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L'intégration indienne et la lutte d'Henry Sidambarom
On approche de la date des manifestations commémoratives du 150 ème anniversaire de l’arrivée des Indiens (Hindous) en Martinique et en Guadeloupe. Nous poursuivons la chronique sur cette immigration et sur la communauté indienne en Martinique, en Guadeloupe et dans la Caraïbe
L’intégration des Indiens dans la société post esclavagiste ne s’est pas faite sans difficultés. Il y a toujours eu chez les Indiens une forte volonté d’intégration. Des indices sont là pour en témoigner.
Par exemple, certains d’entre eux ont amputé volontairement leur nom de la partie qui, pour eux, marquait sa consonance indienne (ex. Moutoussamy devient Moutou ou Samy). Il y en a même qui ont carrément changé de nom. Ces exemples peuvent apparaître aujourd’hui comme un rejet de leurs origines, particulièrement au courant de pensée actuel tendant à mettre en avant la fierté des origines indiennes, le retour aux coutumes et trraditions venant de l’Inde, courant teinté d’un certain nationalisme culturel.
Mais à l’époque cette aspiration à l’intégration s’expliquait par la volonté de sortir de l’état de citoyen de deuxième ou troisième catégorie. C’était une aspiration à des changements matériels, mais c’était aussi un véritable combat pour la dignité. Il fallait être reconnus au sein de la communauté guadeloupéenne, au moins au même titre que les Noirs, qui eux-mêmes avaient à se battre contre les Blancs et les Mulâtres.
Réclamer cette intégration n’était donc pas une revendication exagérée ou impossible. Mais c’en était déjà trop pour le pouvoir colonial. Et les Indiens durent réellement s’acharner pour obtenir les droits élémentaires de citoyens.
Une des causes qui facilita l’intégration est le fait que dès le début de leur arrivée dans les îles, les hommes indiens, beaucoup plus nombreux que les femmes indiennes, ont vite formé avec les Noires, d’origine africaine, des couples mixtes.
Un homme, Henry Sidambarom, se distingua dans cette lutte pour faire reconnaître les droits élémentaires de citoyen des immigrants indiens qui restèrent vivre en Guadeloupe.
La bataille juridique de HENRY SIDAMBAROM
Le combat mené Henry Sidambarom pour l’intégration officielle des Indiens dans la société post esclavagiste, la société coloniale a été un facteur qui a favorisé cette intégration. Il devenait le porte-parole, le visage et la voix des Indiens, au moins dans ce domaine de la reconnaissance de leurs droits le plus élémentaires.
Henry Sidambarom, d’origine indienne, est né à Capesterre Belle Eau. Autodidacte, négociant à Pointe-à-Pitre, il fut conseiller municipal de cette ville et juge de paix à Capesterre B.E.
Cet homme a mené pendant deux ans particulièrement (1904 à1906) un combat acharné contre l’Administration coloniale, contre la justice coloniale en Guadeloupe et le gouvernement colonialiste français de l’époque. Il voulait obtenir les droits électoraux et les obligations du service militaire pour les fils d’Indiens nés à la Guadeloupe de la première génération. Ce qui en ferait automatiquement des citoyens français. Cette bataille juridique qui a duré deux ans montre le degré d’hypocrisie du colonialisme français de l’époque. Car en plus des nombreux procès en instance, en appel et à la cour de cassation, Henry Sidambarom a écrit, à tout ce beau monde et au gouverneur de la colonie, qui ont toujours donné une réponse négative à sa demande. Des ministres du Gouvernement colonialiste français, notamment le ministre des colonies ont fait la sourde oreille. Sidambarom utilisa aussi des journaux de l’époque notamment le journal « La Vérité » pour y exprimer son combat.
Les contradictions des règles discriminatoires appliquées aux Indiens faisaient que Sidambarom, lui-même, a pu être élu à Pointe à Pitre mais ne pouvait pas voter à Capesterre.
