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Guadeloupe
Aéroport Pôle Caraïbe Air France
Grève des bagagistes, la direction fait réprimer les grévistes
Depuis samedi 11 juin, les bagagistes d’Air France sont en grève. Ils réclament l’embauche définitive de 5 CDD qui travaillent depuis plus de 18 mois à Air France. Par ailleurs ils demandent le repositionnement en tant que polyvalents de 3 agents. Ils protestent également contre la modification intempestive des horaires.
Quelques saisonniers et surtout des cadres ont dû mettre la main à la pâte et transporter des bagages. Cela leur fait le plus grand bien et montre que le travail n’est pas de tout repos. Alors que le mouvement se déroulait dans le calme, mardi 24 juin à 16 heures, la direction a fait appel aux gendarmes pour expulser le piquet de grève.
Les travailleurs sont plus que jamais déterminés après cet inadmissible recours à la répression.
Guadeloupe
Des notables avides de postes qui trompent la population
Les politiciens de la gauche se réorganisent. Certains d’entre eux qui ont perdu un poste ou tous leurs postes, ceux qui essaient d’en avoir ont jugé utile de se regrouper. Ainsi, autour de Marsin, maire des Abymes, ex-député se sont réunis des membres connus du PPDG comme Géniès, ex-premier adjoint de Pointe-à-Pitre, Girard, ex-maire de Grand Bourg de Marie Galante, Toribio, du PSG (Parti Socialiste guadeloupéen), ex-maire du Lamentin et les Verts. Ces politiciens ont créé un nouveau parti qui semble avoir des comptes de boutique à régler avec leurs anciens amis. Leur programme, c’est avant tout de regagner le terrain électoral perdu. On se souvient qu’un premier regroupement en marge du Parti Socialiste officiel s’était opéré autour de Larifla. Marsin et le "mouvement abymien" y étaient. C’est maintenant du passé. Marsin tente un nouveau regroupement.
C’est le troisième morceau de la fédération socialiste de la Guadeloupe à faire cavalier seul. Le seul but qui guide ces notables est l’accès aux postes électifs. Ils font leur compte pour les élections à venir. Quant à Eric Jalton, ex “socialiste” il n’a pas hésité une seconde à se ranger du côté de la droite de Michaux Chevry oh pas officiellement bien sûr, mais il doit quand même à la présidente de la région en partie son nouveau siège de député.
Tous ces politiciens n’ont qu’une visée en tête, leur carrière personnelle et rien d’autre.
Quand les "Moudjahidines du peuple" servent de pretexte à une répression anti-terroriste
Usant d’accusations aussi vides de contenu que celles utilisées par les Etats-Unis pour justifier la guerre faite à l’Irak, le gouvernement français est rentré en guerre contre l’organisation politique les «Moudjahidines du peuple iranien». Cette organisation est réfugiée politique en France depuis plus de vingt ans. Le gouvernement n’a pas lésiné sur les moyens : 1300 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour mener l’opération contre 13 villas de la région parisienne qualifiées par Jean-Pierre Raffarin de «centres nerveux d’une organisation terroriste»!
Le mouvement des Moudjahidines fondé en 1965 en Iran, s’était allié à l’ayatollah Khomeiny quand il prit le pouvoir en 1979. Il fut chassé du pays deux ans plus tard. La France lui accorda son soutien dès juillet 1981 en accueillant son chef. A partir de 1983, il devint la principale opposition armée au régime iranien et se rapprocha de l’Irak, en y installant notamment plusieurs camps d’entraînement près de la frontière iranienne. Mais le gouvernement américain l’avait dénoncé comme un mouvement «pro islamique antidémocratique et antioccidental» en raison de ses actions de guérilla urbaine qui s‘en prenaient aux intérêts américains. En mai 2002 l’Union Européenne imitant les Etats-Unis, le faisait figurer sur la liste des mouvements terroristes.
Il y a quelques semaines l'armée américaine bombardait les camps d’entraînement des Moudjahidine en Irak. Alors pour retrouver auprès du gouvernement américain, les bonnes grâces perdues après le refus de participer à la guerre en en Irak, le gouvernement français lance cette hypocrite opération contre des villas où seul du matériel informatique et de fortes sommes d’argent ont été trouvés. Pourtant le ministère de l’intérieur parle de «bases organisationnelles logistiques et opérationnelles au financement douteux».
Dans cette opération le gouvernement fait d’une pierre plusieurs coups. Il cherche aussi à plaire au pouvoir en place en Iran en proie à de violentes manifestations d’oppositionnels. Par la même occasion, le gouvernement flatte le sentiment «sécuritaire» d’une partie de la population française tournée vers l’extrême droite. Il a trouvé à réprimer des immigrés, à bon compte.
