COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 5 avril 2003      N° 879
Sommaire > Page précédente > Accueil > Archives > e-mail 

Page 4

CONTRE LA POLITIQUE ANTI-SOCIALE DU GOUVERNEMENT RAFFARIN

Les centrales syndicales françaises s’apprêtent à organiser une manifestation, le 3 avril, contre la politique du gouvernement sur les retraites. La manifestation porte aussi sur les salaires et sur la défense du service public.
Nous publions ci-dessous l’éditorial de Arlette Laguiller paru dans le journal Lutte Ouvrière et diffusé dans les principales entreprises de France.

NE LES LAISSONS PAS FAIRE!

L'agression impérialiste contre l'Irak ne peut pas occulter la guerre sociale menée en France par le patronat et le gouvernement contre les salariés. Les licenciements collectifs se multiplient dans les grandes entreprises. Le nombre de chômeurs s'accroît de mois en mois. 10 % de chômeurs bientôt, 1 salarié sur 10, sans même parler de ceux, à peu près autant, qui n'ont qu'un emploi précaire mal payé et qui, tout en travaillant, vivent aussi mal que les chômeurs.
Attaque aussi contre les retraites. C'est la retraite des travailleurs du secteur public qui est dans la ligne de mire du gouvernement. Mais ne nous y trompons pas : si le gouvernement actuel parvient à imposer aux travailleurs du service public ce que Balladur avait imposé aux travailleurs du privé, 40 ans de cotisation au lieu de 37 ans et demi, le patronat exigera d'aller au-delà pour tous, jusqu'à 42 ans de cotisation, voire plus. Et le gouvernement fera comme le patronat lui demandera de faire.
L'attaque contre les services publics et leurs travailleurs nous concerne également tous. Lorsque le gouvernement proclame que c'est sur les "dépenses de l'Etat" qu'il faut faire des économies, ce n'est évidemment pas les aides et les subventions au patronat qu'il va réduire, ni le budget militaire. C'est au budget de la Santé et de l'Education nationale qu'il s'en prend. L'insuffisance des crédits et des effectifs crée déjà une situation catastrophique dans les hôpitaux, dans les maternités, dans les écoles des quartiers populaires. Ce sont les travailleurs, les chômeurs, les pauvres ou leurs enfants à qui on impose de payer la facture des subventions et des dégrèvements d'impôts et de cotisations sociales accordés au grand patronat.
Plusieurs confédérations syndicales et la majorité des syndicats du secteur public appellent pour le 3 avril à une journée de grèves et de manifestations sur les retraites, mais aussi sur "l'emploi, les salaires et la défense du secteur public". Cet appel est plein d'arrière-pensées de la part des dirigeants syndicaux qui, sur la question des retraites, reculent et acceptent par avance la politique gouvernementale. Même les confédérations qui revendiquaient l'annulation des mesures Balladur, le retour aux 37 ans et demi de cotisation pour tous, sur la base des 10 meilleures années, sont en train d'abandonner cette revendication au profit des négociations.
Mais sur cette question, il n'y a rien à négocier! Négocier, c'est cautionner le mensonge du gouvernement et du patronat qui osent prétendre que le système actuel des retraites par répartition va droit dans le mur si on n'augmente pas la durée ou le montant des cotisations tout en réduisant le montant des retraites. C'est un mensonge grossier car, avec l'augmentation incessante de la productivité, obtenue par une exploitation croissante des travailleurs, par l'aggravation des cadences et de l'intensité du travail, il y aurait largement de quoi payer des retraites convenables. L'unique objectif de la "réforme" gouvernementale est de voler un peu plus les travailleurs et les retraités pour accroître les profits patronaux.
Malgré les arrières-pensées des dirigeants syndicaux, il faut cependant que la manifestation soit la plus massive et la plus large possible. Une seule manifestation ne suffira pas mais, si la participation est nombreuse, cela contribuera à redonner confiance dans la lutte. Il faut montrer au patronat et au gouvernement que, s'ils s'en prennent aux intérêts vitaux des travailleurs, ils n'auront pas seulement affaire à des dirigeants syndicaux prêts à toutes les compromissions, mais à la réaction de l'ensemble des travailleurs.
Réagir aux attaques est une nécessité vitale. Si le ralentissement économique se poursuit, c'est aux travailleurs qu'ils essaieront d'en faire payer le prix en multipliant les licenciements, en abaissant les salaires, en augmentant les prélèvements, comme la CSG. Lorsque les profits étaient au sommet, seuls les actionnaires se sont enrichis. C'est à eux seuls, et pas aux travailleurs, de payer pour les aléas de leur économie.

