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Martinique
Servair: la lutte des salariés a payé
Depuis plus de deux ans, à l’occasion du passage aux 35 heures, la direction de SERVAIR Martinique avait bloqué les salaires. Les employés de cette société ont en charge la maintenance et l’approvisionnement en repas des avions décollant de Fort de France. Cette année, lors des NAO, les salariés entendaient bien obtenir un rattrapage. Ils demandaient notamment une augmentation de salaire de 30 euros pour tous.
Malgré la faible somme, la direction a fait la sourde oreille. Il aura fallu que les salariés syndiqués à la CGTM multiplient les débrayages pendant près d’une dizaine de jours, occasionnant certains retards au départ des avions, puis menacent de durcir leur mouvement pour que cette direction accepte de négocier.
Au bout du compte, les salariés ont obtenu satisfaction. L’accord a été signé le lundi 5 mai dernier. Aujourd’hui, ils sont satisfaits d’avoir su se faire respecter.
Guadeloupe
Vendredi 9 mai: grève des personnels de l'éducation
Vendredi 9 mai, les personnels de l’éducation nationale se sont mis en grève à l’appel de l’intersyndicale. Ils dénoncent le transfert de certains personnels, qui, dans le cadre de la décentralisation, passeraient sous la tutelle de la Région. Ce transfert comporte de réels dangers du point de vue du maintien de leurs acquis. De plus, ces personnels jouent un rôle très important dans la communauté scolaire. Leur transfert ne peut que porter préjudice au bon fonctionnement des établissements et par conséquent à l’évolution scolaire des élèves.
Tôt le matin, les grilles de plusieurs établissements ont été fermées. Environ 300 manifestants se sont retrouvés à Basse Terre. Ils se sont rendus à la Préfecture, où le préfet a reçu une délégation de l’Intersyndicale.
Dans l’après midi, les représentants ont rencontré successivement les présidents du Département et de la Région. Ils ont remis une motion qui dénonce les dysfonctionnements qu’occasionnerait de façon certaine ce transfert. Rappelons que celui-ci concerne les personnels TOS (Techniciens, Ouvriers et de Service), les médecins, les Assistants sociaux, les personnels des CIO (Centres d’Information et d’Orientation).
Les personnels de l’éducation ont bien raison de refuser ce qui ne peut conduire qu’à la dégradation de leurs conditions de travail et de vie.
La remise en cause de la Sécurité Sociale s'accélère
Profitant du week-end de Pâques, le gouvernement a fait discrètement publier au journal officiel, la liste de 600 médicaments qui ne seront plus remboursés qu’à 35% au lieu de 65%. Le motif évoqué est que ces médicaments ne seraient que "modérément" efficaces. Alors pourquoi ne pas les interdire ? Tout simplement parce que la vraie raison n’est pas là, en fait, il s’agit de médicaments les plus souvent prescrit comme par exemple le Voltarène (anti inflammatoire) ; le Zirtec (anti allergique) et que le gouvernement a décidé de faire des économies et donc de diminuer leurs remboursements.
Encore une fois, les économies de l’Etat se font au détriment de la bourse des travailleurs qui devront payer plus cher pour leurs soins ou alors de moins en moins se faire soigner. A ceux qui ont une mutuelle, leurs représentants ont d’ores et déjà faient savoir qu’ils ne feront pas les frais des 300 millions d’euros d’économie que ces baisses de remboursements feront gagner à l’Etat. Les cotisations mutualistes vont tout simplement augmenter.
Quel que soit le cas de figure, c’est le travailleur qui trinque avec la remise en cause de la sécurité sociale qui va d’ailleurs en s’accélérant. Il est prévu qu’en juillet, 650 nouveaux médicaments ne seraient plus remboursés du tout. Les travailleurs les plus pauvres feront les frais de cette attaque réglée contre la sécurité sociale, qu’on dit en déficit, alors que les exonérations de charges sociales accordées aux entreprises sont la raison principale de ce déficit. Et il est certain que les économies réalisées profiteront encore au patronat. Aux travailleurs de faire savoir qu’ils ne sont pas d’accord pour faire passer les profits avant la santé.
