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À la Une
Éditorial1er mai
Journée de lutte internationale des travailleurs, internationalisme et mondialisation
Le 1er mai a été choisi comme «journée de lutte internationale des travailleurs» en 1889, par le 1er Congrès de la IIe internationale socialiste. Il s’agissait d’une organisation ouvrière internationale qui regroupait tous les militants du monde industrialisé de l’époque qui luttaient contre la domination capitaliste, contre l’exploitation. Pourquoi cette internationalisation de la lutte paraissait-elle nécessaire, et qu’en est-il aujourd’hui, alors qu’on parle de «mondialisation»?
La mondialisation est une expansion au niveau planétaire de l’économie capitaliste. Elle engendre des perturbations graves et dangereuses des activités humaines et naturelles. Dans les conséquences de la mondialisation, on peut citer les délocalisations d’entreprises, qui entraînent des pertes d’emplois dans les pays industrialisés, alors que les emplois créés en contrepartie dans les pays pauvres sont un quasi-esclavage. On peut aussi évoquer les atteintes à l’écosystème, qui laissent présager pour l’avenir des scénarios-catastrophe (réchauffement de la planète, inondations, pollutions mortelles…) et qui créent déjà bien des problèmes dans le présent. Mais c’est encore une bonne aubaine pour le capitalisme, qui vend de tout : même de l’air purifié là où il est irrespirable (c’est le cas à Mexico) ou des filtres à eau là où elle est imbuvable, etc.
La mondialisation n’est pas un phénomène nouveau. Elle est bien plus ancienne que le terme lui-même : elle a commencé au XIXe siècle, lorsque l’économie capitaliste, qui avait connu un développement fulgurant, a ressenti l’urgence de trouver de nouveaux marchés au-delà de ses frontières nationales respectives. Ce fut alors la course à la colonisation et à l’exportation des capitaux, le contrôle de l’industrie par les banques, créant ainsi une puissance financière qui aujourd’hui domine le monde. C’est de cette lutte d’influence que découla la première guerre mondiale. C’est à ce phénomène que Lénine donna le nom d’ «impérialisme». Face donc à l’internationalisation du fléau capitaliste, les militants ouvriers de l’époque virent eux aussi la nécessité de luttes à l’échelle internationale : c’est ainsi que les internationales ouvrières virent le jour, et que le 1er mai fut choisi comme symbole : une journée de lutte internationale des travailleurs. La date proprement dite correspond au début d’une grande grève (1er mai 1886) menée par les ouvriers de Chicago, membres de l’organisation «les Chevaliers du travail», pour la journée de 8 heures.
Aujourd’hui où les dangers liés au système dit «libéral», à l’ «économie de marché», c’est à dire au système capitaliste, sont de plus en plus évidents, il est tout aussi important de ne pas perdre de vue la nécessaire internationalisation de la lutte. Certes, nous sommes bien loin de cet objectif, bien plus loin encore qu’à l’époque de la IIe internationale. Car entre temps, la classe ouvrière a mené de nombreux combats qui ont apporté aux travailleurs ce qu’on appelle aujourd’hui les «acquis sociaux», que nous nous battons maintenant pour conserver. A plusieurs reprises, elle a réussi à ébranler fortement le système capitaliste, à le mettre réellement en danger. Plus le danger a été important, et plus la répression a été forte. Jusqu’aux guerres pour préserver le système (1ère et 2ème guerres mondiales), avec leurs dizaines de millions de morts.
La lutte des travailleurs a plusieurs fois aussi été écrasée, mais elle s’est toujours relevée.
Aujourd’hui, nous devons commémorer ces luttes du passé, mais surtout conforter celles du présent et bien sûr préparer celles de l’avenir. Tous les coups portés contre les travailleurs nous font voir clairement qu’il faut nous mettre en ordre de marche, que nous ne pourrons ni conserver nos acquis, et encore moins progresser, sans nous organiser et nous battre.
Donc le 1er mai, manifestons ensemble, en même temps que nos camarades travailleurs dans la plupart des pays du monde. Une manifestation réussie est un premier pas vers la mobilisation de tous.
Martinique
Les salariés de la banane sont volés par les patrons et victimes de leurs magouilles. Il faut s'y opposer tous ensemble!
Ainsi depuis décembre 2003 ce sont des centaines d’ouvriers agricoles qui vivent sous une pression permanente. En plus de l’exploitation quotidienne à leur travail, ils ne savent pas à quel moment ils vont recevoir leurs salaires pour vivre et acquitter leurs dettes.