Arlette Laguiller


CENTRAFRIQUE
Un dictateur militaire succède à un dictateur civil. Sur fond d'intérêts capitalistes français

Le 16 mars, profitant de l’absence pour cause de voyage du président Ange–Félix Patassé, le chef d’Etat major, le Général François Bozizé s’est emparé du pouvoir. Il a bénéficié du soutien du Tchad qui a envoyé 700 hommes et de la France qui lui fit parvenir une centaine de parachutistes sous couvert de maintien de l’ordre à Bangui la capitale du pays. En Afrique dans sa zone d’influence la France ne s’encombre pas de mandats de l’ONU pour intervenir.
Ce maintien de l’ordre a une drôle d’odeur de pétrole. Le Tchad s’apprête à exploiter une nappe de pétrole dans une zone proche de sa frontière avec le Centrafrique. Les capitalistes français y ont certainement de gros intérêts à défendre.
Patassé fut souvent menacé par des révoltes populaires et des rebellions militaires avant ce 16 mars. Le Tchad est intervenu pour mater la population et stabiliser le régime de son voisin. La France intervient pour préserver les intérêts de ses capitalistes, au moment ou de grands chantiers vont s’ouvrir dans la région. Et gageons que les gros capitalistes français du pétrole font tout pour que le gouvernement Raffarin-Chirac protège leurs intérêts et leurs profits colossaux.



BARBADE
Partout les mêmes injustices, partout le même ras-le-bol des précaires

Le 31 mars les contrats de 200 employés temporaires de l’hôpital Queen Elizabeth à Barbade sont arrivés à échéance. Ces travailleurs ont appris que rien ne pouvait être décidé pour eux compte tenu du changement de direction à l’hôpital. Le syndicat NUPW (National Union of Public Workers) de la fonction publique a appelé à une assemblée générale du personnel le 1er avril. Il appelle les titulaires à soutenir leurs collègues précaires jetés à la rue. Il affirme que le gouvernement de Barbade doit régler ce problème et rappeler ces collègues temporaires. Il conseille à ceux ci de ne pas se soucier d’un renvoi «verbal», aucun document sur leur non renouvellement n’ayant été écrit. Le 2 avril le NUPW a appelé à la grève à l’hôpital.
Déjà, la dernière semaine de mars, les douaniers de Barbade se sont mis en grève avec ce même syndicat contre la présence de caméras dans leurs services. Les opérations d’import export ont été bloquées. Apparemment les employés de la fonction publique en ont assez de la politique anti-ouvrière de leur gouvernement.



DOMINIQUE
Les fonctionnaires refusent les restrictions imposées par le FMI

Mercredi 25 mars les fonctionnaires sont descendus de nouveau dans la rue, malgré les menaces du gouvernement. Cette fois ils protestaient contre la suppression de 8 jours sur leur paie suite à la grève menée en février.
Il faut dire que la situation des 3200 fonctionnaires de la Dominique est grave. Le premier ministre de l’île a annoncé que son budget était grevé (à 60%, ce qui reste à vérifier) par la paie des fonctionnaires. Le Fonds monétaire international (FMI) veut réduire les recettes de ce pays sous développé. Le gouvernement n’a rien trouvé de mieux que d’annoncer des baisses de salaires et la suppression de certains acquis pour les fonctionnaires. Les embauches seront gelées.
C’est contre cela que des milliers de personnes, infirmières, enseignants etc. ont manifesté à plusieurs reprises dans les rues de Roseau. On a pu lire des pancartes du style « mourir brutalement à Bagdad ou lentement en Dominique ». Les pompiers de l’aéroport ont fait grève, entraînant des atterrissages sans sécurité ou l’annulation de vols.
Partout les gouvernants veulent faire des économies sur le dos des salariés. Partout aussi les travailleurs ont raison de se battre.



