COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 8 mars 2003      N° 877
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Page 2

Martinique
Les contorsions de Samot ne le servent pas toujours!

La nouvelle a été communiquée par la presse vendredi 28 février: Pierre Samot, le maire du Lamentin a été déchu de son titre de député de la circonscription Centre. De plus, il est inéligible à ce même poste pendant un an. Bien évidemment, il a vivement réagi en se présentant comme un «élu à abattre» à cause de ses initiatives notamment dans le domaine du tourisme (rachat de plusieurs structures hôtelières par l’intermédiaire de la SEMAVIL). Il a d’ailleurs mis en cause le préfet. Ce dernier a aussitôt répliqué par un communiqué contredisant les propos de Samot. Samot a été membre du Parti Communiste Martiniquais durant de longues années et a été en même temps président de la Chambre des Métiers. Il fut élu en 1989 maire du Lamentin pour succéder à Georges Gratiant, dirigeant du PCM.
A l’occasion des élections régionales, Samot rompit avec le parti communiste. Puis il créa son propre groupe politique, «Bâtir le Pays Martinique». C’est justement à cause de ce parti qu’il se voit aujourd’hui sanctionné par le Conseil constitutionnel. En effet, cette juridiction lui reproche d’avoir fait financer une partie de sa campagne par une organisation non répertoriée au niveau «national» à niveau de 3000 euros. Autant dire une broutille. Le Conseil constitutionnel, qui ressemble curieusement plus à un appendice du pouvoir en place qu’à une juridiction impartiale et indépendante, a pris une décision que le maire du Lamentin et ses amis interprètent comme un coup bas. Car il y aurait des cas connus de candidats qui ont très largement enfreint les règles, mais dont l’élection a été validée. Mais, semble-t-il, ils appartiendraient à un groupe politique autrement plus important que celui de Samot.
En tous cas, cette nouvelle affaire vient à nouveau contrarier les plans, après les déboires judiciaires il y a quelques années, de celui qui aime à se présenter comme le sauveur de la Martinique. Les errements politiques de Samot pour avoir accès aux postes le rattrapent aujourd’hui.



Martinique
La CGTM-Éducation face à la question des retraites et de la violence scolaire.

Le gouvernement Chirac- Raffarin a prévu de réaliser de « grandes réformes » selon son expression. Ces réformes portent principalement sur la Décentralisation qui a fait l’objet de grands spectacles médiatiques (Assises des libertés locales en Martinique) et sur les retraites dont il veut allonger la durée de cotisations, pour le Privé comme pour le Public.
Ces réformes répondent exactement aux exigences du Medef, le principal syndicat français de patrons. Ces soi-disant réformes vont dans le sens contraire des intérêts de la grande majorité de la population.
Quelque 70 militants et adhérents du SGPEN-CGTM (IATOSS) et du SMPE-CGTM (enseignants) se sont retrouvés le jeudi 20 février 2003 à Sainte-Luce dans une ambiance fraternelle pour discuter des raisons de ces réformes et des conséquences négatives que pourra avoir leur application. Sur la question des retraites, ils ont débattu après avoir suivi un exposé fait par un camarade de la Sécurité Sociale de Martinique, qui a mis à nu les manipulations du gouvernement. Autre problème abordé lors de cette rencontre, celui de la violence scolaire. Une psychologue a apporté quelques éléments pour comprendre les raisons de cette dérive.
Une réunion qui faisait ressortir les préoccupations et les craintes d’une partie importante des enseignants face aux mesures rétrogrades et scélérates que s’apprête à prendre le gouvernement.



Guadeloupe
LA BOUCAN: les raisons de la colère.

Cette année la rivière est deux fois plus polluée car l’usine a augmenté la quantité de mélasse à traiter et n’a pas mis en place un système de dépollution complémentaire. La colère se manifeste de nouveau. Depuis le lundi 24 février, le pont est pratiquement bloqué. Le préfet n’a utilisé que des moyens de force en envoyant des forces de l’ordre qui ont, à maintes reprises, arrosé les habitants de gaz lacrymogènes. Mais cela n’a pas entamé la détermination des manifestants. Une rencontre a eu lieu le lundi 3 mars avec le Collectif des Riverains, la DRIRE (Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement) et le directeur de l’usine M. Claverie. Ce dernier reconnaît les nuisances causées par la marche de la distillerie mais pleure misère en faisant pression pour recevoir des subventions. Mais les riverains ne veulent pas se laisser avoir une deuxième fois. Ils exigent que l’industriel se mette aux normes sinon ils réclament que la distillerie soit fermée jusqu’à ce que des mesures de dépollution soient prises. Claverie a réclamé deux jours de réflexion en croyant peut être que cela désamorcera le mouvement. Il ne s’est pas encore engagé à prendre de véritables mesures et ne fait que des promesses. A l’heure où nous écrivons, le Collectif, suite à une assemblée générale qui a eu lieu le mardi 4 mars, a décidé d’arrêter provisoirement les barrages durant deux jours.



