COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 17 mai 2003      N° 882
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HAÏTI
La demande de remboursement de la dette, une hypocrisie des politiciens au pouvoir

A l’occasion de la cérémonie du bicentenaire de la mort de Toussaint Louverture, Aristide, dans une de ses envolées démagogiques, a demandé à la France de rembourser une somme de 21.7 milliards de dollars américains. Cette somme équivaut au montant payé par Boyer en 1825 en reconnaissance de l’indépendance d’Haïti pourtant acquise au prix d’une lutte sanglante et d’énormes sacrifices consentis par les esclaves. Le gouvernement français réussit à obtenir du gouvernement haïtien qu’une indemnité de 150 millions de francs – une somme énorme – soit payée au gouvernement français. Vu le pillage qu’a organisé la bourgeoisie française dans les colonies à l’époque du capitalisme naissant en exploitant et en opprimant des millions d’hommes déracinés d’Afrique, il ne serait que justice qu’elle rembourse à la population pauvre d’Haïti non seulement la dette contractée par Boyer, mais au-delà. La bourgeoisie française doit réparer les torts qu’elle a fait subir aux travailleurs exploités sur les plantations.
Cependant, cette démarche ne peut être réalisée à partir d’un simple discours d’un petit valet des bourgeoisies nationale et internationale. Elle ne pourrait l’être que sur la base d’une grande mobilisation générale des peuples opprimés non seulement au niveau d’Haïti mais de tous les pays qui, hier et aujourd’hui, constituent la source de richesse des grands pays capitalistes.
Cette mobilisation n’a des chances de succès que si elle est un jour l’œuvre des masses laborieuses qui nécessairement devront trouver l’appui des travailleurs des pays riches. C’est pourquoi les hardiesses verbales d’Aristide ne peuvent faire que sourire. Lui, représentant des bourgeois exploiteurs et de gens qui désirent avant tout satisfaire leur soif de pouvoir, n’a aucune crédibilité. C’est un larbin de la bourgeoisie, incapable de prendre des mesures en faveur de la population pauvre, qui n’en a pas la volonté et qui sert la bonne parole à la population pauvre en guise de nourriture et de travail.
Ce problème de restitution de la dette pour les pauvres est réel. Mais il est encore plus vaste. La France, les USA, l’Angleterre, l’Espagne ont une dette importante certes envers Haïti. Mais les possédants haïtiens et leurs valets au gouvernement qui ont bâti des fortunes à partir de l’exploitation des travailleurs pour un salaire de misère, du vol systématique de l’argent de l’Etat, doivent aussi rembourser le produit de leur vol gigantesque. Et cela, Aristide se garde bien de le dire.



Que Marie-Jeanne et Lordinot rendent publique leur véritable motivation!

En décembre 1993, Lordinot, le maire de Sainte Marie, licenciait 52 employés communaux, coupables de s’être mis en grève après avoir constaté la baisse de leur salaire. De procès en procès, devant le Tribunal Administratif, le Conseil de Prud’Hommes, le Conseil d’Etat, la Cour de Cassation, les salariés ont régulièrement eu gain de cause. Finalement, le 13 mars, Lordinot, coincé, essayait de masquer sa capitulation en annonçant en grand seigneur, qu’il passait l’éponge et amnistiait tous les salariés en les réintégrant à compter du 1er mai 2003.
Mais on constate que ces réintégrations s’accompagnent également d’un mouvement de réconciliation plutôt bizarre, aux motivations obscures même, entre diverses personnes, autrefois ennemies jurées : Lordinot, la CSTM et le MIM. On peut même se poser la question de savoir si l’annonce du maire le 13 mars ne faisait pas partie d’un marché pour rompre l’isolement du maire de Sainte-Marie, d’autant plus que beaucoup de rumeurs faisaient référence à des gestes et manœuvres d’approche depuis quelque temps. Ainsi, ce premier mai se sont retrouvés à Sainte Marie, le président du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais) et président de la Région, Marie-Jeanne, la CSTM, bras syndical du MIM et le conseil municipal de Sainte Marie avec à sa tête Lordinot.
C’est que, compte tenu de la période actuelle, tous ces politiciens sont à la manœuvre pour se positionner et conclure des alliances pouvant leur ouvrir la voie à des postes d’élus dans les assemblées locales (ou dans l’assemblée unique à venir peut être). Et tout cela se passe à l’insu de la population dans le cadre de négociations discrètes dont le public n’a absolument pas connaissance.
Comme disait un chanteur réunionnais, ces politiciens prennent vraiment les autres pour des cons. Qu’ils expliquent pourquoi des gens comme eux qui se détestaient et s’envoyaient à la figure toutes sortes d’insultes changent brusquement de comportement pour se découvrir soudain des qualités et des possibilités de travailler ensemble. La population doit refuser d’être des jouets au carnaval de ces messieurs pour ne pas être une fois de plus la victime de drôles de retrouvailles.



