COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 17 mai 2003      N° 882
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À la Une

Éditorial

Il faut faire reculer ce gouvernement et ses attaques contre le monde du travail

Après les manifestations importantes qui se sont déroulées dans toute la France, le gouvernement a engagé de nouvelles négociations avec les syndicats. Celles-ci viennent de se terminer sans que rien n'ait changé notablement dans les plans de ce gouvernement. C'est uniquement le niveau du minimum garanti qui passe de 75% à 85% du S.M.I.C. Ce qui représente une somme nettement insuffisante pour vivre. Fillon, le ministre de Raffarin, a concédé aussi que les salariés qui ont commencé à travailler à 16 ans pourront prendre leur retraite avant 60 ans! Rien de plus!
Les mesures pour imposer aux salariés du public puis du privé de travailler plus longtemps pour toucher une retraite diminuée sont toujours là!
Les gouvernants, des journalistes de la presse écrite à leur botte et de prétendus spécialistes en économie nous abreuvent de mensonges sur les causes qui obligent à prendre ces mesures scélérates contre les retraites. Mais aucun d'eux ne dit que la productivité et l'ensemble des richesses n'ont cessé de croître depuis 30 ans et que c'est plus du tiers de cette richesse qui va aux actionnaires, aux capitalistes en tous genres. Il serait au minimum décent qu'une partie de cette richesse serve à payer les rentraites des travailleurs qui se retirent de la production ou des services publics, suffisamment en bon état pour jouir de cette retraite.
Mais cela ce n'est pas l'idée de Raffarin, Fillon et Chirac. Ces gens là défendent le point de vue du patron des patrons Seillère. Ces gens là veulent ramener les travailleurs vers un état comparable au 19 ème siècle, pour que tout ce qui a été gagné de haute lutte depuis tant d'années soit remis en cause. Raffarin ne cache même pas son jeu et affirme qu'il faut économiser sur le budget pour pouvoir compenser les baisses d'impôts pour les riches. Aujourd'hui les gouvernants se sentent forts parce qu ils ont dans l'assemblée une écrasante majorité de droite. Ils sont arrogants et méprisants vis à vis des salariés. Ils se sentent prêts à attaquer et attaquer encore. Les 40 ans! nous disent ils, mais ce n'est qu'une étape! Ensuite , il faudra passer aux 42 puis aux 45 ans pour tous! Et pourquoi pas tout simplement supprimer la notion de retraite? Que le travailleur s'escrime jusqu'à sa mort à l'établi!
Il faut donner un coup d'arrêt à ces attaques, il faut s'opposer aux mesures actuelles car elles sont la première vague de tout un raz de marée de mesures qui feront reculer les travailleurs sur des positions de pauvreté et de plus en plus grande.
La nouvelle donne des capitalistes pour accroître leurs richesses ce n'est pas de développer l'économie, de moderniser les vastes espaces sous développées ou arriérées existant dans le monde. Cela, ils sont trop arriérés eux-mêmes, trop séniles pour entreprendre cela. Ils ne veulent s'enrichir qu'au travers des augmentations de rendement des profits, par la diminution du niveau de vie des salariés. Ce sont de véritables mangeurs de chair humaine, prêts à tout pour garder leurs privilèges et leur richesse.
Aujourd'hui, sur les problèmes de retraites, de décentralisation, de diminution des emplois dans la fonction publique, le gouvernement est complètement aligné sur la satisfaction des besoins de ces vampires capitalistes.
Malgré l'ampleur des protestations du 13 mai, la menace est toujours là et doit se concrétiser par un vote de l'assemblée nationale, le 28 mai.
C'est donc dès maintenant qu'il faut se battre pour imposer le retrait de ces mesures iniques. Il faut mettre en mouvement encore plus de forces, plus de détermination. Combat Ouvrier soutient et participe activement à tous les mouvements, grèves et manifestations qui sont ou seront organisés dans les jours qui viennent contre la politique de Raffarin, pour faire capoter son plan d'attaques contre les retraites.



