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Le gouvernement Raffarin poursuit sa guerre sociale
Dés le début de l’année 2004, les mesures ont continué à pleuvoir contre les travailleurs et la population. Bon nombre de chômeurs ont été privés de leurs indemnités ASSEDIC à compter du 1er janvier. Le versement passe de 30 mois à 23 mois. Les travailleurs licenciés ne percevront les ASSEDIC que pendant deux ans. Le gouvernement n’a même pas attendu que les chômeurs qui bénéficient de l’allocation profitent une année de plus. C’est donc une attaque brutale qui n’a même pas permis aux chômeurs de se préparer à supporter cette restriction.
Quant à ceux qui sont privés d’emploi ils auront du mal à percevoir les ASSEDIC. Dès son arrivée au pouvoir le gouvernement Raffarin a montré la couleur. Les attaques contre les salariés et la population se sont multipliées. Il y a eu d’abord en 2003 l’offensive contre les retraites. Les salariés doivent cotiser 40 ans puis 42 ans pour avoir droit à une retraite dite » «à taux plein».
La dernière mesure que le gouvernement vient d’annoncer est la création de «contrat de mission» qui renforce le travail précaire. Les employeurs pourront, grâce à cette nouvelle mesure, embaucher des salariés avec un contrat dont ils fixeront eux-mêmes les limites en invoquant les compétences. Cela signifie que ce type de contrat sera soumis à la seule appréciation de l’employeur.
Sur le plan de la santé, les restrictions sont aussi importantes : depuis le 24 septembre, 80 médicaments ne sont plus remboursés par la Sécurité Sociale. Ils sont les premiers d’une liste de plus de 600. Pourtant, nombreux sont ces médicaments à être d’usage courant tels ceux contre la toux ou la douleur etc. Le forfait de la couverture maladie universelle passe de 283 euros à 300 euros par bénéficiaire. Le forfait hospitalier passe de 10,67 euros à 13 euros.
En ce qui concerne la santé, le gouvernement n’a aucun scrupule. Pour boucher le trou de Sécurité sociale ce sont les salariés et la population qui doivent payer. Les chômeurs, les plus pauvres n’auront pas les moyens de guérir s’ils tombent malades.
Ces attaques ne sont pas uniquement le fait du gouvernement de droite de Chirac. Voilà trente ans que les gouvernements successifs diminuent les remboursements des médicaments. En 1977, après le plan Weil qui a inauguré cette mesure, il y a eu les plans de restriction de la gauche au pouvoir, ceux de Bérégovoy, Dufoy, Evin, Aubry, avant celui de droite de Juppé. Les attaques contre les retraites ont été préparées par le gouvernement de Jospin. Gouvernements de droite ou de gauche, leur politique c’est de faire payer aux travailleurs et à la population les déficits dont ceux-ci ne sont pas responsables.
Par contre, les sacrifices ne sont pas pour les patrons. Ces derniers bénéficient de tous les avantages financiers. Les étrennes ont été versées aux patrons tout au long de l’année 2003. Le MEDEF se frotte les mains. On a entendu son dirigeant, Seillière se féliciter du discours de Chirac qui prévoyait l’annulation de la taxe professionnelle. Les attaques contre les chômeurs ont été signées avec la complicité de certaines centrales syndicales pro patronales (CFDT, CGC, CFTC).
Les travailleurs et la population sont pris à la gorge. Le nombre de chômeurs continue d’augmenter. Ces derniers ont du réagir en France pour conserver leur prime de Noël. Il n’ y a aucune illusion à se faire sur les gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche. Seule leur lutte peut payer ! Souhaitons que l’année 2004 soit jalonnée de luttes plus importantes.
Martinique
Élections régionales; Crusol, un ambitieux comme tous les autres
Invité de l’émission «Le Club» sur la chaîne locale ATV le dimanche 18 janvier, l’ex premier secrétaire fédéral de la fédération socialiste de la Martinique a dévoilé ses batteries. Après avoir démissionné de son poste juste avant le scrutin du 7 décembre suite à son changement d’avis en cours de campagne - en passant du Oui au Non-, le voilà qui cherche maintenant à refaire surface.
