COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 21 février 2004      N° 898
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Régionales 2004
Soutenons la politique de Jochim-Arnaud et Jean-Marie Nomertin

Extrait d’une déclaration de Joachim-Arnaud (conférence de presse du 18 février 2004)

(…) Il faut dénoncer ce gouvernement, dénoncer ce patronat qui multiplie les coups contre les classes travailleuses.
Mais nous ne sommes pas présents à cette élection uniquement pour cela. Nous dirons aux travailleurs dans cette campagne qu’ils doivent se munir d’un programme à la fois pour se protéger et pour rendre les coups qu’on leur porte.
Des patrons ferment dans l’hôtellerie, dans les cliniques privées, dans les plantations, eh bien! il est possible que les travailleurs refusent ces fermetures et les licenciements qui vont avec.
Nous disons que les travailleurs ont la capacité d’imposer la mise sous contrôle de ces entreprises ; et en attendant que des décisions de réquisition soient prises, les travailleurs peuvent veiller à ce que ces entreprises continuent de fonctionner et leur permettent de gagner leur vie.
Il faut aussi ouvrir et vérifier les comptes de ces entreprises qui ferment ou qui licencient, les comptes d’aujourd’hui, les comptes d’hier, les mouvements d’argent, les placements effectués non seulement par les patrons eux mêmes mais aussi par tout leur entourage, hauts cadres, parents, conjoints, conjointes etc.
Dans une situation où une simple décision d’un patron peut jeter dans la misère et dans le drame des centaines, voire des milliers de gens, il faut le contrôle des travailleurs sur ces choses là. Mais il faut aussi contrôler l’usage des fonds publics par les assemblées locales, Conseil général et Conseil régional, qui disposent d’une capacité de financement et d’endettement, qui peuvent distribuer de l’argent, entreprendre des travaux, garantir des prêts etc.
Différents organismes publics sont liés à ces assemblées pour le logement, pour les routes, pour l’agriculture etc. Alors, on doit savoir ce que devient cet argent, à qui il va, ce qu’on en fait. Il faut mettre fin à l’opacité, il faut la transparence complète. Aujourd’hui après 20 ans de subventions accordées au patronat, on voit que les chiffres du chômage ont très peu bougé et que la misère continue de s’aggraver. Alors, il faut cesser cette politique de cadeaux, il faut interdire ces subventions aux patrons et orienter ces crédits vers le développement des services publics. Et nous en avons bien besoin, dans les hôpitaux, dans les crèches et dans toutes sortes de services publics, de contrôle sanitaire, de transports publics, logements, etc.
Toutes ces mesures contenues dans notre programme, nous les présenterons, nous expliquerons leur nécessité aux travailleurs, et nous les appellerons à soutenir ce programme d’urgence.
Car devant la dégradation grandissante de la situation des classes laborieuses, et devant même de réelles menaces déchéance de toute une partie de la population, il faut que les travailleurs s’emparent d’un tel programme et le mettent énergiquement en application. Ils en ont les moyens physiques, matériels, ils sont le nombre. Ils sont au cœur de toute l’économie. Tout passe par leurs mains, tout passe sous leurs yeux! Leurs oreilles peuvent tout entendre!
Ils ont la situation privilégiée d’acteurs principaux de l’économie, ce qui leur manque c’est la confiance en leurs propres forces.
Et cette confiance, nous pouvons contribuer à la faire grandir ou revenir par cette campagne commune, par le nombre de suffrages qui se porteront sur notre liste commune, une liste des travailleurs liée à la population, liée à ses luttes.
Un vote massif en faveur d’une telle liste sera un immense encouragement, pour l’ensemble des travailleurs et des pauvres, à relever la tête pour inverser la tendance actuelle et renvoyer la peur dans le camp du patronat et du gouvernement.
C’est tout cela que nous allons développer au cours de notre campagne commune et les travailleurs et tous ceux qui voteront pour note liste affirmeront alors leur accord avec notre programme.
Ce sera pour eux un moyen de dire à tous qu’ils en ont assez d’être des victimes et qu’ils veulent rendre les coups et au patronat et au gouvernement!



Guadeloupe
Mobilisation des ouvriers de la banane contre les licenciements et les menaces de fermeture des plantations

