COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 6 mars 2004      N° 899
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Martinique
Présentation à la presse de la liste Combat Ouvrier-GRS pour les élections régionales de mars 2004

Dimanche 29 février, le GRS et Combat Ouvrier ont organisé une réunion pour présenter leur liste commune à la presse. A quelques exceptions près, tous les candidates et candidats étaient présents et ont été présentés à tour de rôle, soulevant l’enthousiasme des militants et sympathisants qui les avaient accompagnés à cette présentation de presse. Comme le faisait remarquer Pierre-Charles, la liste CO-GRS c’est celle qui comporte le plus d’élus à ces élections… d’élus des travailleurs, bien sûr! A voir cette présentation, on se rendait compte que c’est la liste qui comporte le plus grand nombre de travailleuses et travailleurs dont la majorité sont des gens élus dans leur entreprise, ayant des responsabilités syndicales, c’est à dire des gens parfaitement implantés dans le combat et la vie quotidienne des travailleurs. Notons aussi que plusieurs des femmes présentes dans la liste sont impliquées dans de réelles luttes pour les droits des femmes, notamment contre les violences infligées aux femmes qui sont une pratique assez courante dans nos régions.
A tour de rôle, les 43 noms ont été applaudis avec chaleur et enthousiasme par la salle, et particulièrement les deux têtes de liste: Philippe Pierre-Charles et Ghislaine Joachim-Arnaud. C’est spontanément que l’assistance s’est mise debout et a entonné une vibrante internationale. Cela faisait chaud au cœur de tous et la résolution fut prise de mener une campagne dynamique et fructueuse.



Martinique
Présentation de la liste CO-GRS. Quelques éléments sur la liste

Représentation sociale

La tête de liste est Ghislaine Joachim-Arnaud pour Combat Ouvrier, Philippe Pierre-Charles pour le GRS.

En respectant l’alternance homme femme, il y a 21 candidats de Combat Ouvrier 11 femmes et 10 hommes et 22 candidats du GRS 11 femmes et 11 hommes. Sur 43 candidats, il y a 41 actifs et 2 retraitées.

Les 41 actifs se décomposent en 29 ouvriers employés et techniciens, 6 enseignants et éducateurs, 1 artisan, 2 agents d’encadrement,3 chômeurs.

Les ouvriers, employés, techniciens sont représentatifs des secteurs économiques principaux de la Martinique : employés d’hôtellerie, ouvriers(e) agricoles, industrie ( EDF,usine agro-alimentaire), employés de commerce, agents communaux, agents hospitaliers

Le plus âgé a 69 ans, la plus jeune a 39 ans. Comme prévu par la loi, il y a alternance homme-femme jusqu’au 43ème. Donc, 21 femmes et 22 hommes.

Représentation géographique de la liste CO – GRS

14 communes sont représentées sur 34.
Arrondissement de FDF: Nous avons 26 candidats de la liste dans la zone urbaine de Fort de France-Lamentin-Schoelcher –Saint Joseph, regroupant la majorité des salariés de la Martinique soit 110121 inscrits (40%)
Arrondissement de Trinité: Pour le Nord Atlantique soit 23% des inscrits, nous avons 7candidats
Arrondissement de Saint Pierre: Pour le Nord Caraïbe soit 7% des inscrits, nous avons 4 candidats
Arrondissement du Marin : Pour le Sud soit 30% des inscrits nous avons 6 candidats.



Extraits de la déclaration de Ghislaine Joachim-Arnaud lors de la présentation de la liste commune Combat Ouvrier-GRS

« …Alors, dans ces élections, la liste CO-GRS est présente pour permettre à l’électorat populaire d’exprimer son rejet de la politique menée à tour de rôle par la droite et la gauche et ce n’est pas la touche indépendantiste ou patriotique qui accompagnait localement la droite ici, qui change quoi que ce soit. Car ces courants politiques qui se sont succédé, même s’ils n’ont pas le même langage parce qu’ils s’adressent à des électorats différents, quand ils sont aux commandes, gèrent les affaires dans l’intérêt du patronat, c’est à dire des classes possédantes. Au lieu de cette alternance vis à vis d’équipes serviles au patronat, et méprisantes vis à vis des classes laborieuses, la liste CO-GRS donne aux électeurs la possibilité de faire un choix social et politique correspondant véritablement à leurs intérêts. Certes, un vote massif pour notre liste ne suffira pas à changer le rapport de forces entre les travailleurs et le patronat. Mais il permettra aux travailleurs de se prononcer sur une politique opposée à celle qui est menée depuis des années par ceux qui se sont succédé au pouvoir, et qui a consisté à prendre aux travailleurs, aux classes populaires, pour redistribuer au patronat. Il faut une politique qui unifie les travailleurs autour d’objectifs communs pour engager la contre-offensive. Il faut une politique qui prenne aux riches pour réduire les inégalités, mettre fin au chômage, à la précarité, pour assurer aux travailleurs et aux retraités un revenu qui permette de vivre convenablement.
Il faut opposer au chômage une politique ayant pour objectif de prélever sur les profits patronaux et sur les richesses accumulées par la classe possédante, grâce à l’exploitation des salariés. Il faut rendre publics et accessibles au contrôle de la population les comptabilités des entreprises ainsi que les comptes en banques de leurs principaux actionnaires, il faut abolir le secret bancaire et commercial.
Il faut interdire les licenciements collectifs sous peine de réquisition… sans indemnité ni rachat, dans les entreprises qui font du profit.
Il faut une politique qui supprime toute subvention aux entreprises privées, afin que l’argent ainsi économisé permette à l’Etat de faire face à ses obligations sociales.»



