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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 17 avril 2004      N° 901
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IRAK
L'impérialisme américain pris dans son propre engrenage

Après la guérilla sunnite, depuis plusieurs jours, les troupes américaines en Irak sont confrontées à une nouvelle rébellion armée d’intégristes musulmans. Il s’agit de la rébellion d’une des factions chiites, celle dirigée par l’imam Moqtada Al-Sadr, « l’armée du Mahdi ». Depuis le début de la guerre, la coalition armée dirigée par les USA avait le soutien ou au moins la neutralité des chiites irakiens dont la religion constitue celle de la majorité du pays. Mais depuis plusieurs semaines, le chef d’une des tendances chiites, l’imam Al Sadr multipliait les prêches violemment anti américains dans sa moquée devant des milliers d’adeptes enthousiastes.
L’interdiction du journal de cet imam qui incitait à la violence contre les troupes américaines et l’arrestation de l’imam de Nadjaf en plein mois de commémorations religieuses, l’accusation d’assassinat lancé contre Al Sadr furent les éléments déclencheurs de la rébellion armée de cette faction chiite. Depuis, dans plusieurs villes chiites ainsi que le quartier pauvre de Bagdad : Sadr City, les troupes américaines doivent faire face à la rébellion armée et subissent de lourdes pertes. Plus de pertes que pendant l’offensive militaire il y a un an. Des villes ou des quartiers seraient entièrement aux mains des insurgés chiites. Plusieurs commissariats furent pris d’assaut. La police irakienne même en plusieurs endroits aurait fait cause commune avec les chiites armés.
Du côté sunnite, religion minoritaire mais qui avec Saddam Hussein était au pouvoir, la guérilla a toujours existé depuis l’occupation américaine, mais elle se renforce maintenant et semble à certains endroits s’allier aux chiites. C’est dans la ville de Fallouja que les combats sont les plus acharnés. Il y aurait plusieurs centaines de morts irakiens et plusieurs dizaines côté américain. On dénombre déjà plus de 600 soldats américains morts depuis le début de la guerre en Irak. Jeudi dernier des milliers de chiites et de sunnites sont partis à pied vers Fallouja accompagnés de voitures de vivres et de médicaments pour prêter assistance à la population assiégée par les marines. Les convois américains sont régulièrement attaqués sur la route de Bagdad à Fallouja par la guérilla. On assiste donc sinon à une insurrection généralisée au moins à une radicalisation d’une fraction de la population tant sunnite que chiite. Face à cette radicalisation armée, l’armée américaine répond par une violence décuplée, des bombardements, des pilonnages systématiques et fait des centaines de victimes. Cette violence choque d’autant plus les Irakiens et ne fait que précipiter encore plus d’entre eux dans l’opposition au gouvernement américain et à ses troupes qui se retrouvent plus d’un an après le déclenchement de la guerre en Irak dans un véritable bourbier. Car derrière l’intégrisme religieux, il y a le sentiment de dignité bafouée que ressentent toujours plus d’Irakiens face à l’occupation militaire américaine qui depuis des mois en s’en prenant aux rebelles frappe aussi dans le tas et donc dans la population. Arrestations, perquisitions, bavures se sont multipliées, renforçant ainsi les factions intégristes musulmanes les plus radicales. Celle de Moqtada Al sadr a trouvé là une occasion de s’imposer par les armes face aux autres tendances du chiisme. Car il existe plusieurs grandes familles dans cette communauté. Et le fondateur de « l’armée du Mahdi » a trouvé dans l’anti américanisme virulent, en jouant sur les sentiments nationaux, une manière de s’imposer par les armes face aux américains avant de s’imposer peut être par ces mêmes armes à la population irakienne elle-même. Car ces intégristes ne veulent rien d ‘autres que d’imposer à la population un régime islamique après le départ des troupes américaines. Et comme le gouvernement américain parle d’un transfert de pouvoir aux irakiens en juin en préparant une future équipe, son équipe, l’imam Moqtada Al sadr et ses dignitaires religieux ont sans doute pensé que le moment était venu de s’imposer maintenant en appelant à la rébellion afin que l’on puisse compter avec eux dans le partage du pouvoir.
La guerre déclenchée par les Etats-Unis en Irak, si elle a abouti à la chute de la dictature honnie et criminelle de Saddam Hussein a engendré une situation chaotique. Non seulement elle n’a réglé aucun problème mais elle en a fait germer beaucoup d’autres. Déclenchée contre le terrorisme, elle contribue plutôt à l’entretenir et le renforcer. Par réaction aux brutalités, aux morts causés par cette guerre sanglante, à la morgue de l’impérialisme américain, sûr de lui et dominateur, les terroristes islamiques semblent susciter des vocations de par le monde. Et on le voit, la guerre renforce l’intégrisme autre facteur d’oppression pour les peuples. Aucune solution ne viendra de l’impérialisme, mais du peuple irakien lui-même et particulièrement des travailleurs, de la classe ouvrière irakienne.



