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Présentation de Jean-Marie Nomertin par Gérard Séné
Né le 29 / 01 / 1965 à Capesterre B.E.. Il a suivi une scolarité jusqu’au BEP (formation de réparateur de machines agricoles) mais n’a pas persisté jusqu’à l’obtention de l’examen ; il a préféré aller tout de suite travailler. Il a été employé de commerce en 82 et depuis 83 est devenu ouvrier agricole, il a donc travaillé dans les plantations de banane pendant près de 20 ans.
Dans sa jeunesse il a milité à l’organisation des jeunes de l’UPLG, Bijengwa. Puis il a rencontré les idées de Combat Ouvrier en 1985 lors de l’affaire Faisans et rapidement a évolué vers les idées communistes révolutionnaires (trotskistes).
Devant l’absence totale d’organisation syndicale dans la banane, en 1987, il a entrepris de réorganiser le syndicat qui fut progressivement remonté dans différentes plantations. C’est après le cyclone Hugo que le syndicat prit vraiment son essor car il joua un rôle important dans l’organisation des luttes des ouvriers agricoles pour ne pas être laissés sans aucune rémunération, après la destruction des plantations. Leurs luttes leur permirent de toucher les Assedic.
Quand le syndicat a acquis une certaine implantation dans les grandes entreprises agricoles de la région, la confiance est revenue et les travailleurs se sont enhardis, les luttes ont repris dans les différentes plantations. J.M. Nomertin et l’équipe qui s’était regroupée autour de lui y ont participé régulièrement. Les travailleurs ont alors estimé qu’il fallait imposer une revendication importante au patronat de la banane. Une grève générale de la banane fut préparée et déclenchée en décembre 1997. Là aussi avec à sa tête J.M. Nomertin, entouré d’hommes et de femmes totalement décidés à faire triompher leur cause. C’est à cette époque là que les travailleurs d’autres secteurs firent la connaissance de ce jeune ouvrier, responsable syndical de la Banane. La grève dura 52 jours pour réclamer le paiement d’un 13ème mois. Elle fut ponctuée de nombreuses manifestations, incidents dans les plantations et de quelques échauffourées avec les forces de l’ordre à Capesterre.
La grève a été suivie sur une région allant de Baillif à Petit Bourg. Elle reçut le soutien des dockers de Pointe à Pitre qui, pendant plusieurs jours, avaient côtoyé les grévistes qui campaient devant les entrées du port afin d’interdire le départ des containers de banane venant de quelques plantations de Grande-Terre que certains grands planteurs de Capesterre avaient confiées à des petits producteurs. Cette grève fut exemplaire, elle aboutit à un succès important.
Les travailleurs arrachèrent une prime importante et le paiement des jours de grève. Cela devait donner l’idée à d’autres travailleurs d’autres secteurs de faire appel aux camarades de Capesterre pour renforcer leurs organisations syndicales. C’est ainsi que Nomertin joua un rôle de plus en plus important dans son syndicat. Ce qui ne l’a pas empêché de militer sur le plan politique au sein de Combat Ouvrier, de participer à différentes luttes et manifestations pour défendre la cause des travailleurs.
Combat Ouvrier a estimé que ce travailleur devait prendre la tête de la liste car, nous l’avons toujours dit, il faut que les travailleurs prennent eux-mêmes leurs affaires en main et soient les acteurs de leur émancipation.
Il n’y a aucun doute, pour nous à Combat Ouvrier, sur le fait que les travailleurs peuvent non seulement jouer un rôle de premier plan dans des luttes politiques et par exemple au niveau électoral. Mais, surtout, Combat Ouvrier pense que les travailleurs sont appelés demain à diriger et à réorganiser la société, sur des bases collectives, plus justes et plus humaines.
C’est donc avec une certaine fierté que nous présentons sur notre liste une majorité de travailleurs qui tous les jours se battent contre l’exploitation, pour améliorer les conditions d’existence de leur classe. C’est pourquoi je ferai campagne dans cette liste, pour rassembler des forces nouvelles de travailleurs derrière J.M. Nomertin et derrière notre liste Combat Ouvrier qu’il conduit.