Crusol, conseiller régional, prépare donc les élections régionales de mars prochain. Et il voit bien haut, car il vise le fauteuil de la présidence du Conseil Régional détenue pour l’instant par Alfred Marie-Jeanne, dirigeant du MIM (Mouvement Indépendantiste de la Martinique.
Pour cela ce « socialiste » est à la recherche de voix en sa faveur. Alors, il s’adresse à ceux qui lors de la consultation ont désavoué les élus de toutes tendances politiques. «Nous ne pouvons que constater la large majorité qui s’est dégagée sur le Non» dit-t-il, cherchant ainsi à flatter ces électeurs pour mieux les utiliser.
Mais tout au long de cette émission, Crusol s’est principalement adressé à la bourgeoisie locale, c’est à dire la classe capitaliste de la Martinique. Multipliant les termes et les données économiques dans son émission, il précise que lui, il a toujours agi «dans l’intérêt supérieur de l’île» ou encore «que le président de la région n’a pas accompagné la croissance» alors qu’il «pouvait soutenir l’investissement qui est de la compétence de la région» tout en donnant des chiffres, pourcentages et autres. Ce genre de langage ne peut être adressé qu’à la classe capitaliste locale pour lui montrer qu’il est prêt à mettre sa compétence à son service.
Par contre, la politique d’exploitation utilisée par le patronat pour se faire encore plus de profit sur le dos des travailleurs, les magouilles et le mépris des banquiers contre les employés des banques en grève ou encore l’attitude des békés de la banane qui régulièrement se débarrassent des ouvriers agricoles après les avoir exploités, ne sont pas ses préoccupations.
La campagne électorale a commencé, les promesses tombent, les travailleurs ont intérêt à se méfier de ces Jean Crusol et compères. Mais aussi de tous ces hommes politiques, ces partisans du Oui, qui au cours de la consultation du 7 décembre 2003 ont cherché à obtenir des électeurs un chèque en blanc, pour mieux les tromper. Ces gens-là se présenteront de nouveau sur les écrans, la main sur le cœur pour solliciter le suffrage des travailleurs et des pauvres. Et une fois élus, ils continueront à mener la même politique en faveur des riches et des possédants.
Guadeloupe
Le "Saut de la Lézarde" doit demeurer un lieu public et gratuit
Le saut de la Lézarde est un très beau lieu de promenade et touristique en pleine forêt sur les hauteurs de Petit Bourg avec une très belle cascade se jetant dans une belle rivière. Ce lieu est fréquenté quotidiennement par des générations de jeunes et moins jeunes, de vacanciers et de touristes.
Cyrille Philippe qui occupe un terrain donnant accès au saut de la Lézarde, a décidé de faire payer aux visiteurs un droit de passage. Il réclame 4 euros par adulte et 2 euros par enfant. Cette décision a fait réagir le Municipalité de Petit Bourg. Pour le Maire Harry Broussillon il est inadmissible que les visiteurs paient. Le propriétaire des lieux fait valoir soi-disant ses droits. Il déclare qu’il y a plusieurs années qu’il tolère que les visiteurs passent sur son terrain où il a aménagé pour ces derniers douches et WC. Il a précisé qu’il a déjà, à maintes reprises, interpellé la Municipalité pour régler ce problème.
Mais l’affaire est plus compliquée que cela. La famille Lautric, ancienne propriétaire des lieux conteste le droit de propriété de Cyrille Philippe. Joël Lautric a déclaré que lui et ses sœurs ont vendu le terrain à M. Cyrille. Ils ont réalisé la vente par l’intermédiaire d’un notaire. Ce dernier a perçu de l’acheteur un chèque de sept millions d’anciens francs sans provision. Une procédure visant à annuler l’acte de vente est en cours depuis 2002.
La population et les touristes ont toujours eu accès au saut de la Lézarde librement. Il est inadmissible qu’un soi-disant propriétaire ait un beau jour pris la décision individuelle de s’enrichir ainsi personnellement sur le dos des visiteurs. Il faut tout simplement refuser de payer!
