|
Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail
Page 2
Martinique
Le PCM, à propos des retraites et d'un pouvoir local
Sur la question des retraites et de la protection sociale, le PCM a une bien curieuse façon de parler de la défense des intérêts des salariés.
Sur la question des réformes sociales il déclare: “Il faut admettre qu’il faudra consacrer au financement des retraites une part croissante des richesses créées et mettre à contribution les revenus du capital financier”. Il ne dit pas que ce sont les travailleurs par leur lutte et leur détermination qui peuvent obliger le gouvernement au service du patronat à ravaler son plan exécrable et réactionnaire. Et l’éditorialiste poursuit: “Et en Martinique, il faudra – sous-entendu, après l’éventuel “changement de statut” - asseoir progressivement la protection sociale plus sur le développement de la richesse propre du pays grâce à l’instauration d’un nouveau type de développement que se reposer sur les seuls transferts sociaux qui risquent de tomber en panne sous la pression conjuguée du MEDEF et de l’Europe”.
Par contre le PCM ne dit pas clairement que, en Martinique aussi, demain les travailleurs risqueront d’être les victimes des nouveaux technocrates locaux au service des capitalistes qu’ils soient du MEDEF, de l’Europe, mais aussi l’APEM (association pour la promotion des entreprises martiniquaises de Osenat) ou autres CGPME (Confédération des Petites et Moyennes Entreprises martiniquaises) de Ampigny, bref de tous ceux qui pensent de manière à peine voilée que le développement local devra se faire sur le dos des salariés, en créant des mesures spécifiques tenant compte du contexte caribéen (avec un niveau de vie évidemment plus bas).
Demain comme aujourd’hui, il n’y aura pas de “protection sociale assise sur le développement des richesses propres du pays”, ni immédiate, ni progressive, si les travailleurs mobilisés ne l’exigent pas. Le contrôle des travailleurs sur un pouvoir local sera le seul moyen de l’obliger à prendre des mesures conformes aux intérêts des classes populaires et non pas de quelques poignées de nantis.
Martinique
"Justice" et le mouvement social
La première page du journal du PCM Justice du 22 mai titre: “Retraites: Exigeons une négociation spécifique au niveau martiniquais (Grève générale le 3 juin)”. Dans l’éditorial du même numéro, M. Branchi s’exprime sur le refus de la réforme Raffarin – Fillon et sur “l’abandon de la retraite à 60 ans et la baisse programmée de 20 à 30% des pensions”. Il note également la spécificité de la situation des DOM où le niveau actuel des retraites est à peine de 457€ pour la majeure partie des salariés du privé, où le SMIC était jusqu’à ces dernières années de 20 à 30% plus bas que celui existant en France et où le chômage est plus du double voire du triple de la France. C’est pourquoi, explique l’éditorialiste, “l’exigence de syndicats martiniquais d’une négociation avec le gouvernement pour débattre des revendications spécifiques des travailleurs de la Martinique ainsi que de la Guadeloupe et de la Guyane est parfaitement justifiée”.
Une telle position peut effectivement être justifiée. Par contre ce n’est pas cette revendication qui est à l’ordre du jour et elle ne peut être l’objectif de la grève du 3 juin. En France, en Guadeloupe, à la Réunion, en Guyane ou en Martinique des milliers de salariés sont en mouvement depuis plusieurs semaines contre les attaques portées contre les travailleurs par le projet de réforme Raffarin sur les retraites. Les salariés refusent d’avoir à travailler jusqu’à 70 ans pour pouvoir toucher une retraite à taux plein encore minorée par le calcul sur un plus grand nombre d’années de travail. Ils peuvent contraindre le gouvernement Chirac – Raffarin à retirer son projet inique.
La pièce de théâtre "la Soufrière" sur le procès des guadeloupéens incarcérés en France après les tueries de 67
La pièce de théâtre “la Soufrière”, réalisée par le metteur en scène péruvien Antonio Diaz Florian, a été jouée dans différentes communes de la Guadeloupe. Elle a eu un réel écho dans la population et a attiré de nombreux spectateurs qui ont pu revivre les événements de mai 67. Cela pourrait paraître surprenant que des acteurs français de la troupe du théâtre de l’Epée de Bois puissent reconstituer des événements jusqu’ici évoqués par le milieu politique antillais. Mais la pièce est une pièce engagée qui explique parfaitement la répression coloniale et les évènements sanglants qui ont causé la mort de plusieurs dizaines de personnes à Pointe-à-Pitre. Elle reprend en particulier le procès des 18 Guadeloupéens pour la plupart militants du GONG (Groupe Organisation Nationale de la Guadeloupe) Le metteur en scène a découvert le livre sur ce procès intitulé “le procès des Guadeloupéens” édité en 1969 par les Editions l’Harmattan. Les militants du GONG avaient été cités devant la Cour de Sûreté de l’Etat pour l’organisation d’un mouvement séparatiste.
