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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 1er mai 2004      N° 902
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Guadeloupe
Rencontre des organisations syndicales sur le dossier de l'assurance maladie

Plusieurs organisations syndicales (CFTC, CGTG, FAEN, FO, FSU, UGTG, UNSA) se sont réunies le mercredi 21 avril à l’appel de la FSU pour discuter du dossier de l’assurance maladie que le gouvernement a décidé de réformer sous prétexte du trou de la sécurité sociale.
Nous avons déjà un aperçu de ces fameuses réformes qui visent en réalité à s’attaquer encore plus aux travailleurs car ce sont eux qui supportent le coût du prétendu trou de la sécurité sociale. Les patrons quant à eux ne cessent d’être exonérés des charges sociales et l’état ne compense pas vis à vis de la Sécurité Sociale.
Certains participants ont estimé qu’il fallait déjà expliquer le problème aux travailleurs et les préparer à riposter. Il fallait aussi prendre en compte les spécificités des travailleurs de Guadeloupe qui consomment déjà moins qu’en France en matière de santé. On ne peut encore leur demander de faire plus de sacrifices.
Le gouvernement avance prudemment dans ce dossier suite au revers subi lors des élections régionales mais il est décidé à aller jusqu’au bout. Certaines pistes ont déjà été dévoilées comme la prise en charge par la sécurité sociale de certaines grosses pathologies, alors que les autres seraient à la charge des mutuelles, le déremboursement de nouveaux médicaments, etc. C’est un système de santé à deux vitesses que le gouvernement veut mettre en place et ceux qui n’auront pas les moyens de se payer une mutuelle ne pourront pas se soigner correctement. Il s’agit donc d’être vigilant et prêt à riposter le moment venu.
Les organisations syndicales ont décidé de se revoir le mercredi 5 mai 2004 pour continuer la réflexion sur cet important dossier et préparer les futures mobilisations.



Martinique
Habitation Leiritz. vers de nouveaux licenciements?

Le vendredi 16 avril dernier, les 82 ouvriers des habitations Leyritz Béranger et Leyritz Sénécour avaient érigé des barrages filtrants à l’entrée de Basse-Pointe et en direction de l’Ajoupa-Bouillon.
Ils réclamaient le paiement de leurs salaires du mois de mars 2004.
Une réunion à la mairie de Basse-Pointe le lendemain , en présence du maire , de la sous-préfète de Trinité, du directeur de la direction se l’agriculture et des forêts , de l’employeur n’a apporté aucune solution aux demandes des ouvriers.
Le lundi matin, l’employeur s’engageait à verser dans la matinée 200 euros pour couvrir les frais bancaires causés par les versements des chèques sans provision , et promettait que les salaires de mars seraient versés en fin de semaine grâce à la part que l’employeur espérait sur les 21 millions d’euros promis par le gouvernement.
Les 200 euros ont été versés le mardi. Pour les salaires il semble que l’employeur n’a droit qu’à 8000 euros vues l’importance de ses dettes auprès du groupement Banalliance.
Messieurs Prudent de la Sicabam et Rimbaud de l’Union étaient venus lui prêter main forte, mais il semble aujourd’hui que toutes ces bonnes volontés affichées ne débouchent sur rien de bon pour les ouvriers. L’employeur , Monsieur Joseph De Meillac serait prêt à mettre l’entreprise en redressement judiciaire.
Il y a 2 ou 3 ans cette même société avait déjà été mise en redressement judiciaire. Il y avait eu 10 salariés licenciés. Joseph De Meillac avait promis d’améliorer l’état des cultures pour éviter de nouveaux licenciements.
Pour les salariés cet employeur qui ne tient aucune réunion avec les représentants du personnel, ne s’intéresse qu’a ses profits. En tout cas, endettés ou pas, les De Meillac ont suffisamment de biens au soleil de la Martinique pour se donner les moyens financiers de payer les salaires des travailleurs. Toute cette affaire agencée par les gros békés de la banane pue à plein nez la manœuvre dans le cadre de leur action pour récupérer le plus d’argent possible du gouvernement. Les travailleurs n’ont pas à servir d’otages et à faire les frais de telles magouilles de ces patrons.



Guadeloupe
Extraits de l'"Écho des Télécoms"

LES AGENTS SOUS ECOUTE…!
France Télécom a changé sa politique de communication. En effet, depuis quelque temps, pour mettre le personnel encore plus sous pression, France Télécom écoute les conversations téléphoniques des agents, qui du coup, sont de plus en plus stressés.

…GARE AU RETOUR DE BATON!
Depuis deux ans le travail est devenu un vrai calvaire pour nous, les agents qui n’avons plus le temps de respirer, tant le travail est accablant et harassant.
Il n’y a que les « chefs » qui ne rencontrent pas de problèmes puisqu’ils ont d’autres soucis, notamment celui de rendre le « grand chef » encore plus riche sur le dos des travailleurs.
Par contre ils doivent savoir que cette situation est devenue insoutenable et risque d’exploser.

