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Une liste Combat Ouvrier sera présente aux élections régionales pour la défense des intérêts économiques des travailleurs et des pauvres
Cette liste de Combat Ouvrier sera ouverte à tous nos amis et sympathisants, aux travailleurs conscients qui veulent se porter candidats pour défendre les intérêts de leurs frères et sœurs de classe, ceux des chômeurs, des « précaires » et de toute la population laborieuse!
Notre campagne aura pour but:
-De faire élire des travailleurs comme conseillers régionaux, afin qu’ils défendent eux-mêmes, directement, les intérêts de leurs frères et sœurs de classe, en lieu et place de notables et de représentants d’autres classes toujours prêts à trahir les intérêts des couches populaires et laborieuses.
Pour y parvenir, les candidats regroupés sur notre liste s’attacheront:
À proposer une politique des travailleurs pour se défendre contre les attaques du patronat et du gouvernement et, en particulier, permettant d’imposer la création massive d’emplois! Ils dénonceront donc la politique de ce gouvernement de droite, favorable au patronat, continuateur en cela du précédent gouvernement de gauche.
Martinique
Les employés municipaux ne se laissent pas faire
Durant la même journée du lundi 29 décembre et dans deux communes du Nord-Atlantique, le Macouba et le Lorrain, les employés municipaux se sont mobilisés avec leur syndicat CGTM/SOEM. Ceux de la commune du Macouba ont dû ériger un barrage devant la mairie, car le maire refusait d’entamer des négociations pour leur titularisation. Très rapidement, le premier magistrat, Sainte-Rose Cakin, a été obligé de recevoir une délégation de grévistes pour discuter sur leur revendications.
Ainsi, une nouvelle rencontre a été prévue pour le lundi 14 janvier avec les deux parties pour discuter:
- du plan de titularisation, du nombre d’heures que devront effectuer les agents non titulaires et du plan social. Au Lorrain le Maire Michel Thalmency a voulu lui aussi jouer au dur. Dans un premier temps, il a cherché à déplacer deux agents municipaux et comme par hasard se sont, le secrétaire et la trésorière de la section syndicale.
Pour se défendre, Thalmency a cherché à avancer comme prétexte «qu’un agent d’entretien est polyvalent» donc il peut être déplacé n’importe où.
Face aux employés mobilisés derrière leur barrage installé à proximité de la municipalité, ce maire a dû lui aussi revoir sa position. Il a donc renoncé à vouloir déplacer arbitrairement des agents qui le dérangeaient.
Dans le sud de l’île, Larcher, le maire des Anses d’Arlet ne veut pas lui non plus de syndicat dans sa municipalité. Les employés sont actuellement sur le qui-vive pour faire ce maire rabaisser son caquet.
Beaucoup de magistrats quelque soit leur étiquette politique ne veulent pas de syndicat dans leur municipalité, parce que celui-ci les oblige à titulariser leurs employés qui travaillent pour eux depuis plus de 10 ans.
En tout cas, les employés municipaux ont bien compris. Lorsque leurs employeurs veulent faire la sourde oreille, ou jouer au magouilleur, le seul moyen de les mettre à la raison c’est de se mobiliser pour faire entendre leurs voix.
Guadeloupe
Le centre de drépanocytose menacé de fermeture
La drépanocytose est une maladie grave touchant les globules rouges du sang. Elle induit la formation d’une protéine d’hémoglobine anormale (hémoglobine S, Hb S) qui détruit les globules rouges. Elle entraîne des crises douloureuses. Elle est héréditaire. Elle peut être mortelle dans certains cas.
Le centre de drépanocytose situé à l’ancien hôpital Ricou a des difficultés de fonctionnement. Il risque de fermer ses portes. Les gestionnaires ont démissionné faute de moyens financiers et ne peuvent plus assurer le fonctionnement administratif. Cette association de bénévoles fonctionne depuis octobre 1990. Le centre suit plus de 600 patients adultes par an et 320 enfants. Il reçoit également des malades de la Caraïbe et de la Martinique et a en charge les malades de France qui viennent en vacances.