Plus de 150 ouvriers de la banane ont déjà été licenciés, et beaucoup d’entre eux n’ont même pas encore touché leurs indemnités.
Les différents propriétaires repreneurs des habitations en redressement ou en liquidation judiciaire profitant de cette situation diminuent les contrats de travail à 3 jours, bien que les salariés travaillent du lundi au samedi sur ces exploitations.
D’autres repreneurs versent la moitié des salaires et accusent les groupements de retenir ce qu’ils leur doivent.
La tactique des autorités administratives et politiques depuis décembre 2003, c’est de tenir des réunions entre les parties ou de servir de médiateurs. Elles ont montré jusqu’à aujourd’hui leur totale incompétence à apporter une solution satisfaisante au drame que vivent les ouvriers.
Leur impuissance et leur démission se retrouvent dans leurs propos : «les employeurs n’ont pas d’argent», «la banane va mourir», «c’est un passage difficile comme à l’époque où la banane avait remplacé la canne».
En fait ils déploient cette énergie au service des possédants pour empêcher que naissent un grand mouvement de colère des ouvriers de la banane et de solidarité des autres couches laborieuses. Pour eux, il est clair que finalement les ouvriers n’ont qu’à accepter ce qui leur arrive pour laisser le temps aux patrons de se faire une nouvelle santé et à l’économie de redémarrer.
Face à tout cela, les ouvriers de la banane n’ont pas à laisser faire.
Certains patrons eux, ont commencé à louer des parcelles de terre à des particuliers pour cultiver des produits maraîchers qui se vendent par camionnettes bachées pleines sur tous les marchés de l’île. Les ouvriers eux aussi ont intérêt à chercher à assurer leurs revenus et leur subsistance en réquisitionnant les terres sur lesquelles ils ont travaillé et qui n’assuraient jusqu’alors que le profit des patrons de la banane.
Le tribunal de grande instance de Marseille donne raison aux chômeurs et condamne l'UNEDIC et l'ASSEDIC
Plusieurs chômeurs organisés en comité de chômeurs ont déposé plainte contre l’Unedic et l’Assedic suite aux pertes de revenus qu’ils subissent. Ces chômeurs sont appelés les «recalculés». Ils estiment qu’ils sont victimes d’une rupture du contrat des Assedic car ils avaient signé le PARE (plan d’aide au retour à l’emploi). Ils sont touchés de plein fouet par les nouvelles mesures qui diminuent la durée d’indemnisation d’environ sept mois et même parfois 14 mois selon la catégorie de chômeurs. Des milliers de chômeurs ont ainsi vu leurs allocations chômage supprimées et touchent le RMI (revenu minimum d’insertion) ou l’allocation spécifique de solidarité (ASS) et certains qui ont épuisé tous leurs droits se retrouvent sans ressource.
Les chômeurs ont déposé près de 2000 dossiers dans plusieurs villes de France. C’est ainsi que le 15 avril dernier, le tribunal de Grande Instance de Marseille a donné raison à 37 d’entre eux et condamné l’Unedic et l’Assedic à les réintégrer dans leurs droits à indemnités et à leur verser une somme pour préjudice moral. Le tribunal condamne les Assedic à leur verser un rappel de l’arriéré à compter du 1er janvier 2004 et ceci sous astreinte par jour de retard de 500 euros pour chaque demandeur d’emploi.
Ce jugement du tribunal de Marseille est un début et peut faire jurisprudence. Cela va encourager les chômeurs de toutes les régions à porter plainte. Bien sûr les deux organismes ont fait appel de cette décision et curieusement des responsables de la CFDT sont montés au créneau pour dénoncer ce jugement de Marseille et dire que s’il fallait indemniser les chômeurs on courrait à la catastrophe. Mais pas une seconde ils n’ont pensé à la situation dans laquelle ils mettaient les chômeurs.
Il faut souhaiter que d’autres chômeurs réagissent et en particulier ceux de Guadeloupe. Jusqu’ici ils sont restés très discrets alors qu’ils vivent une situation financière difficile. Ils ne doivent donc pas hésiter à se regrouper en créant un comité de chômeurs avec l’aide des organisations syndicales et à déposer plainte. C’est d’ailleurs l’appel qui leur a été lancé tant par la CGTG que par l’UGTG car c’est par la lutte qu’ils pourront obtenir gain de cause.
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