Le 24 avril
Mumia Abu-Jamal aura 50 ans... dans le couloir de la mort

Plusieurs manifestations sont prévues dans le monde et aux Etats-Unis à l’occasion du 50eme anniversaire de Mumia Abu-Jamal. Le Comité Guadeloupéen de Soutien à Mumia a décidé également de marquer le coup en cette occasion pour rappeler que le journaliste noir américain se trouve toujours dans le couloir de la mort et qu’il faut continuer de le soutenir.
Mumia Abu Jamal a été condamné à mort suite à un procès tronqué par un juge raciste. De très nombreuses irrégularités de procédure ont depuis des années été dénoncées par ses défenseurs et tous ceux qui le soutiennent à travers le monde. Il est en prison depuis décembre 1981. C’est à dire depuis bientôt 23 ans. En réalité ce qu’on lui reproche surtout c’est d être un militant de la cause des Noirs, un ancien militant du Black Panther Party et un journaliste qui défendait les pauvres des ghettos.
Une animation est prévue le 24 avril dans la matinée, à la rue piétonne de Pointe-à-Pitre avec la participation de groupes artistiques. Dans l’après midi, un stand Mumia sera installé devant le centre des arts à côté des stands du salon du livre. Il y aura également une animation artistique. Des ouvrages de Mumia seront mis à la disposition du public. Le Collectif appelle à une large mobilisation pour cette manifestation afin de renforcer la solidarité.
C’est grâce au soutien sans relâche de nombreux collectifs, d’associations, d’organisations syndicales et politiques à travers le monde que Mumia Abu-Jamal a jusqu’ici échappé à l’exécution. En décembre 2001 le juge fédéral a reconnu pour la première fois certaines irrégularités de procédures et a suspendu l’exécution. Mais il n’a pas ordonné pour autant la révision du procès. Bientôt âgé de 50 ans, Mumia aura passé près de la moitié de sa vie dans les couloirs de la mort.
Une animation est prévue le 24 avril dans la matinée, à la rue piétonne de Pointe-à-Pitre avec la participation de groupes artistiques. Dans l’après midi, un stand Mumia sera installé devant le centre des arts à côté des stands du salon du livre. Il y aura également une animation artistique. Des ouvrages de Mumia seront mis à la disposition du public. Le Collectif appelle à une large mobilisation pour cette manifestation afin de renforcer la solidarité.



HAÏTI
Derrière la remise en place des institutions

La situation n’a pas évolué, 7 semaines après le départ d’Aristide, en dépit de la mise en place d'un gouvernement intérimaire. La population laborieuse est toujours sous l'emprise de la violence, militaire et politique. Les Forces armées du Nord, de l'ancien commissaire Guy Philippe et de l'ex-paramilitaire Louis Jodel Chaimblain, tout comme les partisans d'Aristide n'ont toujours pas déposé les armes. Les braquages, les pillages et les rapts contre rançons continuent d'être monnaie courante.
Les possédants, leur chef de file Apaid en tête, ont dénoncé le climat instable et peu propice aux investissements qui n’encourage pas les investisseurs étrangers. Le gouverneur de la banque centrale a annoncé que le pays est en faillite économique et monétaire. Cela a incité le chef de la diplomatie américaine, Colin Powell, à apporter son soutien. Le 05 avril, il a passé quelques heures à Port-au-Prince pour rassurer le nouveau gouvernement sur le soutien de Washington. Il y a déjà 2000 soldats américains auxquels s’ajoutent des Canadiens, des Chiliens, des Français. En tout 3600 soldats au service de l’impérialisme pour maintenir la population pauvre à la place qu’il lui a réservée. Le gouvernement français ne sera pas en reste puisqu’il envoie la ministre de la défense, Alliot-Marie, le 15 avril en mission en Haïti.
Pour faire passer cette pilule, il promet l’envoi d’aide humanitaire et une mission de l’ONU pour le maintien de la paix. Ce que les Haïtiens pauvres ont déjà connu en 1994 et qui a rapporté gros aux possédants, aux bourgeois haïtiens.
Le mardi 6 avril 2004, des dirigeants des partis politiques, du secteur privé, des secteurs des affaires se sont mis d’accord sur ce qu’ils ont appelé «un consensus de transition politique» et qui a été paraphé par la Présidence, le Gouvernement, et des membres du Conseil des Sages. Il prévoit des élections pour l’année 2005 où seront mis en place les maires, députés, sénateurs et un nouveau président.
Même si le gouvernement a annoncé que le dossier des déposants victimes des coopératives en faillite sera aussi remis sur le tapis, la population ne se méprend pas quand elle entend que le gouvernement va s’attacher surtout «à assainir l’administration publique en évaluant en vue de revitaliser l’économie et rendre justice aux victimes des violences du 29 février». C’est à dire qu’il va rembourser les possédants dont les entreprises ont été pillées ou brûlées.
Quant aux travailleurs, ceux qui avaient un emploi sur la zone industrielle, ils sont pour la plupart au chômage. Les patrons qui maintiennent une certaine activité dans leurs usines ont fait monter la pression contre les travailleurs, gardant le minimum d’ouvriers pour faire tourner les entreprises. Ils ont donc augmenté les cadences et diminué les salaires. Les patrons avec le groupe des 184 avaient appelé les ouvriers à renverser Aristide en annonçant un nouveau contrat social et ils ont renforcé l’exploitation des travailleurs dans les usines.
Cela laisse le temps aux politiciens de tous bords de redorer leur image auprès de la population après les rôles qu’ils ont joué dans le camp pro ou anti Aristide, ce qui a toujours tourné au détriment de la population laborieuse.



