COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 6 mars 2004      N° 899
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À la Une

Éditorial

Oui, un programme d'urgence est nécessaire

Quelques exemples d’actualité sur la Martinique et la Guadeloupe nous montrent à quel point le programme mis en avant par les deux listes Combat Ouvrier et Combat Ouvrier/GRS répond à une urgente nécessité pour les travailleurs. Nous avons l’hôtel Marouba qui veut fermer ses portes et jeter dehors les salariés. Décision qui a été prise par les nouveaux patrons de nouvelles Frontières qui possèdent l’hôtel. Mais les travailleurs ne se laissent pas faire et occupent l’hôtel. Nous avons aussi l’AFB qui décide froidement de revenir sur un certain nombre de primes, congés spéciaux etc., dont bénéficient les travailleurs, ce qui aboutirait à une réelle perte de revenu sur l’année.
Nous avons aussi la société Cobamar qui, là aussi avec le plus grand cynisme, en arrive à créer une situation de redressement judiciaire du groupe, qui menace les emplois de 600 personnes, à cause d’une situation qui a été créée par l’incurie des propriétaires. Aujourd’hui, toutes les péripéties judiciaires entre la société Canavèse et Cobamar risquent fort de se terminer au détriment des salariés si ceux-ci ne font pas respecter leurs droits.
Nous avons aussi les grands propriétaires de bananeraies de Guadeloupe qui expliquent froidement que si l’Etat ne leur donne pas quelques dizaines de millions d’euros de subventions, ils vont « mettre les clés sous la porte ». Et donc licencier des centaines de travailleurs. Ceux ci ont répliqué dans une assemblée du syndicat CGTG de la banane, et décidé qu’ils riposteraient par l’occupation des plantations si les patrons persistent dans leur intention. A Moule, l’usine sucrière de Gardel a connu quelques remous pendant l’inter-récolte. Le directeur a changé, des rumeurs ont couru sur l’éventuel retrait (départ) des actionnaires principaux Beghin-Say, St Louis sucre et Claverie, le propriétaire de la distillerie de Bonne Mère (La Boucan) (pollution de la rivière).
Lors des NAO qui viennent de se dérouler, la direction de Gardel n’a concédé que 2,5% sur les 5% d’augmentation réclamés par les représentants syndicaux des travailleurs. Le climat n’est pas à la sérénité. Les syndicalistes de la CGTG sont loin d’avoir accepté la proposition patronale. Pour l’instant, il semble que la récolte ne démarre pas. Les travailleurs de CTM qui fournissent de la vapeur à l’usine, en même temps qu’ils produisent de l’électricité, menacent de faire grève, ce qui du coup, empêcherait totalement le démarrage de la récolte. Mais pour l’instant il ne s’agit que de menaces. Les discussions continuent avec les patrons de CTM.
Tout cela nous montre que les patrons se croient autorisés à disposer comme bon leur semble des entreprises, à retirer leurs billes, comme ils disent, c’est à dire à littéralement jouer avec la vie des travailleurs. Un haut cadre obéissant au souhait des actionnaires de Beghin-Say ou de St Louis Sucre peut ainsi mettre fin à la vie d’une entreprise, créant ainsi des problèmes dans toute une région, pour les ouvriers permanents de l’usine, pour les saisonniers, pour les petits planteurs de canne, qui devront se reconvertir. Mais on sait qu’une telle reconversion est plus facile à dire qu’à faire. La canne est une plante qui résiste bien mieux que d’autres aux problèmes de sécheresse, l’insuffisance d’hydrolique agricole etc. Pour les ouvriers et les petits paysans, la fermeture de l’usine serait catastrophique.
Pour toutes ces situations de fermeture d’entreprises, de licenciements, il faut en arriver à l’interdiction des licenciements et à la réquisition de ces entreprises, usines, plantations et c’est justement ce que les listes Combat Ouvrier et Combat ouvrier /GRS mettent en avant dans cette élection. Nous affirmons que la meilleure chose à faire à ces élections, ce n’est pas de choisir entre tous ces notables et politiciens, lesquels vont aller siéger dans l’assemblée régionale, faisant d’un succès électoral local un tremplin pour appuyer la politique des gouvernants à Paris. Les travailleurs n’ont aucun intérêt à se livrer à un tel choix qui se retournera contre eux. La chose la plus utile et la plus efficace à faire, c’est d’exprimer une condamnation claire et nette de la politique du gouvernement, d’exprimer une volonté de ne pas se laisser faire par les patrons licencieurs et fossoyeurs d’entreprises.
C’est aussi l’occasion d’approuver un programme de mesures d’urgence interdisant ces licenciements, demandant à voir les comptes de ces patrons, réclamant que l’Etat central et les assemblées régionales cessent de distribuer l’argent public aux gros patrons, sous formes de subventions et d’exonérations.
Le choix le plus juste et le plus utilise pour les travailleurs, c’est de voter Combat Ouvrier, liste conduite par Jean Marie Nomertin en Guadeloupe, et Combat Ouvrier GRS, Liste conduite par Ghislaine Joachim-Arnaud et Philippe Pierre-harles en Martinique.


