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Martinique
Menaces de licenciements dans l'agriculture: Où est passé l'argent des subventions et des exonérations fiscales et sociales?
Le lundi 5 janvier 2004, une délégation de responsables des ouvriers agricoles CGTM, accompagnés de dirigeants de la CGTM avait une nouvelle rencontre avec le préfet, le directeur du Travail, des responsables des services de l’Agriculture, à propos de la situation des salariés des ex-habitations de la COBAMAR. En effet dix sept habitations du groupe COBAMAR vendues à la société TUSKEBAN gérée par le dénommé Oliny ont été mises en redressement judiciaire depuis le 30 octobre 2003 et l’ensemble des salariés est menacé. Aujourd’hui, sur les dix sept habitations, onze auraient trouvé des repreneurs. Mais ces repreneurs sont en train de négocier sur le nombre de salariés dont ils se débarrasseront pour que les habitations deviennent suffisamment rentables. Près de la moitié des salariés seraient concernés. D’après le préfet, sur ces plantations, un nombre important des salariés pourrait être mis en pré- retraite. Les autres feraient l’objet de congés de conversion suivis de licenciements ou bien de licenciements économiques. Plus de 150 personnes seraient ainsi concernées par ces mesures. Pour six autres habitations, il n’y a toujours pas de repreneurs. Le tribunal doit statuer sur leurs cas le 13 janvier prochain. Là encore des dizaines de salariés sont menacés de licenciements, ou bien, toujours selon le préfet, certains d’entre eux pourront être mis en pré-retraite.
En recevant les délégations syndicales, le préfet tente de calmer les choses. Il faudrait sans doute qu’elles soient «acceptables». Pour cela il cherche à se montrer efficace et joue les négociateurs avec ses propres services de la direction du travail pour mettre en place des formules «douces» de «cessation d’activités» : reclassement sur d’autres habitations, préretraites, plans sociaux et autres licenciements économiques avec possibilité de retrouver un emploi plus tard, etc. Il veut tout faire pour empêcher la colère de monter dans les rangs des travailleurs. Mais ces derniers ne sont pas dupes. Ils n’ont aucune confiance. Surtout qu’ils savent que leurs anciens employeurs, ceux du groupe FABRE, ont touché des subventions par centaines de millions de francs, qu’elles soient européennes, nationales, régionales, des exonérations fiscales ou sociales, etc. pour le fonctionnement de ces habitations. La question qui se pose donc aujourd’hui est de savoir où est passé tout cet argent ? Aujourd’hui, tout le monde sait que ces békés se sont débarrassés de leurs plantations de bananes, qu’ils ont investi dans le tourisme et qu’ils continuent de s’enrichir. Pendant ce temps, la vie quotidienne des centaines de salariés qui leur ont permis de s’enrichir est menacée. Alors, s’il le voulait le préfet pourrait être plus efficace en rendant publiques les comptes de tous ces patrons. Au moins ceux correspondant à l’argent public qui leur a été versé. Mais cela, il ne faut pas compter qu’il le fasse spontanément. Il faudrait bien que les ouvriers l’y obligent. Pour l’instant ces derniers continuent à s’informer sur tous les dispositifs de secours qui leur sont présentés. Mais ils se préparent aussi à demander des comptes pour ne pas être les victimes de toutes les magouilles qui se font sur la sueur de leur travail.
Aujourd’hui, les salariés des habitations en redressement judiciaire n’ont même pas touché leur salaire du mois de décembre.
Et malgré les garanties qui leur ont été données par le préfet, certains se disent décidés à récupérer l’argent qui leur est dû dans les mains de l’administrateur judiciaire.
"L'Express des Îles": La grève est suspendue
La grève qu’avaient déclenchée les salariés de la compagnie maritime «L’Express des îles» à la mi-décembre 2003 est suspendue.
En effet, ces employés navigants affiliés à l’UGTG dénoncent l’absence d’accord sur les négociations annuelles obligatoires. Les discussions qui portent sur une dizaine de points, notamment la réduction des temps de travail (RTT), après plusieurs réunions avec les représentants de la compagnie, ont échoué. Ainsi, un protocole de suspension de conflit a alors été signé. Les différents points de revendications seront discutés ultérieurement, sauf la question des heures supplémentaires qui sera traitée par la justice.
Quelques mots sur L’Express des îles : En 2000, «ATE» fusionne avec «Caribean Express» donnant naissance à «L’Express des îles». En 2001 le groupe Bourbon, basé à la Réunion, vend toute la compagnie «L’Express des îles» à ses salariés. Ainsi, le capital de cette société appartiendrait donc aussi à des salariés de Guadeloupe, Martinique, Marie-Galante et des Saintes.