DH ( dernière heure)
Nous venions de boucler lorsque nous avons appris que suite à une discussion entre la municipalité et le dit propriétaire, le lieu restera gratuit
Sainte-Rose
Parents d'élèves en colère
Selon le directeur de la Caisse des Ecoles, le maire de Sainte-Rose aurait pris la décision d'exiger le paiement de la cantine au plus tard le 23 du mois d'avant. Et pour couronner le tout, la décision a pris effet le 23 décembre. Evidemment, la période n'est pas très favorable et ce sont des dizaines de parents qui se sont retrouvés le 6 janvier pour venir payer. Un vrai embouteillage qui a beaucoup dérangé le directeur de la Caisse des Ecoles!
Mais le plus grave est que la décision de ne pas donner à manger à ceux qui n'auraient pas payé le 23 décembre a été appliquée dans certaines sections. De jeunes enfants, au primaire, se sont vu refuser la cantine. Un groupe de parents indignés s’est rendu à la cuisine centrale qu'ils ont bloquée. Et, pendant que le directeur de la Caisse des Ecoles se terrait dans son bureau, ces parents ont rencontré le maire. Ce dernier a déclaré qu'une telle décision ne venait pas de lui. Les parents ne savent pas qui croire, mais ils ont montré leur détermination à ne pas se laisser faire.
Le cadeau de fin d'année de la DRH (extrait di bulletin "écho des hôpitaux")
LE CADEAU DE FIN D’ANNÉE DE LA DRH
La DRH avait envoyé une lettre de renvoi pour le 31 décembre à une centaine d’ASH.
Ces derniers se sont mobilisés et le 9 décembre, ils ont été reçus par le DRH à qui ils ont montré leur mécontentement. Ils ont obtenu un sursis de trois mois.
LA MOBILISATION DOIT CONTINUER
Les trois mois de sursis arrachés à la DRH devraient servir à renforcer la mobilisation afin d’obtenir un statut plus stable pour les ASH, d’autant qu’ils ont prouvé la nécessité de leur présence.
Karunet: les salariés obligés de se fâcher (extrait du bulletin "écho de l'aéroport")
La grève des banques a bon dos. Le patron de KARUNET en a profité, pour nous donner un chèque sans provision. Mais ce n’est pas la première fois. Et il n’y a pas toujours grève des banques.
Mais surtout avec les problèmes de Sécurité, nos horaires ont changé. Et il en a encore profité pour nous payer moins d’heures que prévu.
Nous avons dû nous fâcher pour avoir de l’argent, mais tout n’est pas réglé.
(Karunet est une société de nettoyage)
Il y a 150 ans, début de l'immigration indienne
Fêtes, émissions, radio et télés, conférences et autres cérémonies ont commencé à se dérouler en Guadeloupe et en Martinique pour commémorer les débuts de l’immigration indienne en 1854. De nombreuses associations se sont fédérées pour cette cause.
Il y a 150 ans en effet, "l'Aurélie" accostait en Guadeloupe, amenant les premiers originaires de l'Inde sur les plantations des anciens esclavagistes. Avant la Guadeloupe, des Indiens avaient déjà voyagé dans les mêmes conditions vers les colonies anglaises de la Caraïbe: Jamaïque, Trinidad et le Guyana. Cette immigration se prolongea en Guadeloupe comme en Martinique jusqu'en 1889.
La première raison de cette immigration est liée au fait que les anciens esclaves d'origine africaine désertaient les plantations synonymes pour eux de souffrances extrêmes, pour s'établir sur de petits lopins de terre dans les Grands Fonds ou sur les pentes de la Soufrière. Les planteurs ont donc fait appel à l'immigration, d'abord européenne, quelques centaines de Portugais, mais sans succès. Des immigrants chinois sont arrivés aux Antilles françaises. Les planteurs ont institué le travail réglementé avec passeport pour chaque travailleur et amendes ou peines de prison contre les insoumis. Cela ne suffisait pas. Ils se sont alors tournés vers l'Inde où d'autres raisons favorisaient le départ d'une partie de la population. Sur l'immigration indienne en Guadeloupe Singaravelou, un Indien de l'Inde, a effectué un important travail de recherche qui permet de mieux connaître cet épisode souvent douloureux.
