG Corbet : la compagnie IMCA, et deux autres mystérieux postulants…
Heureusement, une bonne partie des employés ne s’en sont pas laissés compter et ont manifesté leur colère avant l’annonce de la liquidation : ils ont été environ 600 à envahir les pistes de l’aéroport d’Orly Sud le jeudi 6 février, après le dépôt de bilan. En Guadeloupe ils ont organisé une opération escargot sur les routes et ont manifesté leur mécontentement. En Martinique, manifestations sur les pistes, blocage du carburant, prises de position ont fait connaître la colère des employés. Et pas seulement celle des employés d’Air Lib mais ceux de la filiale MAG. En France, Ils se sont heurtés aux forces de police à l’intérieur de l’aérogare. Au moment où nous écrivons ils bloquent la RN 7 en France. S’ils ne sont pas parvenus à obtenir du gouvernement qu’il intervienne pour permettre la continuation d’activité, les employés d’Air lib ont tout au moins fait connaître leur colère, et fait savoir qu’ils ne se laisseront pas mettre au chômage sans réagir.



Les «NAO» du secteur canne
LES TRAVAILLEURS REFUSENT LES MIETTES

Les syndicats des ouvriers de l’industrie sucrière et rhumière et les représentants des patrons se sont rencontrés une nouvelle fois le lundi 18 février dernier. Dans le cadre des «NAO» (Négociations annuelles obligatoires) ils ont tenté de trouver un accord sur les salaires.
A la dernière réunion les ouvriers avaient quitté la réunion parce que les patrons refusaient de leur fournir les comptes-rendus de séances.
Le lundi 18 février dernier, les patrons ont effectivement fourni les comptes-rendus réclamés. Les négociations ont buté sur l’augmentation des salaires. De 10 % d’augmentation réclamés, les syndicats ouvriers sont descendus à 9 % tandis que les représentants des patrons sont restés à 3 %. Les patrons ont beau avoir mis un psychologue de profession pour mener ces négociations, le sieur Spéronel, les travailleurs ne sont en rien impressionnés. La psychologie des patrons n’a pas de secret pour eux. Ce sont des gens qui se «sucrent» sur le dos et la sueur des travailleurs et veulent une seule chose: le profit maximum.
Les représentants des travailleurs ont quitté la négociation. Aux patrons de leur faire de nouvelles propositions.



GUADELOUPE
LES CONSEQUENCES DE LA LIQUIDATION D’AIR Lib (bulletin "écho de l’aéroport”)

AIR LIB : SOLIDARITÉ A POLE CARAÏBES

Jeudi 14, les travailleurs de MAG et d’Air Lib manifestaient à Pôle Caraïbes leur volonté de ne pas disparaître. Beaucoup de travailleurs d’autres compagnies ou entreprises sont venus porter leur solidarité.
Outre ceux d’Air France, nombreux, il y avait des employés d’Antilles Handling, de la SORI, d’Air Caraïbes, de PRONET, et bien d’autres.
Le secrétaire général de la CGTG est venu lui aussi apporter son soutien.
Cela a quelque peu réchauffé le cœur des employés d’Air Lib et de MAG, à un moment où ils ont besoin de cette solidarité.

LE MÉPRIS DE LUCETTE MICHAUX- CHEVRY

Les employés avaient affiché la lettre que leurs délégués avaient envoyé à L.M.C., dans laquelle ils s’étonnaient de son silence.
La réponse fut brève et cinglante : Michaux-Chevry leur reprocha de ne pas l’avoir tenue informée de leurs problèmes et conclut par «le mépris, il est à la source». Voilà quelqu’un qui prépare un projet de compagnie des DOM avec ses amis Girardin et Léon Bertrand, et qui n’est pas au courant qu’on va licencier les travailleurs de MAG et d’Air Lib!
En guise de commentaire, les employés ont écrit « Merci Cécette » sur ce communiqué puant.
Voilà comment un élu, qui n’a que « l’amour » à la bouche lors des campagnes électorales, traite des travailleurs que l’on licencie.