Cette situation des travailleurs de « L’Express des îles » est pour le moins paradoxale. Elle prouve, s’il en était besoin, que la participation des travailleurs dans le capital de l’entreprise (achats d’actions) ne peut jamais aller dans le sens de leurs intérêts. Aujourd’hui ceux de «l’Express des îles» sont grévistes de leur propre entreprise, si tant est qu’elle soit la leur!
Débat sur l'école; un nouveau tour de passe-passe du gouvernement
Le gouvernement Raffarin a lancé un «Grand débat national sur l’avenir de l’Ecole». Avant d’entreprendre des réformes, il dit vouloir connaître l’avis des citoyens. Certains y voient l’occasion de faire prendre en compte par le gouvernement certaines de leurs propositions ou préoccupations pour apporter des solutions à des problèmes structurels. Trois grands chapitres regroupant 22 questions sont soumis à la communauté éducative réunie en catastrophe dans le cadre des conseils d’administration. Il a fallu sélectionner trois questions qui devaient être débattues sur deux demi-journées les 21 et 22 novembre 2003. Le gouvernement devrait, après ce «débat» proposer une loi après exploitation des résultats.
Le gouvernement voudrait que tout cela débouche sur ce qu’il appelle un bilan, un diagnostic «partagé». Vraiment. Il faut être dupe ou alors avoir la mémoire courte pour croire pareille histoire.
Le débat national sur l’avenir de l’école, c’est comme la consultation sur la décentralisation, c’est comme la consultation sur la modification des régimes de retraite. En d’autres termes, les conclusions sont déjà connues et les décisions prises avant même le lancement de cette pseudo-consultation. Mais comme les dirigeants de ce pays se disent démocrates, ils mettent en scène de grandes messes pour donner l’impression de ne rien imposer. Et puis le président de la commission qui organise cette opération de communication, Mr Jean François Thelot, nommé par le gouvernement, n’a pas caché que ce dernier n’était nullement lié par les conclusions des débats. Interrogé le 15 novembre 2003 par le journal Le Monde, il a déclaré : «C'est un débat pour agir, pour tous, transparent et mené par une commission indépendante. ….. La contrepartie de cette indépendance, c'est que le gouvernement n'est pas lié en droit par ses travaux pour élaborer un nouveau projet de loi. Mais si le débat reflète correctement ce que les Français pensent, le gouvernement en tiendra évidemment compte».
Des syndicats et des parents d’élèves en Martinique ont fait savoir qu’ils proposeraient d’organiser les états généraux de l’Education. Et leur participation aux débats qui ont eu lieu les 21 et 22 novembre ne signifiaient nullement qu’ils jouaient le jeu du gouvernement, ils ne se faisaient aucune illusion.
Car nul ne peut ignorer que l’orientation prise par ceux qui nous gouvernent se résume au renforcement des fonctions régaliennes de l’État : Justice, Police, et surtout Défense qui a bénéficié d’une augmentation de 9% de son budget 2004. Alors que le budget alloué à l’Éducation stagne, que les moyens nécessaires à l’encadrement des élèves diminuent. Moins d’assistants d’éducation remplacent les aide-éducateurs et des MI-SE. Moins de professeurs, moins de places offertes aux élèves et aux étudiants, moins de moyens pour l’entretien des locaux…Ce bilan est archi-connu par ceux qui dirigent ce pays.
C’est pourquoi il est vain de chercher à améliorer la situation de l’Ecole en s’associant à l’initiative hypocrite du gouvernement qui n’a d’autre objectif que de s’appuyer sur les bonnes volontés pour démanteler encore plus un service public sous prétexte de vouloir simplifier et optimiser son fonctionnement. Tout cela au profit des requins de la finance et défenseurs du libéralisme pour qui l’Education n’est au fond qu’une marchandise.
Guadeloupe
Grève à la plantation Bureau
Les 23 travailleurs de la plantation Denis Bureau à Trois Rivières se sont mis en grève à partir du mardi 30 décembre parce que le patron, sous prétexte de difficultés financières, refuse de leur verser la prime de fin d’année de 609,80 euros.
Cette prime avait été obtenue pour l’ensemble des travailleurs de la banane à la suite de la grève de la fin 1996, qui avait duré 52 jours. Sur les autres plantations, la prime a été versée, mais le patron Bureau a décidé qu’il ne le ferait pas. Il a affirmé que puisque dans les banques, il est question de retirer certaines primes, il ne voit pas pourquoi lui en paierait. Cela montre bien que les différentes luttes sont liées : de même, si les travailleurs de la plantation Bureau avaient accepté sans réagir de voir leur prime supprimée, les patrons des autres plantations n’auraient pas manqué de suivre l’exemple l’année prochaine.