PRESSIONS, DEPRESSIONS ET COUP DE COLERE SALUTAIRE
A France Télécom la «Performance Individuelle Comparée» pousse les responsables de groupes, sur ordre de la hiérarchie, à convoquer de plus en plus fréquemment les agents ; des fichiers du personnel avec des remarques pour le moins méprisantes ont été dénoncés. Même si la direction se défend de ce qu’elle appelle des « dérives », les pressions sont réelles pour contraindre chacun à faire le travail des collègues partis en retraite ou en pré-retraite, pour fuir l’ambiance qui devient de plus en plus détestable dans les services.
Mais à force de faire pression sur le personnel avec de telles méthodes, la direction s’expose à provoquer des réactions explosives.
Face à une hiérarchie qui prétend nous dicter sa loi, il faudrait remettre les choses à l’endroit, de façon à ce que le personnel contrôle les décisions et rejette celles qui sont faites dans l’unique objectif d’accroître la rentabilité grignote leur vie, voire la bousillent complètement.



Guadeloupe Extraits de l'"Écho de l'Aéroport

FUSION AIR FRANCE / KLM: LA PRIVATISATION EST EN MARCHE
Comme prévu, Air France a entamé le processus de fusion avec KLM, qui devrait s'achever le 3 mai si les actionnaires de cette compagnie n'y font pas opposition.
Pour effectuer cette opération, Air France doit procéder à une augmentation de capital. En conséquence, la part de l'Etat passera de 54 à 44%, c'est-à-dire que la majorité des capitaux seront privés.
Les sacrifices imposés au personnel sous les gouvernements de gauche comme de droite, et l'argent des contribuables ont permis de faire d'Air France une compagnie à nouveau prospère. Cette remise à flot se transforme en cadeau pour les capitalistes privés, et l'acquisition de KLM aboutit à la création du premier groupe mondial de transport aérien en chiffres d'affaires.
Le personnel aurait tort d'accepter de nouveaux sacrifices au lieu de réclamer sa part, qu'il est le seul à mériter réellement.

FRANCE: BRIT AIR ET RÉGIONAL EN GRÈVE POUR NE PAS PÂTIR DE LA FUSION
Cette fusion n'est pas sans conséquence pour les travailleurs. Ainsi, à KLM, il est prévu la suppression de 4500 emplois.
Les filiales régionales d'Air France, Brit Air et Régional (ancienne compagnie de Dubreuil!) se sentent menacés par la fusion, n'ayant pas obtenu de garanties sur le maintien de leur situation.
La grande majorité du personnel de ces compagnies a donc fait grève lundi 20 et mardi 21 avril. Il semblerait qu'ils aient obtenu en partie satisfaction.

CCI: UNE COMMISSION PARITAIRE AGITÉE
La dernière Commission paritaire (CPL) de la CCI de Pointe-à-Pitre a été reportée.
En effet, dès le début de la réunion, les représentants CGTG ont exigé du président Clairville l'application du règlement intérieur. Ce dernier définit précisément le nombre et la qualité des représentants de la direction, qui ne doivent pas être plus nombreux que ceux du personnel.
Or, Clairville avait pris l'habitude de venir avec qui il voulait.
Furieux de cette opposition, il a préféré ajourner la CPL.
Un autre point d'achoppement concerne l'augmentation de la valeur du point: sur les 3% demandés par les syndicats, la direction ne propose que 0,5%, ce qui est notablement insuffisant.

AVIATION CIVILE: PLUS DE CHEF D'ÉQUIPE PARMI LES OUVRIERS D'ÉTAT AU DISTRICT
La commission ouvrière régionale s'est tenue lundi 20 en Martinique. Cet organisme paritaire décide de l'avancement pour le personnel ouvrier de la DRAC Antilles-Guyane.
Suite au départ à la retraite de 2 ouvriers des Moyens Généraux, dont le chef du garage, on pouvait légitimement espérer que la prime de chef d'équipe serait accordée à un autre ouvrier de Guadeloupe.
Le district avait proposé un collègue proche de la retraite, ce qui avait au moins le mérite de maintenir la fonction et donc la prime parmi le personnel ouvrier du district.
Tel ne fut pas le cas, en raison non pas d'un refus de la DRAC, mais, selon une note d'information, à cause d'une "opposition syndicale".
Laquelle, renseignements pris, ne provient pas des syndicats des autres districts, mais du représentant CFDT de la Guadeloupe.
Comprenne qui pourra!