Le conseil municipal de Pointe-à-Pitre vote une motion en faveur de Mumia Abu Jamal
Après l’acquisition par l’Office Municipal de la ville de Pointe-à-Pitre, de la toile réalisée sur Mumia par le peintre Sanmyel, c’est au tour du Conseil Municipal de la ville de manifester son soutien au journaliste noir américain incarcéré dans le couloir de la mort depuis plus de vingt ans. Le Conseil, réuni le 26 mai 2003, a adopté à l’unanimité une motion qui dénonce les irrégularités du procès de Mumia, et exprime sa solidarité envers les organisations qui défendent sa liberté.
Ce soutien est un geste de plus qui renforce toutes les actions qui ont été menées jusqu’ici pour que Mumia ne soit pas exécuté. Les élus départementaux de la Guyane avaient déjà voté une motion. En Martinique, Mumia a été désigné citoyen d’honneur de la commune de Sainte Anne. Dans de nombreuses villes en France y compris la ville de Paris il a été également désigné citoyen d’honneur.
Le Collectif guadeloupéen de Soutien à Mumia Abu-Jamal en a fait la demande à la Municipalité de la ville de Pointe-à-Pitre, mais celle-ci a jugé préférable de voter une motion.
Abymes
Extrait du bulletin "écho de l'aéroport" AVIATION CIVILE: LA DGAC CONTINUE SON TRAVAIL DE SAPE DU SERVICE PUBLIC
Alors que le personnel est en lutte sur le problème des retraites, la direction générale (DGAC) continue de mettre au point son projet visant à remplacer le service public par une agence ou équivalent.
C’est ainsi qu’elle met tout en place pour séparer les budgets de la navigation aérienne (DNA) du reste de notre administration.
De nouvelles luttes nous attendent si nous ne voulons pas nous retrouver rapidement dans la situation de France Telecom, c’est à dire, à terme, d’une privatisation.
CCI: DÉMISSION DE SIX MEMBRES DU BUREAU
Six membres du bureau de la CCI ont exécuté leur menace de démissionner si Clairville ne quittait pas la présidence. Apparemment les dirigeants du MEDEF Lionel de Lavigne et Vial Collet quittent le navire pour mieux préparer leur prochaine campagne.
Comme le disait Colette Koury de l’opposition, cela pouvait attendre un an encore jusqu’aux prochaines élections.
Mais pour certains, c’était encore trop long…
AIR LIB: LE CORBET, OH ! LE RENARD …
Contrairement au corbeau de la fable de la Fontaine, J.C. Corbet a commencé par se mettre en sécurité un beau fromage, avant d’utiliser son ramage pour tromper le personnel.
C’est lui qui a eu le toupet de demander des sacrifices aux employés pour mettre sur pied le projet et «sauver la compagnie».
C’est une nouvelle preuve acquise dans la douleur que les travailleurs ne doivent pas faire confiance aux paroles des patrons mais exiger le contrôle des livres de comptes et cela en permanence.
HAÏTI
Décès de René Théodore, dernier acte d'un long pourrissement politique
Nous publions ci dessous un article reçu de nos camarades de l’OTR («Organisation des travailleurs révolutionnaires» d’Haïti)
DÉCÈS DE RENÉ THÉODORE, DERNIER ACTE D’ UN LENT POURRISSEMENT POLITIQUE.
René Théodore, ancien secrétaire général du Parti unifié communiste haïtien, le PUCH est décédé le 1er juin à Miami. Les personnes lui ayant rendu hommage le 9 juin constituent tout un symbole du parcours politique de Théodore et du PUCH. En effet on remarquait des représentants de Lavalasse, des anti lavalasse comme Evans Paul, des duvaliéristes comme Volvick Remy Joseph. Ils ont tous fait l’éloge de «l’homme politique qui a choisi le camp de la démocratie ». Une manière de marquer qu’ils reconnaissaient post mortem, comme ante mortem du reste, les efforts de Théodore pour compter dans les rangs des politiciens respectables aux yeux de la bourgeoisie. Théodore depuis son retour d’exil avait en effet multiplié les actes d’allégeance, les offres de service à la bourgeoisie et aux différents gouvernements même ceux des généraux.