Face aux difficultés du centre, les parents des malades ont réagi. Ils ont manifesté leur mécontentement par différentes actions et ont alerté l’opinion sur les ondes et dans la presse.
Certains élus ont interpellé le gouvernement. Mais jusqu’ici le ministère de la santé n’a pas donné de réponse.
Les responsables de l’association ont proposé des solutions, entre autres l’intégration de la structure au Centre Hospitalier. Pour l’instant le centre continue de fonctionner mais son avenir est incertain. Si les pouvoirs publics ne réagissent pas, ce sont les malades qui en subiront les conséquences. C’est un véritable scandale quand on sait que cette maladie atteint de nombreuses personnes aux Antilles. Elle a été révélée en effet comme une maladie touchant plus particulièrement les Noirs.
Les voeux d'un patron aux patrons
Dans ses vœux aux patrons, le président de la CCI de Pointe à Pitre, Félix Clairville, a rappelé l'arrivée de la Loi-programme pour l'Outre mer le 1er janvier 2004. N'en doutons pas, les patrons se frottent déjà les mains. Selon ce président, la situation devrait s'améliorer car les patrons seront encouragés à investir. En effet, les mesures de défiscalisation sont renforcées par cette nouvelle loi : davantage de remises d'impôts et pour plus longtemps, parfois 10 ans au lieu de 5 ans. Et cela «sans risque de remise en cause avant 31 décembre 2017». C'est écrit dans la loi. Comme quoi les travailleurs pouvaient toujours voter oui ou non à leur référendum, c'était déjà fixé depuis juillet 2003, avec le vote de cette loi.
Ainsi les hôteliers pourront renouveler leurs bâtiments, les compagnies aériennes intervenant dans les DOM seront aidées. En fait pratiquement tous les domaines de l'économie seront soutenus par le gouvernement. Tous les patrons seront servis. Ce qui n'est pas clair, ce sont les conséquences pour l'emploi. Les patrons recevront des aides, seront dispensés de payer des charges mais nulle part il est prévu de sanctions contre ceux qui n'embauchent pas. Il est même devenu possible de donner un «titre de travail simplifié» (TTS) à un travailleur pendant plus de 100 jours. La précarité sera maintenue, les petits contrats seront généralisés du public au privé, enfin rien de bon pour les travailleurs... À moins bien sûr d'une manifestation salutaire de la colère des laissés pour compte.
Grève des banques: huissiers, tribunaux, armes des patrons banquiers
Dès le début de la grève, les directions de la BNP, de la BDAF puis ceux de la BFC ont assigné en référé tous les responsables syndicaux pour « entrave au travail des non-grévistes ». En pleine période de fêtes, il s'est trouvé un juge pour suivre les demandes des patrons banquiers et condamner chacun des grévistes jugés à payer 150 euros par jour. La CGTG a également été condamnée à payer chaque jour 800 euros pour la BNP et autant pour la BFC.
Les patrons ont tenté d'affaiblir le mouvement en utilisant la Justice. Il n'en a rien été. Notons qu'aucun des huissiers de Pointe à Pitre pourtant tous contactés par les grévistes n'a accepté de travailler pour eux. En Martinique au même moment qu'en Guadeloupe, les déclarations d'un huissier ont compté lors de l'assignation des grévistes au tribunal par la BNP. Elle a été déboutée.
Ajoutons que les patrons banquiers qui n'arrêtent pas de pleurnicher sur leurs difficultés paient chaque jour des huissiers 1545 euros du matin au soir.