Les planteurs antillais devaient verser une somme pour chaque arrivant. Le gouvernement français les a aidés à la payer. En Inde même, des recruteurs étaient chargés de trouver des candidats au départ. A certaines périodes, ils n'avaient aucun mal, en particulier lors de périodes de famine : au 19ème siècle les sécheresses exceptionnelles furent nombreuses en Inde. Non seulement des pauvres, des travailleurs agricoles étaient à la mendicité, mais aussi des castes supérieures : propriétaires ruinés, brahmanes (prêtres hindous). La société indienne était (est toujours) en effet divisée en castes, groupes sociaux bien séparés dont certains, au bas de l'échelle, étaient appelés les Intouchables car tous les autres les considéraient comme impurs. Il s'agit là de la société hindoue qui a fourni 85 % des immigrants aux Antilles françaises. Les autres 15% sont des musulmans et une infime minorité de chrétiens.
La plupart des Hindous venus aux Antilles françaises étaient des travailleurs agricoles (4 sur 10 des immigrants aux Antilles françaises), mais il y eut aussi quelques artisans (9% des immigrants). A l'époque de l'immigration aux Antilles, les colonialistes anglais inondaient le marché indien de leurs tissus fabriqués dans leurs manufactures en Angleterre, ruinant les petits fabricants de cotonnades indiennes artisanales. Dans ces cas les recruteurs pouvaient se contenter de faire des promesses, de faire miroiter un contrat de 5 ans, du travail et le retour au pays. Ainsi sont aussi partis des jeunes voulant échapper à la tradition familiale (mariages forcés), des gens rejetés par leur caste pour avoir commis des actes répréhensibles. Mais dans bien des cas ces recruteurs usèrent de kidnapping.
Une autre cause de départ des Indiens vers les Caraïbes fut la révolte des Cipayes (supplétifs indiens de l’armée coloniale britannique des Indes) en 1857-1858 dans le Nord de l'Inde, mutinerie de l'armée du Bengale constituée essentiellement de castes supérieures qui luttaient pour le respect de leurs traditions par le colonialisme anglais. Le mouvement s'est étendu dans les campagnes semant la guerre et la désolation. Cela a facilité le travail des recruteurs.
Ainsi les immigrants en Guadeloupe et en Martinique venaient du Nord de l'Inde, autour de Calcutta. Une grande partie venait du Sud, d'abord des comptoirs français de Madras, mais surtout Pondichéry et Karical. La plupart d'entre eux venaient des castes dites inférieures, de la campagne. Même les brahmanes étaient ceux de divinités dites "secondaires", campagnardes. Ils furent un peu plus de 42 000 en Guadeloupe et 25000 en Martinique. les retours en Inde prévus après 5 ans de contrats furent peu nombreux en Guadeloupe (22%), davantage en Martinique (43%). Les patrons de Guadeloupe ont tout fait pour garder cette main d'œuvre, laissant seulement partir les malades. En Martinique, les anciens esclaves n'avaient pas trouvé de zones non occupées pour s'y réfugier après l'abolition. La vie de ces travailleurs indiens ne fut pas facile, proche même après une quasi «déportation» de l’esclavage des Noirs. Il y eut des révoltes individuelles, incendies et suicides. Il y eut aussi des «coolis-marrons» qui comme les «nègres marrons» ont fui les plantations.
L'immigration cessa en 1889 dans le prolongement de la crise sucrière de 1883. Les besoins des planteurs étaient moins pressants économiquement, ce qui ne les empêcha pas d’accabler de toutes sortes de griefs cette main d'œuvre, comme ils l’avaient fait pour les Noirs libres après les avoir bien utilisés. Mais il faut dire aussi que le gouvernement de l’Inde, même sous domination coloniale britannique avait décidé en 1889 d’interdire l'émigration vers la Guadeloupe où ces travailleurs rencontraient tant de difficultés.
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