Marie-Galante
Le maire de Grand Bourg recule

Les employés communaux de Grand Bourg ont fait grève durant six jours, du lundi 16 au samedi 21 février.
Ils s’opposaient à la décision du Maire de supprimer l’indemnité de 40% pendant les congés maladie. Les travailleurs ont mené leur grève de façon énergique, en bloquant les rues. Le maire a dû reculer : il a suspendu sa décision. Il n’a cependant pas renoncé à l’appliquer. D’autres Maires appliquent déjà cette réduction du salaire durant les congés maladie : il semblerait que ce soit le cas à Petit Canal, à Capesterre, au Lamentin, à Baillif et Pointe Noire, de même qu’à St Martin. La direction de l’INRA a elle aussi tenté de l’appliquer. Bientôt ce sera sans doute le cas dans d’autres services publics.
La réaction des employés communaux de Grand Bourg est donc un exemple à suivre, mais il serait préférable que les fonctionnaires agissent tous ensemble, avant même l’application du décret.



Écho des Telecoms

L N’Y A PIRE SOURD QUE CELUI QUI NE VEUT PAS ENTENDRE
Depuis trois ans, FT essaie de remettre en cause le lundi gras, jour férié local. Cette année encore, la direction a cherché des volon- taires pour travailler pendant les fêtes de carnaval. De toutes façons, nous avions déjà annoncé la couleur. Les jours gras on se détend. Le lundi gras, on ne travaille pas. Le lundi gras on défile, le lundi gras on prépare le défilé du mardi gras…
Faudra t-il qu’on aille battre du tambour de carnaval sous les fenêtres des chefs pour qu’ils soient moins sourds?
LA PRIME C’EST NOTRE DU, C’EST PAS UN CADEAU
FT nous fait miroiter les primes de participation comme si c’était un cadeau royal aux agents. Mais c’est encore une façon pour la direction de nous tromper. Pendant les cinq ans que notre argent sera bloqué ce sera encore un moyen pour FT de spéculer en bourse et de faire son beurre sur notre dos. FRANCE TELECOM ACHETE TOUT WANADOO POUR PAYER LES ACTIONNAIRES MINORITAIRES
FT va prendre le contrôle total de sa filiale d’accès Internet wanadoo pour prés de 4 milliards d’euros. Il rachète ainsi 29,4% du capital de Wanadoo qu’il ne détenait pas encore. La prime aux actionnaires minoritaires sera de 50%. Pour eux c’est tout bon.
CERTAINS S’EN METTENT PLEIN LES POCHES SUR NOTRE DOS
Les actionnaires du début qui avait acheté le titre FT le 19 juillet 2000 à 19 euros ou à 21 ont largement perdu lorsque ce titre est tombé très bas. Ce fut le cas pour beaucoup d’entre nous à qui FT a fait acheter quelques actions pour nous faire croire que nous devenions de vrais actionnaires de notre entreprise… Mais pour les gros actionnaires qui ont acheté le titre très bas et qui peuvent le revendre aujourd’hui autour de 21 euros, c’est une très bonne affaire. Pendant ce temps c’est nous qui trimons et suons avec des cadences dures et des salaires qui stagnent.



Guadeloupe
NAO de Gardel, pas d'accord

Les négociations annuelles obligatoires (NAO) se poursuivent à l’usine Gardel sans qu’aucun accord n’ait été trouvé concernant les augmentations de salaire. Le patronat ne veut concéder que 2,5%, alors que les syndicats (CTGT, CTU, UGTG) réclament une augmentation de 3,5%. Ils ont déjà baissé leur revendication de 5% à 3,5%, et c’est vraiment le minimum qui leur parait acceptable.
La dernière réunion qui a eu lieu jeudi 26 février n’a donc pas abouti. Les représentants syndicaux vont consulter les salariés pour décider des suites à donner à cet entêtement patronal.



