COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 22 mars 2003      N° 878
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Page 3

Guadeloupe
Grève à la Générale des Eaux

La grève commencée le 12 mars dernier à l’appel de la CGTG est largement suivie par les travailleurs de la Générale des Eaux.
Les revendications portent sur un litige concernant le décompte des jours de congés. Selon les travailleurs ils perdraient de l’argent selon le calcul fait par la direction de leurs congés payés. La direction leur doit 10 jours sur les deux années écoulées. Les grévistes réclament le retrait de leur entreprise de la Caisse des Congés Payés (CRC BTP). Ils dénoncent les conditions d’application des 35 heures et constatent que la nouvelle direction veut revenir sur certains accords déjà signés et obtenus de haute lutte.
Différentes rencontres ont déjà eu lieu et n’ont donné aucun résultat. Mais il semblerait que la direction commence à reconnaître qu’il y a un problème. Elle a donc demandé à un expert comptable, Ferdy Louisy d’être médiateur et d’étudier le problème.
Pour le moment la grève n’a pas entraîné de coupures d’eau. Les coupures tournantes actuelles sont organisées à la demande de la Préfecture compte tenu de la sécheresse.
Les travailleurs sont déterminés. Car ils sont certains d’avoir été victimes d’une injustice causée par le prélèvement à tort d’une partie de leurs congés payés sur leur fiche de paie.



Guadeloupe
N.A.O. du secteur canne: la ténacité des travailleurs a payé

Les travailleurs de la canne ont finalement obtenu plus de 6% d’augmentation de salaire. Les travailleurs permanents auront une augmentation de 70 euros mensuels à compter du 1er janvier 2003. Les saisonniers toucheront 91 euros de plus. Ce n’est pas la totalité de ce qu’ils demandaient (9%), mais c’est quand même une victoire. Il aura fallu seize réunions depuis le mois de décembre, dans le cadre des NAO (Négociations annuelles obligatoires) pour en arriver là, alors que les patrons ne proposaient au départ que 2,5%, et n’avaient jamais voulu aller au delà de 3%.
L’entêtement des patrons de l’ASSOCANNE à vouloir imposer cette augmentation dérisoire a retardé le début de la récolte. Ils ont simplement voulu faire traîner les choses le plus longtemps possible, car pour eux, il est inadmissible que les travailleurs revendiquent des salaires décents : cela les oblige à réduire sur leurs profits!
Mais les salariés ont tenu bon, et finalement, ils ont fait céder les patrons des usines et distilleries. Malgré leurs lamentations, ces derniers avaient bien de quoi payer!



Martinique
Grève des personnels de l'Éducation Nationale

Le mardi 18 mars 2003, les personnels de l’Education nationale ont observé une grève de 24 heures à l’appel de nombreux syndicats pour protester contre la politique du gouvernement Raffarin. La FCPE, association de parents d’élèves, a également appelé ses adhérents à prendre part à cette mobilisation.
Depuis son arrivée aux affaires, Raffarin restreint les moyens alloués à l’Education nationale, remet en cause le statut des MISE remplacés par des assistants d’éducation, ne reconduit pas les emplois jeunes, remet en cause la durée de cotisation des travailleurs de la Fonction publique, etc.
Pour la troisième fois, les personnels ont donc décidé de manifester leur opposition à cette politique en se retrouvant à la Maison des Syndicats. Une mobilisation qui ne doit pas faiblir.



CHU de Pointe-à-Pitre/Abymes
Quelques exemples incroyables mais vrais. (Extraits du bulletin 'Écho des hôpitaux")

ADMISSIONS: ENFIN NOUS AVONS TROUVE LA RECETTE.