LES « SOLUTIONS » DE MICHAUX- CHEVRY

Lors de l’entretien avec les délégués d’Air Lib et de MAG, Michaux-Chevry, poursuivant dans la ligne de son communiqué, a « engueulé » les délégués sur le mode « pourquoi s’adresser à moi seulement maintenant ». Ce qui est une bonne manière d’éviter de s’expliquer elle-même sur son curieux silence.
Puis elle a évoqué la création de la future compagnie des DOM, dont elle a laissé entendre que le siège serait dans un DOM, et pourquoi pas en Guadeloupe. Elle laisse donc entrevoir un espoir dans ce cadre. Mais dans combien de temps, et pour combien d’entre nous?
Il ne faut pas se contenter de promesses vagues, le personnel doit imposer la réembauche de tous dans le cadre de ce projet préparé, semble-t-il, depuis longtemps par L.M.C. et ses amis de l’UMP.

SORI : « DÉGATS COLLATÉRAUX », DOUZE INTÉRIMAIRES MIS A PIED.

La mort annoncée d’Air Lib a eu des conséquences immédiates à la SORI, avant même que la liquidation soit prononcée. C’est ainsi que la direction a mis a pied douze travailleurs intérimaires, qui se retrouvent eux aussi sans emploi.
Pendant la guerre du Golfe, les victimes innocentes étaient répertoriées comme « dégâts collatéraux ». Ce n’en étaient pas moins des victimes bien réelles.
Ces travailleurs doivent eux aussi bénéficier de la solidarité de tous, et nous devons exiger qu’ils soient réembauchés le plus vite possible.

SORI : INTÉRIMAIRES, TITULAIRES, MÊME COMBAT

A la SORI, pour une centaine de titulaires, il y a 43 intérimaires. La direction, suite à la cessation des vols d’Air Lib, vient d’annoncer que 35 emplois seraient menacés.
Il ne faut surtout pas entrer dans le jeu qui consiste à accepter que l’on sacrifie les intérimaires, comme si c’était normal. Ce sont des travailleurs au même titre que les autres, qui font le même travail, et certains depuis très longtemps.
Ils ont simplement la malchance de n’avoir pas un contrat aussi avantageux que les titulaires. Mais l’expérience d’Air Lib, après bien d’autres, montre que le statut de « titulaire » ne signifie plus rien quand les patrons ou l’Etat décident de fermer boutique.
Voilà pourquoi nous devons rester solidaires, exiger le maintien de tous les emplois. C’est la meilleure façon de défendre nos intérêts à tous.



LE MOULE
Les ouvriers de la distillerie bellevue ont suspendu leur grève

Les ouvriers de la distillerie Damoiseau de Bellevue au Moule étaient entrés en grève à la fin du mois de janvier dernier. Leurs revendications principales:
- L’enlèvement d’une caméra de surveillance installée dans un bureau;
- La création d’un parking;
- Amélioration de l’hygiène et de la sécurité dans la distillerie;
- Le paiement des 4 jours de réunions assistés par un de leurs camarades;
- Une augmentation de salaires de 3 000F. Ce mouvement de grève a duré 2 semaines.
Les patrons ont cédé en partie.
Toutefois, il n’y a pas eu d’accord sur l’augmentation des salaires (contrairement à ce que nous avions laissé entendre dans un article précédent). Les négociations ont été suspendues car le négociateur patronal a dÜ quitter la Guadeloupe. Elles devraient reprendre dès son retour.



ASSEMBLÉE UNIQUE?
TRAVAILLEURS FAISONS NOUS ENTENDRE

Dans quelques mois, nous serons peut-être appelés à voter pour savoir si nous voulons une assemblée unique de tel type ou de tel autre. Les notables sont d’accord. Ils veulent plus de pouvoir et la possibilité de gérer plus d’argent aux mêmes. En réalité l’Etat cherche surtout à faire des économies sur les services publics en transférant une partie de ses compétences aux régions. L’argent économisé ira aux capitalistes. C’est déjà prévu. Alors quel que soit le type de petit pouvoir local de demain, nous, travailleurs, notre seule arme c’est la lutte. Lutte contre le démantèlement du service public, lutte pour des emplois, lutte pour que toutes les retraites soient versées après 37,5 années de cotisation, lutte pour contrôler où passera l’argent public. Prenons le pouvoir de nous faire entendre le plus fort possible des élus et de leur futur nouveau pouvoir. Prenons le pouvoir d’exister en tant que force sociale et politique face aux bourgeois et aux notables. Ce n’est que de cette façon que nous ferons avancer les choses pour les travailleurs et les exploités.




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