Guadeloupe
Le 22 mars, succès de la manifestation du collectif contre la guerre en Irak

Près de 500 personnes ont manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre, le samedi 22 mars contre la guerre en Irak. C’est le Collectif contre la guerre en Irak composé de plusieurs organisations politiques, syndicales et associations, qui avait appelé à cette manifestation. La première manifestation le samedi précédent n’avait rassemblé qu’un peu plus de 50 personnes. Celle du 22 mars a donc montré que la mobilisation se renforce. Une mobilisation a eu lieu le jeudi 21 mars devant la salle Rémy Nainssouta et a rassemblé près de 300 personnes. Cette mobilisation a été organisée suite aux premiers bombardements en Irak. Elle a été télévisée en direct par RFO.
La manifestation du samedi 22 mars s’est déroulée dans les rues de la ville de façon dynamique, bien reçue par de nombreuses personnes sur les trottoirs. Des prises de paroles ont été faites dans les carrefours pour dénoncer cette guerre meurtrière. Les slogans : «non à la busherie" !», «Chirac, Blair, assassins !»,    «Pas de sang pour le pétrole», ont été scandés sans relâche dans les rues. On pouvait remarquer la présence de nombreux jeunes et lycéens derrière une banderole du Collectif des lycéens contre la guerre en Irak. Ils avaient de nombreuses pancartes dénonçant la guerre et des images humoristiques contre Bush. Certains manifestants ont tenu à ce que le cortège s’arrête devant le Mc Donald’s de la rue Frébault, comme symbole de la présence du capitalisme américain ici. Cette halte a permis à certains manifestants d’exprimer leur mécontentement contre ces multinationales de la chaîne alimentaire qui font d’énormes profits en exploitant une main d’œuvre à bon marché composée de jeunes. L’incitation à la consommation locale, contre ces "Mac Do" qui importent leurs denrées, a été exprimée par certains manifestants.
La manifestation s’est terminée devant la mairie, où de nombreux représentants d’organisations ont pris la parole. Les manifestants visiblement satisfaits de cette action et se sont engagés à venir encore plus nombreux dans d’autres actions prévues par le Collectif.



Les lycéens de Baimbridge manifestent contre la guerre en Irak

De nombreux jeunes des différents lycées de Baimbridge, ceux du Moderne, du Technique, du Jardin d’Essai, ont commencé à prendre conscience qu’il faut s’opposer à la guerre en Irak. Des actions se sont succédées durant trois jours.
Jeudi 20 mars: dés l’annonce des premiers bombardements, les lycéens du lycée moderne se sont mobilisés. Ils ont arrêté les cours et se sont rassemblés dans l’enceinte de l’établissement pour décider d’une action. Les lycéens les plus déterminés ont fait des prises de paroles pour sensibiliser leurs camarades. Un Collectif des lycéens contre la guerre en Irak a été créé.
Vendredi 21: les membres du Collectif ont diffusé massivement des tracts dans les trois lycées appelant à réagir contre ces massacres qui touchent le peuple irakien. Une agitation a de nouveau eu lieu au lycée moderne. Prés de 200 lycéens ont décidé d’agir et de manifester. Ils ont défilé dans les rues de Pointe-à-Pitre après avoir tenté de mobiliser les autres lycées. Les lycéens de Carnot massés derrière les grilles de l’établissement fermées, ont accueilli ceux de Baimbridge en exprimant leur soutien par des applaudissements et des slogans. La manifestation s’est poursuivie dans les rues de la ville, accueillie chaleureusement par la population, les commerçants et des touristes américains. Certains de ces touristes ont applaudi les slogans contre Bush et ont filmé. La manifestation s’est achevée sur la place de la Victoire où des lycéens ont pris la parole ainsi que des membres du Collectif contre la guerre en Irak qui ont participé à cette action et soutenu les jeunes.
Samedi 22: Des lycéens de Baimbridge ainsi que des lycéens de Petit-Bourg ont participé à la manifestation organisée par le Collectif contre la guerre en Irak qui regroupe plusieurs organisations politiques, syndicales, et des associations. Le Collectif des lycéens a adhéré à ce Collectif.
Les lycéens de Baimbridge n’ont pas l’intention d’en rester là et préparent de nouvelles actions de protestation. Notamment ils doivent organiser dans la salle polyvalente du lycée une réunion d’information en y invitant les élèves de Baimbridge et des autres lycéens ainsi que des membres du collectif dont ils font partie.




Sommaire > Page précédente > Accueil > Archives > e-mail 

Copyright © 2001-2002 Combat Ouvrier - Tous droits révervés aux militants.
 

Valid XHTML 1.0!