Martinique
Des employés décidés à ne pas se laisser faire

Ce ne sont pas seulement les employés des banques qui luttent pour leur avenir contre la rapacité de l’Etat et du patronat. Des agents municipaux s’occupant des enfants d’écoles maternelles, les ATSEM, vont eux aussi se mettre en lutte.
Près de 250 agents travaillent dans ce secteur et sont composés pour la plupart de femmes. Fatigués d’attendre, ils ont donc décidé au cours de leur assemblée générale du 26 février de taper du poing sur la table pour obtenir leur titularisation.
Leurs patrons, les maires, ne font pas le nécessaire pour les titulariser en tenant compte de leur ancienneté réelle sur leur emploi. Et ce sont pratiquement les mêmes qu’on retrouve soit conseillers généraux ou régionaux, les mêmes qui votent à deux mains des subventions pour les capitalistes locaux, c’est à dire des millions d’euros, l’argent des contribuables.
Bon nombre de ces agents ont plus de 10 ans d’ancienneté et voient leur avenir plutôt sombre. Alors pour se faire entendre et pour secouer ces élus locaux et les responsables de l’Etat, ils ont décidé de faire du jeudi 11 mars une journée morte.
Ils ont raison, parce que la politique de l’Etat consiste délibérément à ne pas vouloir les titulariser. Leur objectif est de faire en sorte que ces agents partent en fin de carrière avec une retraite au rabais.



Martinique
Grève des banques. Des grévistes toujours déterminés à obtenir gain de cause!

La grève en est à sa 11ème semaine et malgré le jugement du tribunal il n’y a aucune avancée sérieuse. Dans la population, les gens pensaient que la grève s’arrêterait tout de suite. Mais il n’en est rien car les dirigeants de l’AFB continuent à se moquer de la population et des grévistes. Ces derniers continuent leur mobilisation devant les différentes banques. Depuis vendredi ils bloquent la SATA (entreprise qui fait la compensation des chèques). Ce blocage peut gêner toutes les banques, même celles qui ne sont pas affiliées à l’AFB.
Durant le week end il y avait Nicolas Sarkozy et François Hollande venus soutenir leurs poulains pour les élections régionales. Une délégation des grévistes est allée vendredi soir au meeting de François Hollande déployer la banderole de l’intersyndicale des banques. Ce dernier est venu les saluer et Victorin Lurel les a assurés de son soutien.
Le samedi c’était au tour de Nicolas Sarkozy de tenir meeting pour soutenir Michaux Chevry. Les grévistes ont obtenu que ce dernier les reçoivent le dimanche matin. Il a assuré qu’une délégation de l’AFB devait se rendre en Guadeloupe dès lundi 1er mars.
Effectivement 4 responsables de l’AFB ont débarqué en Guadeloupe lundi après-midi. Ont-ils eu peur d’un accueil un peu trop important et bruyant? En tout cas ils ont quitté l’aéroport par une porte dérobée encadrés par des policiers. Quelques grévistes venus les accueillir ne les ont pas vus car ils n’ont pas accompli les formalités de police.
La délégation a prévu de commencer les négociations avec l’intersyndicale de la Guadeloupe, Guyane et Martinique le mercredi 3 mars à la CCI de Pointe-à-Pitre. Les directeurs nationaux des différentes banques doivent venir également en Guadeloupe mardi.
Lors d’une assemblée générale des grévistes qui s’est tenue le 1er mars au soir, ils ont décidé qu’ils devaient rester encore plus déterminés et mobilisés jusqu’à la signature d’un protocole de fin de conflit. Pour eux l’AFB doit payer l’intégralité des jours de grève car c’est elle qui n’a pas respecté la procédure lors de la dénonciation de la convention collective. Les salariés ont été dans l’obligation de faire grève. Ils ne doivent pas en subir les conséquences. Jusqu’à ce jour l’AFB refuse de payer les jours de grève et parle d’un étalement le plus large possible. Mais les grévistes qui se battent sur tous les fronts ont décidé d’assigner les banques devant les prud’hommes pour le problème du paiement des jours de grève.
Avec l’arrivée des responsables de l’AFB c’est déjà un premier recul pour eux qui ne voulaient pas venir en Guadeloupe discuter avec les représentants des trois départements. Les grévistes savent que la partie n’est pas gagnée mais restent confiants car leur combat est légitime.




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