Les députés de la Guadeloupe, Gerville-Réache, et Gratien Candace (premier Noir devenu ministre en France mais aussi serviteur du colonialisme), le sénateur A. Cicéron ont aidé Henry Sidambarom par leurs interventions directes auprès du pouvoir colonial en France.
Finalement le pouvoir colonial céda, n’ayant finalement rien à perdre dans l’intégration de quelques milliers d’immigrants qui de toute façon ne retourneraient plus en Inde.
Sidambarom a donc remporté la partie mais il faut remarquer qu’il n’a jamais fait appel aux jeunes indiens, ni mobilisé la population indienne ou son alliée noire. Car en dépit d’une division ethnique et, parfois, raciste entre Noirs et Indiens, entretenue par le pouvoir colonial « pour mieux régner» sur tous, beaucoup de Noirs désapprouvaient cette injustice coloniale. D’autant que la communauté noire, bien que majoritaire et bénéficiant à l’époque de plus de droits que les Indiens, connaissait aussi l’extrême rigueur du joug colonial post esclavagiste.
Soutien à Paul Marguerite: Menacée d'expulsion et destruction de maison!
Le dimanche 5 avril, un groupe de 65 personnes se sont rassemblées autour de la maison de Paul Marguerite à Moulin à Eau à Capesterre. Elles ont répondu à l’invitation de cette militante connue pour les luttes qu’elle a menées dans les plantations de banane. Cette mobilisation a regroupé de nombreux ouvriers de la banane parmi lesquels de vieux travailleurs syndicalistes qui ont milité avec Paul Christophe (décédé) le frère de Paul Marguerite. Il y avait également des jeunes, des militants politiques et des représentants d’associations. Les participants en majorité d’un milieu populaire ont exprimé leur soutien à Paul Marguerite. Cette dernière et les responsables de son comité de défense ont fait le point sur la situation juridique. Le tribunal s’est prononcé pour l’expulsion et la destruction de la maison de Paul Marguerite qui a fait appel. En attendant une nouvelle décision de justice, le Comité de soutien a décidé de maintenir la pression. Des contacts ont été pris avec l’ONF qui se dit être propriétaire des lieux. Les participants ont décidé d’interpeller le maire de Capesterre.
Une minute de silence a été observée à la mémoire de Paul Christophe. Max Céleste, un responsable de Combat Ouvrier, a évoqué la combativité et la formation politique de cet ouvrier de la banane qui s’est battu jusqu’à sa mort pour défendre les exploités, les pauvres. Il a également été un militant de Combat Ouvrier. Il y a plus de vingt ans, c’est lui qui a occupé ce terrain où il a construit sa maison et aménagé un jardin créole. C’est sa sœur qui vit aujourd’hui dans la maison qu’elle a continué à aménager avec de maigres ressources. Les lieux sont aujourd’hui fréquentés par des touristes qui viennent visiter un cimetière des esclaves découvert par Paul Christophe. Une minute de silence a également été observée à la mémoire de Patrick Gustave récemment décédé, un responsable en agriculture qui a mis ses connaissances au service des ouvriers agricoles et qui a milité en leur faveur aux côtés de Paul Marguerite.
Cette journée de mobilisation s’est clôturée par un repas fraternel offert par Marguerite. Une collecte de soutien a rassemblé 253 euros ce qui n’est pas de trop face aux dépenses engagées par le comité pour des frais de procédure.
Guadeloupe
Écho des plantations
NOUVELLES MENACES CONTRE LES EMPLOIS
La plantation SOBANA à Goyave (La Rose) vient de changer de propriétaire. H. Damoiseau l’aurait vendue à un certain Virginie qui ne serait selon certains qu’un prête-nom. En fait cela fait quelque temps que H. Damoiseau avait besoin de se débarrasser de cette plantation après avoir liquidé celle de St François. Il estime probablement qu’il est plus intéressant pour lui d’investir son argent dans d’autres secteurs. Il ne faudrait pas s’étonner d’entendre un de ces jours que H. Damoiseau a investi de l’argent dans l’hôtellerie comme l’ont fait les actionnaires d’Agrisol.
