COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 5 avril 2003      N° 879
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À la Une

Éditorial

Assemblée unique ou pas, nous devons combattre les effets néfastes, pour nous travailleurs, de la décentralisation

De toute évidence les élus de la Martinique et de la Guadeloupe ont déjà opté pour la fusion des deux assemblées locales en une collectivité unique, donc en application de l’article 73.
Mais même pour cette transformation, il faudra remplir deux conditions: un vote, un référendum local, qui l’approuve, puis une approbation du parlement de faire cette transformation. On voit donc que même en cas de consultation populaire, la décision finale appartiendra à des élus siégeant loin d’ici venus de tous les départements de France où les élus des DOM ne disposeront que d’une quinzaine de voix!
C’est dire donc que tout cela a déjà été décidé au sommet, entre le gouvernement et l’Etat, avec le soutien et l’approbation des états-majors de la droite UMP locale et hexagonale.
Il n’y a dans cette question aucun choix à faire pour les travailleurs. C’est strictement une affaire qui concerne la réorganisation d’un Etat qui tous les jours défend les intérêts des riches, des possédants et prend des mesures hostiles aux intérêts des travailleurs et des pauvres. On ne voit pas pourquoi, ceux-ci devraient s’introduire dans ce débat et donner leur point de vue et choisir entre deux assemblées ou une collectivité unique ce qui est mieux. Tout en sachant d’ailleurs que ce n’est pas cet avis qui sera décisif mais le vote d’un parlement, déjà entièrement soumis au gouvernement.
Les travailleurs n’ont rien à dire ou faire dans un tel débat sinon se battre pour défendre leurs intérêts là où ils sont menacés. Et c’est le cas pour les décentralisations prévues pour différentes catégories de travailleurs de la fonction publique. Il s’agit de la DDE, des personnels de service et technique des lycées, de l’université (IATOS), des personnels de soins, infirmières, médecins, assistantes sociales, psychologues, etc. Tous ces travailleurs verront la transformation de leur statut passer de la Fonction publique d’Etat à une Fonction publique décentralisée. Cela comporte de réelles menaces pour leurs situation (salaires, conditions de travail, ..). Certains ont commencé à s’en inquiéter et cherchent à se mobiliser. D'autres catégories, du privé, des emplois dits assistés, des “précaires” en tous genres, des travailleurs vivant en partie du RMI., etc. auront aussi à se défendre.
Lorsqu’on parle de “décentralisation” avec ou sans assemblée unique, cela signifie un désengagement financier de l’Etat. Cela veut dire qu’avec des budgets décentralisés mais aussi diminués, les assemblées locales, unifiées ou non, vont gérer la pénurie. Or nous sommes déjà en situation de recul dans les hôpitaux, dans l’Education nationale, dans les universités. Ce sont tous les services publics qui seront attaqués, car les emplois y seront réduits, les investissements techniques ou en construction y seront en diminution, les conditions de travail vont se dégrader, les services rendus à la population seront dégradés.
Derrière cette décentralisation, il y a en fait de vrais attaques contre la situation des travailleurs, pas seulement du secteur public, mais de toute la population laborieuse.
Et c’est cela qu’il faut voir , comprendre et combattre dans l’affaire de la décentralisation; pas de choisir entre deux assemblées ou une assemblée unique. Nous n’avons rien à faire d’un tel choix. Ce n’est pas notre affaire. Les attaques contre notre situation qui vont découler de cette décentralisation oui, c’est notre affaire! Les taxes locales nouvelles, leur argumentation incessante par l’assemblée unique pour boucler son budget, oui cela va nous concerner. Mais contre cela , ce n’est pas un vote pour ou contre l’assemblée unique qui nous en protégera, mais bien notre capacité à nous mobiliser, à nous battre pour faire reculer les mesures défavorables ou scélérates contre la population laborieuse. C’est essentiellement cela qui doit nous préoccuper.
Les actuels aménagements et réaménagements internes des structures administratives ou politiques de l’Etat des patrons, nous travailleurs n’avons pas à nous prononcer dessus et à plus forte raison à y prêter la main, sauf pour y combattre ce qui se fera contre nous.