La pièce, essentiellement jouée par des femmes d’un professionnalisme remarquable, retrace le déroulement de ce procès en représentant chacun des accusés par une mise en scène très suggestive permettant au public de bien saisir les contradictions de la politique du gouvernement, de la justice appliquant une censure et une répression féroce contre tout contestataire de l’ordre colonial. Cette pièce aurait été certainement interdite à l’époque comme le furent certaines chansons antillaises engagées.
Après avoir vu la pièce, le public a pu débattre, poser des questions, donner son opinion politique ce qui fait partie des buts visés par le metteur en scène. Ce dernier a également mis en scène le Code Noir.
Michaux-Chevry s'en prend bêtement aux agriculteurs
Décidément, Michaux Chevry avait ses comptes à régler à la tribune du Sénat avec ceux qui ne sont pas de son camp. Les agriculteurs de Marie-Galante n’y ont pas échappé. Elle les a accusés de percevoir le RMI et d’embaucher des Haïtiens.
Ces attaques ont pour but de faire croire à l’opinion que le RMI est distribué si largement dans la population que même ceux qui n’y ont pas droit en profitent. Michaux Chevry voit donc le RMI partout et des assistés dans tout le pays. Mais elle ferait bien de mettre des lunettes pour voir où sont les vrais assistés qui perçoivent des aides de l’Etat et qui font d’énormes profits comme les gros propriétaires fonciers dans le secteurs de la canne et de la banane. Mais quel agriculteur irait demander le RMI s’il avait un revenu lui permettant de vivre décemment? Quel travailleur haïtien viendrait se faire exploiter en Guadeloupe avec des salaires de misère s’il pouvait vivre dignement dans son pays ? Mais évidemment tout cela c’est le cadet des soucis de Michaux Chevry. Que des pauvres cherchent à survivre parce qu’ils n’ont pas d’autres moyens, voilà que c’en est trop pour Michaux qui n’a pour eux dans ses propos que fiel et propos méprisants.
Les propos xénophobes de Michaux-Chevry au Sénat
Au cours du débat au Sénat sur la loi programme, Lucette Michaux Chevry a lancé des attaques contre la Communauté haïtienne. Cette élue, sans scrupule a critiqué le fait que les Haïtiens soient soignés dans les hôpitaux et que leurs enfants soient scolarisés, et déclaré que ce sont les contribuables guadeloupéens qui payaient ces charges.
Ce discours n’est pas nouveau. Il a été vomi à maintes reprises par Ibo Simon et ceux qui l’ont soutenu dans sa campagne xénophobe. Après la réaction massive contre la haine raciale alimentée par l’animateur de Canal 10 et sa condamnation par la justice, les conflits entre Haïtiens et une partie des supporters d’Ibo, s’étaient apaisés. Michaux Chevry, qui a choqué par ses propos des sénateurs français et d’Outre Mer dans l’enceinte de l’assemblée, n’a pas commis de maladresse. Elle a volontairement attaqué la Communauté haïtienne en se servant d’une tribune d’où l’on pouvait l’entendre haut et fort, pour anticiper sur la prochaine campagne électorale sur le changement de statut. Elle vise en fait l’électorat d’Ibo Simon. Ce dernier est en perte de vitesse, lâché par ses amis politiques qui n’ont pas eu les résultats escomptés au cours des dernières élections législatives. Le cynisme de Michaux Chevry n’a pas de limites quand il s’agit de viser le pouvoir. Pour la “Dupont la joie” en chef de la Guadeloupe, c’est tout simplement, bête, méchant ..mais ça peut rapporter gros électoralement.
Le mépris de Michaux-Chevry envers les Rmistes
Lucette Michaux Chevry n’a pas caché sa satisfaction que le RMA (revenu minimum d’activité) ait été adopté au Sénat à place du RMI (revenu minimum d’insertion).
