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Guadeloupe
Plantation Bureau; la lutte a payé
Après plusieurs jours de grève, les 23 salariés de la Plantation Bureau à Trois Rivières ont eu satisfaction sur leurs revendications : le paiement de la prime de 609,80 euros. Cette prime est perçue par les salariés de la banane depuis la grève menée fin 1997. Mais cette année, le patron de la plantation a tenté le coup de ne pas payer, sous prétexte de difficultés financières.
La grève a été l’occasion pour les travailleurs d’en apprendre plus long sur les possessions et les intentions du patron : alors qu’il prétend ne pas avoir d’argent pour les salariés, il a l’intention de transformer sa plantation de bananes en domaine à vocation touristique, avec élevage d’écrevisses etc. Sur la plantation, il a déjà installé un musée de la banane que les grévistes ont empêché de fonctionner durant leur mouvement. Les biens de ce patron, accumulés grâce aux profits réalisés sur le travail des ouvriers, sont importants et lui permettent d’envisager une reconversion. Mais celle-ci pourrait déboucher sur une réduction du nombre d’emplois, donc des licenciements. Les travailleurs avertis restent donc vigilants.
Grève chez Gadarkan contre les licenciements
Les travailleurs des sociétés Gadarkhan de Jarry affiliés à l’UGTG sont en grève depuis plus de 15 jours. Ils ont entamé ce mouvement de grève pour protester contre des procédures de licenciements économiques engagées contre certains de leurs camarades.
D’après les travailleurs de Gadarkhan, ce n’est pas la première fois qu’une telle procédure est enclenchée par les dirigeants. Il y a déjà eu trois tentatives sans aucune consultation du comité d’entreprise.
Les Gadarkhan justifient ces licenciements en avançant les difficultés que rencontreraient les entreprises du secteur du BTP.
Depuis le mois de juillet 2003 neuf salariés des sociétés Gadarkhan et fils, Gadarkhan et compagnie, SABTP et SATRAGA ont déjà été licenciés.
Aujourd’hui les travailleurs sont en grève pour défendre deux autres de leurs camarades licenciés.
Les discussions entre la direction et les représentants de l’UGTG sont en cours.
Protestation des dockers de Basse-Terre
Le lundi 12 janvier, à l’appel de la CGTG, les ouvriers dockers de Basse-terre se sont mobilisés contre l’arrêt total de l’activité du port. L’activité qui était au ralenti depuis quelques mois est à l’arrêt depuis la mi-décembre. Les dockers, au nombre d’une vingtaine se retrouvent sans ressources. Depuis un mois ils n’ont pas de salaire et ne peuvent prétendre à aucune allocation des ASSEDIC, car quand ils travaillaient ils n’effectuaient pas suffisamment d’heures par mois.
Ils ont érigé un barrage sur le boulevard maritime de la ville. Et ils l’ont fait après avoir interpellé bien avant mais sans succès toutes les autorités (Préfet, Conseil Régional, Port Autonome, DDE) sur leur sort. Eh bien il aura fallu cette colère pour que, le jour même, les autorités bougent, se déclarant prêtes à rencontrer les dockers. Le lundi même ils sont reçus à la préfecture. Le 13 c’est au tour du directeur du Port Autonome de recevoir une délégation, alors que les autres dockers distribuent des tracts devant le Conseil Régional.
Il a été convenu qu’ils seront indemnisés à titre exceptionnel par les ASSEDIC durant 6 mois. Le temps que le plan de reprise d’activité du port se concrétise. Ceci n’est que provisoire. Il est donc normal que la vigilance soit de mise chez les dockers.
Martinique
Éducation. La rentrée 2004 risque d'être mouvementée
La rectrice, nommée il y a quelques jours, a annoncé que l’académie de Martinique est dotée de moyens supérieurs à ceux d’autres académies. C’est un moyen pour elle, au nom du gouvernement, de justifier les suppressions de postes qui pourraient être annoncées fin janvier.
Le gouvernement Raffarin a entrepris de réduire le nombre de fonctionnaires, dans toutes les administrations. Et l’Education nationale n’échappe pas bien sûr à cette vague. Atoss et enseignants sont concernés. Le 28 octobre 2003, la commission des finances de l’Assemblée Nationale française avait reçu Ferry et Darcos qui avaient confirmé la réduction des effectifs.
Dans le même temps, des cadeaux toujours plus importants sont faits aux entreprises sous prétexte de les aider à créer des emplois : exonérations, subventions, suppressions d’impôts, déréglementation du droit du travail, etc.
C’est la persistance d’une politique visant à contraindre les travailleurs de l’Education nationale à exercer avec moins de moyens. Pourtant tout le monde reconnaît que enseigner est un métier de plus en plus exigeant. C’est ce que disent d’ailleurs ceux qui participent au fameux débat sur l’avenir de l’Ecole.