C’est que le PUCH depuis sa naissance a été marqué du sceau de la dégénérescence stalinienne comme tous les partis communistes du monde fondés dans le cadre de la troisième internationale reprise en main par la bureaucratie stalinienne de Moscou. L’espoir qu’avait suscité la révolution d’octobre pour des millions d’ouvriers et d’intellectuels de par le monde avait en effet suscité des vocations communistes innombrables. Ces dernières furent d’emblée détournées par la nouvelle équipe dirigeante du Kremlin qui liquida peu à peu les révolutionnaires communistes léninistes en URSS et aiguilla vers des voies de garage les communistes du monde entier. Il fallait briser dans l’œuf le développement de nouvelles révolutions ouvrières au profit du développement de la seule bureaucratie stalinienne. Mais il fallait néanmoins conserver l’illusion du combat communiste pour les militants.
C’est ainsi que comme bien d’autres dans les pays sous développés ceux du PUCH furent orientés vers des luttes nationalistes qui n’avaient rien à voir avec une politique ouvrière révolutionnaire.
C’est ainsi que dans les années 60 de nombreux militants du PUCH comme René Théodore, Jacques Stephen Alexis, des travailleurs, des étudiants, des jeunes ont lutté contre la dictature des Duvalier, en organisant des débarquements armés, des foyers de guérillas, des coups d’état manqués, des actions terroristes presque suicidaires. La plupart d’entre eux furent liquidés directement ou sous la torture, d’autres furent contraints à la clandestinité, et à l’exil. Pendant longtemps les communistes haïtiens par leur courage personnel et leur abnégation ont conservé une image de «parti révolutionnaire» combatif auprès d’une fraction de la jeunesse et des ouvriers conscients, tant en Haïti qu’à l’étranger. Mais jamais le PUCH n’eut une véritable politique orientant les travailleurs vers l’indépendance de classe à l’égard de la petite bourgeoisie libérale et la bourgeoisie haïtienne.
Après le «déchoukage» des Duvalier, le retour de René Théodore a constitué un espoir pour une partie de la jeunesse et des travailleurs. Ces derniers défilèrent en juillet 87 scandant des slogans contre Namphy et supportant le PUCH. On se rendait compte alors que le PUCH conservait un capital de sympathie non négligeable au sein de la population laborieuse.
Ce petit capital fut littéralement dilapidé, gaspillé. La politique des dirigeants du PUCH consista à revendiquer un gouvernement de «coalition nationale» aux côtés de partis sociaux démocrates et duvalièristes. C’était une politique véritablement criminelle car elle enchaînait une fraction des masses aux illusions qu’une hypothétique alliance avec ces partis pouvait être un facteur de libération sociale pour les masses haïtiennes. Quelle libération sociale pouvait-on attendre d’une politique qui entendait soi-disant changer les choses en maintenant les grandes familles bourgeoises, comme les Mevs, Brandt, Madsen et autres gros possédants, alors même que les masses haïtiennes connaissaient et connaissent encore une effroyable misère et une exploitation éhontée?
Sous la dictature des généraux putschistes avec Cédras à leur tête, Théodore fut un moment «pressenti» en 1992 comme Premier ministre. Il accepta l’offre de service éventuel allant jusqu’à signer lui-même des lettres «Premier ministre pressenti». Et si Théodore ne fut pas Premier ministre de la dictature sanguinaire ce ne fut pas de son fait mais parce que la dictature militaire de Cédras ne mit pas l’idée en pratique jusqu’au bout.
Pour montrer sa bonne volonté de coopérer, Théodore dissout le PUCH pour le baptiser MRN (Mouvement de reconstruction nationale). Le PUCH a ainsi disparu en tant que parti mais il était en fait déjà mort, pourri par une politique de trahison des intérêts des travailleurs. René Théodore termina donc sa carrière comme n’importe quel politicien libéral au service de la bourgeoisie se rangeant dans le camp d’une opposition politicienne frustrée de n’avoir pas eu les postes qu’elle escomptait. IL a contribué à semer des illusions dans la classe ouvrière et à la mettre à la remorque des partis bourgeois. En cela le parti communiste haïtien a suivi le chemin de bien d’autres Partis communistes dans le monde gangrenés par la politique de la bureaucratie stalinienne qui n’avait plus rien à voir avec le communisme, avec le léninisme.
Il ne sera pas possible de renouer avec une véritable politique communiste sans faire la critique intransigeante de la politique du PUCH et de ses dirigeants. Une nouvelle génération de militants réellement communistes aura comme objectif principal de s’implanter dans la classe ouvrière, de recréer un nouveau parti communiste orienté vers l’indépendance de classe de la classe ouvrière, la lutte contre la bourgeoisie exploiteuse jusqu’à la prise en mains de ses richesses pour les mettre à la disposition de l’ensemble de la population laborieuse, en un mot la révolution ouvrière.
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