Comme elle l’a déclaré à maintes fois, le RMI favoriserait l’assistanat et il faudrait le supprimer pour que la population retrouve sa dignité au travail.
Michaux Chevry n’a pas à donner de leçons aux plus démunis. Elle représente le camp des plus riches, des possédants, de ceux qui reçoivent et recevront encore plus toutes sortes d’aides de l’Etat avec la nouvelle loi programme. Le RMA est une aubaine pour les patrons qui pourront profiter d’une nouvelle main d’oeuvre à peu de frais. Les véritables assistés sont tous ces riches qui pleurent misère et qui reçoivent la manne de l’Etat. Tous ces gens là qui sont les amis de Michaux Chevry n’ont que du mépris pour les plus pauvres et les travailleurs. Certains d’entre eux ne s’embarrassent pas de scrupules pour dilapider les fonds publics. Et ce avec la complicité d’élus telle la présidente de Région, elle-même inquiétée plusieurs fois par la justice et soupçonnée de différents trafics financiers.
HAÏTI
Le bilan des parlementaires lavalassiens
Il y a 3 ans lors des élections du 21 mai 2000 les politiciens lavalassiens avaient demandé de voter pour eux afin que “l’année 2001 soit bonne”. Les fraudes ont permis aux politiciens lavalassiens d’être majoritaires tant au parlement qu’au Sénat, ne laissant que quelques postes à des politiciens de l’opposition qui n’ont jamais digéré cette manœuvre et ont refusé leur jeu parlementaire en bloquant leurs institutions. Depuis, les batailles continuent entre ces deux groupes pour le contrôle de l’appareil d’Etat, Aristide ayant fait main basse sur la présidence et ses hommes de main sur les postes subalternes. Les politiciens des deux bords dressent leur bilan et les lavalassiens défendent leur législature, ils ont cité notamment le vote d'un ensemble de projets de loi sur la santé, l'éducation et les infrastructures, ainsi que des conventions et contrats de prêts.
La réalité est tout autre : la santé est au plus bas niveau, l’éducation a été sacrifiée et les campagnes qualifiées d’alphabétisation n’ont été que des campagnes publicitaires au profit d’Aristide. Quant à la situation de la majorité de la population, ces 3 années ont été marquées par un appauvrissement généralisé. Les produits de nécessité ont grimpé à des prix inabordables, les transports ont triplé suivant la hausse du dollar par rapport à la gourde. Dans le même temps les entreprises ont “révoqué” (licencié) en masse augmentant le nombre de chômeurs alors que le salaire minimum restait inchangé.
Les parlementaires lavalassiens n’ont même pas appuyé les paroles démagogiques lancées par le gouvernement proposant un salaire à 70 gourdes par jour (inférieur à 2 Euros pour plus de 8h de travail). Le projet de loi n’a pas été voté ce qui fait le jeu de la bourgeoisie haïtienne, et l’application de ce salaire a été laissé à l’appréciation des patrons. Ce n’est que dans les entreprises où les ouvriers ont mené des luttes dures que les patrons ont fini par plier accordant 70 gourdes par jour. Mais ils essaient de se rattraper par divers moyens comme l’augmentation des cadences ou l’allongement du temps de travail en rognant sur les pauses.
Quant à la sécurité qui était le cheval de bataille d’Aristide, elle n’a jamais été garantie pour la population des quartiers, ainsi, c’est la violence chronique qui règne à Cité Soleil , élevée au rang de commune il y a quelques mois. La semaine du 23 mai a été un exemple marqué par de nouveaux affrontements dans ce bidonville au nord de la capitale. Selon les habitants du quartier, 20 personnes ont été tuées lors d’une bataille entre deux groupes pour le contrôle du marché public construit le mois dernier. Le chef d’un des gangs est le chef de la sécurité du nouveau maire de la Cité Soleil, ces hommes de main font office de police municipale et font régner l’ordre du maire dans la Cité. Les habitants réclament justice et réparation pour les préjudices qui leur ont été causés.
Durant ces années les pauvres se sont appauvris, les riches se sont enrichis, ces politiciens du bord de lavalasse comme ceux de l’opposition n’ont défendu que les positions de leurs commanditaires les bourgeois. Ils ne représentent pas les intérêts de la population laborieuse qui ne peut compter que sur ses forces rassemblées pour améliorer son sort.
|