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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 27 mars 2004      N° 900
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Pointe-Noire
La grève des agents communaux se poursuit!

Depuis plusieurs mois, les agents communaux de Pointe-Noire sont en grève et il n’y a toujours aucune solution au conflit. Le mouvement a commencé depuis décembre 2003 pour le non respect et la non application d’un protocole d’accord concernant les emplois précaires. Cet accord prévoyait la prolongation des emplois jeunes sur trois ans comme le prévoit la circulaire Girardin. En effet, 14 «emplois jeunes» avaient un contrat qui se terminait le 31 décembre 2003 et un engagement avait été pris par le maire de prolonger leur contrat. Les agents se sont rendus compte que le maire a embauché 3 agents proches de lui et leur a donné un contrat à temps complet. Et pour les autres il n’a pas tenu sa promesse.
Le mouvement de grève est donc reparti de plus belle et nous sommes déjà à la fin du mois de mars et la grève continue. Dernièrement le maire a demandé une rencontre aux grévistes mais ces derniers estiment qu’il appartient au maire de faire des propositions et de régulariser la situation de l’ensemble des agents puisqu’il s’agit d’appliquer la loi du 28 janvier 1984.
Les agents ne baissent pas les bras et la semaine dernière se sont mobilisés. Le mouvement concerne surtout la Caisse des Ecoles, les services techniques. Les forces de l’ordre sont venues protéger la mairie puisque nous sommes en période d’élection. Elles seront présentes jusqu’au 28 mars pour éviter des perturbations pour l’organisation des élections.
Mais le maire Félix Desplan, comme tous ses collègues maires de Guadeloupe, pour le moment veut laisser pourrir le mouvement au lieu de trouver des solutions honnêtes pour régler le conflit.



Poursuite de la grève à la mairie du Lamentin

Cela fait 12 mois qu’un conflit oppose 35 agents communaux au maire du Lamentin, Reinette Julliard. Il n’y a pas de négociation car cette dernière refuse toute discussion. Ce conflit concerne des agents de Ravine Chaude et de la crèche municipale. Le maire, pour de prétendues raisons administratives, leur a fait signer leur démission avec la promesse de les réembaucher et jusqu’à ce jour elle refuse de le faire et ces agents se retrouvent sans salaire.
Dernièrement une rencontre a eu lieu en présence du directeur du centre de gestion, de Louis Théodore et de l’ancien secrétaire de l’UTS, Fernand Curier. Ces derniers qui intervenaient en qualité de médiateurs, ont confirmé au maire qu’elle avait tort dans cette affaire. Elle le reconnaît mais refuse toutefois de réembaucher les salariés concernés, sous prétexte que cela va entraîner une augmentation des impôts. Elle s’est par contre engagée à rembourser aux grévistes leur douze mois de salaire. Mais à ce jour rien n’est fait.
Mme Julliard s’entête et dit qu’il lui faut un texte de loi pour l’obliger à réintégrer les agents. Certains agents ont fait un référé et le tribunal administratif qui a reconnu qu’ils avaient raison, a condamné le maire à une astreinte de 500 € à payer aux grévistes. Rien n’y fait, cette dernière n’obtempère pas et s’entête dans son refus de régler le problème.
La mobilisation continue. Et aujourd’hui 22 mars, le secrétaire général de l’UTC (Guy Suzanon) et le secrétaire à l’organisation (Peter Eddy) ont été mis en garde à vue, suite à une plainte contre X déposée par le maire pour entrave à la liberté du travail. Ils ont été relâchés en début d’après-midi et Guy Suzanon est convoqué demain 23 à la gendarmerie du Lamentin. Comme on le voit le maire du Lamentin fait tout pour envenimer la situation dans cette commune. Et demain, elle viendra parler, elle aussi, de «dialogue social» ! Qu’elle et ses partisans méditent le proverbe «qui sème le vent récolte la tempête».



Les attentats d'Espagne. Des actes cyniques, barbares et absurdes

Les auteurs de l'attentat de Madrid ont commis un acte d'une barbarie inexcusable. Le choix de l'heure, du lieu, le nombre de bombes étaient calculés pour faire le maximum de victimes populaires.
Notre organisation s'est toujours opposée à ce type d'attentats. Celui-là illustre plus que jamais, s'il était nécessaire, la barbarie de tels actes. Rien ne peut les justifier. Aucune cause ne le permet.
Il existe, bien sûr, un terrorisme d'Etat, parfois aussi aveugle que celui-là. On vient encore de le voir avec l’assassinat par l’état d’Israël du cheik Yassine, dirigeant du Hamas palestinien, commandé par le premier ministre israélien Sharon.
Mais on ne peut pas défendre la cause des opprimés par les mêmes moyens. Il semble que les auteurs de cet attentat, en tout cas ceux qui l’ont revendiqué soient un mouvement islamiste qui prétend punir l’Espagne pour son engagement aux côtés des Etats-Unis dans l’agression contre l’Irak.
Mais cela montre encore plus l’absurdité et le cynisme des auteurs ; car s’il est un peuple qui a massivement clamé son opposition à l’engagement de son gouvernement dans la guerre d’Irak c’est bien le peuple espagnol. Et ce sont les membres de ce peuple qui ont été frappés, blessés ou tués par des islamistes peu soucieux de la vie des gens et de ce qu’ils pensent!



