COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 5 avril 2003      N° 879
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Guadeloupe
Générale des eaux. Les travailleurs en grève!

Depuis le 17 mars les travailleurs de la Générale des eaux- Guadeloupe, ex Sogéa, affiliés à la CGTG sont en grève. Leur cahier de revendication comporte 13 points, dont les heures supplémentaires, la fiche de paye, et la sortie de la leur caisse des congés payés de la caisse régionale des congés payés du bâtiment et des travaux publics ( BTP). Depuis le 8 novembre ces travailleurs ont déposé un préavis de grève, sans cesser le travail. Le Directeur Dutertre a refusé de négocier.
Ils n’ont pas eu d’autre choix que de se mettre en grève pour se faire entendre. Ce n’est qu’à partir de ce moment là que direction s’est penchée sur leurs revendications. Dés le 20, elle a reconnu avoir trop retenu sur les salaires de l’année 2002, et s’est engagée à refaire les fiches de paye et à accorder 130 euros d’indemnité à chaque salarié en plus des rappels.
Pour les autres points la direction campe sur ses positions. Les agents estiment que la direction ne paye pas leurs heures supplémentaires. Elle fait passer ces heures en récupération RTT (récupération sur la réduction du temps de travail). De plus ils demandent la sortie de leur caisse des congés payés de celle du BTP. Ils n’ont aucun contrôle sur elle et cette caisse ne leur verse pas toutes les prestations auxquelles ils ont droit. De plus, partout en France et même en Martinique c’est la société elle-même qui gère la caisse des congés payés des agents de la générale des eaux. Le seul argument du directeur : la sortie de la caisse de celle du BTP occasionnera trop de frais. Réponse typique de patron. La vie du travailleur n’est pas importante, seuls comptent les bénéfices réalisés par la société sur le dos des travailleurs.
Les agents en lutte n’ont pas l’intention de céder. Ils sont déterminés à se faire respecter par ce directeur, dont le seul but est de réaliser le maximum de profit pour renflouer les caisses de Vivendi.



Martinique
Manifestation du BTP mais... Les intérêts des ouvriers du bâtiment sont opposés à ceux des patrons!

La crise dans le bâtiment n’a pas fini de faire couler de l’encre. Plus de 1500 ouvriers risquent de se retrouver sur le pavé à cause de la situation instable dans ce secteur.
En effet, depuis quelques mois le BTP rencontre de sérieuses difficultés liées semble t-il au manque de commandes publiques.
Ainsi le jeudi 27 mars le BTP était dans la rue à l’initiative la CGTM - FSM avec en tête de manifestation Luc Bernabé, le secrétaire général. Mais le fait le plus surprenant c’est que des patrons, artisans et ouvriers, c’est à dire des exploiteurs et des exploités se sont retrouvés ensemble pour réclamer la relance de la commande publique. Ils ont ainsi fait une opération escargot sur l’autoroute, convoi parti de places d’armes au Lamentin pour atterrir à la Région et au Conseil Général.
Arrivée au Conseil Régional, une délégation a été reçue par le président Alfred Marie-Jeanne. Ce dernier s’est expliqué sur les ondes : «pour 2003, c’est près de 400 millions de francs qui ont été prévus sachant que 22 appels d’offres ont été faits dans le courant de l’année», mais pour rajouter que «le Conseil général et les 33 communes ont aussi leur mot à dire». La balle étant dans le camp du Conseil général. La délégation des entrepreneurs et ouvriers s’est donc ensuite rendue au Conseil Général. Le président de cette assemblée Claude Lise a lui aussi reçu la délégation et a dit son mot sur les ondes : «  nous avons déjà fait des efforts budgétaires : plus de 23 % d’une année sur l’autre. J’ai pris aussi des mesures pour simplifier en interne les procédures ». Comme de bons notables, chaque président y a été de son petit couplet.
Bref, aucun d’eux n’a dit clairement dans quels délais les commandes publiques sur les projets en cours seront lancées. De quel montant seront ces commandes ? Aucune transparence dans la gestion des fonds publics ne permet aux travailleurs de savoir où va l’argent public? Ou va l’argent de l’Europe ? Comment est -il distribué aux entreprises ? Comment celles – ci l’utilisent ? Quels sont les bénéfices faits par certaines?
Y a-t-il vraiment une volonté de la part des responsables politiques de mettre en place un plan d’aménagement du territoire, des infrastructures. Est-ce que ces gens-là demandent d’abord à la population son avis avant tous travaux, aussi bien pour la construction de lycées, d’écoles, de routes ou d’urbanismes?
Ce sont aussi des questions qu’il faut se poser, si les travailleurs veulent avoir un véritable contrôle sur ceux qui les dirigent. Aujourd’hui, ces mêmes hommes politiques lancent de la poudre aux yeux de la population, faisant croire qu’ils pourront mieux gérer une Martinique plus autonome. Alors il est temps d’exiger d’eux des comptes précis.
Si les ouvriers ont eu raison de manifester leur mécontentement auprès des responsables locaux, ils ont intérêt à se méfier de ceux qui aujourd’hui manifestent dans la rue avec eux, c’est à dire leurs propres exploiteurs. Car une fois que ces gens-là auront reçu les commandes publiques et subventions de l’Etat et que leurs chantiers vont redémarrer, ce seront ces mêmes patrons qui menaceront de licenciements ceux d’entre eux qui feront grève ou qui manifesteront dans la rue pour des embauches supplémentaires ou pour des augmentations de salaire. Et les travailleurs auraient intérêt dés maintenant à demander quelques comptes aux dirigeants syndicaux qui tentent de lier leurs intérêts à ceux des patrons. Car à tout moment les travailleurs ont toujours intérêt à préserver leur indépendance et leurs intérêts de classe par rapport aux patrons.