Guadeloupe
Combat Ouvrier aux Régionales 2004. Répartition géographique
Les 6 grandes zones de Guadeloupe sont représentées par 17 communes différentes. Certaines îles comme les Saintes et Marie-Galante le seront indirectement par des travailleurs résidant en Guadeloupe. Mais pas de candidats de Saint Martin où des sympathisants sont tout de même présents et ont déjà fait campagne pour les listes C.O ou pour Arlette Laguiller.
I) Région Pointe-à-Pitre- Baie-Mahault-Abymes: nous avons 16 candidats de la liste dans cette zone urbaine regroupant la majorité des salariés de Guadeloupe.
II) Région des plantations de Banane de Capesterre-Petit-Bourg-Lamentin: nous avons là 7 candidats
III) Région du Nord-Grande-Terre, de Moule à Petit Canal en passant par Morne àl’Eau: 6 candidats se présentent venant de ces communes.
IV) Basse-Terre – Gourbeyre: 2 candidats seront présents sur la liste.
V) De Sainte-Rose à la Côte sous le vent: communes de Bouillante, Pointe-Noire et Sainte Rose: nous aurons 7 candidats pour cette région du nord-Guadeloupe.
VI) Zone touristique de Gosier-Sainte-Anne-Saint-François: 5 candidats viennent de cette région d’hôtels-restaurants.
Cette répartition touche pratiquement toutes les régions qui regroupent des zones d’activité et des regroupements de salariés dans les plantations de banane ou de cannes, dans les usines (sucreries, électricité) mais aussi dans les zones dites «industrielles» ou commerciales, dans l’agglomération pointoise au sens large.
Adrienne Françoise
Adrienne Françoise née le 26 avril 1953 au Gros Morne en Martinique, d'une famille nombreuse d'ouvriers agricoles.
C’est en 1974, lors des événements de CHALVET, Morne Rouge Martinique que je découvre les idées révolutionnaires. Je suis alors au lycée de Trinité. Quelques mois plus tard je suis embauchée à l’Hôpital Civil de Fort de France. Là je rencontre les militants de Combat Ouvrier et de la CGTM. Je m’engage sur le plan syndical et politique. En 1976 je participe activement à la grève des hospitaliers.
En 1977 je suis mutée en Guadeloupe, mon engagement politique et syndical se poursuit. Actuellement .je suis secrétaire générale de la CGTG du CHU et secrétaire confédéral de le CGTG.
Clotaire Rimbon
Né le 7 avril 1956 au Moule. Il est ouvrier industriel à l’usine de Gardel. Il a un fils âgé de 16 ans.
Il est délégué syndical à l’usine Gardel depuis 1984. C’est un militant syndical actif qui est à l’origine de la création de la section syndicale CGTG au sein de l’entreprise. Il a participé à plusieurs grèves importantes. En particulier en 1987 une grève a eu lieu durant 3 semaines pour l’obtention d’un 13ème mois. Rimbon a été un des principaux dirigeants de cette grève où les travailleurs ont obtenu gain de cause.
Actuellement il participe aux négociations annuelles obligatoires dans le secteur de la canne. Les discussions sont difficiles car le patronat ne veut pas donner grand chose et les ouvriers ne veulent pas se laisser faire. Très actif dans son quartier, il a créé une association de défense du quartier de Bonan et de Sergent au Moule.
Édouard Sulty
Il est né le 10 mars 1955 à Fort-de-France. Il vit en Guadeloupe depuis 1974 en Guadeloupe dans le quartier populaire de la cour Zamia à Pointe-à-Pitre. Il est père de 4 enfants.
Il est employé de banque à la BNP-PARIBAS. Il est militant syndical depuis de nombreuses années. Il est délégué du personnel et du Comité d’entreprise.
Actuellement il participe activement à la grève des banques contre le projet de l’AFB d’imposer la convention collective nationale alors qu’il existe une convention locale plus avantageuse.
Il milite également au sein de l’association sportive de la banque.
Béatrice Fairand
Je suis Béatrice Fairand née le 28 janvier 1960 à Angoulême. Je suis la sixième d’une famille ouvrière. Mon père à été tour à tour, routier, maçon, ouvrier d’usine.
En 1980 je me suis mariée à un peintre en bâtiment guadeloupéen. Nous avons eu 2 filles.
Le retour au pays a été très difficile pour nous. En 1983, date de notre retour, mon mari et moi n’avons pas trouvé à travailler. Nos économies ont fondu.
