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L'émission "Complément d'enquête" ou comment on remplit les coffre-forts des capitalistes avec l'argent public
Les téléspectateurs ont pu voir il y a plusieurs jours sur RFO, l’émission «Complément d’enquête» de B. Duquesne consacrée à la Guadeloupe. Pour ainsi dire, tout ce qui nous a été présenté est plus ou moins connu de la population : les trafics d’influence, les faveurs aux petits copains, l’utilisation par certains de leur place à la tête des communes pour s’attribuer à très bon compte des terres, la distribution à la veille d’élections d’aides à l’amélioration de l’habitat provenant par exemple de la Région sous forme de distribution de matériaux de construction, les bons d’essence pour aller chercher les électeurs, les billets de banque distribués etc. . Et on pourrait prolonger cette liste. Le plus honteux dans cette affaire, c’est que ce sont précisément ces gens qui ont plein la bouche du mot dignité, qui parlent de mettre fin à la «mentalité d’assisté» de la population qui sont les responsables de ces pratiques. C’est dire ce qu’est la démocratie dont on nous rebat les oreilles à longueur d’année. C’est la démocratie de ceux qui ont les moyens d’acheter pour leurs poulains le vote de milliers d’électeurs. La démocratie des riches et des bourgeois.
Mais surtout, ne croyez pas que cet argent distribué lors des élections est de l’argent jeté par la fenêtre ; loin de là. Car il y a toujours retour d’ascenseur. Et c’est alors que les téléspectateurs ont pu apprendre, s’ils ne le savaient pas, comment des sommes colossales provenant des fonds publics sont distribués aux capitalistes de tous poils, et cela sous toutes sortes de formes et de prétextes. Aides remboursables qui ne sont presque jamais remboursées, aides à l’investissements, aides pour la création d’emplois. Là encore la liste est très longue des moyens qui sont mis en œuvre pour distribuer l’argent public aux capitalistes privés. Et on voudrait demander à ceux qui reproche au petit peuple, c’est à dire les Rmistes, les chômeurs, les smicards, les djobeurs leur soi-disant mentalité d’assisté qui, entre un Rmiste qui attend des allocations familiales pour arrondir ses fins de mois et un capitalistes qui demande sans cesse des aides aux pouvoirs publics pour remplir son coffre-fort, qui donc est le «plus assisté» des deux?
Dans son émission, B. Duquesne a presque laissé comprendre que ces pratiques n’avaient cours qu’en Guadeloupe , Martinique ou aux Antilles-Guyane. Pas du tout. C’est le mode de fonctionnement normal du système capitaliste, et cela à l’échelle de la planète. Aussi bien en France qu’en Allemagne ou aux Etats-Unis.
C’est dire combien il est temps de débarrasser la planète de ce système parasitaire qu’est le capitalisme.
Assemblée unique ou pas, rien ne changera sans la lutte des travailleurs et des pauvres
Ces derniers jours, lors d’émission radiodiffusées ou dans la population on a entendu un certain nombre de personnes s’opposer au projet d’assemblée unique. Elles disaient préférer ne rien changer au statut et rester département avec deux assemblées, conseil général et conseil régional. Le statu-quo en somme. Ces personnes expriment ainsi la crainte que le changement de statut ne débouche sur une autonomie ou indépendance. Disons que sur ce point, il n’y a aucune crainte à avoir puisque les textes de loi ne proposent rien en ce sens et les élus non plus.
Mais derrière cette crainte exprimée par bien des gens il y a aussi confusément des sentiments que l’on peut comprendre. Ils se méfient des politiciens et des élus et craignent que ces derniers avec plus de pouvoir prennent des mesures qui iraient encore plus à l’encontre de leurs intérêts. Et là ces sentiments sont parfaitement justifiés. La classe politique est peu fiable,corrompue souvent, et méprisante à l’égard de la population. Beaucoup d’élus ont été pris la main dans le sac détournant des fonds, jugés et condamnés. D’autres ne l’ont pas été mais n’en sont pas moins de fieffés filous. Clientélisme électoral, gaspillage des deniers publics à leur profit personnel, favoritisme sont le lot quotidien de bien des élus.
Mais avec ou sans «assemblée unique» ce sera la même chose. Et le tort serait de croire que l’une des solutions est meilleure que l’autre. Non, les travailleurs, les petites gens, les pauvres n’ont pas à choisir entre les deux. Il est inutile de s’opposer à l’assemblée unique au nom d’un système actuel qui serait meilleur.