Banane
Des planteurs mendiants... mais arrogants

Depuis des mois on entend les lamentations des planteurs sur leurs «difficultés» de trésorerie, les méfaits de la chute des cours de la banane due aux bananes dollars, sur leur incapacité d’investir et d’entretenir les plantations. Ils ont manifesté à plusieurs reprises, essayant, à chaque fois sans succès, d’entraîner les travailleurs du secteur derrière eux, pour grossir leurs rangs. On a même entendu H. Chaulet plaindre le sort de ces «pauvres ouvriers» de la banane à qui certains patrons ne pouvaient donner parfois que deux jours de travail par semaine.
Finalement les planteurs de bananes ont obtenu, en novembre dernier de l’ODEADOM, 6,5 millions d’euros de prêts sans intérêt pour chacune des deux îles, Guadeloupe et Martinique. Mais cela ne leur suffisait pas, tellement leurs difficultés étaient «immenses» selon eux. Et on a pu entendre le petit commis noir, dévoué, des planteurs békés de Martinique, Bertome, réclamer 30 millions d’euros aux pouvoirs publics si on ne voulait pas que les plantations ferment. Puis ce fut au tour de H. Chaulet de réclamer 30 millions d’euros pour la Guadeloupe et 54 pour la Martinique.
Et, comme il fallait s’y attendre, il y a un peu plus d’une semaine de cela, les pouvoirs publics rallongent la sauce en annonçant, au nom d’un prétendu «contrat de progrès», 25 millions d’euros de subventions sur cinq ans… Et nos grands planteurs, mendiants de première catégorie, ne sont toujours pas satisfaits. Nouveau coup de théâtre si on peut dire… on annonce, à la fin de la semaine dernière que les planteurs vont recevoir 21,5 millions d’euros d’avance sur le montant de l’aide compensatoire.
On croyait le feuilleton terminé et les planteurs satisfaits. Mais non, vous vous trompez. Ils réclament encore, avec l’arrogance de gens qui considèrent que l’argent de l’état, c’est à dire l’argent des contribuables que nous sommes, l’argent en principe destiné aux écoles, aux hôpitaux, aux différents services publics, que cet argent leur revient de droit. Et ils demandent aux pouvoirs publics d’arrêter de chipoter et de leur verser quelque chose de plus conséquent. On se demande si leurs «ventres», non leurs coffres-forts, seront jamais assez remplis avec l’argent public.



Capesterre Belle-Eau
Banane, des ouvriers qui refusent de se laisser "vendre" par F. Le Métayer

Le bruit circulait depuis quelque temps déjà sur l’intention de F. Le Métayer, un des plus gros planteurs de la place, de vendre certaines de ses plantations. Les ouvriers qui leur demandaient, à lui et à son fils, ce qu’il en était exactement de cette affaire de vente, s’entendaient toujours répondre qu’il n’en était pas question. Et puis coup de théâtre, lundi 15 mars au matin, F. Le Métayer apprenait aux 19 camarades de la plantation de Fonds Cacao (Capesterre-B-E) que cette dernière a été vendue à un petit planteur, E. Narayanin.
Or ce dernier est bien connu des ouvriers agricoles de la région, car sur ses plantations, il ne paye pas de jours fériés, pas de prime de fin d’année. Il a déjà même frappé un ouvrier et menacé d’utiliser une arme à feu contre des camarades qui réclament leurs droits. Autant dire qu’il n’était pas question pour les camarades de Fonds Cacao d’aller travailler pour ce petit exploiteur. Et dès le lundi après-midi tous les camarades, syndiqués ou non, et surtout ceux des plantations Le Métayer étaient mis au courant. Se sentant tous concernés par cette vente en catimini, les camarades des autres plantations Le Métayer : la Digue, Shangy, Manceau, se sont donné rendez-vous, avec ceux de fonds Cacao le mardi 16 mars au siège des plantations Le Métayer, à Basse-Terre pour demander des comptes.
Ils étaient plus d’une cinquantaine. Et F. Le Métayer de leur affirmer qu’une promesse de vente avait déjà été signée avec E. Narayanin pour la plantation de Fonds Cacao. Mais aucun papier concernant cette promesse de vente n’a été montré aux camarades comme ils le réclamaient. Finalement le soi-disant acheteur a été convoqué de toute urgence à Basse-Terre pour s’entendre dire par les camarades de Fonds cacao qu’il n’était pas question qu’ils travaillent pour lui. Et après bien des palabres il s’est éclipsé. Et F. Le Métayer prétendait ne pas avoir l’intention de changer sa décision.
Le lendemain, tous les ouvriers et ouvrières des mêmes plantations, plus ceux de Moreau se sont donné rendez-vous sur la plantation La Digue qu’ils ont bloquée, en exigeant la venue de F. Le Métayer. Ce dernier est effectivement venu sur place. Sentant la détermination des camarades, et peut être aussi devant le recul de E. Narayanin qui s’est peut-être rendu compte qu’il ne faisait pas une bonne affaire, F. Le Métayer a finalement annoncé aux camarades que la promesse de vente de la plantation de Fonds cacao avait été annulée.
Est-ce un recul définitif ou un simple repli tactique? En tout cas, les camarades des plantations Le Métayer sont sur leurs gardes.