Martinique
Habitation "Grands Fonds": les ouvriers agricoles refusent l'aggravation de leurs conditions de travail

Le Mardi 18 mars dernier, les ouvriers agricoles de l’habitation Grand Fond au François ont arrêté le travail.
A l’origine du mouvement, un des patrons de la société vient de manière unilatérale imposer une nouvelle organisation du travail qu’il a mise en place sur une autre habitation : l’habitation "Petit Fond".
Les salariés de Grand Fond lui font comprendre que ces modifications sont contraires à la convention collective et que les négociations de branche montrent que tous les syndicats et les salariés sont opposés à ce nouveau mode de travail. Ils lui disent aussi qu’il s’agit d’un mode de travail néfaste à la santé des travailleurs et que là où il existe, il est avéré que ce système n’est pas meilleur.
Au contraire, il y a l’exemple de Petit Fond où les « charroyeurs » de banane ne restent pas plus de trois mois. Les autres ouvriers quittent l’habitation au bout de 6 mois. Les heures supplémentaires ne sont pas payées. Les salaires des ouvriers sont inférieurs au SMIC car ils sont à temps partiel. Voilà le système que les ouvriers de Grand Fond refusent. Les vrais propriétaires vont rapidement se faire connaître pour dire que sur 45 ha seuls 15 ha sont exploitables, que le matériel, chariot compris est en mauvais état et dangereux. Donc selon eux, pour reprendre l’exploitation une nouvelle organisation de travail est nécessaire, accompagnée de 9 licenciements.
Mais ces mêmes propriétaires étaient associés à l’ancienne gestion et sont responsables de la dégradation de l’exploitation.
Au cours des négociations qui ont eu lieu, les patrons ont dit que la convention collective était dépassée et qu’ils avaient le droit de modifier comme ils l’entendaient les conditions de travail et aussi souvent qu’ils le voulaient.
Ce discours est tenu par un groupe de planteurs de la région du François qui apportent leur soutien aux propriétaires de Grand Fond.
Les ouvriers, et les représentants syndicaux CGTM ont pu montrer en présence de l’inspection du travail, que ces patrons cherchaient à imposer une aggravation de leurs conditions de travail. C’est cela qu’ont aussi compris les habitants de ce quartier du François qui apportent un soutien matériel et moral aux grévistes.Plusieurs autres salariés des habitations voisines sont aussi solidaires car ils subissent le même sort.
Les salariés veulent revenir à leur mode de travail habituel, et refusent les licenciements. Ils ont fait certaines propositions, mais se sont les patrons qui campent sur leurs positions et ne veulent rien entendre. Ils espéraient imposer leur volonté sans consulter les salariés et leurs délégués, mais les ouvriers ne se sont pas laissé faire et ils entendent entraîner tous les autres travailleurs du secteur.