En mai et juin 2003, les personnels de l’Education nationale avaient joué un rôle moteur dans la lutte contre la réforme des retraites et la décentralisation. Si la rectrice confirme ces rumeurs de suppressions de postes, ATOSS et enseignants devront certainement reprendre les chemins de la lutte.
Martinique
Bananeraies. de nouveaux repreneurs; jusqu'à quand?
Le 30 Octobre 2003, 17 habitations de la société Tuskeban appartenant au groupement bananier de la Cobamar étaient mises en redressement judiciaire. Dès le mois de décembre 2003, un groupe de12 habitations avaient été cédées à des repreneurs. Cinq d’entre elles avaient été cédées à des planteurs martiniquais. Sur 2 entreprises de ce groupe, il y a eu six licenciements. Les sept autres habitations ont été cédées au groupe Canavèse : ce groupe exploite cinq mûrisseries en France et 700 hectares en Côte d’Ivoire. Dans le même temps, ce groupe avait des relations commerciales avec plusieurs planteurs en Martinique.
Aujourd’hui, Canavèse reprend les exploitations de Tuskeban «pour faire du profit», comme l’a déclaré un de ses représentants, d’autant qu’il veut rattraper des profits perdus en Côte d’Ivoire à cause de la guerre civile…Sur ces habitations, treize salariés doivent être licenciés. Neuf d’entre eux peuvent prétendre à la préretraite (ASFNE) , les autres sont des directeurs et des cadres.
Les licenciements, départs en préretraite et en congé de conversion sont payés dans leur presque totalité par l’Etat. Les patrons, les anciens et les nouveaux, font donc une bonne opération car ils ne paieront pas les indemnités de licenciements, les primes d’ancienneté, etc.
Le mardi 13 janvier 2004, le tribunal mixe de commerce avait convoqué le dernier groupe des habitations restées sans repreneur.
Ce même jour, des ouvriers agricoles affiliés à la C.G.T.M. avaient décidé de manifester leur solidarité à ceux visés par le redressement judiciaire.
Cette mobilisation , préparée par des assemblées générales sur les habitations a rassemblé près de 200 salariés. Certains sont arrivés à Fort-de-France en caravane. Ensuite ils se sont rendus en défilé au palais de justice.
La décision du tribunal a été rendue le lendemain après la confrontation des différentes parties. En définitive, la société Agriban composée de trois anciens directeurs de Tuskeban/Cobamar a repris les cinq habitations … sans licenciements. Pour «assurer l’équilibre des comptes», l’administrateur judiciaire et les patrons ont proposé le départ en préretraite aux salariés qui pourraient en bénéficier, c’est à dire des licenciements déguisés. Mais, comme les ouvriers n’ont reçu aucune information sérieuse sur le montant de ce qui leur serait versé au titre de la pré-retraite, aucun ne s’est engagé.
Cette fois encore, l’Etat s’est montré attentionné vis à vis des patrons pour les aider à se réorganiser à moindre frais, et sans leur demander de comptes sur toutes les subventions et autres exonérations dont a profité la filière banane, et plus directement les groupements bananiers comme Cobamar toutes ces dernières années.
Aujourd’hui,Comabar/Tuskeban prétend être en difficulté, mais la fortune amassée par le groupe Fabre, actionnaire majoritaire de Cobamar n’a pas disparu, au contraire. Le groupe Fabre a continué de s’enrichir mais aujourd’hui, après avoir raflé les subventions de l’Etat, il a choisi, librement, d’investir dans d’autres domaines que la banane tel le tourisme.
En se mobilisant, les travailleurs ont quand même obligé tous ces rapaces à limiter quelque peu leurs appétits. Les capitalistes se battent entre eux à coups de restructurations pour être plus concurrentiels. L’ouverture des livres de compte des patrons permettrait aux travailleurs de mieux les contrôler. Mais ce n’est que la lutte qui les y obligera. C’est aussi la lutte qui permettra d’interdire les licenciements à tous ceux qui réalisent des profits.
Capesterre-Belle-Eau: Mort d'un des dirigeants de la grande grève de 1946
Né le 21-4-1920 à Capesterre-B-E, Georges Gabriel a été l’un des artisans de la victoire remportée par les ouvriers d’usine à sucre lors de leur grève de 1946 contre les usiniers. Il a dû quitter l’école au niveau de la classe de troisième, ses parents de condition modeste n’ayant pas les moyens de lui permettre de poursuivre ses études.