Extraits du bulletin "écho des télécom"
Joli mois de mai
Cette année les jours fériés du mois de mai tombent bien. Et cela a agréablement réduit notre présence au travail. Faut dire qu’une journée de moins ça fait trente heures par semaine et c’est beaucoup mieux que les 35 h alambiquées qu’on nous a arrangées avec contrainte. En plus, ce serait tout à fait possible de faire 30 heures ou moins encore avec les énormes progrès réalisés dans la productivité du travail. Et ça nous ferait du bien.. un bon remède contre le stress au travail.
Primaire
La nouvelle plaquette sur les entretiens individuels a beau être luxueuse, la pilule qu’elle veut nous faire avaler est toujours aussi indigeste. Ainsi les chefs sont invités à nous noter "excellent" ou "plus qu’attendu", "attendu" ou "insuffisant" , avec copie à la DRH qui restera dans notre dossier. Ça ne changera rien au système qui reste "à la tête du client". Il prévaut déjà pour la rallonge et la promo mais en plus ça laissera des traces… et pas dans les meilleures mains. Alors si ça fait plaisir à certains chefs de jouer les maîtres d’école qu’ils sachent qu’on a passé l’âge d’être noté comme des gamins.
En deux temps trois mouvements
Quand un wc est bouché au CPE pas de problèmes: il suffit de prendre un bout de scotch, du papier et d’écrire "en panne" sur la porte. Une bien belle manière de régler les problèmes
Ça nous intéresse pas
Dans le cadre des transferts des services d’activité vers la Martinique, la direction convoque les opérateurs individuellement pour qu’ils acceptent d’aller à "proactiv." Ce service est fait pour la vente comme si nous avons l’âme de vendeurs. Nous, on a été embauché pour un service public des renseignements nationaux.
Disparition de la mère d’Edouard Francietta
Toute notre affection et nos salutations fraternelles au Camarade Edouard Francietta qui vient de perdre sa mère. Foce et courage pou Edwa!
Martinique
BTP: les ouvriers de la SAPEB ont fait reculer leur direction
L’entreprise SAPEB est spécialisée dans la fabrication de pré-dalles précontraints et de parpaings destinés à la construction d’immeubles dans les HLM. Elle emploie plus de trente salariés. Le lundi 28 avril, les ouvriers se sont mis en grève pour faire aboutir les revendications suivantes:
- le respect du droit syndical, car la direction n’a jamais voulu respecter le code du travail. Depuis 2 ans déjà, les ouvriers ont créé leur section syndicale CGTM en élisant des représentants du personnel. La direction n’a jamais accepté de recevoir les représentants au cours des réunions mensuelles.
- la reconnaissance par la direction des activités de l‘entreprise comme étant annexes au BTP
- la révision de la classification du personnel
- l’ application des avantages liés à la Convention Collective du Bâtiment Travaux Publics et Annexes
- l’amélioration des conditions de travail. Les salariés subissent continuellement la chaleur sur le banc destiné à construire les pré-dalles atteignant une température de 90.
Dans un premier temps, la direction a voulu faire la sourde oreille en refusant catégoriquement de recevoir les ouvriers et leurs représentants, tout en se comportant de façon méprisante vis à vis du personnel.
Le 2 mai, après 4 jours de mobilisation, elle a décidé de s’asseoir à la table des négociations et les ouvriers ont obtenu:
-l’application de la grille du BTP dans leur entreprise
-le changement de classification pour 7 ouvriers
-le paiement de la prime de transport
-une prime de congé de 15% du salaire brut mensuel
Grâce à leur détermination, les ouvriers ont fait reculer leur direction mais lui ont aussi fait ravaler son mépris.
Guadeloupe
Les stagiaires de l'AFPA ont du mal à percevoir leurs indemnités
Les stagiaires des différents centres de formation pour adultes, de Petit Bourg, de Gosier, de Saint Claude, se sont mobilisés durant trois jours, la semaine dernière, pour protester contre le retard de paiement de leurs indemnités. Certains stagiaires n’ont pas été payés depuis cinq mois, d’autres depuis le mois de mars.