Le lundi 16 février, le syndicat CGTG des ouvriers de la banane a tenu une conférence de presse dans son local à Capesterre-B-E. Plus d’une centaine d’ouvriers étaient présents. Il s’agissait de tirer le signal d’alarme sur la situation de l’emploi dans ce secteur. Tout d’abord sur le fait que sur nombre de plantations le nombre de journées de travail a considérablement diminué, passant de 5 jours à 3 ou 2 par semaine parfois. Ce qui met le salaire brut à 115,04 euros par semaine pour 2 jours de travail. Comment peut-on vivre avec une telle somme quand il faut nourrir une famille de 2 à 4 enfants? On comprend donc la montée de la grogne parmi les ouvriers de la banane.
Mais outre ce problème de baisse du nombre de journées de travail et de baisse des salaires qui s’ensuit, des problèmes plus graves menacent. Les licenciements et la fermeture pure et simple des plantations. Ils sont en effet nombreux les planteurs qui, sous prétexte encore une fois de leurs difficultés financières, licencient des ouvriers ou menacent de fermer purement et simplement leurs exploitations. C’est le cas de la plantation D. Bureau à Trois Rivières qui veut licencier 9 travailleurs. Des plantations S.A Fenneteau et S.A Féfé que le patron de choc H. Chaulet menace de fermer purement et simplement, s’il n’arrive pas à les vendre. Avec cela des bruits de plus en plus insistants circulent sur la fermeture des plantations Bois Debout et Mineurs (les plus grandes de Capesterre-Belle-Eau) appartenant aux héritiers Dormoy, pour cause de partage d’héritage ; sur l’intention de F. Le Métayer ( propriétaire des Leader Price!) de fermer la plupart de ses plantations. Et la liste n’est pas close.
Qu’y-t-il derrière toutes ces menaces de fermeture? S’agit-il d’une simple manœuvre de la part des planteurs pour obtenir encore des subventions des pouvoirs publics? La déclaration d’un certain Bertome, petit commis noir, dévoué des gros propriétaires békés, le laisse à penser. Il parlait au nom des planteurs de la Martinique et réclamait de l’Etat une subvention avoisinant les 30 millions d’euros après les 6,5 millions d’euros de prêts sans intérêts reçus en fin d’année 2003, si on ne veut pas que les plantations ferment!
En tout cas, licenciements ou pas, fermeture des plantations ou non, les ouvriers de la banane, avec leur syndicat CGTG ont fait savoir lors de cette conférence de presse qu’ils n’ont pas l’intention de se laisser jeter dans la précarité et la misère sans réagir. Si les plantations ferment, les terres vont demeurer. Et les travailleurs envisagent de les réquisitionner pour les cultiver.
C’est certainement le seul moyen qui leur reste pour éviter de sombrer dans la misère qu’on veut leur imposer.



Le personnel de RFO Guadeloupe obtient satisfaction

Après 16 jours de grève, le personnel de RFO a signé un accord avec le directeur national en obtenant gain de cause sur l’ensemble des revendications. Il a pu imposer la révision des programmes avec le rétablissement des émissions locales qui avaient été supprimées par la direction régionale. L’accord prévoit également une garantie d’emploi pour le personnel non titulaire (les intermittents, les pigistes et les CDI) avec une priorité d’embauche pour ceux qui ont la plus grande ancienneté. La direction a également accepté de s’engager à respecter la fonction de service public de la station, revendication fortement exprimée par les grévistes.
Pour obtenir satisfaction, il a fallu que le personnel se montre déterminé. Cette grève a mobilisé non seulement les journalistes, mais également les techniciens et ceux qui travaillent au service administratif. Que ce soit au niveau de la radio ou de la télévision, aucune émission n’a été assurée durant plus d’une semaine. Le personnel a refusé de discuter avec le directeur régional qui a pris des décisions de façon autoritaire concernant le fonctionnement de la station. Il a réclamé une délégation de Paris. Il a fallu que la direction nationale envoie un négociateur à la rencontre des grévistes. Ces derniers ont su défendre leurs revendications jusqu’au bout et gagner leur lutte.



D.H.L.
Menace de licenciement pour fait de grève et activité syndicale

Pendant plus de huit mois, les salariés de cette entreprise (multinationale américaine qui sévit dans toute la Caraïbe), au nombre de 11, ont mené une bagarre avec leur direction pour obtenir des améliorations concernant l’hygiène et la sécurité. L’inspection du travail s’en est mêlée et à plusieurs reprises, est intervenue auprès de la direction pour qu’elle fasse des efforts de mise en conformité. Pendant six mois, la direction fut absente de l’entreprise, et les salariés l’ont fait fonctionner sans elle. Finalement les travailleurs ont obtenu quelques améliorations et ont voulu laisser du temps à la direction pour régler tous les autres problèmes.
Mais comme souvent dans ces cas-là, les patrons sont moins compréhensifs que les travailleurs. Le 02 février, la direction a décidé de licencier huit des salariés sous le motif de «grève illicite».
Depuis, les travailleurs organisent un piquet de protestation devant une partie de l’entreprise (hangar de fret à l’aéroport) et sont constamment harcelés ou insultés par les gendarmes du Lamentin. Les autorités ont poussé le ridicule jusqu’à envoyer un jour trois pelotons de gardes mobiles pour prévenir toute destruction par les salariés! Incroyable, mais vrai!
La lutte de ces travailleurs continue. Il faut la populariser et coûte que coûte leur envoyer des manifestations de soutien. Contacter Murielle Troudart au 0696 23 21 41

D.H. : un administrateur judiciaire a été désigné pour régler le conflit.