Cette affaire de réaménagement administratif, de congrès, d’assemblée unique, et autres articles 72,73, 74 c’est l’affaire des notables, des politiciens pas celle des travailleurs et des pauvres. Ces derniers eux, ont intérêt à ne se préoccuper que d’une chose, c’est de leurs intérêts propres : des emplois, des salaires, décents, un habitat correct, bref, une amélioration de leur vie à eux. Et cela, ce n’est ni deux assemblées, ni une qui le feront. Cela dépendra de leur propre lutte, de leur propre volonté de changer leur vie, de leur capacité à intervenir dans les affaires qui les concernent. Certes, il est bon de savoir ce qui se trame, de s’instruire, de s’éduquer de comprendre toutes ces lois et ces projets que l’on prépare. Mais il ne faut se faire aucune illusion sur ce que préparent l’Etat, l’administration qui sont un monde au service des riches, des bourgeois. Oui, il y a deux mondes : le monde des notables des politiciens et des riches et le monde des travailleurs, des pauvres, des «petits». Les politiciens et les riches organisent leur monde pour leurs intérêts. Ce sont eux qui dirigent, qui gouvernent qui décident de tout. Alors notre monde à nous, organisons le, et décidons pour nous mêmes. Personne ne le fera à notre place. Notre avenir pour être meilleur ne peut se construire que si nous savons nous battre pour récupérer une part du gâteau qu’ils nous volent par notre travail et notre exploitation.
Alors assemblée unique ou pas, notre avenir c’est nous qui devront le construire avec nos luttes, nos revendications et la volonté ferme de ne pas se laisser écraser ni tromper ni illusionner par les politiciens et les riches.
Martinique
Loi sur la décentralisation. Des élus contestent la loi mais ne sont pas contre...
Le lundi 17 mars les parlementaires et sénateurs de France et des départements d’outre-mer ont participé à Versailles au Congrès pour le vote de la loi relative à la modification de la Constitution française et à la décentralisation.
Les élus de la Droite ont bien sûr voté à deux mains toutes les décisions de leurs maîtres. Rodolphe Désiré sénateur et maire du Marin, démissionnaire du PPM étant situé à califourchon entre la gauche et les nationalistes a lui aussi approuvé ce projet de loi.
Les autres élus de la gauche par exemple Louis-Joseph Manscour député socialiste et maire de Trinité a voté contre. « Nos aspirations ne sont pas prises en compte » a t-il affirmé, comme s’il s’attendait à ce que le gouvernement propose autre chose. Marie Jeanne député et président du Conseil Régional et dirigeant du MIM – Mouvement indépendantiste Martiniquais, a lui aussi voté contre cette nouvelle loi, tout en cherchant à se justifier : « Je ne suis pas hostile à l’évolution constitutionnelle qui est proposée. Mais je ne peux pas entériner une réforme, alors qu’une lettre diffusée « an ba fey » ne tient pas compte des résolutions du congrès Martinique, oublie le Projet Martinique. Je ne suis pas destinataire de cette lettre. Aussi, mon vote est un vote contestataire ». Est ce que cela veut dire que s’ il n’y avait pas cette fameuse lettre il aurait voté pour la loi comme les élus de Droite ? Nul ne sait. Et il peut continuer à faire son « cinéma » avec le gouvernement et aussi avec la population, sans être clair sur sa position.
En tout cas, on a bien l’impression que ces élus là préparent leur petite cuisine tout en pensant qu’il réussiront à faire manger à leur électeurs des plats épicés…
Martinique
Lordinot tente de masquer sa capitulation
Guy Lordinot maire de Sainte Marie célébrait, avec jeu de lumières et feux d’artifice, ses vingt ans en qualité de maire de Sainte-Marie. Il en a profité pour annoncer qu’il amnistiait et réintégrait les 52 employés licenciés en 1993, c’est-à-dire 10 ans après son élection.
En effet en décembre 1993, Lordinot avait licencié des employés communaux dont il avait réduit les salaires de manière arbitraire pour réaliser des économies. Ces salariés s’étaient mis en grève et Lordinot les avait licenciés au motif que la grève était illégale.
Les employés avaient alors saisi les tribunaux (Prud’hommes, Tribunal administratif, cour d’appel, Conseil d’Etat) qui tous avaient condamné la commune de Sainte Marie et ordonné leur réintégration. Et depuis des mois, Lordinot payait ces employés à ne rien faire.
Constatant qu’il était coincé, Lordinot a donc tenté de présenter sa défaite sous la forme de la fête du prince qui amnistie avec magnanimité ses sujets, la fête de ses vingt ans de règne. Mais il ne s’agit ni plus ni moins que de la pitoyable condamnation judiciaire d’un prévenu pris en faute par tous les tribunaux.
Par ailleurs Lordinot essaie de rompre son isolement politique et s’est allié à Philippe pour créer un nouveau parti. Et en prévision des élections à venir, il espère que son geste en direction des licenciés qui n’ont jamais baissé les bras et se sont toujours battus lui rapportera des voix dans quelques mois. Mais la mémoire ouvrière n’est ne s’évapora pas aussi facilement.