Échos de l'aéroport

SIXT: MENACES SUR NOS EMPLOIS
A Sixt, société de location de voitures de Pôle caraïbe, les patrons annoncent un trou de 1 million d'euros. Nous ne comprenons pas car nous voyons l'argent rentrer comme auparavant. Déjà il y a quelques mois, 6 de nos collègues ont été licenciés alors que les affaires marchent.
Les patrons nous annoncent qu'un repreneur a finalement renoncé à Sixt sous le prétexte que nous sommes syndiqués. Oui, nous sommes à l'UGTG. Devons nous comprendre qu'il s'agit en réalité de se débarrasser des 13 employés restant parce qu'ils sont combatifs?
Nous restons mobilisés face à des patrons pas francs, à des chefs qui quittent le navire sans explications et à un administrateur qui se désintéresse complètement de notre sort. Nous n'avons pas l'intention de nous laisser faire.

AVIATION CIVILE: L'ADMINISTRATION SUPPRIME UN POSTE D'AGENT D'ENTRETIEN…
Depuis le début de l'année, l'une des trois femmes agent d'entretien est partie à la retraite. Ces agents ont récemment obtenu le statut de contractuel, et une demande de recrutement a donc été faite.
Cette demande a été repoussée par l'administration centrale à Paris, au motif qu'elle préfère embaucher des adjoints d'administration que des agents d'entretien.
On demande donc au district de faire appel aux services d'une société privée. En fait, il s'agit une fois de plus de la suppression d'un emploi permanent, et son remplacement éventuel par un emploi précaire.



Déclaration commune LO-LCR après le premier tour des régionales

Le gouvernement Raffarin et l'offensive brutale antisociale menée depuis deux ans viennent d'être désavoués. L'augmentation du chômage, les privatisations, la suppression des allocations pour les chômeurs, la démolition du système des retraites et les attaques contre l'Education nationale ont été massivement rejetées.
Quant à savoir si cela signifie une confiance renouvelée pour les partis de gauche de la part de l'électorat populaire, c'est une autre affaire. Car ce désaveu de la droite n'est pas une approbation de la gauche, même si c'est elle qui profite de cet état de fait.
Le Front National confirme ses positions. Au moins la démoralisation de l'électorat populaire ne lui a pas vraiment profité, même s'il représente un danger.
Le mode de scrutin de ces élections favorise les partis dominants. Ainsi, avec une augmentation du nombre de leurs voix par rapport aux élections régionales de 1998, les révolutionnaires n'auront aucune représentation dans les conseils régionaux.
En ce qui concerne les listes LO-LCR, à l'échelle nationale nos scores se maintiennent et cela montre que l'électorat d'extrême gauche reste stable depuis des années, même si ses résultats ont connu des variations. De toute façon, nos organisations, aussi bien LO que la LCR, militent aussi, en permanence, parmi le peuple, les travailleurs, les salariés, les retraités, les chômeurs, les jeunes et tous ceux qui sont les victimes de cette société, pour les convaincre qu'il y a d'autres façons de changer leur sort.
Les résultats des listes LCR-LO montrent aussi qu'une partie significative de l'électorat s'est retrouvée dans les objectifs que nous avons défendus pendant la campagne. Cela représente un espoir pour les luttes futures. C'est dans ce sens que nous mènerons ensemble la prochaine campagne des élections européennes.
Pour le deuxième tour, comme nous l'avons dit pendant notre campagne, nous ne donnerons pas de consigne de vote et nous ne fusionnerons avec aucune liste. Nos électrices et électeurs se détermineront librement.
Nous continuerons à défendre les objectifs qui ont trouvé pendant la campagne un écho favorable parmi les travailleurs en sachant que ce n'est pas dans les urnes mais par leur lutte que les travailleurs les imposeront.
Lutte ouvrière - Ligue communiste révolutionnaire




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