Mais les ouvriers sont déterminés à percevoir cette prime qu’ils ont gagnée par la lutte. Ils sont tous en grève et empêchent également le fonctionnement du musée de la banane que le patron a installé.
Un géreur retrouvé mort sur son lieu de travail
Le 9 décembre dernier, ne voyant pas revenir son mari, géreur sur la plantation COPROBAN, (anciennement Kancel-Lurel) à Moreau Goyave, sa femme donne l’alerte. Les recherches ont été entreprises et vers 23H le corps de M. Pérez a été retrouvé sur la plantation, dans un fond à côté d’un tracteur qu’il conduisait. Est-il mort sur le coup, tout de suite après sa chute? Ou a-t-il souffert avant de mourir? On pencherait plutôt pour la première hypothèse compte tenu de la position dans laquelle son corps a été retrouvé. Il laisse une femme et deux enfants.
On parlera comme c’est souvent le cas dans ce genre d’accident, de fatalité. Mais quand on sait que M. Pérez était seul sur la plantation, qu’il préparait le travail pour le lendemain, notamment le remplissage des réservoirs de carburant des engins, c’est sur que la fatalité n’y est pour rien. S’il y avait avec lui d’autres travailleurs sur la plantation, peut-être qu’il n’aurait pas perdu la vie.
Rappelons qu’il y a quelques années de cela, un travailleur avait été retrouvé sur une plantation de Capesterre-B-E, en début de soirée gisant à côté du récipient de produit toxique qu’il répandait. Il a eu la vie sauve parce qu’on l’a retrouvé à temps. On sait combien les patrons en général néglige la sécurité pour de meilleurs profits. Au moment où l’on parle tant du « principe de précaution », les patrons eux semblent appliquer le principe de «pwofitasyon». Les travailleurs de la banane depuis des années ont payé un trop lourd tribut au laisser-aller patronal quant à la sécurité.
On comprend aussi pourquoi le syndicat CGTG-banane n’arrête pas de répéter aux travailleurs qu’il ne faut jamais accepter de travailler isolé sur la plantation, loin des autres camarades de travail.
Jamaïque: Crise économique; les syndicats dénoncent le FMI
En ce début d'année, les syndicats, ainsi que l'organisation des jeunes du parti travailliste jamaïcain (PNP) dénoncent les responsabilités du gouvernement dans la crise que traverse le pays. Ils rendent responsable de la situation catastrophique de l'économie du pays, l'accord de l'Etat avec le Fonds monétaire international (FMI).
Ils disent que cet organisme impose des diktats et ne défend pas l'intérêt général mais celui de quelques coteries. Ils jugent exagérées les dépenses de l'Etat qui ont augmenté de 60% ces cinq dernières années. Cela est rendu possible par les prêts accordés au gouvernement. La dette du pays est de 700 milliards de dollars. Les syndicats demandent au gouvernement de négocier avec le FMI une baisse des intérêts de la dette nationale.
Cependant l'inflation pour l'année qui vient de s'écouler est importante : 13%. Le nombre de chômeurs et de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté est de 670 000. Près d'une centaine d'écoles menacées de fermeture à la fin de 2003 viennent de recevoir des crédits du ministère de l'Education nationale. Malgré cela, les chefs d'établissement se demandent s'ils ne seront pas obligés de fermer fin janvier. Les difficultés à venir sont grandes pour une importante partie de la population.
Comme solution, les syndicalistes proposent que le débat avec le FMI ne soit pas limité au seul gouvernement. Ils demandent des négociations entre le gouvernement, le secteur privé et les syndicats.
Encore un pays victime de cet organisme capitaliste mondial qu'est le FMI. De plus en plus dans le monde ses méthodes impitoyables sont dénoncées. Ces derniers mois, on a même vu des accusations portées de l'intérieur, par quelqu'un qui a été un des responsables du FMI et qui a pratiqué ces méthodes odieuses dans différents pays du tiers monde, le prix Nobel d'économie 2001, Joseph E. Stiglitz. Il publie une série de documents d'accusation où il dénonce les dégâts faits par cet organisme et avec eux le gouvernement de Bush dans l'ex-URSS, en Afrique ou en Argentine. Mais Stiglitz, tout comme les syndicalistes de la Jamaïque ou encore les alter mondialistes, parlent d'améliorer le capitalisme, en quelque sorte, de le rendre "à visage humain". Comme si c'était possible!
Actuellement les difficultés vécues dans les pays pauvres atteignent déjà les pays développés. Il ne suffira pas de réformer le système. Il faut faire cesser l'exploitation par une poignée de dirigeants. Il faut abattre ce système.
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