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ÉditorialDes listes Combat Ouvrier aux élections régionales!
En Martinique et en Guadeloupe, Combat Ouvrier présentera une liste conduite par des travailleurs aux élections régionales du 21 mars.
Nous nous adressons à tous les travailleurs, à tous les membres de la population laborieuse qu’ils soient actifs ou non, les chômeurs, les Rmistes, les femmes travaillant à domicile. Depuis les deux ou trois dernières années nous avons vu un grand nombre de travailleurs mener des grèves, descendre dans les rues, dresser des barrages, manifester pour obtenir une amélioration ou pour garder quelque chose que les patrons ou l’Etat-patron voulaient leur retirer.
Presque toutes les catégories de salariés ont eu à se battre, à faire grève à tour de rôle.
Certains voulaient une sécurité d’emploi, un horaire convenable pour avoir une vraie paye, un vrai salaire leur permettant de vivre décemment de leur travail. Eh bien, même ce droit élémentaire qui est le droit au travail et à un revenu correct, ils doivent descendre dans les rues pour l’obtenir.
Et bien d’autres sont inquiets sur leur avenir. Et c’est cette inquiétude qui les a poussés massivement à voter non ou à s’abstenir au referendum!
C’est parce que les travailleurs sont capables de se battre qu’ils ont intérêt à avoir aussi une politique qui consiste à se donner quelques objectifs précis, simples à poursuivre, pour donner tout son sens à leur lutte.
Il est inadmissible que les grands planteurs déclassent leurs terres comme chez Bureau à Trois rivières, refusent de payer la prime de fin d’année et menacent de licenciement, comme à Gardel, comme à Fon-Ban, en prétextant la non rentabilité de leur entreprise.
Il faut interdire à ces gens là de fermer des entreprises.
Les petits planteurs de Moule ont posé le problème de devenir actionnaires de l'usine Gardel. Les salariés, les travailleurs doivent poser le problème d’interdire la fermeture de cette usine.
L’usine doit être réquisitionnée et doit fonctionner au bénéfice des salariés et des petits paysans de la région qui y livrent leur cannes.
Ce ne sera possible que grâce à une action basée sur la force des travailleurs.
Il faut aussi savoir ce que devient l’argent que l’on donne à une série de sociétés ( air lib, air-guadeloupe, air-caraïbe etc.) ; il faut connaître leurs comptes et pouvoir vérifier qu’ils n’ont aucune raison de licencier ou de fermer; C’est pourquoi les travailleurs devront imposer de rendre publics tous les comptes des entreprises, de leurs dirigeants et de tous ceux qui ont des liens avec elles.
L’argent du sucre, les subventions nombreuses et variées accordées à la replantation de la canne, les divers plans de soutien à la « filière canne », n’ont enrichi ni les travailleurs des usines sucrières ou des champs ni probablement la plupart des petits producteurs de cannes, mais les Despointes oui!
Il y a les subventions directes ou indirectes, les soutiens à la production, à l’emploi comme le prévoit la loi programme de Girardin. Elle n’a d’ailleurs fait que prolonger le plan de Paul, ministre de Jospin, en l’aggravant, en donnant plus aux capitalistes. Il y a les subventions indirectes comme la défiscalisation.
Il faut arrêter l’octroi de ces subventions aux gros patrons, car cette distribution de l’argent public se fait au détriment des services publics ( hôpitaux, santé, écoles, université ) L’argent doit aller à ces services publics, à leur amélioration, à leur développement et permettra ainsi une réelle création d‘emploi massive et utile à la société... En vous battant pour les faire reculer, vous mettrez en avant ces objectifs,: interdiction des licenciements, publicité complète sur les comptes des entreprises, arrêt des subventions et transfert de ces sommes sur l’amélioration et le développement du service public!
Nous, candidats de Combat Ouvrier à ces élections, nous croyons que c’est une telle politique qui peut aider les travailleurs dans leur volonté de changer votre sort, de lutter contre le chômage et les bas salaires!
En votant pour la liste Combat Ouvrier vous aurez alors des élus au Conseil régional qui seront vos porte-parole et qui représenteront et défendront exclusivement vos intérêts dans l’assemblée régionale!
Solidarité avec les employés de banques en grève
La grève commencée le 22 décembre dernier en est à sa cinquième semaine et l’AFB continue à faire la sourde oreille. Mais la mobilisation des grévistes ne faiblit pas.
Mercredi 14 janvier des barrages ont été érigés dans Jarry. Les grévistes ont distribué des tracts à la population expliquant les raisons de leur grève. Il y a eu un embouteillage monstre à Jarry et une perturbation importante car personne ne pouvait circuler. Mais dans l’ensemble la population soutenait les grévistes. Les forces de l’ordre sont venus lever les barrages vers 9h du matin mais la circulation n’est revenue normale qu’en fin de matinée.