La mobilisation s’est faite à deux reprises devant le centre de paiement de l’AFPA (Association de Formation Professionnelle pour Adultes) et la Région. Ces deux instances chargées des subventions permettant le paiement des stagiaires et le fonctionnement des différents centres ont expliqué aux délégations reçues que les retards étaient dus à des lenteurs administratives. Pourtant ce n’est pas la première fois que des stagiaires ont du mal à percevoir leurs indemnités et qu’ils se mobilisent. Les pouvoirs publics ne semblent pas vouloir régler définitivement ce problème qui est devenu récurent. Il s’agit là d’un véritable mépris envers des adultes qui ont d’énormes difficultés à se former et à affronter des dépenses. Ils doivent payer leur transport, les crèches ou garderies pour ceux qui ont des enfants, sans compter les frais de stage.
C’est le Conseil Régional qui finance la formation des adultes et les centres qui les reçoivent. Certains stagiaires sont payés par les ASSEDIC ou l’ANPE. Les retards de paiement sont essentiellement dus à des dysfonctionnements dont la responsabilité incombe également à la direction des centres chargée des dossiers et des conventions. Certains dossiers ne sont pas mis à jour à temps. Les retards de financement ont des répercussions sur le fonctionnement des centres. Les stagiaires se plaignent de mauvaises conditions de travail (insuffisance de matériel, problèmes d’hygiène etc.) Certaines formations ne sont pas agréées alors que des stagiaires y ont été inscrits. Tous ces problèmes découragent certains adultes qui abandonnent leur stage. La formation est limitée par des contrats de six mois. Il est difficile pour ces stagiaires de s’organiser pour se défendre en raison de la durée de leur formation et l’AFPA en profite pour ne pas s’engager à payer dans les délais. Il s’agit d’un véritable mépris des responsables de la formation (élus comme administrateurs) envers des salariés et des sans emploi qui veulent se perfectionner pour acquérir une plus grande compétence sur le plan professionnel.
Martinique
Dialogue social, le nouveau filon des patrons pour mieux exploiter leurs salariés
France-Antilles du 3 mai 2003 rend compte d’un congrès qui s’est tenu aux Trois Ilets sur le dialogue social au sein de l’entreprise. Selon les interventions de certains participants, ces derniers découvriraient qu’il y a en face d’eux des êtres humains. Ce qui peut même les amener à verser dans le paternalisme et la condescendance. «Les salariés expriment également un fort besoin affectif, ils aiment qu’on leur demande des nouvelles de leur famille par exemple». Un autre, pas hypocrite du tout, va jusqu’à dire que dans son entreprise, «Les salariés sont consultés pour chaque grande décision et le dialogue est favorisé». S’agirait-il soudain d’un mea culpa de la part de ces dirigeants ? Au contraire, il apparaît clairement que certains pensent avoir découvert à travers le «dialogue social» un moyen d’exploiter leurs salariés sans bourse déliée, en les gavant de paroles, pour éviter de passer à la caisse.
Curieusement, ces dirigeants d’entreprise qui pleurent misère tous les jours ne finissent pas de faire bombance, d’afficher un train de vie hors du commun, au vu et au su de ceux à qui ils prêchent le sacrifice, la patience.
RMA: encore des mesures en faveur des patrons
Après les exonérations de charges sociales sur les bas salaires, les baisses d’impôts, voilà que le gouvernement décide de fournir au patronat de la main d’œuvre payée en partie par les fonds publics. En effet, le RMA (revenu minimum d’activité) désormais remplacera le RMI (revenu minimum d’insertion). A partir de maintenant tout bénéficiaire du RMI peut être mis à la disposition d’un patron qui le fera travailler 20 h par semaine et n’aura à payer que la différence entre le montant du RMI et le SMIC. Le montant du RMI sera d’ailleurs versé au patron.
Cette mesure présentée comme un moyen d’inciter les patrons à créer des emplois ne sera certainement pas plus efficace que toutes les autres du même type qui ont été arrêtées par les différents gouvernements au nom de la lutte contre le chômage. En fait c’est une aubaine pour les patrons qui au lieu d’embaucher un salarié au tarif normal les remplaceront par un bénéficiaire du RMA dont les salaires seront payés en partie sur les fonds publics.
Décidément nos gouvernants sont très inventifs quand il s’agit de permettre aux patrons d’accroître encore plus leurs profits.
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