Une chose est sûre, c’est que les camarades de La Rose, au nombre d’une quinzaine, sont sur leurs gardes et sont prêts à se battre contre tous les mauvais coups.
SCA-BLONDINIERE: ATTENTION DANGER!
Selon des rumeurs insistantes, la plantation serait sur le point d’être vendue. Plusieurs noms d’acquéreurs circulent. Mais le plus grave c’est que la plantation serait achetée pour être ensuite lotie pour la construction.
Il n’y aurait rien de surprenant à cela. Le groupe Agrisol, rappelons-le, a vendu à la Région le reste des terres de Moulin à Eau, puis la plantation de Carangaise qui sera bientôt lotie. Ces gens-là, après s’être rempli les poches d’aides et de subventions de toutes sortes pour soi-disant sauver la banane, vont maintenant voir ailleurs avec l’argent reçu.
Changement de statut: article 73 ou 74?
Quelle voie pour les travailleurs et les pauvres?
Il semble qu’après la Martinique, le «Congrès» de Guadeloupe sera réuni au début de mai. On croyait morte et enterrée cette institution datant de la Loi d’orientation, unifiant les deux assemblées locales périodiquement pour discuter et décider du statut politique.
Comme on sait que les deux majorités des deux assemblées ont opté pour l’application de la décentralisation, version article 73 de la Constitution, il est probable que la prochaine réunion du Congrès de Guadeloupe, à la différence de la Martinique ne fera qu’entériner l’option déjà annoncée des deux majorités de droite et de gauche.
La version article 73 qui permet certes de créer une assemblée unique ne comporte pas de différences notables avec ce qui se passe déjà dans les deux assemblées. La capacité de faire des lois, de modifier celles qui sont prise à 7000 km, à Paris, sera des plus réduites.
Les élus locaux dans leur majorité ont joué la carte du conservatisme et de la «sécurité». Pas d’ouverture à la moindre tentation pour une autonomie et encore moins une indépendance du territoire! Mais du coup, rien ne changera vraiment, pour autant que quelque chose puisse ainsi changer par le haut.
Nos élus sont soumis et contents de l’être. Leur «papa blanc» s’occupe de tout à Paris et dans l’Europe. La «Docup»(l’argent de l’Europe !) arrive toute ficelée ici, les budgets sont déjà prévus, découpés de façon à permettre aux gros groupes capitalistes du Bâtiment, des travaux publics et consort de rapatrier vers la France ou l’Europe, l’essentiel de l’argent distribué et dépensé sur place et vogue la galère!
C’est ce qui fait, par exemple, qu’après plus de trente ans de débats et études divers, on n’a toujours pas réalisé les travaux d’irrigation et de retenues d’eau et que de sécheresse de la partie Grande-Terre on est passé à un vrai problème de pénurie d’eau pour tout le territoire!
Ce sont les chefs de services qui se succèdent à la tête de la direction de l’ONF (forêts) ou de l’agriculture (DAF), de l’équipement (DDE), etc…qui étudient, discutent et puis s’en vont, remplacés par d’autres qui étudieront, discuteront et s’en iront…Ainsi de suite!
Avec la décentralisation à la mode 73 rien de tout cela ne sera bouleversé.
Alors, des syndicats, des partis politiques plus proches des travailleurs remettent leur espoir dans l’autre possibilité offerte par la Constitution , l’article 74, qui permet d’accéder à un statut proche de l’autonomie qui permette de faire des lois, de décider sur place sans la tutelle de Paris, dans bien des domaines touchant à la vie quotidienne, à l’utilisation de l’argent public, à l’aménagement du territoire, etc.
Donc,on peut dire que la différence avec l’article 73 existe. Mais dire que le seul fait de choisir l’article 74 plutôt que l’article 73 suffira à entraîner un réel changement pour la population c’est créer des illusions.
