| Sommaire > Page
précédente > Accueil > Archives > e-mail
Page 4
Irak
Les américains tentent d'organiser l'après Saddam
Lundi 29 s’est tenu sous l’égide des occupants américains et anglais,
une deuxième réunion d’ex-opposants, de notables et de chefs de tribus ayant
pour but d’organiser le futur Etat irakien. Jay Gardner l’envoyé de Bush, a
obtenu un timide soutien et la promesse de la tenue prochaine d’une assemblée pour
déterminer comment diriger l’Irak. Mais la récente actualité a
montré à quel point ces manœuvres orchestrées par les
représentants de l’impérialisme US en Irak sont dérisoires. Quelques
heures après la tenue de cette réunion, des soldats américains ont tiré
sur une foule qui manifestait contre la présence américaine dans le pays, faisant des
dizaines de blessés et de morts. Chaque incident grave de ce genre creusera toujours plus le
fossé de haine contre les occupants.
Dans de telles conditions, la normalisation américaine aura du mal à passer,
même avec l’aide de certains notables du régime déchu.
Il faut dire que tous les participants sont candidats à la succession de
l’ex-dictateur alors qu’ils n’ont aucun soutien populaire. A part les chefs de
tribus qui ont été sous Saddam des relais du pouvoir, les autres doivent leur
actuelle importance, et donc leur hypothétique nomination, aux autorités
américaines. Ils doivent tous faire allégeance aux occupants américains et
devront leur démontrer qu’ils sont les plus aptes -selon les critères des
impérialistes américains -à occuper les responsabilités.
Les religieux chiites, eux, jouent leurs cartes autrement. Dignitaires religieux de la
majorité la plus importante du pays, 60% de la population, ils veulent en
général un état islamique à l’instar de l’Iran. Les mollahs
occupent toutes les parcelles de pouvoir laissé libres par la chute de la dictature,
interviennent dans des questions économiques, distribuent de l’argent, etc. Ils
manifestent dans la rue pour demander le départ des occupants. Ces agissements
inquiètent les USA qui ont menacé l’Iran en l’accusant d’envoyer en
Irak des militants chiites pour préparer la prise du pouvoir des chiites irakiens.
Au nord, on apprend que l’armée turque infiltre la communauté turque qui
s’oppose aux Kurdes. Les Américains accusent la Turquie d’exacerber ce
différent communautaire pour justifier une future intervention de son armée dans le
nord du pays.
On voit donc chacun d’une manière ou d’une autre tenter d’occuper le
maximum de postes, de pouvoir et mieux se positionner pour succéder au dictateur
déchu. De démocratie, il n’est pas question. La population est tenue à
l’écart de cette course au pouvoir. Elle manque de tout. L’eau,
l’électricité, la nourriture, les soins, sont encore rares partout. Si bien que
les Américains libèrent les prisonniers de guerre en leur donnant un baluchon
d’aliments. Mais ils se sont débrouillés rapidement pour refaire fonctionner
l’ex police de Saddam à Bagdad.
Pour la population de l’Irak, la chute de la dictature ne sera pas synonyme de changement si
de son sein ne se dégagent des femmes et des hommes qui luttent pour défendre leurs
intérêts. Et ce combat là ne passe absolument par le suivisme envers les
mouvements des religieux chiites. Car ceux-ci ne cachent pas du tout que c’est un ordre
religieux rétrograde, réactionnaire, oppressif envers les femmes, qu’ils
veulent imposer au peuple irakien, tout aussi dictatorial que celui de Saddam Hussein.
L'armée U.S. a pris des couleurs pour aller en Irak
Bush a-t-il eu du mal à trouver de bons patriotes blancs pour aller mener sa
«croisade» contre le terrorisme arabe et musulman! On pourrait le croire en constatant
le pourcentage élevé de Noirs présents dans l’armée qui a fait la
guerre d’Irak.
En effet, les Noirs, qu’ils soient citoyens américains ou originaires d’autres
pays, constituent une part importante des troupes américaines en Irak et cela quel que soit
leur sexe.
Par exemple dans certaines villes, notamment Los Angelès, pour s’engager il fallait
être titulaire d’une carte verte. C’est à dire résidents, candidats
à la citoyenneté américaine.
Dans certains bureaux la moitié des candidats sont des immigrés. Ces gens sont
très souvent des recrues hispaniques. Les hispaniques représentent 13 % de la
population totale américaine, les recrues militaires, toutes armes confondues sont de 11
% ; dans les marines, ils totalisent 15 %. C’est donc un moyen choisi par beaucoup
d’Hispaniques pour obtenir une citoyenneté américaine plus rapide.
S’agissant des Noirs américains, ils représentent 12 % de la population des
USA mais 20 % de la population militaire du pays, toutes armes confondues. Les femmes noires quant
à elles, représentent 29 % des recrues, toutes armes confondues. Pire encore, dans
l’armée de terre il y a 46 Noires pour 100 recrues femmes. Là, il s’agit
des effets du chômage et des difficultés habituelles pour les femmes,
particulièrement les Noires, à trouver des emplois bien payés.
David Bositis qui est un chercheur du «Joint Center for Social Studies » de
Washington (étude des relations raciales) explique cette situation par le fait que les Noirs
«ont une très longue tradition d’engagement militaire» depuis la guerre de
sécession jusqu’à nos jours. Ce qui est une constatation et non une
explication. Pour d’autres spécialistes, c’est un moyen pour financer des
études, acquérir une formation professionnelle et une certaine «garantie de
mobilité sociale».
