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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 17 avril 2004      N° 901
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À la Une

Éditorial

Chirac-Raffarin; changement de ton, pas de cap

Après la claque infligée par les électeurs des élections régionales au gouvernement Chirac –Raffarin, ces derniers ne pouvaient dire autre chose qu’ils avaient compris le message.. Belle leçon en effet que cet échec cuisant où sur 27 régions, outre-mer compris, la gauche liée au Parti Socialiste en compte maintenant 24. Les électeurs ont voulu sanctionner un gouvernement qui depuis deux ans s’en prend méthodiquement aux intérêts des travailleurs, aux intérêts des couches défavorisées de la population. On peut citer entre autres:
-attaques contre les retraites avec l’allongement à 40 années de cotisation avant de percevoir une retraite pleine et entière, faisant le secteur public rejoindre ainsi le privé qui s’était déjà vu imposer les 40 annuités il y a plusieurs années;
-attaque contre la sécurité sociale- diminutions des dépenses de santé
-diminutions des dépenses de fonctionnement des services publics: enseignement, recherche scientifique. Et tout cela parce qu’une grande partie des finances publiques sert à arroser le grand patronat sous formes de subventions multiples;
- Suppression des indemnités d’allocations chômage à des dizaines de milliers de chômeurs;
- chômage, licenciements, fermetures d’entreprise.
Alors bien sur, ce vote-sanction des électeurs, la gauche socialiste s’en sert pour tenter un retour progressif vers le pouvoir où on l’a déjà vue à l’œuvre sans que cela ne change quoique ce soit à la situation des travailleurs et des classes laborieuses, sinon en pire. Et la droite utilise le vote pour tenter d’endormir les travailleurs et la population.
Après les élections Chirac a fait mine de mettre un frein à ce qu’il appelle « les réformes » c’est à dire en fait les attaques contre la sécurité sociale, contre l’emploi des fonctionnaires et d’autres. Mais en réalité il maintient le cap, en ayant interchangé ses ministres et en soignant le langage. Il s’agit maintenant de trouver la meilleure manière de faire passer ces mesures, mais de les faire passer quand même. Et s’il a donné satisfaction aux chercheurs sur leurs revendications, c’est sans doute pour faire passer ensuite des mesures non populaires comme la diminution des remboursements de soins, d’autres médicaments ou l’augmentation des cotisations sociales ou de la CSG (Contribution sociale généralisée).
Sarkozy aux finances serait là pour faire de la pédagogie et « expliquer les choses aux français »!!??. Mille milliards de déficit public nous dit-on.. Qu’il faut rembourser… Mais ces milliards d’euros, c’est en grande partie le grand patronat qui les absorbe sous formes de milliards d’aides, de subventions, d’exonérations fiscales et sociales! ce n’est pas nous, travailleurs, petites gens , comme on veut nous le faire croire! Il faudrait donc travailler plus pour combler ce déficit! Et on revient sur les 35 h. On ne travaillerait pas assez!
Certains parlent même de supprimer d’un nouveau texte de loi toute référence aux 35h! C’est tout simplement scandaleux de s’attaquer de la sorte aux plus exploités alors que le grand patronat réalise d’énormes profits sur leur dos. Mais au fond, c’est leur monde à eux que ces politiciens défendent, leur société à eux, la société capitaliste. Les exploités, les travailleurs ne pourront les empêcher de s’attaquer à leur niveau de vie, à leur temps de travail, à la dégradation générale de leurs conditions d’existence que s’ils se battent avec détermination contre la politique du gouvernement et contre le patronat exploiteur. Ces gens là ne comprennent que le langage de la rue, de la lutte, de la force. Et c’est bien ce langage qu’il faudra utiliser, mais le plus nombreux possible, pour leur faire entendre raison.