ABYMES
LA GRÈVE À SOTASBAG CONTRE UNE DIRECTION RÉPRESSIVE

Non seulement le mouvement de grève entrepris par les travailleurs de la SOTASBAG syndiqués à l’UGTG continue, mais la situation s’est nettement dégradée.
On s’en souvient, la direction de l’entreprise avait licencié, au mois de janvier dernier, un travailleur sous prétexte qu’il était surpris sur le chantier sans casque. Après sa lettre de licenciement dont il contestait la véracité, ce travailleur s’était rendu dans l’entreprise où il avait été bousculé et frappé par un responsable. Devant cette agression, ses camarades étaient entrés en grève pour le soutenir.
En représailles contre cette solidarité des travailleurs, la direction a licencié les 5 travailleurs pour leur grève de soutien à leur camarade. Cette direction a avancé comme motif de licenciement : participation illicite à la grève. L’affaire suit son cours et le piquet de grève est toujours sur place.



Guadeloupe
LA GRÈVE DES OUVRIERS DE MONTEBELLO; LE PATRON SE TROMPE D’ÉPOQUE…

Grève des ouvriers de la distillerie ! le béké, entièrement d ’époque n’en croit pas ses oreilles. On se serait cru vraiment au début du siècle. "Ses" ouvriers à lui, qui osent revendiquer, qui parlent de leurs droits ! Ce monsieur ne s’est pas gêné pour le dire devant la presse et se faire entendre au journal télévisé. Pour lui, les ouvriers de Montebello n’ont rien à dire. C’est lui qui les a embauchés. Il les a même fait passer «à temps plein», «  ces gens là ». Comme si c’était une faveur, comme si le travail, les souffrances derrière la machine n’étaient pas là d’abord pour lui rapporter, à lui le patron, de substantiels bénéfices.
Evidemment ces temps bénis des « grands blancs", "grands békés » ou vulgaires « békillons » sont révolus. Et l’indignation publique du patron n’a pas calmé la détermination des grévistes. Ils réclamaient leur dû et ont obtenu satisfaction après une courte grève.



MARTINIQUE
EXTRAITS DU BULLETIN D’ENTREPRISE «L'ECHO DES HOPITAUX»

URGENCES : TOUJOURS LE MÊME
Jeudi 20/03, Ti Chabin « moi je », s'est permis de dire au personnel que c'est leur attitude vis à vis des malades et de leur famille," qui amène les agressions. " Pour lui c'est la faute des agents! Quel culot!
Evidemment, cela ne risque pas de lui arriver, car dès que le ton monte, on ne le voit pas!

INDIGNATION DU PERSONNEL
Au CHU de la Meynard, le personnel a tenu à manifester son indignation et sa colère devant la mort d’une de leurs collègues, victime de l'insuffisance des conditions de sécurité dans les établissements, Un rassemblement a eu lieu dans la matinée du mardi.



Guadeloupe
LE PATRONAT: DES GENS ASSISTÉS ET QUI PLEURNICHENT, N'EST-CE-PAS?

Le député Lurel, lors d’une intervention au parlement, a dénoncé les propos tenus par les ministres à propos des DOM. Girardin, ministre d’Outre mer et Devedjan se sont fait remarquer par de petites phrases du style : « Quand vous allez dans les DOM, il ne faut pas oublier d’apporter son chéquier » ou encore, « Ils sont comme des enfants gâtés qui pleurent la bouche pleine ». Nul doute que ces ministres parlent de leurs chouchous dans les DOM, les patrons de ACCOR et autres sociétés subventionnées grassement. Ce n’est pas étonnant qu’ils parlent ainsi des usiniers et autres gros propriétaires qu’ils couvrent de subventions, qu’ils dispensent d’impôt grâce à la loi de défiscalisation, qu’ils aident à rénover leurs hôtels. Ces capitalistes sont de véritables assistés. Ce sont eux les assistés. Evidemment les propos des ministres ne sont pas très flatteurs pour eux.




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