L’administration Bush a mené une grande propagande en direction de cette partie de la
population en attente de «citoyenneté», depuis les attentats du 11 septembre
2001, lui faisant miroiter la carte verte qui légalise la situation de
l’immigré aux Etats-Unis.
Cette attitude, qui n’est pas nouvelle, s’explique aussi du fait de la
réticence toujours grande des citoyens américains à s’engager dans ce
genre de conflit, hors de leur territoire. Ils ont encore en mémoire les morts du Viet-Nam.
Le gouvernement tente donc de diminuer autant que possible l’impact des victimes de guerre
sur son opinion publique, en expédiant des volontaires, des sortes de mercenaires
motivés par leur désir d’intégration à la société
américaine. Jusqu’à leurs premières ou prochaines désillusions
envers la prétendue «grande démocratie».
les actions du collectif contre la guerre en Irak au mois d'avril dernier
L’impérialisme américain et son allié anglais ont, au nom de la
démocratie, agressé militairement le peuple irakien. Cette guerre a fait un grand
nombre de morts et de blessés et laissé un champ de ruine en Irak. Elle a
soulevé l’indignation et les protestations des peuples dans le monde entier.
Aujourd’hui après la chute du dictateur sanguinaire Sadam Hussein et de son
gouvernement l’intervention américiane ne règle aucun des problèmes
importants de l’Irak et de sa population. D’une certaine façon elle les a
même aggravés.
C’est cette hypocrisie de impérialiste anglo-américain que nous avons
dénoncée à travers le «Collectif guadeloupéen contre la guerre en
Irak».
En Guadeloupe, un Collectif regroupant pratiquement toutes les organisations ouvrières et
populaires, syndicales et politiques a organisé pendant la dutrée de la guerre
diverses manifestations. Il a ainsi participé à l’expression mondiale de
l’opposition à cette sale guerre d’Irak. Ce faisant, nous avons montré
que cette guerre n’était pas une guerre des peuples contre le peuple irakien, mais
bien la guerre des gouvernements américain et anglais, de la classe dirigeante de ces pays,
une guerre impérialiste.
Au cours du mois d’avril dernier, un certain nombre d’actions ont permis aux
travailleurs et aux jeunes de Guadeloupe qui le souhaitaient d’exprimer leur condamnation de
cette guerre.
Le meeting du samedi 5 avril à Basse-Terre a regroupé 300 à 400 personnes.
Des jeunes du lycée Gerville Réache étaient présents. Une
délégation de l’Association syro-libanaise de Basse-Terre était
là aussi avec une cinquantaine de ses adhérents . Son président a pris la
parole plusieurs fois dans le meeting.
Le mercredi 9 avril, les étudiants de Fouillole ont invité des membres du collectif
à une réunion-débat organisée dans un amphithéâtre de
l’Université.
Ces jeunes étudiants et des lycéens de Baimbridge étaient aussi
présents le vendredi 11 avril dernier sur la place de la victoire à
Pointe-à-Pitre. Ce jour-là le collectif avait organisé une soirée de
protestation contre la guerre en Irak. Il y avait des prises de parole sur la situation en Irak
entrecoupées de musique avec le groupe Kalindika de Marie-Line Dahomey. Un poème de
Boris Vian (le déserteur) et un autre de Atawalpa Yupanki furent aussi lus en public.
Malgré la faible participation de la population, ceux qui ont participé à
cette soirée en furent satisfaits.
Le collectif tint à remercier tous ceux qui avaient participé à cette
soirée du 11 avril et appella les participants rester vigilants car rien n’est
réglé pour le peuple irakien.
Argentine
Émeutes contre une évacuation d'usine
Lundi 21 avril, de violents affrontements ont éclaté entre des ouvriers qui
occupaient une usine à Buenos Aires et la police. Il y a eu au moins 20 blessés et
une centaine d’arrestations. Il s’agit de l’usine textile Bruckmann, qui
était sous contrôle ouvrier depuis plus d’un an. Après
l’évacuation par la police, les ouvriers, des organisations de quartier, des
étudiants et des assemblées populaires s’organisèrent pour tenter de
reprendre le contrôle de l’usine. C’est alors qu’éclata la
répression. Les combats firent rage tout l'après midi, avec des barricades. Une
voiture de police fut brûlée.
Des manifestations de protestation ont eu lieu le lendemain dans les villes de Cordoba et de
Buenos Aires. Le climat de répression continue en Argentine, plus de deux ans après
l’effondrement économique qui avait entraîné de nombreuses manifestations
de révolte.
Aujourd’hui, plus de 50% de la population et 70% des jeunes de moins de 14 ans vivent en
dessous du seuil de pauvreté.
C’est dans ce climat que se sont déroulées des élections
présidentielles. Mais les travailleurs et les classes populaires d’Argentine savent
déjà que peu importera quelle sera la marionnette qui sera au poste de
président. Il ne changera rien au sort de la population.
Seules ses luttes, sa mobilisation, sa capacité de se donner un programme social,
économique et politique destiné à transformer radicalement la
société argentine apporteront des solutions à la crise actuelle.
|