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Abymes
Poursuite de la grève à SOTASBAG
Une partie des travailleurs de la Sotasbag (entreprise spécialisée dans la dératisation et le traitement contre les termites) affiliés à l’UGTG continuent leur mouvement de grève commencé le 9 janvier dernier. Ils protestent contre le licenciement jugé abusif d’un ouvrier en contrat à durée indéterminée.
Ils sont toujours sur leur piquet de grève devant l’entreprise malgré les tentatives de la direction d’en référer à la justice pour les faire sortir. Le tribunal a d’ailleurs débouté la direction de sa demande d’évacuation.
Pour le moment aucune rencontre n’est prévue entre les deux parties. C’est le statu quo et les travailleurs ont en face d’eux une direction qui refuse de discuter. Cette attitude renforce encore plus la détermination des grévistes.
Guadeloupe
ECOMAX: les travailleurs toujours en lutte!
Les grévistes affiliés à l’UGTG sont en grève depuis le 23 décembre 2002. Rien n’est encore réglé et la situation est très tendue entre les travailleurs affiliés à la CTU qui sont largement majoritaires et qui sont contre la grève et ceux de l’UGTG. En attendant la direction n’a encore rien cédé et ce sont les travailleurs qui s’opposent entre eux. Six militants de l’UGTG, salariés d’Ecomax ont été déférés devant la justice pour saccage et pillage de certains magasins Ecomax. Ils ont finalement quitté libres le Palais de Justice de Pointe-à-Pitre et devront revenir le 17 mars prochain pour être jugés sur le fond de l’affaire.
Pour le moment, ce qu’il y a de nouveau c’est que les négociations concernant les revendications des grévistes sont arrêtées. Mais les NAO (Négociations annuelles obligatoires) ont commencé. Une première rencontre a eu lieu le 25 février dernier. Les revendications sont : la demande du passage à temps complet pour une centaine de salariés qui seraient concernés et une prime d’ancienneté pour tout le monde. Les discussions doivent se poursuivre avec la direction.
Martinique
Extrait du bulletin "L'Échos des hôpitaux"
(CHU La Meynard) LABOS: LA GALÈRE!
Depuis près d'un mois, presque tous les jours quand ce n' est pas plusieurs fois par jour, il y a des coupures du réseau informatique. Les labos sont les premiers touchés. Les examens ne peuvent être faits et les résultats de ceux qui le sont ne peuvent être remis!
Alors bonjour les dégâts : aggravation des conditions de travail avec tension maximale et plusieurs heures de retard parfois dans la remise de résultats!
CHU-FDF (CEV): DES 35H DIFFICILES!
Les 35H à sauce CHU, n'ont pas permis d' améliorer les conditions de travail des soignants. Ce sont des 35 H ratées. Les agents s'auto-remplacent. Parfois ils arrivent dans les services et font des malaises comme ce fut le cas récemment.
La direction veut passer en force, mais elle devrait savoir qu'on ne peut produire des soins que quand on est bien dans sa tête et dans son corps!
GUADELOUPE
Solidarité avec les communaux en lutte
Depuis plus d’un mois les employés communaux et leur syndicat UTC – UGTG sont en lutte. Ils bloquent les mairies et les cantines scolaires ainsi que les dépôts des services techniques de plus d’une dizaine de communes. Mais ils sont parvenus à bloquer plus de 24 mairies sur 34 il y a quinze jours. Ils ont barré les principales routes du pays pendant trois jours pour refuser les licenciements de précaires. Ils posent le problème du devenir des 5 000 précaires embauchés pour la plupart dans les municipalités. Une fois posé ce problème les maires se révèlent incapables de le résoudre faute de crédits. Mais ils s’apprêtaient à ne pas renouveler les contrats de ces jeunes sans se poser le problème de leur devenir dans un pays qui compte au dire des autorités 33% de chômeurs. Ces travailleurs ont donc raison de ne pas accepter cet avenir de misère que nos élus responsables veulent leur imposer. Ils ont donc eu raison d’affronter les forces de l’ordre pour obliger le gouvernement de Paris à prendre en compte leurs revendications. Ils ont déjà remporté une victoire, celle d’avoir posé le problème des précaires et des travailleurs communaux qui réclament le statut de la fonction territoriale. Celle d’avoir mis les maires devant le choix de condamner les grèves ou de s’en prendre au gouvernement . Et ces derniers ont fait le premier choix.
Personne ne peut maintenant prétendre ignorer qu’il existe 5 000 précaires en guadeloupe.
Ces derniers doivent recevoir tout le soutien possible des travailleurs. Le gouvernement a les moyens financiers pour satisfaire leurs justes revendications. Ce gouvernement a de l’argent pour supprimer l’impôt sur la fortune, pour mettre en chantier un deuxième porte avion nucléaire, pour intervenir en Côte d’Ivoire et peut être en Irak. Il a donc les moyens de donner du travail à ces 5000 précaires. Nous devons l’obliger à le faire par notre mobilisation aux côtés des agents communaux en lutte.