Le RMA (Revenu Minimum d'Activité)
Une aubaine pour les planteurs... et tous les patrons

Le 12 mars dernier, plus de 150 ouvriers de la banane se sont mobilisés à Basse-Terre pour interpeller les autorités sur leur situation. Une délégation a rencontré un secrétaire du préfet pour lui décrire leur réalité. A savoir la baisse à 3 et même parfois à 2 jours de travail par semaine au lieu de 5. Et plus particulièrement les licenciements massifs, sans indemnités et sans la remise de l’attestation ASSEDIC. Ainsi plus de 150 ouvriers agricoles, pères et mères de famille, sont sur le point d’être licenciés. Et plus de 600 sont en sursis. Puis le 2 avril c’est à plus de 250 qu’ils se sont à nouveau rendus à la préfecture, puis à la Région lors de l’entrée en fonction de la nouvelle équipe.
Cette mobilisation a permis que la préfecture et la DDTE ( direction départementale du travail et de l’emploi) prennent en compte les difficultés actuelles de ces travailleurs et décident d’appliquer ce que prévoient les textes dans cette situation, à savoir l’indemnisation. En fait par ces licenciements massifs, les patrons de la banane cherchent très certainement à se débarrasser des travailleurs du secteur en C.D.I (contrat à durée indéterminée) pour les remplacer par d’autres embauchés cette fois dans le cadre du RMA. Une aubaine pour les patrons qui n’auront dans ce cas que 250 euros (1 640F) à débourser par mois. Le RMIste embauché, lui ne touchera que 180 euros de plus que le RMI.
Connaissant les patrons, et particulièrement ceux de la banane qui n’arrêtent pas de se plaindre du coût trop élevé de la main d’œuvre qui fait que les bananes des Antilles sont trop chères par rapport aux bananes dollar, on ne voit vraiment pas pourquoi ils ne chercheraient pas à profiter de cette aubaine qu’est le RMA pour eux. Il n’y a donc que leur mobilisation et leurs luttes qui permettront aux travailleurs de la banane de ne pas être réduits à percevoir ce salaire de misère qu’est le RMA.


Martinique
Les salariés de l'hôtel Marouba restent déterminés

Cela fait déjà dix mois que les salariés de l’hôtel Marouba luttent contre 43 licenciements orchestrés par la direction de Nouvelles Frontières.
Soutenus par leur syndicat CDMT, ces travailleurs grévistes ne sont pas dupes des décisions de leur direction. Pour eux, il s’agit d’ une stratégie calculée minutieusement par cette dernière.
En effet, derrière la réorganisation, la direction veut aussi supprimer le Comité d’entreprise actuel. Cette instance la gène, elle aimerait avoir les mains plus libres pour exploiter selon son bon vouloir les travailleurs restant sans qu’un délégué d’un Comité d’entreprise quelconque puisse avoir un regard sur la politique économique et sociale de l’entreprise.
Pour se défendre et se faire entendre, les salariés grévistes ont encore mené plusieurs manifestations de protestations spectaculaires. Le mercredi 31 mars, ils ont dressé un barrage à proximité de leur entreprise, pour sensibiliser la population et les pouvoirs publics sur leur sort. Ensuite, le vendredi 2 avril, ils ont envahi l’hémicycle du Conseil Régional, en scandant des slogans dans le hall au moment même où les nouveaux notables de cette assemblée se réunissaient pour la première fois pour élire leur Président.
Leurs protestations ont été entendues, puisque après avoir été élu, le nouveau Président les a reçus. Les salariés lui ont donc demandé la mise en place d’une table ronde entre élus, direction et eux. Ce principe a été retenu pour la mi-avril.


Participons nombreux au 1er mai!

Cette année un premier mai unitaire aura lieu au Lamentin avec plusieurs organisations syndicales: CGTG, FAEN/SNCL, FSU, SNETAA-EIL, SNUI-IMPOTS, SPEG, SUD-PTT, UGTG, UNSA. Le thème retenu par les syndicats sera le suivant: « Travailleurs! Combattons la régression sociale, combattons la répression anti-syndicale, luttons pour une société plus respectueuse des droits conquis, pour la conquête de nouveaux droits. »
Les syndicats ont choisi cette année la commune du Lamentin pour la manifestation de rue.
En cette période où les attaques du gouvernement Raffarin contre les travailleurs sont de plus en plus importantes (retraites, sécurité sociale, chômeurs, éducation nationale…), où la crise dans la Banane touche de nombreux ouvriers agricoles qui se retrouvent au chômage, nous devons participer encore plus nombreux à la manifestation unitaire. Le 1er mai n’est pas un jour de fête du travail, mais la journée internationale de lutte des travailleurs. Combat ouvrier s’associe à la manifestation des syndicats.
Il appelle ses militants et sympathisants à se joindre à la manifestation des syndicats.
Tous dans la rue le Premier mai!
Rassemblement:
- En Guadeloupe à 8h30 – Place de la Verdure au Lamentin.
- En Martinique: 8H/30. Maison des syndicats. Fort-de-France.




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