CÔTE D'IVOIRE
Les milices de Gbagbo se livrent au massacre

Jeudi 25 mars l’armée, la police et les milices du président Laurent Gbagbo, sous ses ordres ont violemment réprimé une manifestation pacifique. Les nervis du président ont tué plus de 200 personnes surtout dans les quartiers pauvres d’Abidjan où vivent des musulmans provenant du Nord du pays. Ce massacre a eu lieu sans que les soldats français stationnés dans la capitale n’interviennent. Ceux – ci sont là non pas pour sauvegarder les vies humaines, mais pour veiller sur les biens et propriétés des capitalistes français investis en Côte d’Ivoire. Ils sont présents pour que non seulement, les insurgés du Nord ne touchent pas aux affaires des Bolloré et autres exploiteurs, et aussi pour que ces derniers puissent poursuivre leurs activités. Alors pour ce faire, la France protège Gbagbo, qui assassine la population.
C’est l’opposition et les dirigeants de l’insurrection du Nord, qui après s’être retirés du gouvernement ont appelé la population à descendre dans les rues pacifiquement, sans aucune protection armée. Ils savaient que le président ne se priverait pas pour commettre ce bain de sang. Ils ont quand même appelé la population à protester dans la rue contre la violation par Gbagho des accords de Marcoussis. Comme le président ils n’ont que mépris pour les pauvres de Côtes d’Ivoire. Ils ne désirent qu’une chose : ravir le pouvoir à Gbagbo, les intérêts de la population ne les concernent pas.



La fête de Combat Ouvrier 2004
Le dimanche 16 mai 2004 de 12h à 20h

La fête se déroulera dans le cadre champêtre du domaine du « Pako » à Baie Mahault. La carte que vous proposent dés maintenant nos militants sera exigée à l’entrée.

Horaires

12h Ouverture de la fête. Prise de contact, apéritif
12h/30 Repas (le menu sera précisé ultérieurement)
15h Allocutions
16h Bal titane
20h Clôture de la fête

Tout au long de la fête, vous pourrez:

- Consulter nos panneaux sur l’activité de nos camarades dans les entreprises, sur nos positions politiques;
- Vous entretenir avec nos camarades sur la politique, la vie, l’activité de Combat-Ouvrier;
- Participer aux forums.. ( présentation d’un sujet suivi d’un débat) sur des événements qui ont marqué la vie politique et sociale des Antilles et du monde;
- Acheter, consulter livres, brochures et documents à la librairie de la fête;
- Prendre une collation, un café au stand réservé à cet effet;
- Commander des boissons au bar;
- A partir de 16h, danser jusqu’à 20h si vous le voulez;
- Visiter les stands des autres organisations politiques ou associations qui auront honoré notre invitation à la fête;
- Vous amuser avec les jeux vidéo, pour les jeunes..

Participation aux frais : 20 euros, 10 euros pour les enfants de moins de 12 ans.

Cette participation comprend l’apéritif, le repas et toute l’animation de la fête à l’exception des collations, du bar et du champagne.

Alors, le 16 mai, soyez nombreux à vous rendre à la fête annuelle de Combat-Ouvrier. Emmenez vos parents, amis, camarades de travail. Réclamez dores et déjà votre carte d’entrée aux militants.

A bientôt, tous!



Les étudiants de l'UFR Staps en colère

Le 2 avril, les étudiants en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) de Fouillole, se sont mis en grève et ont manifesté dans les rues de Basse-Terre pour protester contre la décision du gouvernement de réduire le nombre de postes mis en concours. En France aussi les protestations et manifestations ont été nombreuses. Ces postes vont diminuer de 43%. Cela signifie qu’il y aura moins de professeurs d’éducation physique dans les lycées et les collèges. Les étudiants qui ont choisi cette discipline verront leurs possibilités d’emploi se limiter.
En Guadeloupe, l’UFR –STAPS devait être installé au Lamentin. Mais la construction n’a jamais été réalisée. En attendant, des préfabriqués ont été mis à la disposition des étudiants à l’université de Fouillole. Les étudiants et les professeurs réclament aujourd’hui que la construction de l’UFR se fasse à Fouillole et non au Lamentin. C’est pour défendre également cette revendication qu’ils se sont mobilisés le 2 avril. Ils ont profité de l’élection du président du Conseil Régional pour se faire entendre. Une délégation a été reçue par le nouveau président Victorin Lurel ainsi que par le préfet. Ces derniers ont pris acte de leurs doléances.
Le gouvernement s’attaque à l’Education Nationale en diminuant les postes d’enseignement sous prétexte que le nombre d’élèves diminue. En réalité il veut faire des économies en réduisant les dépenses publiques dans ce secteur pour en arriver à un enseignement au rabais et à la dévalorisation de certaines disciplines telle l’éducation physique et sportive.




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