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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 17 avril 2004      N° 901
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Soutenons les militants de l'UGTG condamnés lourdement par la justice!

La justice ne chôme pas avec les militants de l’UGTG et a prononcé de lourdes peines à l’encontre des syndicalistes. Certains risquent d’aller en prison car ils ont décidé de ne plus faire appel, les peines étant aggravées le plus souvent.13 militants sont condamnés à des peines de prison ferme ou avec sursis sans compter les amendes et les condamnations à des dommages-intérêts.
Guy Suzanon, secrétaire de l’UTC-UGTG ( fédération des travailleurs des communes) est condamné à 4 mois de prison avec sursis et 6000 euros d’amendes pour présence sur un barrage à l’occasion d’une grève des travailleurs communaux. Eddy Peter dirigeant de l’UTC-UGTG est condamné à 6 mois de prison avec sursis et 1627.50 euros d’amende pour avoir été présent sur un barrage. Michel Madassamy responsable de l’UTPP (produits pétroliers) est condamné à 3 mois de prison ferme et 7000 euros de dommages et intérêts pour avoir participé à une manifestation le 27 mai 2001 et est condamné pour dégradation en réunion. Il est par ailleurs condamné à 10 mois de prison ferme et 53.000 euros de dommages et intérêts car accusé d’avoir brisé le pare brise d’un camion de la société Texaco.
Armand Toto membre du conseil syndical de l’UGTG est quant à lui condamné à 6 mois de prison ferme et 8700 euros d’amende suite à une grève des agents de la sécurité qui concernait l’hôtel le Club Med. Il est également condamné à 4 mois de prison ferme et 9890 euros de dommages et intérêts à payer à 4 gendarmes qui ont déclaré avoir été frappés par Armand Toto.
Luciano Lendo responsable de l’UTHTR-UGTG ( les hôtels) est condamné à 4 mois de prison ferme suite à une plainte pour coups et blessures déposée par le directeur de l’hôtel Créole Beach. Elie Domota, Secrétaire Général Adjoint de l’UGTG est condamné à 2 mois de prison avec sursis pour avoir participé à une mobilisation suite à l’arrestation et la garde à vue de Raymond Gauthiérot, Secrétaire Général de l’UGTG.
D’autres militants moins connus sont licenciés et condamnés également. Ainsi Daniel Dicanot, délégué du personnel de la Sté Match a été licencié et condamné à 12 mois de prison avec sursis et 5607 euros d’amende suite au témoignage d’un chef de magasin qui l’aurait reconnu parmi les grévistes ayant occupé un magasin Ecomax. Patrice Ferge, Secrétaire Général Adjoint de l’UEC-UGTG (l’union des employés du commerce) a été condamné à 12 mois de prison avec sursis et 5607 euros d’amende toujours au motif qu’il aurait participé à l’occupation du magasin Ecomax, même peine pour Michel Molia, délégué syndical de la Sté Match, ainsi que Louis Carl, délégué du personnel de la société Ecomax qui ont été en plus licenciés.
François Montantin, délégué du personnel de la société Ecomax a été licencié et condamné à 6 mois de prison avec sursis et 5607 euros d’amende. Il aurait été reconnu parmi les grévistes ayant occupé le magasin Ecomax. Jocelyn Comuce, délégué du personnel de la Sté Ecomax, est condamné à 6 mois de prison avec sursis et 5607 euros d’amende pour avoir occupé le magasin Ecomax durant la grève.
Délice Paquion, militante gréviste de la commune du Lamentin a été condamnée à 3 mois de prison avec sursis et 300 euros d’amende pour avoir dans une bousculade heurté une urne qui s’est brisée en tombant.
L’UGTG a décidé de mobiliser ses militants pour soutenir ses camarades et appelait à un meeting le mercredi 14 avril à 19h devant le local de l’UGTG à Pointe-à-Pitre et le vendredi 16 avril à 19h devant la Poste de Basse-Terre.
Nous devons soutenir tous ces militants qui sont en réalité condamnés pour fait de grève. Remarquons le zèle avec lequel la justice condamne ces militants ! S’il s’agissait de casser l’UGTG, elle n’aurait pas fait mieux. L’UGTG est un syndicat jugé trop combatif par tout le lobby possédant et l’administration. La justice n’est jamais aussi zélée lorsqu’il s’agit de condamner des patrons. Lorsqu’un Marsolle frappe d’un coup de crosse de pistolet un militant tout en proférant des insultes racistes, il est à peine inquiété, il en est de même pour tous ceux qui détournent l’argent public. Les affaires traînent durant de nombreuses années sans résultat. Il y a donc deux poids et deux mesures. Face à un tel acharnement, les travailleurs doivent choisir leur camp et être du côté des militants qui sont inquiétés et dont certains risquent la prison ferme d’ici peu, pour fait de grève.