Fort-de-France
Importante manifestation contre la réforme des retraites

Le 13 mai, six mille salariés ont répondu à l’appel de onze centrales syndicales en manifestant dans les rues de Fort de France contre la réforme des retraites du Premier ministre Raffarin et du ministre des Affaires Sociales Fillon. Pendant plus de trois heures ils ont défilé dans les rues de Fort de France en reprenant de nombreux slogans hostiles aux mesures annoncées, fustigeant Raffarin, Fillon et Chirac. La manifestation était dynamique. Les travailleurs de la Fonction Publique et ceux des collectivités territoriales représentaient le plus grand nombre : la Santé, la DDE, les municipaux de plusieurs communes, les Enseignants, mais aussi des travailleurs des banques, de l’EDF ou de la Sécurité Sociale. Dans les services publics du reste le pourcentage de grévistes a été très important: 80% à l’EDF, 90% à La Poste, plus de 70% dans l’Education nationale. Il y avait également des salariés du privé, du commerce, du bâtiment, de l’agriculture. A la fin de la manifestation, une délégation de responsables syndicaux fut chargée de transmettre au représentant du préfet les revendications des grévistes. Les salariés pour la plupart étaient satisfaits de s’être retrouvé en si grand nombre, mais certains disaient qu’il faudra d’autres mobilisations encore plus importantes et plus longues pour obliger Raffarin à ravaler son projet sur les retraites

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Pointe-à-Pitre
Mardi 13 mai: 3000 manifestants dans la rue!

Mardi 13 mai, un grand nombre de salariés des secteurs public et privé ont manifesté à Pointe à Pitre contre le réforme des retraites que veut imposer le gouvernement. Plusieurs syndicats avaient appelé à cette mobilisation : la CGTG, Force Ouvrière, des syndicats enseignants: le SNES, la FSU. Elle a donc connu un fort succès.
L’attaque portée par le gouvernement Raffarin vise en premier lieu les travailleurs du secteur public qui, s’ils ne donnent pas un coup d’arrêt à cette réforme, verront leurs annuités de cotisation passer de 37,5 ans à 40 ans pour avoir droit à une retraite à taux plein. Les travailleurs du privé qui ont participé à la grève sont conscients que cette mesure ne vise pas seulement les fonctionnaires : le gouvernement Balladur avait déjà imposé au privé les 40 annuités. Mais il est prévu une augmentation progressive des cotisations pour tous les salariés: 41 ans, puis 42 ans. Le MEDEF parle, lui, de 45 ans!
De plus, la réforme prévoit, dès 2008, l’institution d’une décote de 3% par année manquante. Ceux qui n’auraient pas la force de travailler jusqu’à 70 ou 75 ans verraient donc leur retraite amputée. Et dans le contexte actuel de chômage et d’emploi précaire, de nombreux jeunes ne trouvent pas d’emploi stable avant 30 ans et plus!
Il est aussi certain que si l’opposition des travailleurs n’est pas assez forte et déterminée, les attaques ne s’arrêteront pas aux retraites, ni pour les fonctionnaires, ni pour ceux du privé.
Cette journée de grève et de manifestation est une première étape dans le combat qui sera nécessaire pour faire reculer le gouvernement. Son succès ne peut qu’encourager des travailleurs encore plus nombreux à continuer la lutte.



Quel que soit le statut: Assemblée unique ou nouvelle collectivité...

Seule une mobilisation de la majorité des travailleurs, appuyée sur cet ensemble de revendications qui visent un réel changement dans la situation,
- permettra d’utiliser les moyens du pouvoir, l’argent public, les lois faites sur place pour créer des emplois,
- permettra de prendre des mesures économiques favorables aux travailleurs, aux chômeurs, aux petits paysans, aux artisans, aux couches populaires d’une façon générale.

Seule une telle mobilisation pourra aboutir à la mise en place d’une assemblée réellement législative et d’un exécutif ayant un réel pouvoir.
Car ils seront créés et contrôlés par la majorité populaire: les travailleurs et toute la population laborieuse et pauvre!




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