Chute d'Aristide
Une fin sans gloire!

Aristide est parti vers un pays d’accueil depuis dimanche 29 mars, l’Afrique du Sud semble prêt à l’héberger. L’homme qui avait porté les espoirs des pauvres en Haïti en 1990 termine sa carrière de président comme un vulgaire dictateur qui, après avoir servi les intérêts de l’impérialisme et de la bourgeoisie, se trouve lâché quand il n’est plus utile.
C’est le cas d’Aristide aujourd’hui, tant qu’il était capable de tenir la population pauvre au calme, de permettre à la bourgeoisie locale de faire des affaires quel que soit le coût pour la population laborieuse, comme lors de l’embargo de 1991 où la population pauvre a crevé de faim alors que des nouvelles fortunes se bâtissaient, il a été toléré sinon soutenu par une fraction de la bourgeoisie. Mais comme il a refusé de partager le gâteau avec les autres politiciens bourgeois les choses se sont gâtées. Ceux-ci l’ont harcelé sans cesse jusqu’à finalement avoir sa peau ! Se croyant bien inspiré, Aristide s’est appuyé sur des bandes de chimères qui se sont servis sur la population et ont menacé la tranquillité des riches, les gênant pour faire leurs affaires.
En décembre 2003 Les attaques des chimères, contre les étudiants et quelques attaques contre les patrons représentés par Apaid et Baker lui ont fait perdre les quelques soutiens qui lui restaient au niveau international et enfin son incapacité à tenir en laisse ses chimères dont certains se sont retournés contre lui, tout cela a fini de le déconsidéré aux yeux des bourgeois comme homme utile, capable de tenir en respect les pauvres. Il devenait plus dangereux qu’utile en provoquant des troubles qui ont finalement un telle ampleur que la seule solution pour l’impérialisme américain, c’était de le faire parti.
Lâché, à son retour d’exil, par la bourgeoisie, qui ne l’a jamais aimé à cause de ses liens avec les couches pauvres qui l’avaient porté au pouvoir, il n’a pas pu, comme en janvier 1991 profiter de l’élan populaire des pauvres car il les avait rapidement oubliés, trahis et méprisés et donc démoralisés ! Ceux qui en 1990 criaient «vive Titid» et mettaient tous les espoirs en lui, se retrouvaient en 2004 caché au fond de leur maison craignant les attaques de chimères d’Aristide.
Aristide a joué le jeu de la bourgeoisie en endormant les travailleurs et les pauvres, leur racontant en 1991 que c’est le mariage armée-peuple qui sauverait le pays des macoutes. En septembre 1991, l’armée lui a porté un démenti avec le coup d’état qui a été financé par la bourgeoisie.
A son retour en 1994 dans les fourgons des marines, il a lancé que c’est le mariage bourgeoise-peuple qui ferait Haïti passer de la misère à la pauvreté. Les bourgeois se sont enrichis, les pauvres sont tombés au dessous du seuil vital avec moins de un dollar et demi par jour. Les caisses des coopératives ont été pillées par les lavalassiens et les petits épargnants ont été dépossédés au profit des banquiers.
Ayant servi les intérêts de la bourgeoisie Aristide a cru pouvoir maintenir, jusqu’à la fin de son mandat, les illusions de la population pauvre dans une prétendue démocratie, en demandant de « respecter la démocratie et mon mandat pour 5 ans ».
A tant chercher à se faire accepter, aimer par la bourgeoisie, Aristide a abandonné et trahi ceux qui avaient mis leur confiance en lui, les pauvres, les travailleurs des villes et des campagnes. Il n’a pas compris ou voulu comprendre que les deux intérêts ceux des riches et ceux des pauvres sont diamétralement opposés, encore plus dans un pays comme Haïti que dans des pays développés. En paiement de cette trahison il n’a reçu que le mépris de la part des bourgeois (et une fortune qu’il a malproprement amassée au pouvoir sur le dos de la population) et la fuite vers un exil doré comme tous les dictateurs des pays pauvres qui ont fini leur temps. Le masses pauvres ont payé cher les illusions qu’elles se sont faites en un « sauveur », le « prophète», comme disaient certains. Pour les travailleurs en Haïti c’est une nouvelle leçon, qu’ils payent cher, la libération des travailleurs ne pourra venir que d’eux-mêmes, de leurs propres luttes, de leur propre capacité à se donner leur propre direction et organisation politiques : «Il n’y a pas de sauveur suprême, ni dieu, ni César, ni tribun, travailleurs sauvons nous mêmes». Dans cette voie-là se lèvera une nouvelle génération de travailleurs, de jeunes qui inlassablement feront de nouvelles tentatives pour renverser une société pourrie, corrompue et injuste. Les jours des exploiteurs capitalistes et oppresseurs impérialistes ne seront pas éternels.




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