Martinique
Nouvelle composition du Conseil régional... pour continuer la même politique

Pour le deuxième tour des élections régionales du 28 mars, les électeurs de la Martinique avaient gardé en piste trois chevaux. Une liste de la droite des Forces Martiniquaises de Progrès de Miguel Laventure, une liste dite « Union de la gauche » liste panachée de celle de Madeleine De Grandmaison et S. Letchimy, le maire de Fort de France du PPM et de celle de Pierre Samot, maire du Lamentin et tête de file du groupe « Bâtir le pays Martinique », et celle des indépendantistes MIM-CNCP, conduite par A. Marie – Jeanne, le président sortant du conseil Régional.
La liste MIM- CNCP est passé de 46 006 au premier tout à 74 860 voix soit 53.76% des suffrages exprimés. La liste De Gandmaison –Samot a obtenu 43 170 voix et la droite de Laventure 21 227 voix. Avec le bonus en nombre de sièges donné à la liste sortie première par la loi électorale Chirac-Raffarin, l’alliance MIM-CNCP obtient 28 sièges, le groupe de la gauche autour du PPM et Bâtir en obtient 9 et les Forces Martiniquaises de progrès de la droite en obtiennent 4.
Les jours qui ont suivi le scrutin, les radios et télé ont largement commenté, ou salué pour certains d’entre eux, les « changements » intervenus, avec l’arrivée de politiciens plus jeunes, dont une partie sont des militants, et puis aussi avec l’arrivée de 22 femmes dans cette nouvelle assemblée. Pour autant, ces mêmes jours qui ont suivi le 28 mars, étaient bel et bien à l’image de ceux qui avaient précédé ce vote.
Les travailleurs de l’hôtel Marouba continuaient à chercher une solution miracle pour empêcher le licenciement de la moitié d’entre eux. Ceux de DHL, en grève depuis 100 jours, continuaient à s’opposer à des patrons américains se croyant « de droit divin » et voulant se débarrasser de 8 d’entre eux pour faits de grève. Les ouvriers de la banane continuaient de vivre sous la menace du chômage technique ou de licenciements, alors que leurs propriétaires successifs se sont remplis les poches de subventions. Etc…Etc…
Mais, nous dira t-on, les élections régionales n’avaient rien à voir avec « des revendications sociales » ! Pour tous ces politiciens et leurs commentateurs, le sort des travailleurs n’a rien à voir avec la politique ! Et d’ailleurs aucune des têtes de listes figurant au deuxième tour des élections n’a prétendu qu’elle agirait pour l’amélioration du sort des salariés, contre l’arrogance patronale, ni pour arrêter de distribuer des subventions aux patrons. Aucune d’entr’ elles, pas plus celle des indépendantistes que celles des autres, n’a cherché à utiliser la tribune électorale pour proposer à la population de se prononcer pour changer quelque peu l’ordre établi des riches et des possédants et apporter quelques améliorations au sort des plus démunis qui constituent la majorité de la population. Oh non ! Elles ont juste dit qu’elle gèrerait « au mieux » les 270 millions d’euros constituant le budget de la Région ! Au mieux pour qui ? L’histoire le dira plus tard ! Alors, pour les travailleurs, il n’y a vraiment pas grand chose à attendre de cette nouvelle assemblée régionale.