Cet individu prend vraiment les autres pour des imbéciles.
Martinique
Pour une retraite à 60 ans, à taux plein
C’est autour de ce thème que les syndicats CGTM, CDMT, UNSA, CGTM-FSM, SUD réunis en Intersyndicale ont convoqué une réunion le jeudi 13 mars à la Mutualité de Fort-de-France. Plus de 150 personnes étaient présentes : des syndiqués, des retraités, des travailleurs. Ils ont débattu des dispositions à prendre pour faire échec aux plans du gouvernement Raffarin visant à rendre les retraites encore plus faible et la situation des retraités plus précaire. Les intervenants ont démonté certains des mécanismes.
Augmenter la durée de cotisation de 37,5 à 40 anuités comme le veut le gouvernement Raffarin, cela revient à repousser l’âge de la retraite de 60 à 70 ans. Aujourd’hui l’âge moyen d’une activité salariée stable est de 29 ans Ainsi avec 40 anuités de cotisation la retraite n’est possible à taux plein qu’à 70 ans. La valeur de la retraite est diminuée avec l’application du nouveau barème. Il ne s’agit plus de prendre comme base de salaire des 10 meilleures années d’activité, mais celle des 25 meilleures années. Ce qui, compte tenu des périodes d’inflation des dernières années donne un salaire de référence plus bas.
La différence entre retraite par répartition où le patron paie une cotisation, bien qu’elle soit diminuée régulièrement, et la retraite par capitalisation où il ne cotise pas a été mise en évidence. De plus la retraite par capitalisation fait miroiter aux retraités l’utilisation de leurs cotisations par les banques sur des placements, des coups financiers qui sont censés leurs rapporter gros, mais qui en fait n’offrent aucune garantie quant à la valeur de la retraite finale. Mais il y a aussi le risque d’un effondrement complet des retraites comme cela a été le cas pour les fonds de pension de la société Enron aux Etats Unis en 2002. Il a été aussi noté le nombre élevé des retraites inférieures aux SMIC et le fait que le pouvoir d’achat des retraités diminue en fonction de l’inflation et ne suit pas les hausses , même minimes des salaires.
Les représentants des syndicats ont fait part de leurs démarches auprès de députés et conseillers qui n’ont pas donne de résultats. Des retraités ont répondu en demandant à poursuivre la mobilisation, qui avait conduit à la manifestation de février, autour du mot d’ordre : retraite à 60 ans, à taux plein, par répartition, indexée sur les salaires.
Île de la Réunion
Les travailleurs contre la politique anti-sociale de Raffarin-Girardin
Alors que la scène politique est occupée par les problèmes liés à la guerre en Irak, le gouvernement Raffarin continue de mener une politique hostile aux intérêts des travailleurs, des jeunes et de toute la population laborieuse. Tout y passe : privatisation d’Air-France, changement du régime des retraites, suppression de contrats emplois jeunes, suppression de postes de surveillants, etc. C’est cette politique que Raffarin et Girardin ministre des DOM étaient venus expliquer et défendre à La Réunion, lors de leur voyage du 21 février.
On a vu alors des milliers de manifestants descendre dans les rues de Saint-Denis, la capitale de La Réunion, pour clamer leur opposition résolue à la politique du gouvernement Raffarin. Notamment à sa volonté d’aggraver le régime des retraites et à sa volonté de revenir sur les quelques emplois prévus au titre de CEJ (Contrat emplois-jeunes). Tandis que les CEJ, provisoirement maintenus sont destinés à être supprimés, le gouvernement crée les “contrats jeunes” et promet aux entreprises une somme de 15 000 euros pour chaque “contrat jeune” créé par un patron! Les cadeaux aux patrons continuent!
Le chômage est massif en Réunion : 30% de taux de chômage, autrement dit des dizaines de milliers d’adultes en age de travailler, jeunes et moins jeunes,réduits aux RMI, aux expédients et à une vie difficile.
Les manifestants, jeunes en tête, réclamaient un emploi pour tous, la retraite à 60 ans, au bout des 37,5 années de cotisation. Ils s’opposaient aux privatisations des services publics et à la décentralisation qu’ils voient comme une voie pour baisser les moyens financiers à la disposition des services publics réunionnais et comme une brèche ouverte pour s’en prendre aux salaires de certains fonctionnaires, par exemple les IATOS.
Cette première manifestation fut un succès après celle des jeunes, en septembre 2002, face à Girardin. Elle fut appelée par une inter-syndicale et par un “Collectif emploi en danger”.
Soyons sûrs que cette manifestation réussie le 21 février aura une suite et que les travailleurs et les jeunes continueront à se mobiliser pour imposer des solutions d’urgence au travail précaire, au chômage et à la misère.
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