Ghislaine Joachim-Arnaud

Nous reproduisons ci-dessous une note biographique que nous avions publiée pour les élections législatives de 2002

Note biographique:
Née le 10 juin 1952 au Lamentin
Profession: technicienne de laboratoire
En 1974, elle exerce son activité professionnelle à l'Hôpital Civil de Fort de France, puis lorsque celui sera transformé en Centre Hospitalier Universitaire, elle exerce au CHU de Fort de France.

Militante politique:
Elle a rencontré les idées révolutionnaires durant ses études en France. Elle s'engage alors dans l'activité militante pour défendre ces idées et décide de lutter pour une société plus juste et plus rationnelle, capable d'utiliser les richesses produites par les travailleurs au profit de l'ensemble de la population et non pour enrichir d'une minorité de profiteurs capitalistes.
Elle a rejoint alors les rangs de l'Union Communiste Internationaliste, organisation internationale à laquelle appartiennent notamment Combat Ouvrier, ici aux Antilles, et Lutte Ouvrière, en France.

Militante syndicale:
Dès son arrivée au Centre Hospitalier de Fort de France en 1974, elle entre en contact avec les responsables de la CGTM du CHU et avec eux, elle a participé au développement du syndicat au niveau du CHU et de l'ensemble des établissements de Santé de la Martinique.
Elle est élue régulièrement dans différents organismes où est représenté le personnel du CHU Depuis 1975 elle a été aussi régulièrement élue à la direction de son syndicat, et elle en est devenue la Secrétaire générale. Et depuis ses camarades lui ont renouvelé leur confiance à chaque congrès.
En 1976 les travailleurs du Centre Hospitalier de Fort de France mèneront une lutte importante en soutien aux salariés du Centre de Transfusion Sanguine en lutte contre des licenciements mais ils mettront en avant leurs revendications propres. Ils obtiendront la création d'un nombre important de postes. Ce succès leur apportera aussi une plus grande confiance en eux-mêmes et dans la lutte. Ce sera le début d'une période de luttes successives aux cours des années qui suivirent.
Les travailleurs du CHU se trouveront souvent en pointe des luttes pour leurs propres revendications dans mais aussi pour apporter leur soutien et leur solidarité à d'autres secteurs en lutte.
G. JOACHIM-ARNAUD représentera une nouvelle génération de militants syndicaux pour lesquels les travailleurs doivent s'appuyer sur le poids, sur la force qu'ils représentent dans l'économie et la société pour arracher leurs revendications. Progressivement, autour d'elle vont se regrouper les militants qui à la CGTM veulent donner de leur syndicat une image plus combative, plus dévouée envers les intérêts des travailleurs.
Et c'est ainsi qu'elle en sera élue secrétaire générale, lors de son X ème congrès.
!j Ce qui était remarquable, en 1990, à une époque où le rôle des femmes en politique ou dans les directions d'organisations syndicales n'était pas mis à l'honneur. Aujourd'hui, elle est toujours à la direction de cette confédération syndicale.

Candidate de Combat Ouvrier
Ghislaine JOACHIM-ARNAUD a été à plusieurs reprises candidate de Combat Ouvrier dans différentes élections: aux élections législatives depuis 1984 ou régionales de 1992 et 1998.
Car de même qu'elle croit nécessaire de se battre chaque jour aux côtés des travailleurs pour améliorer leurs conditions de vie, leur salaires, leurs conditions de travail, elle croit aussi nécessaire de se battre sur le plan politique.



Accord de Combat Ouvrier et Groupe Révolution Socialiste

Le lundi 16 février 2004, les organisations Combat Ouvrier et Groupe Révolution Socialiste ont signé un accord politique pour faire une campagne commune aux élections régionales 2004, en Martinique. La campagne se fera selon un axe commun qui s’exprimera dans une profession de foi commune annexée ci-joint.
L’accord prévoit une répartition égale des candidats entre les deux organisations. Cette liste sera conduite avec deux têtes de liste, Ghislaine Joachim-Arnaud pour Combat Ouvrier et un camarade du Groupe Révolution Socialiste. Les deux parties ayant convenu que Ghislaine Joachim-Arnaud serait placée en première sur la liste. Elles ont convenu également de réaliser un ou deux meetings communs et de mener la campagne de façon commune, en additionnant les forces militantes de Combat Ouvrier et du Groupe Révolution Socialiste partout où cela sera possible.



Grand-Bourg
Grève des employés municipaux

Depuis lundi 16, les employés municipaux de Grand Bourg ont engagé une bagarre pour obliger le maire à revenir sur une décision qu’ils jugent injuste et inacceptable. En effet, le maire a décidé de supprimer la prime de vie chère (40%) aux employés quand ils sont en congé maladie. C’est une tendance actuellement dans diverses administrations. Les travailleurs ont raison de s’y opposer car c’est une baisse de salaire et c’est aussi un moyen de faire pression pour empêcher les travailleurs de prendre des congés maladie.


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