"Fouillole" toujours en grève!
Les professeurs, chercheurs, étudiants, personnels IATOSS, personnel à statut précaire sont toujours en grève à l’université de Fouillole. Cette décision se justifie après le retour du président de l’université qui n’aurait obtenu que 12 postes supplémentaires au lieu de la centaine réclamés. La grève s’est renforcée. Les grévistes occupent jour et nuit les locaux. Les assemblées générales ont reconduit régulièrement le mouvement. Elles n’ont pas accédé au souhait des assemblées locales leur demandant d’arrêter la grève tout en «comprenant leurs revendications». Une opération escargot a été organisée il y a quelques jours de l’université à Basse-Terre pour rencontrer le préfet.
Les grévistes réclament toujours 110 postes IATOSS (Ingénieurs, administratifs, Ouvriers, Services et Santé), 14 postes d’enseignants chercheurs, la construction de bâtiments même provisoires pour l’UFR-STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives), des bureaux pour les enseignants. Ils demandent en outre la venue sur place d’une délégation ministérielle.
Guadeloupe
NAO de la canne: les patrons refusent de payer des salaires décents
Pour la quinzième fois depuis le mois de décembre, les représentants des travailleurs de la canne et ceux du patronat se sont réunis pour les NAO (Négociations annuelles obligatoires). Cette fois encore, rien n’est sorti de cette réunion. Les patrons, par l’intermédiaire de leur représentant Raphaël Spéronel, proposaient au départ 2,5 % d’augmentation des salaires, soit moins que celle du coût de la vie. Ils proposent maintenant entre 3 et 3,5%, ce qui est toujours ridiculement bas.
De leur côté, les représentants des syndicats, qui réclamaient au départ 9% d’augmentation, ont accepté d’abaisser le chiffre à 91 euros sur tous les salaires, soit entre 5,85 et 7,98%, selon le montant.
Les patrons des usines et des distilleries sont prêts à compromettre le début de la récolte plutôt que de donner un salaire décent aux ouvriers. Ces derniers semblent faire preuve de la même ténacité pour arracher leur revendication.
L'immigration indienne aux Antilles (suite)
Les contractuels indiens et le rengagement forcé
Le compte à rebours des cérémonies commémoratives du 150 ème anniversaire de l'arrivée des Indiens en Martinique et en Guadeloupe a commencé. Nous poursuivons notre chronique sur cette immigration et sur la communauté indienne en Martinique, en Guadeloupe dans la Caraïbe.
Les ex-esclavagistes cherchaient à persuader, de gré ou de force, les engagés indiens de se rengager pour une période plus ou moins longue. Ces planteurs étaient ainsi sûrs d’avoir une main d’œuvre tellement écrasée que sa volonté de lutte était parfois anéantie. Mais ces travailleurs étaient expérimentés. Ils étaient embauchés hors du droit commun, avaient alors des exigences salariales limitées. Ces revendications rejoignaient parfois celles des travailleurs libres (Indiens ou Noirs).
Il était dit que «les immigrants, à l’expiration de leur premier contrat, pouvaient prolonger leur séjour dans la colonie en signant un nouveau contrat de travail pour 5 ans». Beaucoup ne le voulaient pas. En Guadeloupe par exemple, il y en a eu, en 1890, 316 rengagements pour la plupart en Grande-Terre (9/10e). La crise économique des années 1880, l’arrêt de l’immigration indienne, la rareté de la main d’œuvre, rendaient les ex-esclavagistes plus exigeants. Ils utilisaient tous les moyens pour retenir les rapatriés en puissance.
D’ailleurs, les journaux de l’époque comme, par exemple, le «Progrès de la Guadeloupe» des partisans de Schoelcher dénonçaient les pressions morales et les contraintes physiques exercées par les ex-esclavagistes sur leurs immigrants.
Et cette pénurie de main d’œuvre a vite tourné à l’avantage des travailleurs indiens. C’est ainsi que de nombreuses primes, même cumulables, leur étaient offertes. Des primes venant du Conseil général, mais aussi de fortes primes versées par les planteurs eux-mêmes.
De plus les planteurs tentaient de retenir les Indiens sur les habitations comme travailleurs libres. Aussi, on les encourageait à résider sur ou à proximité de l’habitation, en leur offrant une case et un lopin de terre. Par compte, en échange, ils devaient fournir des journées de travail sur les habitations puisque ce petit lopin était insuffisant pour permettre à ces travailleurs de vivre normalement.
Ce système n’a pas profité qu’aux Indiens, mais aussi aux anciens esclaves. Ces hommes ont constitué une main d’œuvre forcée : à la fois ouvriers agricoles et cultivateurs pauvres travaillant quelques heures sur leur petit lopin de terre et le reste du temps sur l’habitation. Ce type de travail existe encore de nos jours en Grande-Terre.
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