COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 22 février 2003      N° 876
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MANIFESTATIONS DANS LE MONDE CONTRE LA GUERRE EN IRAK

Plusieurs millions de personnes ont manifesté dans les villes importantes de différents pays, pour exprimer leur opposition à une guerre contre l’ Irak. Des manifestants ont défilé respectivement en France, en Allemagne, au Japon, en Afrique du Sud, en Australie. Dans les pays où les gouvernements ont pris position en faveur de Bush les opposants ont également réagi massivement : en Espagne, en Italie, en Angleterre. A Rome on a compté trois millions de manifestants. Aux Etats-Unis où l’opinion est plutôt favorable à la guerre en raison des moyens de pression énormes déployés par le gouvernement, une centaine de milliers de personnes s’est mobilisée devant le siège des Nations Unies malgré l’interdiction d’une manifestation et le déploiement de milliers de policiers.
Ni les déclarations de Bush, ni les résultats d’enquête présentés par Colin Powell sur les soi-disant armes et sites dangereux en Irak, n’ont convaincu l’opinion internationale. Une nouvelle réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU est prévue le 28 février. Les déclarations contre la guerre faites par certains chefs d’Etat tel Jacques Chirac n’excluent pas une intervention militaire.



Guadeloupe-Martinique
Manifestations contre la guerre en Irak

En Martinique, un rassemblement a eu lieu Place Monseigneur Roméro, à Fort de France. Environ 150 personnes étaient présentes. Il était appelé par l’ «association Martinique-Palestine» et réunissait le MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais), l’Assaupamar, l’UFM ( Union des femmes martiniquaises), Assé pléré, le MODEMAS, le GRS, le PKLS, le PCM.
En Guadeloupe un meeting s’est tenu au palais de la mutualité à Pointe à Pitre. Il a rassemble un peu plus de 200 personnes. Les organisations et de nombreuses personnes se sont dit prêtes à organiser de plus importantes manifestations et en particulier une manifestation de rue.
Avaient appelé au meeting les organisations suivantes: AGE2000 - ATTAC - CFDT/ONF - CGTG - COMBAT OUVRIER – CTU – KLNG - MOUVMAN NONM - COLLECTIF MUMIA ABU JAMAL – PCG – SPEG – UGTG - UPLG.



LES MINISTRES DU CARICOM CONTRE LA GUERRE IRAK?

Les ministres des pays du Caricom (marché commun caraïbe regroupant les îles anglophones) ont déclaré être opposés à l'attaque américaine contre l'Irak. On saluerait cette prise de position si l'on n'avait en mémoire l'attitude de ces gouvernements lorsqu'il s'agissait de leur voisin la Grenade!
Cette petite île de la Caraïbe était le 25 octobre 1983 envahie par les troupes américaines venues mettre à bas le régime pro castriste de Coard et Bishop. A cette période là, aucun ministre du Caricom ne s'était insurgé contre cette infamie qui se déroulait devant leurs portes, trop contents que le gouvernement américain fasse le sale boulot et empêche la contagion grenadienne ne s'abatte sur leurs propres îles.
Ces ministres sont des hypocrites qui, parce que le conflit est loin et ne remet pas en question leur pouvoir, peuvent aujourd'hui jouer les hommes aux grands cœurs et voler à peu de frais au secours de «la paix»…en Irak.



L’UNIVERSITÉ DE FOUILLOLE EN LUTTE!

Les étudiants, enseignants-chercheurs et personnels IATOSS( agents techniques)de l’université de Fouillole en Guadeloupe sont en grève depuis prés de 15 jours. Ils réclament la création de plus d’une centaine de postes d’IATOSS et d’enseignants. Ils réclament aussi plus de moyens financiers pour l’entretien et la rénovation des locaux vétustes de cette université. Ils veulent : « la réhabilitation des bâtiments du campus de Fouillole,  la construction du bâtiment d’accueil de campus, la construction d’un bâtiment de recherche d’une Unité de formation et de recherche qui en manque ».
Le jeudi 3 les grévistes ont manifesté nombreux dans les rues de Pointe à Pitre. Ils ont aussi participé activement à la manifestation des syndicats du vendredi 14 dans un cortège particulièrement dynamique animé par des dizaines d’étudiants. Depuis lundi, les grévistes de l’université font le siège du rectorat puisque c’est le recteur qui est en contact avec le ministère de l’éducation nationale. Les étudiants sont allés devant les lycées pour appeler les lycées à se joindre à eux. Beaucoup d’entre eux ont rejoint les manifestations, inquiets de trouver une situation désastreuse à leur entrée à l’université.
Pour le moment le ministère n’a donné aucune réponse aux grévistes. Ces derniers et surtout les étudiants ont déclaré vouloir « durcir » le mouvement pour contraindre le gouvernement à céder. Les travailleurs précaires sont aussi très impliqués dans cette grève, eux qui réclament leur titularisation après des années de précarité et un avenir bouché.
La misère des universités est criante. Elle l’est en France où le mécontentement grandit. Elle l’est encore plus aux Antilles-guyane. Le pôle universitaire de Guyane est d’ailleurs lui aussi en grève. Là encore le gouvernement trouve des milliards pour des porte avions, pour envoyer des troupes en Côte d’Ivoire et ailleurs, pour aider les patrons, mais pas pour l’éducation. Seules la mobilisation et les luttes les plus déterminées et les plus larges peuvent contraindre le gouvernement à accorder les fonds nécessaires au secteur indispensable de l’éducation.