La situation ne cesse de se détériorer au bureau des admissions. Du lundi 10 au lundi 17 mars, nous avons effectué 4 débrayages:

Lundi 10:

Le service n’avait pas été nettoyé depuis 11 jours. Les poubelles étaient pleines, le sol était sale, les toilettes puaient.
Jeudi 6, vendredi 7 des collègues sont intervenus auprès du cadre. Rien n’a été fait.
Lundi 10 nous sommes passés à l’action : nous n’avons pas ouvert le bureau. Comme par enchantement, dans la matinée, le ménage a été fait. Et depuis ce jour nous n’avons pas à nous plaindre. De toutes manières, maintenant nous savons comment nous y prendre pour ne pas recevoir les patients dans la saleté!

Mercredi 12:

Pas d’informatique ! Pas de pochette pour travailler ! Rebelotte : débrayage ! Dans la demi-heure, 400 pochettes sont arrivées!

Vendredi 14:

Rupture de stocks de pochettes. Re-rebelote : redébrayage ! nous avons eu des pochettes. Malgré la fermeture des services économiques, nous avons été livrés et samedi et dimanche.
Et on dit que la vie n’est pas belle!

lundi 17:

Re-redébrayage : l’informatique a réapparu avec une nouvelle version. Evidemment nous n’avons pas été formés. Une documentation explicative aurait été remise à l’encadrement, mais l’information n’a pas filtré jusqu’aux simples agents.
Certains d’entre nous ont essayé de travailler. Mais, comme d’habitude, les choses ont été faites à demi : plusieurs applications ne sont pas au point : notamment, la carte vitale les étiquettes.
Nous avons baissé les rideaux!

L’HOPITAL FAVORISE LA REINSERTION D’UN CHOMEUR!

L’hôpital applique les conseils gouvernementaux: il offre la possibilité de créer sa propre entreprise.
Un chômeur a saisi cette opportunité: moyennant 1 euro, il guide les automobilistes pour leur faire traverser les énormes trous qui se sont creusés au fil du temps dans le parking des visiteurs.

HOPITAL A LA DERIVE

Pas de bilan social, pas de plan de formation.
Plus de bouillon pour les malades, quelquefois pas d’entrée, pas de beurre.
Des locaux exigus et de plus en plus délabrés.
Des médecins de plus en plus rares, des personnels soignants en nombre insuffisant.
Quand cette déchéance va-t-elle s’arrêter?

ESCALIERS DE SECOURS: GERFLEX A DUREE LIMITEE

On a remplacé le gerflex des escaliers. Soit ! Mais le nouveau est de si mauvaise qualité qu’au bout d’un an, et malgré les nettoyages, il est complètement délabré.



