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Éditorial Élargir les manifestations, étendre les grèves pour faire reculer le gouvernement sur les retraites!
Les manifestations contre le projet de réforme des retraites du gouvernement Raffarin se succèdent avec succès en Martinique et en Guadeloupe. Le 26 mai comme avant ce sont encore des milliers de travailleurs qui ont défilé pour dire qu’ils refusent l’allongement de la durée des cotisations à 40 ans pour le secteur public avant d’avoir droit à une retraite pleine et entière.
Les travailleurs du privé sont nombreux à être solidaires. Ils y ont intérêt, eux que Balladur avait déjà pénalisés en faisant passer leur durée de cotisation de 37 ans et demi à 40 ans. Car si on laisse passer cette réforme ce sera 41, 42 annuités que tous devront assurer dans quelques années.
En France les manifestations apparaissent encore plus spectaculaires : le 25 mai comme le 13 ce furent des centaines de milliers de travailleurs qui ont protesté. Les enseignants poursuivent leur grève et de nombreux établissements sont fermés, comme en Martinique. D’autres grèves se profilent à la SNCF, à la RATP et ailleurs. Dans le privé aussi c’est la grogne.
Face à ce mouvement de colère le gouvernement répond avec cynisme qu’il maintiendra son projet et le présentera à l’assemblée nationale. IL dit qu’il entend le bruit de la rue mais il n‘obtempère pas pour autant. IL faudra donc pour lui faire entendre raison multiplier encore les manifestations, étendre les grèves, répandre la colère pour l’obliger à céder. Et il cèdera face à la peur d’une explosion sociale. Voilà pourquoi il est important que les grèves et les manifestations prévues la semaine prochaine à partir du 3 juin soient encore plus larges, plus déterminées. C’est la seule réponse à donner aux propos des ministres et du gouvernement qui montrent clairement qu’ils ont engagé une épreuve de force avec le monde du travail. Car laisser passer cette réforme ce serait bien sûr se préparer une plus longue vie de travail et d’exploitation mais aussi laisser la porte ouverte à bien d’autres mesures anti ouvrières comme par exemple l’augmentation des cotisations d’assurance maladie. Déjà, la liste des médicaments non ou moins bien remboursés s’est allongée.
Ce gouvernement fort de son importante majorité au parlement croit pouvoir imposer son diktat aux travailleurs. Il parle alors de démocratie en disant que l’heure est venue de présenter le projet devant la « représentation nationale », c’est à dire le parlement et il entend nous donner des leçons de démocratie. Mais la démocratie c’est aussi le respect de la volonté de ceux qui font vivre le pays c’est à dire les travailleurs. Ces derniers ne sont pas pour mais contre la réforme actuelle des retraites. Les députés et sénateurs ne représentent pas vraiment les travailleurs. Du reste on peut compter le nombre de travailleurs siégeant à l’assemblée nationale. Il n’y en a quasiment pas.
Alors oui, leur seule voie reste la rue, la grève, la seule voie c’est d’être le plus nombreux possible à manifester pour refuser de travailler toujours plus pour toujours moins, la seule voie c’est d’infliger une peur salutaire à la bourgeoisie, aux riches. A eux de payer, pas aux travailleurs. C’est le rapport de force que nous saurons constituer dans nos rangs qui fera plier Raffarin et son gouvernement au service de la bourgeoisie et des nantis.
Martinique
Les personnels de l'éducation déterminés
Depuis le lundi 19 mai 2003, les personnels de l'Education nationale sont appelés à suivre un mouvement de grève reconductible à l'appel de deux fédérations principalement: la CGTM (SMPE et SGPEN) et la FSU. D'autres syndicats avaient appelé certaines catégories de personnel à y participer (UNSA).
A l'issue de la réunion du vendredi 23 mai 2003 à la Région, et après avoir eu connaissance d'une invitation du recteur pour le lundi 26 mai 2003 au Rectorat, il fut décidé de tenir une AG à Terreville.