HAÏTI
La population commémore à sa manière
Depuis le 5 décembre les manifestations anti-Aristide se multiplient avec les étudiants comme fer de lance et ce premier janvier, les politiciens de la Convergence (opposition) de même que les opposants de la Société Civile, n’ont pas laissé passer l’occasion de montrer aux caméras du monde entier qu’Aristide ne se maintient au pouvoir que par la répression. La manifestation des opposants partie de Pétionville a été dispersée sur la route de Delmas par les forces spéciales, les CIMO. Les manifestants ont répondu aux tirs de grenades lacrymogènes par des jets de pierre. Plusieurs personnes ont été blessées par balle. L’opposition avait appelé à une manifestation pour «déchouker» Aristide (Déchouker : terme créole, devenu célèbre à la chute de Duvalier. Littéralement «déraciner»).
Dans l’après-midi du premier janvier, aux Gonaïves, c’est au pas de charge qu’Aristide a réussi à boucler une cérémonie qui n’a duré que 15 minutes sur la place des héros barricadée. A l’extérieur, dans la ville, la police faisait face aux tirs des opposants d’Aristide, des proches de Métayer, des pauvres des quartiers. Les officiels du gouvernement, ou de Lavalasse, les parlementaires n’ont pas pu atteindre Gonaïves à temps, ils ont été bloqués par des barricades ; de même, les bus transportant les partisans payés pour la circonstance ont été débarqués Aristide a dû fuir Gonaïves, même si le porte parole du gouvernement a insisté sur le fait que la cérémonie du bicentenaire s’est tenue aux Gonaïves envers et contre tout.
Pour la population laborieuse des villes et des campagnes il n’y avait pas de raison de célébrer en montrant sa joie. Les services publics se sont encore dégradés ces dernières semaines : pas d’eau, pas d’électricité, diminution des transports vers les villes de province. Les tarifs des bus ont grimpé du fait de l’insécurité, du prix du carburant, de l’état lamentable des routes disent les chauffeurs.
A Port au Prince, les patrons des entreprises de la zone industrielle ont utilisé les vieilles ficelles pour ne pas payer les «boni» et les primes de fin d’année. Ils ont dit que les commandes ont baissé et ils ont mis les ouvriers au chômage technique. Ils ont dit que les manifestations empêchaient les entreprises de fonctionner correctement.
Dans le même temps, ils appelaient les ouvriers à venir dans les manifestations des 184 et de la société civile dirigées par les patrons. Ils proposent une «alternative à Aristide, une nouvelle démocratie pour Haïti, un gouvernement avec à sa tête un président de la cour de Cassation», comme cela s’était fait lors du départ d’Avril et de la mise en place de Ertha Trouillot. A voir ceux qui composent les rangs de l’opposition, cette démocratie, comme celle de l’époque de Trouillot qui a vu Aristide devenir président, serait dirigée par la bourgeoisie et servirait la bourgeoisie.
Les dirigeants de la Société s’appuient sur les mouvements des étudiants dont ils utilisent les forces pour tenter de déchouker Aristide. Les étudiants qui ripostent aux attaques dont ils ont été la cible ce mois ci, qui se battent contre la dictature, ont intérêt que leur juste colère rejoigne celle des travailleurs et des pauvres. Ils sont parmi les plus combatifs ces jours ci et ils ne pourront vaincre la dictature de la clique d’Aristide qu’avec le soutien actif de la population laborieuse, des travailleurs, des pauvres. Ce ne sont pas les politiciens de l’opposition, ni les patrons de la société civile qui pourront apporter le changement radical auquel les travailleurs et les étudiants aspirent, car ils ne veulent surtout pas que les travailleurs prennent en main les rênes de la politique ou de l’économie dans ce pays.
Jusque là, à travers les changements de gouvernement, les renversements d’alliance, les promesses, les coups d’état, patrons et politiciens ont réussi à berner la population, à la terroriser, à l’enfermer dans des ghettos et sous la dictature des patrons dans les entreprises. Mais les manifestations qui ont marqué la fin de l’année 2003 et qui se profilent pour 2004 peuvent être l’occasion pour la classe laborieuse, de retrouver le chemin de la bataille aux côtés des jeunes, des étudiants et de mettre en avant leurs propres intérêts, ainsi que ceux de tous les pauvres.
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