Guadeloupe
Les travailleurs communaux ont remporté une première manche

Après deux mois de grève les travailleurs communaux de la Guadeloupe ont repris le travail. Ils réclamaient essentiellement la titularisation des travailleurs précaires et l’application du statut de la fonction territoriale pour tous ceux qui n’en bénéficiaient pas encore. Le contrat des quelques 5000 « précaires » arrivait à expiration et la lutte a démarré face au chômage imminent qui les menaçait.
Un accord-cadre a été signé samedi 15 mars à 4h du matin entre le syndicat nationaliste UTC-UGTG et une partie des maires. Cet accord prévoit que «les nominations et titularisations se feront suivant un plan pluriannuel défini séparément par chaque collectivité avec priorité portée aux contrats arrivés à échéance. Ce qui nécessite une participation financière spécifique que les parties signataires entendent obtenir de l’Etat». Un comité de suivi de l’accord cadre a été constitué.
Seuls les maires de la mouvance de la gauche socialiste, communiste ou nationaliste ont signé cet accord. Ceux de la droite « UMP-Objectif guadeloupe »aux ordres de Lucette Michaux Chevry ont dénoncé les négociations et l’accord passé.
Il est donc possible que Michaux Chevry, présidente de la région et «ses» maires fassent obstacle à l’accord signé. D’autant plus qu’il s’agit de réclamer à l’Etat-UMP les sommes nécessaires à l’embauche définitive des travailleurs précaires. Ce qui ne va pas du tout dans le sens de sa politique actuelle que soutient sans réserve Lucette Michaux Chevry et les siens. La «décentralisation» a bon dos.
Quoiqu’il en soit, pour l’heure une grande partie des « précaires » restent à leur poste.
Les maires ont tous déclaré qu’ils n’auraient pas les fonds nécessaires pour payer les salaires trop longtemps si l’Etat n’intervenait pas. Mais certains, sous la pression de la grève et des travailleurs se sont engagés publiquement à exercer cette pression sur l’Etat. Et c’est en ce sens que la grève est malgré tout un succès. Le grand mérite des grévistes et de l’UTC –UGTG est d’avoir posé le problème de l’embauche et du statut des employés communaux à la face de tout le monde en Guadeloupe et à la face des ministres et de l’administration française. Ils ont dévoilé avec force une situation qui se perpétuait depuis des dizaines d’années, dans l’ombre et sous la menace de maires omnipotents. Bien sûr tout n’est pas réglé loin de là et il faudra encore ferrailler contre les maires de la droite mais aussi contre ceux de gauche qui pensent avoir signé pour gagner du temps et se débarrasser au plus vite de la grève.
Mais il n’en reste pas moins vrai que L’ampleur de la grève, la détermination des grévistes qui n’ont pas reculé d’un pouce pendant deux mois, se mobilisant tous les jours sur leurs piquets de grève, dans leurs manifestations, dans leurs assemblées générales massives, les déclarations fermes et déterminées de leurs dirigeants sur les ondes ont contraint une partie des maires à reconnaître officiellement le problème. Et cette pression les contraint aussi envisager publiquement le règlement de ce problème flanqués d’un comité de suivi contrôlé par les travailleurs et leur syndicat. Et c’est donc avec une légitime fierté que les grévistes ont repris le travail, mardi 17 mars après deux mois d’une lutte déterminée dans l’ensemble des communes de l’archipel.



Grève des communaux
(dernière heure)

Mardi 18, jour de la reprise annoncée par le syndicat, plusieurs mairies restaient cependant fermées. Des travailleurs mécontents n'ont pas repris le travail. Beaucoup de grévistes réclament en effet le paiement des jours de grève et confirmation de certains accords qui leur semblent peu clairs. Ce fut le cas au Moule, aux Abymes, à Pointe à Pitre, à Sainte rose notamment. A l’heure où nous écrivons nous ne savons pas encore où en sont les choses dans ces communes.



Extrait du bulletin "Écho des télécoms"

Des milliers et milliers de suppressions de postes.

22.OOO départs à la retraite et «départs naturels» sont déjà programmés à FT d’ici fin 2005. La notion de «départs naturels» est bizarre. En réalité il s’agit de gens purement et simplement mutés dans d’autres administrations ou de licenciements. Les 22000 départs ne seront pas remplacés ou très peu. Et s’ils le sont ils le seront par des travailleurs «précaires». Voilà l’un des aspects du plan de Breton. Pas vraiment fameux fameux.

MOBILITE MOBILITE

La paralysie financière de FT a pour conséquence «la mobilité»…C’est peut être contraire aux lois de la médecine mais c’est conforme aux lois du capitalisme. Chaque agent de FT doit être «mobile». Il peut être appelé demain à aller se faire voir ailleurs, dans d’autres administrations.
C’est le nouveau moyen pas humain du tout trouvé par Breton pour réduire les effectifs à FT. On nous traite comme des pions.

Info et pas intox

FT cherche à faire des économies par tous les moyens. On demande aux agents de postuler dans d’autres administrations, au rectorat. par exemple. Quoiqu’il en soit des projets de FT préparons nous à nous battre pour défendre nos intérêts.

L’avenir n’est pas rose…Il est « orange »

Orange, filiale de FT a annoncé plus de 2000 suppressions d’emplois. Pour les autres filiales c’est la même politique. L’avenir est bien gris à Orange.

NOTRE AVENIR SERA T-IL LIE A LUCETTE?

Avec la «décentralisation», des agents «mobiles» seront appelés à rejoindre la fonction publique territoriale. Vous vous voyez sous les ordres de Lucette, payés par Lucette?




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