Martinique
Habitations en redressement judiciaire, magouilles et mensonges des planteurs

Depuis la mi-mars, les ouvriers des habitations Catagri au Lorrain et Dormagri à Fort de France près de la distillerie Favorite se mobilisaient pour le paiement de leurs salaires.Les habitations sont exploitées par Agrisol une société dont le siège social est en France. C’est en réclamant leurs salaires payés en retard depuis décembre 2003 que les travailleurs ont découvert qu’ils n’avaient plus d’interlocuteurs. Le directeur aurait été licencié. Ni les salariés ni les délégués du personnel n’auraient été informés et les habitations continuaient à fonctionner…
Sur l’habitation Dormagri : deux commandeurs, un directeur technique, ancien gérant, également actionnaire, le directeur prétendument licencié, un gérant inconnu jusqu’à cette date, un responsable d’Agrisol contactés par téléphone disent tous qu’ils ne sont pas responsables, se renvoyant la balle en disant qu’ils ignorent l’état des comptes de l’entreprise depuis décembre 2003.
Sous la pression des salariés, ces messieurs disent une chose et son contraire. Ils sont fort justement traités de magouilleurs et de menteurs par ces salariés.
Les autorités administratives et judiciaires ont été alertées. Le président du tribunal de commerce de Fort de France s’est rendu sur l’exploitation. Le gérant lâché par tous ses collaborateurs a fait des pieds et des mains. Agrisol a débloqué les salaires. Le travail a repris le 1er avril. Mais rien n’est définitivement réglé. Le gérant a déclaré qu’il a une dette énorme (1 million d’euros) envers Agrisol, il a demandé au tribunal de commerce d’évaluer les difficultés de l’entreprise. Le redressement judiciaire été pour le moment écarté. A l’habitation Catagri : le propriétaire Laurent De Meillac réclame ses terres à Agrisol. Ce planteur exploite plusieurs autres habitations au Marigot et au Robert. Il gère également 2 habitations à Ducos et à Rivière Salée, dont les propriétaires réclament leurs terres à De Meillac.
Les douze salariés concernés disent qu’ils seront à la porte d’ici juin prochain. Entre temps, c’est Christian Dachir, un représentant du syndicat des planteurs qui a été présenté comme repreneur.
L’habitation Catagri a été mise en redressement judiciaire le 23 mars. Les salariés ont fait des démarches à la Région, à la mairie pour demander des subventions pour faire fonctionner l’entreprise. N’ayant rien obtenu, ils achètent eux-mêmes le gas-oil pour les tracteurs. Ces salariés veulent montrer leur bonne foi, en attendant un éventuel repreneur.
Plusieurs salariés d’autres entreprises en redressement judiciaire se retrouvent ainsi face aux magouilles patronales. Aux planteurs donneurs de leçon qui leur avaient proposé de reprendre les habitations en tant qu’exploitants afin qu’ils comprennent les difficultés de la gestion, ces salariés avaient répondu que cela ne pourrait se faire qu’à la condition qu’ils soient à la direction des groupements pour voir et contrôler les transferts et distributions d’argent. Cette réponse avait coupé court à toute autre discussion.
Les propriétaires des terres eux, ne proposent rien. Dans toutes les affaires où les propriétaires réclamaient leurs terres en disant que les loyers n’étaient pas payés, eux-mêmes occupaient des postes de gérant, directeur technique avec des salaires de 4000 à 5000 euros, plus véhicule et maison de fonction payés par les entreprises aujourd’hui trop endettées pour garder tous les salariés. Les exploitations sont une véritable manne financière pour les planteurs.
Quand une habitation rapporte moins que prévu, on la « refile » à un petit planteur comme cela a été le cas à Régale, habitation mise en liquidation judiciaire le 30 mars 2004 avec sept licenciements à la clé. C’est également le cas de l’habitation Sebag au Carbet, mise en redressement judiciaire avec plusieurs licenciements. Ces exploitations étaient elles aussi liées à Agrisol.
Les magouilles et mensonges des patrons sont connus des autorités administratives et judiciaires ainsi que des collectivités locales et autres maires des différentes communes où se trouvent les exploitations bananières. Tous ces gens ne font rien pour sauvegarder les emplois des ouvriers. Ces derniers devraient se rassembler pour mettre un terme à cette mascarade dont ils paient le prix fort.



Guadeloupe
Les gros planteurs abandonnent-ils la banane?