IRAK: une résistance qui a surpris les agresseurs impérialistes

Depuis plus d’une semaine Bagdad et un certain nombre de grandes villes sont écrasés sous les bombes et les missiles. Personne n’est épargné, même les quartiers résidentiels sont visés. La population subit jours et nuits les bombardements, beaucoup de gens sont grièvement blessés quand ils ne sont pas tués.
Beaucoup de gens sont privés de nourriture, d’eau, de soins médicaux. Cette guerre, est une guerre ignoble que mène l’impérialisme américain contre un pays pauvre pour faire payer les attentats du 11 septembre ( guerre contre le terrorisme ! dit-il !) et pour assurer aux trusts américains le contrôle du pétrole irakien.
Leur intervention pour soi-disant rétablir la démocratie en Irak n’a trompé personne, à commencer par le peuple irakien, qui malgré son désir de se débarrasser de Saddam Hussein, n’a pas accueilli l’envahisseur américain les bras ouverts comme celui-ci l’escomptait.
A la grande surprise des stratèges américains, une grande partie des irakiens ne considère pas les soldats de la coalition comme des «libérateurs», mais comme des envahisseurs venus avec morgue et arrogance imposer leur loi. Une grande partie du peuple irakien s’est mobilisée donc et résiste aux envahisseurs, aujourd’hui bloqués aux portes de Bagdad qu’ils bombardent avec rage.
Saddam Hussein est un dictateur féroce, mais contrairement à l’effet espéré par le gouvernement américain, son agression a créé un réflexe nationaliste et une résistance qui donne bien du mal à l’armée de la coalition malgré sa supériorité militaire écrasante.
Mais même si - comme c’est probable - l’armée américano-britannique parvient à écraser les soldats irakiens, elle n’aura jamais de paix tant que les agresseurs resteront en Irak. Même avec le soutien d’un gouvernement fantoche irakien, arrivé dans les bagages de l’agresseur impérialiste.



NON à la guerre en Irak!
Le collectif guadeloupéen contre la guerre en Irak appelle à intensifier la mobilisation

Deux semaines après le début de l’agression impérialiste, menée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, contre l’Irak, leurs soldats ne sont toujours pas accueillis en libérateurs!
Les agresseurs de l’Irak prétendaient renverser Saddam Hussein par une guerre éclair. Aujourd’hui, c’est le contraire qui s’est produit : l’agression militaire a renforcé le régime du dictateur au sein du peuple irakien et développé le terrorisme. Le peuple solidaire oppose une résistance acharnée et farouche à l’envahisseur.

La ville de Bagdad est la cible permanente d’un déluge de bombes meurtrières pour la population civile. Les prétendus missiles “intelligents” ont déjà causé la mort de nombreuses victimes innocentes et les tirs "amis" ridiculisent l’armée de l’agresseur en causant des morts parmi leurs propres troupes.

Nous membres du Collectif contre la guerre en Irak
-1 Saluons le courage et la détermination du peuple irakien à ne pas plier devant l’agression;
-2 Appelons le peuple de Guadeloupe, ses élus, ses organisations politiques, syndicales et autres, toutes les instances élues à exiger le retrait immédiat et sans condition des troupes de la coalition des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne;
-3 Dénonçons l’autorisation du gouvernement français de survoler son espace aérien.

Appelons toutes et tous, jeunes, moins jeunes, travailleurs, chômeurs, djobeurs et tous ceux que révolte l’injuste agression militaire contre le peuple irakien à intensifier les manifestations à l’appel du Collectif!

Calendrier des manifestations:

MEETING Samedi 05 avril à 10H00 au marché de Basse-Terre (Front de mer)

Vendredi 11 avril à 20H00 place de la victoire Soirée de protestation contre l’invasion de l’Irak

Samedi 26 avril à 10H00 place de la mairie de Pointe-à-Pitre Manifestation de protestation

Age 2000 - ATTAC Guadeloupe - Amnesty International - CFDT/ONF CGTG - COMBAT OUVRIER - CTU - FSU - KLNG - MOUVMAN NONM CGSM Abu-Jamal - PCG - SPEG - UGTG - UPLG - Les Verts Comité des lycéens de Baimbridge contre la guerre FAPEG Amédée Fengarol - Groupement d’Initiative Citoyenne



MARTINIQUE
LE DRAME DE L'HOPITAL COLSON: NEGLIGENCE ET DYSFONTIONNEMENTS

Une infirmière du CHS de Colson a été poignardée par un malade. Celui ci avait été ramené dans l'hôpital car il ne venait pas prendre ses médicaments. Médicalement, on avait jugé son comportement dangereux. Il n'avait pas été fouillé et il avait gardé en poche un couteau.
C'est bien une série d'inconséquences, de dysfonctionnements qui ont conduit au drame qui a coûté la vie à cette infirmière. Cette travailleuse est morte au moment où elle s'apprêtait à partir à la retraite.
Une fois de plus, cet événement met en évidence l' insuffisance de personnel chargé de l' accueil dans un établissement où ce problème est essentiel.




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