Ce jour là, 300 à 400 personnes étaient présentes. Elles se sont exprimées sur la mobilisation actuelle. Les représentants des organisations qui composent l'Intersyndicale étaient présents, mais également deux associations de parents d’élèves. Après une brève rencontre des syndicats avec le recteur, ce dernier s’est rendu devant les personnels rassemblés en assemblée Générale pour leur dire qu’en sa qualité de représentant de l'Etat, il n'avait pas la liberté de prendre certaines décisions de son propre chef et qu'il fallait attendre d'éventuelles décisions venues de la prochaine réunion avec le ministre qui doit se tenir le mercredi 28 mai. Le recteur a également essayé de convaincre les personnels présents que la persistance du mouvement pénalisait les élèves, à cause des examens, les personnels concernés par les mutations, les paies, etc.
Mais il a été très clairement rappelé au recteur que les personnels étaient déterminés pour voir aboutir les revendications qui portaient sur le retrait pur et simple du projet de décentralisation des personnels non enseignants et de la réforme des retraites.
Et pour bien montrer leur détermination, l' AG s'est prononcée à une écrasante majorité pour la poursuite du mouvement, avec blocage du rectorat et des établissements. Elle s'est également, prononcé pour un nouveau calendrier des examens, notamment les oraux de BTS.!
Un prochain rendez vous a été pris le mercredi 28 mai 2003 au rectorat.
Pointe-à-Pitre
26 mai, un cortège dynamique contre le projet Fillon
Lundi 26 mai, douze centrales syndicales avaient appelé à la manifestation : les syndicats enseignants et des personnels de l’éducation, les centrales CGTG, CTU, CFTC, FO etc. L’UGTG ne s’était pas associée à la grève. Plusieurs corps de fonctionnaires étaient présents dans la manifestation. Outre les personnels ATOSS de l’éducation nationale, représentés par le SGPEN CGTG et les enseignants, on a pu aussi remarquer les banderoles de la douane (CTU) et des pompiers (CGTG). Des travailleurs du secteur privé ont participé à la grève et à la manifestation. Les différents intervenants ont rappelé l’enjeu du bras de fer qui oppose les salariés au gouvernement. Ce dernier, avec l’appui des médias officiels, cherche à diviser les salariés du privé et ceux du public. C’est une façon de les affaiblir pour pouvoir faire passer une attaque en règle contre les intérêts généraux des travailleurs.
Après celle du 13 mai, cette manifestation a montré que la détermination ne faiblit pas. Le cortège, 2000 personnes, a défilé de façon dynamique avec chants et slogans fustigeant Raffarin, son ministre Fillon et leur projet sur la retraite. Ceux de la Fonction publique étaient majoritaires dans le défilé. Mais, malgré la perte de 2 jours de salaire occasionnée par une participation à cette grève, certaines entreprises du privé étaient représentées.
Devant la sous-préfecture et, à la fin de la manifestation, sur la place de la mairie, il y a eu des prises de parole. Tout d’abord Jean-Marie Nomertin de la CGTG a souligné la nécessité de se battre ici en Guadeloupe. Il a précisé que ce n’est pas seulement la retraite qui est visée, mais que toute une série d’acquis de la classe ouvrière sont menacés. C’est le cas de la Sécurité Sociale. Le représentant de la CTU, Plaisir, a salué l’unité d’action. Différents syndicats de l’enseignement, IATOSS et enseignants, sont intervenus. Notons que, malgré l’absence de l’UGTG, le syndicat SGEG avait accepté de participer à l’action. Il s’en est expliqué.
Les différents syndicats ont pris publiquement rendez-vous pour préparer de nouvelles actions. La CGTG a appelé les travailleurs du public à se rendre dans les entreprises pour inviter ceux du privé à se joindre à la lutte. Comme scandaient les manifestants: ”Public, privé, même combat!”
Martinique
Les syndicats se concertent pour frapper ensemble
Dans le cadre de la mobilisation contre les projets du gouvernement, l'Intersyndicale composée de la CGTM, la CDMT, La FSU, le SNETAA, FO, UNSA, la CGTM-FSM, s'est réunie le vendredi 23 mai dans la salle de délibérations du Conseil Régional pour discuter de la préparation de la grève du 3 juin 2003 et des actions à mener faire reculer le gouvernement. Cette rencontre était prévue afin de permettre une confrontation des arguments des uns et des autres pour contrer l’offensive du gouvernement de manière unie.
Durant près de trois heures, les discussions ont permis de mieux comprendre les objectifs du gouvernement et ses conséquences sur les conditions de vie des travailleurs, mais aussi de formuler les revendications, et d'arrêter les moyens les plus adaptés pour mettre en échec les plans de Chirac-Raffarin.
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