Guadeloupe
Les scandales des déchets radioactifs à Grosse Montagne!

Suite à une rencontre qui a eu lieu le lundi 24 février avec la DRIRE (Direction Régionale de l’Industrie de le Recherche et de l’Environnement) et des responsables de la société MADICE, un rapport remis à ces responsables a signalé qu’il y avait des éléments radioactifs sur le site. Selon les responsables de MADICE cette révélation est un véritable scandale car 12 jeunes ont été embauchés pour nettoyer les restes de carcasses de l’usine Grosse Montagne fermée depuis quelques années. Les riverains de l’usine se sont mobilisés l’année dernière pour protester contre l’accumulation de débris encombrants (ordures, tôles rouillées et matières toxiques) qui n’ont pas été enlevés depuis la fermeture de l’usine. La société MADICE s'est mobilisée avec les riverains et des décisions ont été prises pour revaloriser le site comme tel avait été le cas pour le secteur de La Boucan. Suite au mouvement de colère des riverains de cette région de Sainte-Rose en 2000 la Société MADICE a été créée avec son siège à La Boucan, pour l’embauche de jeunes dans un but écologiste. Ces jeunes (une quinzaine) suivent une formation et travaillent pour l’ONF (office national des forêts).Cette structure a embauché également du personnel administratif et éducatif.
Mais les 12 jeunes supplémentaires embauchés pour Grosse-Montagne ne travaillent pas et attendent toujours que le site soit dépollué. Selon les responsables de MADICE il y a danger car des éléments radioactifs n’ont pas été enlevés. Pourtant suite à une réunion qui a eu lieu le 19 juillet 2002 avec le préfet Carenco, le maire du Lamentin des représentants de la préfecture, de la gendarmerie, de la DIREN (Direction Régionale de l’Environnement) de la DRIRE, il avait été révélé la présence de déchets radioactifs sur le site. La DRIRE a sollicité des devis pour l’enlèvement de ces déchets. Il semblerait que ces déchets radioactifs soient toujours sur le site entreposés dans des cuves en plomb. Des spécialistes ont noté la présence d’isotope et de césium très radioactifs. Il y aurait même des risques de fuite de rayonnements dangereux.
Les responsables et les jeunes de MADICE mobilisés sur les barrages de La Boucan réclament une intervention du maire de la commune du Lamentin et de Sainte-Rose pour mettre au clair la situation et trouver des solutions.
Les pouvoirs publics sont responsables d’une telle situation. Alors qu’il y a un chômage chronique ici, que des jeunes veulent travailler pour gagner leur vie, on se trouve face à une incohérence scandaleuse qui prouve à quel point et les élus et les pouvoirs publics se moquent éperdument de l’emploi et plus grave encore de la sécurité de la population.



LA DÉCENTRALISATION: DES ÉCONOMIES SUR LE DOS DES RÉGIONS ET DE LA POPULATION

A Rouen, Raffarin clôturait les «assises des libertés locales». Il a déclaré que 150.000 agents de l’Etat, donc des fonctionnaires, rejoindront sous peu la fonction publique territoriale. Les collectivités locales seront aussi plus impliquées dans la gestion des moyens. Les départements seront responsables de la carte des collèges et les grandes agglomérations gèreront le logement étudiant à titre expérimental.
Quant aux agents techniques et ouvriers spécialisés chargés de l’entretien dans l’enseignement supérieur ils seront placés dans un premier temps à titre expérimental sous l’autorité des collectivités.
Voilà quelques exemples qui montrent les économies que l’Etat veut réaliser sur le dos des régions ou de la future «assemblée unique» en Guadeloupe. Quant au statut des salariés de l’Etat transférés, on ne sait pas bien encore ce qu’il sera par rapport à leur statut antérieur.
Alors bien sur, Raffarin dit qu’il donnera les moyens financiers en conséquence aux collectivités. Peut être dans un premier temps. Mais ensuite ? Et l’exemple a bien montré comment depuis 1982 pour ce qui concerne les lycées et collèges et les routes départementales, ce sont les régions et les départements qui ont dû réaliser le plus de dépenses. Maintenant la gestion des 27.000 km de routes nationales (y compris dans les DOM) sera confiée aux départements ainsi que le RMI.
L’Etat veut réduire ses dépenses publiques sur le dos des collectivités locales et par voie de conséquence les collectivités locales voudront réduire leurs dépenses sur le dos des contribuables, des travailleurs et des pauvres. C’est cela le but de la décentralisation, «métropolitaine» et tropicale.


Martinique
Bas les masques sur l'annulation de certaines manifestations carnavalesques!