Succès de la fête de Combat Ouvrier

La fête annuelle de Combat Ouvrier s’est déroulée le dimanche 11 mai dernier. Prés de 400 personnes se sont rassemblées sur le domaine champêtre du PAKO à Baie –Mahault. Repas, jeux, animation artistique et culturelle se sont déroulées dans une très bonne ambiance. Les deux forums, le premier sur le changement de statut, le deuxième sur l’Irak ont intéressé plusieurs dizaines de personnes. Nous remercions tous ceux qui par leur aide ont contribué au succès de la fête Un bon crû donc que cette fête 2003. A tous: A l’année prochaine!

Notre camarade Louis Maugée invité de l'émission "Le Club" sur la réforme des retraites

Notre camarade Louis Maugée qui est aussi secrétaire adjoint de la CGTM était l’invité de l’émission «Le Club» du dimanche 11 mai. Pendant une heure il a répondu aux quatre journalistes organisateurs de l’émission et représentant la télévision ATV, la radio RCI et le journal Business News.
Le thème principal de l’émission était la réforme de la retraite. L.Maugée a dénoncé vigoureusement les mesures annoncées par Raffarin et Fillion qui visent à allonger la durée des cotisations des salariés tant pour le secteur public que pour le privé. Il a affirmé aussi que le montant du déficit annoncé de 50 milliards d’euros en 2020 n’avait pas le caractère «catastrophique» que ce que veulent faire croire les ministres. En effet, le patronat, lui, reçoit depuis plus de 10 ans 50 milliards d’euros de subventions chaque année, et les gouvernements ne présentent pas cela comme un montant astronomique. Maugée a surtout insisté sur le fait que la réforme si elle est nécessaire, ne doit pas être faite en «faisant les poches des salariés», mais qu’elle devrait être faite en prenant sur les profits patronaux accumulés ces dernières années, et en embauchant des salariés dans les secteurs où il existe de nombreux besoins. Pour s’opposer à la mise en place de telles mesures Maugée en a appelé à la mobilisation des travailleurs et plus spécialement à leur participation massive à la journée de grève et de manifestation du 13 mai. Sur les autres sujets, Louis Maugée s’est exprimé plus brièvement. Sur la réforme institutionnelle il a néanmoins indiqué que jusqu’ici, les élus ne se sont pas adressés à la population. On ne sait pas non plus s’ils feront appel à elle si la Ministre refuse leur projet. Mais selon L.Maugée, cela ne pourrait se faire que si ces élus étaient à l’écoute prioritairement des besoins et des aspirations de cette population, en matière d’emploi, de transports, de logements, etc ., bref de tout ce qui concerne leurs besoins quotidiens.



Hommage à Max Ganot

Militant, résistant antifasciste, leader d’opinion, poète engagé, pédagogue, décédé le 22 juillet 2002.

AVEC:
Sa femme, ses parents et amis, des militants du Parti Communiste Guadeloupéen, les anciens du CCEG (Cercle Culturel des Etudiants Guadeloupéens), du CPNJG (Conseil National Populaire de la Jeunesse Guadeloupéenne), les anciens du groupe «La vérité», du GRS (Groupe Révolutionnaire Socialiste), des militants du Mouvement anticolonialiste, les militants de Combat ouvrier, des militants de la CTU et autres syndicalistes.
AVEC:
Les militants des manifestations de mars 67 contre le mépris raciste et la fraude électorale, à Basse -Terre Les militants des 26 et 27 mai 1967, dates des tueries sanglantes contre le peuple guadeloupéen.

Pour faire vivre la mémoire collective autour de MAX GANOT et pour que la jeunesse y contribue.

Rendez-vous LE SAMEDI 24 MAI 2003 AU LYCEE CARNOT A POINTE A PITRE A 16 H pour cet hommage à Max Ganot.

Le Cercle Max Ganot




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