Guadeloupe
Victorin Lurel déjà aux petits soins des bananiers

On se souvient qu’entre les deux tours des élections régionales V. Lurel, pas encore élu président de la région, mais pressentant sa victoire, s’était rendu chez L. Dormoy, un des plus gros propriétaires bananiers de la Guadeloupe. On suppose qu’il avait rassuré le gros propriétaire sur son intention de poursuive à leur égard la même politique que L. Michaux-Chevry : prêts sans intérêts, aides, subventions. Et bien on peut dire que Lurel n’a pas tardé à montrer aux gros propriétaires qu’il tenait ses promesses. En commençant par inviter D. Duflo, président du groupement Banagua à intervenir lors de la première séance de travail de la Région. Puis en faisant voter par l’assemblée une motion de soutien aux bananiers plus un mandat à V. Lurel pour «demander aux pouvoirs publics de verser un complément d’aide nationale destiné à combler l’insuffisance des aides de l’Europe».
Et ce n’est probablement qu’un début. Le cordon de la bourse de la Région ne manquera d’ici peu d’être ouvert très largement pour «sauver la banane», et permettre aux gros planteurs de remplir encore plus leur coffres-forts.



Antilles-Guyane
Reprise des négociations dans les banques...

Les représentants de l’Intersyndicale des salariés de Guadeloupe, Martinique et Guyane des banques –groupe AFB ont annoncé qu’ils rencontreront les dirigeants des banques pour la poursuite des négociations sur leurs conventions collectives à partir du mardi 27 avril, en Guyane. On se souvient qu’il a fallu que les salariés mènent une grève dure de trois mois pour que les patrons du secteur admettent que ces salariés bénéficient de conventions collectives spécifiques. Il ne leur était donc pas possible de leur appliquer sans autre forme de procès la nouvelle convention signée en France en 2000.
Les patrons des banques voulaient supprimer les avantages acquis aux Antilles-Guyane par les salariés de cette branche à cause, disaient-ils, de la concurrence, de l’Europe, de la mondialisation, etc. Aujourd’hui, les comptes des entreprises bancaires viennent d’être publiés. Les banques font des bénéfices plantureux. Et cette année, c’est encore mieux que les années précédentes. Les sept premières d’entre elles ont dégagé, simplement pour l’année 2003, douze milliards d’euros de bénéfices. 3.76 milliards d’euros pour la BNP-Paribas (14% de plus qu’en 2002, ce qui est le plus gros bénéfice des banques de la zone euro.
Bien sûr, les banques font ces énormes bénéfices en rackettant au maximum la clientèle, et en particulier la clientèle privée, celle des dizaines de millions de comptes individuels, qui, depuis quelques années, paient au prix fort chacune des opérations bancaires. La banque dite «de détail» rapporte en effet 50% des bénéfices.
Mais avec ces bons résultats, les patrons de l’AFB, ne pourront pas crier misère, et parler de crise ou de restructuration, pour diminuer les acquis des personnels. En tout cas les salariés sont au courant.



Guadeloupe
Naissance d'un collectif contre les méfaits de la mondialisation

Certaines organisations politiques et syndicales : le Mouvement Guadeloupéen, l’UPLG (Mouvement pour La Libération de la Guadeloupe), le groupe altermondialiste ATTAC, le Parti Communiste Guadeloupéen, la CTU (centrale des Travailleurs Unifiés), l’UPG (Union des Producteurs de la Guadeloupe), ont créé un Collectif contre les méfaits de la mondialisation.
Les «alter-mondialistes», influencés par le courant ATTAC, mais ouverts à diverses influences, ne remettent pas en cause le système capitaliste, même s’ils en dénoncent les méfaits. Ils sont encore moins liés à la classe ouvrière et regroupent des tendances très diverses dont certaines sont anticommunistes. C’est en raison de cette diversité qu’ils mobilisent de façon très large dans des manifestations en France et à l’échelle internationale. Le Collectif qui vient d’être crée en Guadeloupe a l’intention de participer à ces manifestations internationales.
Ce Collectif appelle à un meeting le 1er mai pour débattre autour des conséquences de la mondialisation sur la situation économique aux Antilles en particulier sur le secteur de la banane. Certes, de tels sujets ne manquent pas d’intérêt et méritent analyses et débats, mais pourquoi ces organisations ont-elles choisi le 1er mai pour des discussions dans une salle alors qu’elles auraient pu s’associer à la manifestation dans les rues organisée et appelée au Lamentin par la majorité des organisations de travailleurs.
Pour des militants qui prétendent combattre la mondialisation capitaliste, il y a là une forme d’inconséquence ou un choix d’agir sans les travailleurs ou hors de leur influence! Ce n’est pas la première fois que des organisations qui prétendent défendre les travailleurs n’appellent pas manifester le 1er mai et choisissent à cette occasion de faire une conférence débat autour d’un sujet. Elles sont évidemment libres de le faire, mais ce choix a une signification.



Un chiffre!

C’est le ministre de la santé, Douste-Blazy, qui le dit! Chaque Français est invité à «prendre conscience du désastre». Le déficit de l’assurance – maladie va atteindre cette année plus de 12 milliards d’euros. Cela représente «plus de 400 euros par foyer et par an».
Tiens, Tiens! Cela correspond exactement aux bénéfices que se partagent une poignée d’actionnaires des sept plus gros établissements bancaires de France.
Voilà de quoi, renflouer le trou de la Sécu et permettre à une population de plus de 30 millions de foyers de bénéficier de services de santé publique corrects.




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