Durant la dernière élection présidentielle, Chirac avait bâti toute sa campagne sur le thème de l’insécurité. Il semble que certains maires de Martinique se soient emparés de ce thème pour justifier leur décision d’annuler les manifestations de carnaval prévues dans leur commune, pensant que cela servirait leurs intérêts. D’abord à Saint Joseph, puis au Gros Morne et enfin au Lorrain. La commune de Schoelcher a décidé, elle, d’«alléger», selon les termes d’un responsable municipal, les festivités prévues. Si l’on en juge par les réactions, ces décisions sont loin de faire l’unanimité. L’insécurité et les jeunes (délinquants) ont bon dos. C’est un bon moyen, et pour ces municipalités et pour les services de l’Etat d’occulter leurs responsabilités.
Car s’il y a une insécurité, elle est d’abord sociale et économique. Et cette insécurité qui est à l’origine de bien d’autres, n’est pratiquement jamais citée comme facteur favorisant le développement de comportements violents. Quelle est la situation sociale de ceux que maires et représentants de l’Etat accusent d’être à l’origine de leurs décisions d’annuler certaines manifestations carnavalesques ? Quelles perspectives leur offre-t-on?
Ensuite, si la population de ces communes et notamment les plus jeunes sont privés de festivités à la suite des décisions des services de l’Etat (préfecture), c’est aussi à cause de l’incompétence des équipes dirigeantes en place, souvent depuis des dizaines d’années. Comme c’est le cas au Lorrain où la moindre manifestation (fête patronale, enterrement, etc.) empêche toute circulation dans la rue principale de la commune. En effet, c’est dans cette rue que tout passe : porte-conteneurs, secours, transports scolaires, pompiers, taxis, véhicules de livraisons de marchandises, etc., etc. Depuis des années, ce sont des promesses qui sont servies à la population concernée, notamment lors d’élections municipales.
Aujourd’hui, face au mécontentement, ceux qui sont aux commandes s’abritent derrière des boucs émissaires. Et comme à leur habitude, ils cherchent à fuir leurs responsabilités.


FRANCE
Rafale de "plans sociaux" et de licenciements

Semaine après semaine les plans sociaux se succèdent. Tant et si bien qu’actuellement le taux de chômage s’élève à 9,1%. Même le gouvernement est obligé de revoir ses prévisions à la baisse. Il ne prévoit que 1,5% de taux de croissance pour l’année 2003, donc on peut prévoir que les licenciements vont se poursuivre de plus belle, car la reprise n’est pas au rendez-vous pour cette année.
On se rappelle la fermeture de l’usine de DAEWO dans le Nord de la France, suivie de celle de Moulinex qui licencia 3500 ouvriers en octobre 2001. Metaleurop a fermé ses portes en janvier 2003 laissant sur le pavé 830 salariés. Ces licenciements se poursuivent à un rythme effréné. Air Lib a été liquidé et 3500 employés seront privés d’emplois. Environ 17 00 de sociétés sous traitantes d’Air Lib risquent elles aussi de subir le même sort. Si on parle d’Air Lib, on ne parle pas de Brant-Galva, de Concorde (Hôtels de luxe), Kindy (chaussures) Baccarat (cristal) Deville (sanitaires), Pechiney, Beghin – Say (sucre) qui, en province à l’abri des regards, licencient. D’autres encore s’apprêtent à licencier. C’est le cas de la SNCF, qui prévoit de supprimer 500 postes de conducteurs, de Giap Industries, de France Télécom qui a annoncé 13 000 suppressions d’emplois, et même la banque de France caresse le projet de fermer la plupart de ses succursales, et donc de supprimer des postes.
La plupart de ces licenciements sont des drames pour les travailleurs. Même s’ils sont annoncés avec plans sociaux, la plupart des licenciés se retrouvent sans emploi, comme ceux de Moulinex qui depuis 16 mois, sont 54 % à ne pas être encore reclassés. Ceux qui ont retrouvé un emploi ou qui l’ont conservé après un plan de restructuration, travaillent dans de très mauvaises conditions. Le travail est plus pénible, il faut faire la même production avec moins de personnel. Les ouvriers réembauchés perdent leur ancienneté, les 35 Heures et les acquis sont remis en cause. On a vu des travailleurs, parfois des couples pleurer de désespoir après leur licenciement alors qu’ils y travaillaient depuis 20 à 25 ans. Le taux de suicide augmente aussi parmi ces travailleurs.Contre ces fléaux les travailleurs ne peuvent avoir recours aux lois. Les lois impitoyables de cette société bourgeoise ne peuvent pas empêcher les actionnaires de retirer leurs capitaux d’une société pour les placer dans une autre plus rentable et priver d’emploi des ouvriers qui par leur travail les ont enrichis durant des dizaines d’années. Si les lois ne peuvent rien, une mobilisation des travailleurs, un rapport de force peut imposer l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui produisent des bénéfices.




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