En 1984 nous avons dû nous rendre à Saint Barthélemy pour travailler. Lui, comme peintre et moi comme employée d’hôtellerie. Notre exil dura 5 ans.
Depuis 1989, pour rester en Guadeloupe, mon mari a dû s’installer comme artisan peintre et moi depuis deux ans je suis employée d’hôtellerie en extra qu’on appelle maintenant intermittent.
Guadeloupe
Quelques éléments sur la liste Combat Ouvrier
Sur 43 candidats, il y a 40 actifs et 3 retraités. Les 40 actifs se décomposent en 29 ouvriers et employés, 2 journalistes-documentalistes, 3 enseignants, 6 artisans et travailleurs individuels, 3 retraités.
Le plus âgé a 64 ans, le plus jeune a 33 ans. La tête de liste, Jean Marie Nomertin, est âgé de 39 ans. Comme prévu par la loi, il y a alternance homme-femme jusqu’au 43ème. Donc, 22 hommes et 21 femmes.
Martinique
L'union des groupes de producteurs de nouveau à l'offensive. Les ouvriers doivent se préparer à riposter
Les planteurs de la banane disent «les charges sociales et fiscales ne sont pas payées depuis 2 ans. Théoriquement toute la filière banane devrait être en cessation de paiement». Ils ajoutent que chaque planteur en 2003 a perdu 20 centimes d’euros par kilo. Au total, il y aurait une perte sur l’ensemble du secteur estimé à 54,566 millions d’euros.
L’union des groupements de production constituée en septembre 2003 n’a semble-t-il pas convaincu le gouvernement de lui verser des nouvelles aides immédiates sur la foi de ces dires.
Rentrés en Martinique, Eric de Lucy, président du groupement et Daniel Louis Berthome, président de la FDSEA, disent qu’à partir du 15 mars, s’ils n’ont pas de réponse positive du gouvernement ou de l’Europe, ils ne vont pas payer les salaires.
Et Berthome d’appeler à la mobilisation «derrière la banane». Il ajoute qu’il faut faire une action plus importante que l’occupation de l’aéroport il y a quelques années.
Que cache l’Union des groupements?
Un rapport de la DAF (Direction de l’agriculture et de la forêt) de 1998, montrait déjà que sur les 684 exploitations existantes, moins d’une cinquantaine produisent la moitié de la production totale.
Les entreprises de plus de quarante hectares représentant plus de la moitié des surfaces cultivées, sont moins d’une centaine. Les planteurs de moins de 40 hectares subissent donc la loi des gros. Certains, ceux de BANALLIANCE, et une partie de l’ancienne COBAMAR se sont regroupés et avec l’aide de commissionnaires dont Canavèse France, ils ont vendu près de 50 000 tonnes de bananes à des prix inférieurs à ceux de l’Union. D’où les appels du CODEMA MODEF de Juvénal Rémir, du président de la Chambre d’Agriculture, Guy Ovide Etienne, et de Berthome, à l’union pour sauver la banane martiniquaise.
Cette production bananière, selon un rapport du Conseil économique et social de 2003 bénéficie de 60% des produits totaux du soutien public à l’agriculture, soit 656 MF (environ 100 millions d’euros).
Quelle est la situation du côté des salariés?
La majorité des salariés sont à temps partiel et gagnent 999.41€ brut par mois. Ceux à temps plein gagnent 1158.76€.
C’est à leur départ à la retraite que les salaires de misère versés sont le plus scandaleux.
Ainsi un ouvrier agricole né en 1943, embauché en 1958 à l’âge de 15 ans, parti à la retraite en 2003 avait un salaire moyen annuel de 11 073.68 € sur les 20 dernières années. Cet ouvrier touche à partir de janvier 2004 une pension de 558.86 €, soit 534.84 € après avoir retiré les impôts indirects que sont la CSG (contribution sociale généralisée) et la RDS (remboursement de la dette sociale).
Les planteurs ne sont donc pas à plaindre. Et s’ils disent ouvertement sur les ondes et la télévision qu’il faut aller vers une mobilisation générale, les ouvriers, eux, doivent se mobiliser de leur côté et se préparer à occuper les terres de ceux qui ne paient pas les salaires et les licencient.
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