HAÏTI
COMMÉMORATION DU 7 FÉVRIER. DE MAL EN PIS

Le 7 février dernier marquait le 17e anniversaire du départ de Jean-Claude Duvalier qui allait mettre un terme à plus de 30 ans de dictature dans le pays. Ce 7 février était également le 2e anniversaire du second mandat de Jean-Bertrand Aristide.
Ces anniversaires furent une belle occasion, que se soit du côté du gouvernement, que se soit du côté de l'opposition de faire une démonstration politique.
L'opposition avait appelé à une journée de mobilisation anti Aristide dans la ville du Cap, la mobilisation s'est déroulée dans la quasi indifférence de la population en dépit des spots publicitaires diffusés sans arrêt dans les médias.
Aristide, lui, a choisi d'annoncer la création du CEP (Conseil Electoral Provisoire) chargé des élections législatives anticipées, ceci afin de faire une concession aux pressions internationales. Il a également choisi d'effectuer une visite au Parc Industriel pour se faire acclamer par les ouvriers "fortement encouragés" par les zélés partisans qui l'accompagnaient. En effet il n'annonçait aux ouvriers à la place des 36 gourdes (0,92 €) qu'un salaire journalier de 70 gourdes (1,80 €) au lieu des 100 gourdes escomptées.
Malgré la démagogie des uns et des autres, force est de constater que la majorité de la population haïtienne ne croit plus aux vaines promesses. La commémoration fut pour elle l'occasion de tirer le bilan du gouvernement Aristide : le pays est plongé jusqu'au cou dans le désordre presque total, dans la corruption. L'insécurité fait des ravages. En rentrant au palais national le 7 février 01 Aristide avait promis de faire baisser le taux de chômage à moins de 50%. Au 7 février 03 ce taux avoisine les 70% !!
La vie devient de plus en plus dure et l'augmentation drastique des prix des produits pétroliers le 1e janvier 03 n'a fait qu'aggraver les choses. La grande majorité de la population végète dans la misère, et les projections sont plutôt pessimistes, à moins qu'un sursaut populaire ne vienne mettre un frein au déclin annoncé.



HAÏTI
MASCARADE AUTOUR D’UN SALAIRE MINIMUM DÉRISOIRE

Les travailleurs des entreprises privées font les frais de la spéculation sur le dollar et de la bataille entre les patrons et le gouvernement. En effet la gourde continue sa chute sous la pression des spéculateurs, le 30 janvier pour acheter un dollar il fallait 40 gourdes et le 11 février il fallait déjà 52 gourdes.
Alors quand Aristide a triomphalement annoncé que son gouvernement allait augmenter le salaire minimum à 70 gourdes au lieu de 36, bon nombre d’ouvriers se sont gratté la tête en se disant qu’ils avaient été roulés puisque que ce qui avait été donné d’une main a été retiré de l’autre. Les 34 gourdes ajoutées au salaire ne compensent pas la hausse des prix qui s’est faite en une semaine.
Puis le 7 février ils ont assisté à une mascarade dans le parc industriel de Port au Prince (SONAPI) quand chacun de leur côté, les patrons et les lavalassiens ont voulu utiliser les ouvriers. Les patrons après avoir négocié plusieurs semaines pour appliquer un salaire encore plus ridicule ont pris des dispositions pour qu’il n’y ait pas de publicité sur l’annonce du salaire à 70 gourdes. Ils ont fermé les entreprises l’après midi laissant le choix aux ouvriers de rentrer chez eux, en leur payant la journée de travail.
De son côté Aristide ayant besoin de faire un show médiatique avec une annonce d’augmentation de salaire, a pris ses dispositions pour faire croire à un accueil chaleureux. Ainsi des « chimères » ( bandes armées d’Aristide) ont pris place dans les allées du parc industriel pour acclamer le président Aristide et le remercier.
De toutes ces agitations il n'est sorti que bénéfices pour les possédants qui gagnent avec l’augmentation du dollar (il faut aujourd'hui 52 gourdes pour 1 dollar!!) le blocage des salaires à un niveau dérisoire. Ce salaire ne représente même pas celui qui était perçu en 91 lorsque l'ouvrier touchait l'équivalant de 3 dollars américains.
La véritable augmentation de salaire ne viendra pas d'Aristide, seuls des travailleurs fortement mobilisés et décidés pourront faire rendre gorge au patronat.




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