L’AFB avait proposé une rencontre le 20 janvier en Guyane. L’intersyndicale des banques lui avait écrit pour proposer une date plus proche en Guadeloupe. Finalement l’AFB faisait savoir qu’elle serait en Guadeloupe le vendredi 16 janvier et une rencontre était prévue à 17h au WTC à Jarry (World Trade Center).
Environ 200 grévistes se sont rassemblés au WTC pour soutenir la délégation de l’Intersyndicale Guadeloupe, Martinique et Guyane. Toute la nuit la mobilisation a continué et c’est au son du tambour que les grévistes attendaient le résultat des discussions. Après 10 heures de négociations, à 4h du matin, les représentants de l’AFB signaient un document où ils reconnaissaient l’existence des conventions collectives locales. Rendez-vous était pris pour la suite des négociations le samedi après midi à la CCI de Pointe-à-Pitre.
Le samedi après-midi les grévistes se sont également mobilisés durant les négociations. Après une heure de discussion, il y eut une suspension de séance car les représentants de l’AFB dirent ne pas avoir de mandat pour continuer les négociations. En fait ils refusaient de s’engager par écrit à maintenir les avantages acquis. Les discussions reprirent et vers 20h30, la délégation de l’AFB quitta la table des négociations et décida de s’en aller. L’Intersyndicale n’a pu que constater que les représentants de l’AFB protégés par la police présente sur les lieux s’enfuyaient comme des malfaiteurs. Ces messieurs reprirent l’avion le soir même pour Paris sous prétexte qu’ils n’avaient pas de mandat.
Ce mépris des dirigeants de l’AFB n’a pas découragé les grévistes. Bien au contraire ils ont décidé de durcir le mouvement. Dès mardi 20 janvier, un rassemblement était prévu devant la BNP Rénovation pour une manifestation dans les rues de Pointe-à-Pitre.
L’attitude de l’AFB a eu comme résultat de rapprocher les non grévistes de la BNP des grévistes. Et ces derniers décidaient de ne pas ouvrir les agences.
Dans les jours qui viennent d’autres actions sont prévues car les grévistes n’ont pas l’intention de rester les bras croisés en attendant le retour de ces messieurs de l’AFB venus faire un petit tour en Guadeloupe pour faire semblant de négocier.
N’oublions pas qu’il s’agit de revenir sur des avantages acquis. L’AFB avait déclaré dans la presse qu’elle ne revenait sur aucun avantage acquis. Mais c’est précisément sur ce problème que les négociations ont été interrompues. Si le plan scélérat de l’AFB passe, les capitalistes n’hésiteront pas à suivre leur exemple pour s’attaquer à bien des travailleurs du public comme du privé.
Plus que jamais la grève continue et il est aussi de l’intérêt l’ensemble des travailleurs de soutenir les grévistes.
Martinique
Gréve des banques. Préfet et patrons ridiculisés
En Martinique le Préfet Michel Cadot jugea qu’il était temps de faire intervenir la police. Dans une déclaration à la presse il indiqua qu’une décision du tribunal depuis plusieurs semaines déjà avait déclaré illégal le campement du piquet de grève devant l’établissement de l’avenue des Caraîbes.
Ainsi, lundi au petit matin, plusieurs cars de police quadrillaient le pâté d’immeubles où se trouve la BNP et à chaque extrémité de la rue Lazare Carnot qui est la rue d’accès aux bureaux de la banque un cordon de police empêchait la libre circulation des passants.
Mais tout ce déploiement de force ne servit à rien car au moment de regrouper les volontaires à l’escorte, les flics ne trouvèrent pas preneurs. Aucun des non grévistes n’accepta d’entrer dans la banque encadré d’un cordon de policiers. Ils préférèrent écouter les interventions des grévistes qui les exhortaient à ne pas travailler sous protection policière, et à rentrer chez eux.
Seuls les hauts cadres de la banque franchirent le pas de la porte de l’immeuble. Eux qui disent n’avoir aucun pouvoir pour discuter et que tout se décide à Paris, devaient se sentir étouffer de honte sous les sarcasmes et le roulement incessant des tambours des grévistes.
Le coup de force du Préfet et des patrons de l’AFB se voulait être fait pour la mise sous contrôle du mouvement de grève. Il n’a pas abouti. Et si cette première tentative a échoué c’est bien parce que les grévistes ne sont pas restés les bras croisés. Ils ont su renforcer leur mobilisation et avec détermination, ils ont fait reculer l’agression. Cette détermination, ils en auront besoin pour les jours à venir.
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