Il a commencé sa vie de salarié comme pointeur sur une plantation de bananes, et fut par la suite employé comme aide-laborantin puis magasinier à l’usine Marquisat à Capesterre-B-E. Et après la fermeture de cette unité sucrière il a travaillé à l’usine Bonne-mère puis à Darboussier où il a fini sa carrière comme magasinier-chef. G. Gabriel était secrétaire adjoint du syndicat des ouvriers de Capesterre et a participé activement à la grève de 1946. Il était de ceux qui avaient rédigé le cahier de revendications des grévistes, à l’aide d’informations trouvées dans un journal des ouvriers métallurgistes français que recevaient certains de ses camarades dont Monnerot et K. Rémer. Notamment la revendication de 45 francs de l’époque, qu’ils estimaient être un minimum vital, au lieu des 25 à 30 francs en vigueur.
Rappelons que la grève s’était terminée sur une demi-victoire, les ouvriers n’obtenant que 38 francs après bien des péripéties, dont «l’arrestation» puis la séquestration par les grévistes du secrétaire du syndicat des fabricants de sucre, un certain Descamp alors qu’il traversait Capesterre en voiture pour se rendre à Pointe-à-Pitre. Celui-ci fut attaché au soleil pendant plusieurs heures, car c’est lui qui refusait disait-on de donner satisfaction aux grévistes. Libéré, il accepta finalement de signer lors de négociations à la mairie de Capesterre, négociations auxquelles a participées G. Gabriel. Mais une fois libéré et arrivé à Pointe-à-Pitre, Descamp dénonça l’accord qu’il déclara avoir signé sous la contrainte. Et c’est finalement à Pointe-à-Pitre qu’un autre accord fut signé, accordant les 38 francs.
G. Gabriel était un de ces ouvriers dévoués à sa classe, conscient de la nécessité de s’organiser et de se battre contre l’exploitation. Il refusa toujours les postes qu’il aurait pu avoir aux côtés d’hommes politiques. Peut-être par méfiance ou parce qu’il n’aimait pas «dépendre des autres» ou encore parce qu’il était très rigoureux et n’aimait pas les «faveurs». Il a terminé sa vie en donnant beaucoup de son temps au monde associatif comme le Club Sportif Capesterrien par exemple. Il est mort le 1er janvier dernier, comme il avait vécu, dans la discrétion.
Scandaleux licenciement et sanctions contre un enseignant malade: Un recteur à rectifier!
Un enseignant, M Laillet « contractuel » en poste à St martin a été scandaleusement licencié, par le nouveau recteur de Guadeloupe tout simplement parce qu’il a été obligé de s’absenter pour des raisons de santé. Cet enseignant a souffert pendant 8 mois d’une lombosciatique endurant des douleurs aiguës nuits et jours. Il a dû se mettre en congé de maladie du 3 octobre 2002 au 4 avril 2003. D’octobre 2002 à janvier 2003, M Laillet a bénéficié d’un plein traitement, Mais à partir du mois de février, le service des non-titulaires du rectorat lui a envoyé une lettre indiquant qu’il avait perçu ce traitement par erreur puisque étant en congé de maladie il n’avait droit à aucun traitement. Ce salaire a donc été amputé de beaucoup pour pouvoir rembourser le « trop perçu » dont le montant total ne lui a jamais été signifié.
Cet enseignant est père d’une petite fille et sa femme est au chômage. Les 1100 euros qu’il perçoit maintenant sont loin de suffire à assumer toutes ses dépenses courantes. Il ne cesse de s’endetter. Et, depuis, il a souffert à nouveau du dos l’obligeant à se mettre en congé de maladie du 23 septembre 2003 au 31 décembre 2003.
Selon le son syndicat, le SNES, M Laillet devrait bénéficier des conditions.
d’ancienneté prévues par l’article 12 du décret 86-83. Il a en effet honoré deux contrats successifs. Il aurait dû percevoir donc au moins deux mois à plein traitement puis deux mois à demi traitement durant son congé de maladie. En fait cet enseignant devrait tout simplement bénéficier d’un congé de grave maladie selon l’article 13 du décret 86-83.
Le recteur a fini par reconnaître que l’enseignant avait droit à son salaire pendant une partie de son congé de maladie, mais c’est très insuffisant. Une rencontre entre lui et les délégués syndicaux du SNES est prévue le 30 janvier.
Non seulement le recteur doit permettre à cet enseignant de vivre décemment, mais il faut qu’il prenne en compte sa grave maladie et annule le licenciement.
En tout cas, on a la une petite idée de la façon dont ce recteur traite les problèmes humains. Voilà un comportement de patron de combat et de petit comptable des deniers de l’Etat-patron. Rien à voir avec celui d’un universitaire de haut niveau- caractéristique dont ce recteur s’est bien targué sur les ondes à son arrivée en guadeloupe. On serait en droit d’attendre bien mieux de ces universitaires distingués en matière de droits de l’homme. Mais il est vrai qu’à ce poste on a déjà fait un choix, celui d’être du bon côté du manche, c’est à dire du pouvoir et de se faire bien voir en lui cirant les pompes…Confère d’ailleurs son supérieur hiérarchique, le philosophe Luc Ferry.
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