Depuis quelques années, on constate que certains gros planteurs, H. Chaulet, F. L Métayer ou de société comme Le Groupe Agrisol par exemple, vendent ou parfois louent une partie de leurs terres à des moyens ou petits propriétaires. C’est ainsi par exemple que H. Chaulet a vendu il y a quelques années à M. Mardivirin une de ses propriétés. Le groupe Agrisol a d’abord vendu la plantation qu’il possédait à Carangaise puis vendu ou loué sa propriété de Blondinière à T. Dambas. H. Chaulet parle de vendre sa propriété de Fennetau. Et dernièrement, F. Le Métayer, un des gros propriétaires pourtant réputé pour son très «grand appétit» de terres était sur le point de vendre sa propriété de Fonds Cacao à Capesterre-B-E à E. Narayanin. Il a été contraint d’annuler cette vente devant la mobilisation des salariés de cette plantation qui ne veulent pas travailler pour ce petit planteur. On a comme l’impression que la banane n’est plus aussi « intéressante » pour les gros planteurs, que le secteur ne rapporte plus comme «avant».
En fait ces «mouvements» de vente semblent surtout liés aux changements intervenus dans la profession depuis quelque temps. Tout d’abord la fermeture desmaisons d’exportation imposée, par l’OCM-banane. Celles-ci, Agrisol, Pomona, Le Métayer et autres appartenaient aux gros planteurs et leur permettaient de s’enrichir grassement sur le dos des petits planteurs. En se chargeant de l’exportation des bananes des petits et moyens planteurs, ils pouvaient «décider» par exemple que les bananes de tel bateau sont arrivées mûres et n’ont donc pas été vendues. Ou encore qu’elles sont arrivées en bon état mais ont été mal vendues. Et les petits planteurs n’avaient aucun moyen de vérifier ces dires. Et il arrivait souvent qu’un petit planteur qui avait confié huit tonnes de banane à une maison d’exportation, ait à débourser au lieu de recevoir de l’argent. Et leur endettement était sans fin. Nous connaissons par exemple le cas d’un petit planteur qui confiait ses bananes à une de ces maisons d’exportation. Il avait obtenu un prêt de l’une d’entre elles qui se remboursait sur l’argent des bananes. Mais sa dette ne s’épongeait jamais avec cette «histoire» de bananes arrivées pourries ou mal vendues. Il décida de confier ses bananes à une autre maison d’exportation, concurrente de la précédente. Et très rapidement il a pu éponger sa dette. Ce qui en dit long sur les pratiques de ces gros planteurs.
Ensuite, non satisfaite de s’engraisser sur la vente des bananes des petits planteurs, ces mêmes maisons d’exportation commercialisaient tous les produits nécessaires au secteur : engrais, cartons, produits de toutes sortes qu’elles vendaient à prix d’or. Il semble d’ailleurs qu’au départ, certains propriétaires de maisons d’exportation n’avaient pas de bananes plantées. Aujourd’hui la pompe à fric que constituaient ces maisons n’existe plus. Bien sûr, il y a encore les subventions et aides de toutes sortes venant des pouvoirs publics : Etat, Région, Conseil Général, et Europe. Mais cela ne suffit pas à l’appétit d’argent des gros propriétaires de banane. Et ils semblent vouloir quitter le navire. A moins que ce ne soit qu’une tactique de leur part, liée à la création du RMA (Revenu Minimum d’Activité).
Quoi qu’il en soit, les travailleurs de la banane et le syndicat CGTG des ouvriers de la banane n’ont pas l’intention de se laisser réduire à la misère.



Capesterre
V. Lurel rend visite à Dormoy

On se souvient qu’avant le 1er tour des élections régionales, L. Dormoy, gros planteur de banane avait appelé les camarades à voter pour la droite UMP : Michaux-Chevry. Ne voilà-t-il pas qu’après le 1er tour V. Lurel ( qui a comme on le sait remporté l’élection régionale pour le compte de la gauche socialiste) lui a rendu visite. Sans aucun doute Lurel était venu assurer L. Dormoy et les planteurs qu’il n’y aura pas de changement s’il est élu et donc que les subventions de la Région continueront à tomber dans leurs coffres-forts.
Qui a sollicité cette rencontre ? Lurel ou Dormoy, on ne le sait pas. Mais c’est tout de même l’homme politique qui s’est rendu chez le patron.
On constate ainsi qui est au service de qui.




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