Remarquons que le gouvernement ne favorisera pas le choix de ce type de statut, sauf s’il y est obligé. Les notables locaux les plus conservateurs, et c’est la majorité d’entre eux, y sont encore plus opposés. Cela signifie que c’est uniquement une mobilisation populaire importante qui pourra balayer ces oppositions.
Mais pourquoi les classes populaires, les travailleurs, les pauvres se mobiliseraient-ils pour un tel choix si rien ne leur indique que ce n’est pas seulement la forme du pouvoir local qui va changer mais également son contenu et la façon dont ce pouvoir sera exercé?
Ce qui va mobiliser les masses pauvres et laborieuses, c’est l’idée que ce pouvoir local pourra prendre des décisions immédiates concernant leur sort. Telles le blocage des subventions grosses ou petites et l‘utilisation de ces fonds publics, sous contrôle de la population, pour des travaux utiles et permettant de créer immédiatement des emplois. Telles le contrôle de l’utilisation des fonds donnés à toutes sortes de société de constructions et de travaux publics dont on ne sait jamais très bien ce qu’elles reçoivent et ce qu’elles font de l’argent.
C’est aussi la prise immédiate de mesures favorisant une nouvelle répartition des terres au profit des agriculteurs produisant pour nourrir la population locale au lieu d’enrichir des importateurs et exportateurs. Et si exportation il y a, qu’elle soit placée sous le contrôle des travailleurs des entreprises agricoles. De même que les importations devront être placées sous le contrôle des travailleurs pour qu’elles obéïssent aux besoins de la population et non à ceux des grandes chaînes de super-marchés et du lobby des gros importateurs.
La création d’un pouvoir local ne se fera au bénéfice des travailleurs et de la majorité de la population que si celle-ci se sent concernée et constate un réel engagement des partis et organisations qui le réclament sur les problèmes et revendications qui les concernent : salaires, création d’emplois, contrôle de l’argent public, développement des services publics, etc...
Alors là, parler de l’autonomie, de pouvoir législatif local, d’un statut issu de l’article 74 n’aura le sens d’un véritable changement que grace à la mobilisation des couches laborieuses et pauvres. Mais pas s’il se limite à un hypothétique transfert administratif d’une partie du pouvoir de l’Etat central à des notables plus ou moins autonomistes ou nationalistes. Car dans ce cas, tout comme pour l’application de l’article 73, ce pouvoir sera aux ordres des possédants locaux ou extérieurs.
La fête de Combat Ouvrier LA FÊTE DE COMBAT OUVRIER
DIMANCHE 11 MAI 2003-05-04
La fête se déroulera sur le site champêtre et agréable du «PAKO», à Baie-Mahault ( route du Lamentin). Une carte d’entrée spéciale vendue par nos militants sera exigée à l’entrée.
PROGRAMME
12 h: Ouverture de la fête. Contact. Apéritif.
12H/30: Repas. Il sera animé par un ou plusieurs musiciens.
Menu:
Hors d’œuvre varié
Ragoût de cabri. Riz, haricots rouges.
Dessert : melon
Vin
15H: allocutions
16H/30: Bal titane
20H: clôture de la fête
Tout au long de la fête vous pourrez:
-Consulter nos panneaux sur l’activité de nos camarades dans les entreprises, sur nos positions politiques.
-Vous entretenir avec nos camarades sur la politique, la vie, l’activité de Combat-Ouvrier
-Visiter les stands des autres organisations politiques ou associations qui auront honoré notre invitation.
-Acheter, consulter, livres, brochures et documents à la librairie de la fête.
-Prendre une collation, un café au stand réservé à cet effet.
-Commander des boissons au bar
-Participer à des débats ou discussions sur les grands sujets d’actualité (changement de statut, Irak)
-Participation aux frais: 17 euros. 8.50 eus pour les enfants de moins de 12 ans
-Cette participation comprend l’apéritif, le repas et toute l’animation de la fête à l’exception des collations, du café, du bar et du champagne.
VENEZ NOMBREUX!
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