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Page 3
Martinique
Au service de qui les élus locaux gagnent-ils leurs indemnités?
A l’occasion de la répartition des commissions entre les nouveaux élus du Conseil Régional et du Conseil Général, le journal France-Antilles du 22 avril a consacré une page entière aux indemnités touchées par les élus pour leurs fonctions, bien sûr en dehors de leurs salaires professionnels ou de leurs retraites.
Qu’ils soient président d’une collectivité, maire, député, sénateur et élu local, la loi organique de 1992 définit un plafond de ces indemnités. Si on prend le cas des présidents du Conseil général ou régional, le premier toucherait 5.227,22 € et le second 2.688,52 €.
Pour les parlementaires leur indemnité nette représente 5 026,69 €. Pour ce qui concerne leurs transports en classe club (première classe) entre Paris et leur circonscription ils bénéficient de 26 voyages annuels, 4 voyages aller-retour en terme de déplacement dans la région parisienne ou sur le territoire de l’hexagone. Ils peuvent également «bénéficier d’un prêt pour acquisition d’un appartement ou d’un bureau, sur une durée de dix ans à 2%. Montant 76.225 €».
Quelle que soit leur étiquette politique (droite, gauche ou indépendantiste), ces hommes politiques sont des notables qui travaillent dans des assemblées et dans un système où le pouvoir ne leur appartient pas mais appartient à ceux qui possèdent l’argent, et là il s’agit de milliards d’euro! Ceux-là détiennent l’économie du pays entre leurs mains et en font ce qu’ils veulent, ceux-là licencient quand ils constatent qu’ils ne font pas assez de profits. Ce sont ceux-là qui possèdent les plus grands domaines agricoles, les grandes surfaces et contrôlent l’impôt-export du pays, c’est à dire les capitalistes.
En définitive, ces élus sont bien entretenus. Ils travaillent et exercent leurs fonctions au service de ces capitalistes-là, pas au service de la majorité qui sont les exploités.
Guadeloupe
Extraits de "Sucrerie en lutte"
QUI SAIT COMPTER A LA DIRECTION?
Le Directeur technique ainsi que le Directeur industriel nous parlent du vol de 1 689 sacs de sucre depuis le début de l’année. Ce chiffre nous paraît exorbitant.
Mais de son côté, lors de la dernière réunion du comité d’entreprise du 14 avril, le PDG Dieuleveut nous a parlé de 900 sacs de sucre volés. Ainsi à la Direction chacun avance son propre chiffre. Pour des gens à priori si compétents, cela ressemble à de l’incompétence.
POUR LA DIRECTION , IL FAUT UN BOUC EMISSAIRE!
Selon la Direction, des milliers de sacs de sucre ont disparu depuis le début de l’année. Si c’est vrai, cela veut dire que la Direction n’a aucun contrôle sur la production de sucre. Il n’y aurait donc pas de comptage des sacs après ensachement mais seulement à l’intérieur de la chambre.
La Direction n’a qu’à s’en prendre à elle-même au lieu de chercher un bouc émissaire à qui faire porter la charge.
Guadeloupe
Écho des asurances
MAIF: ça grogne de plus en plus
Toutes les organisations syndicales représentées au sein de l’entreprise ont lancé une pétition à faire signer par le personnel pour dénoncer les mauvaises conditions de travail. Beaucoup de collègues ont signé la pétition qui a recueilli beaucoup de signatures. Les organisations syndicales ont demandé audience au Président de la MAIF. Mais rien n’est vraiment sorti de cette rencontre.
Pour le moment on veut nous balader de réunion en réunion et nous faire croire que la situation n’est pas si mauvaise que cela en ce qui concerne l’emploi et qu’il n’y a pas beaucoup d’ entreprises qui ont embauché comme l’a fait la MAIF.
Certes il y a eu des embauches, nous ne pouvons le nier mais il n’y a pas beaucoup d’entreprises comme la MAIF qui sollicite autant son personnel avec tous les quatre matins de nouveaux produits à commercialiser, qui ne cesse de changer sa méthode de travail et qui a autant de projets qui sont vécus souvent pour le personnel comme des virages à 180 ° par rapport aux valeurs défendues par la mutuelle.
Alors peut-être qu’à force de tirer sur la corde, elle finira par casser!
Chômage
Comment truquer les chiffres?
Il n’y a pratiquement pas de mois où l’INSEE n’annonce la diminution des chiffres du chômage en Guadeloupe. Avec plus de 45000 demandeurs d’emploi recensés officiellement, la Guadeloupe est parmi les régions les plus frappées par le chômage. Même si les autorités annoncent des chiffres à la baisse, elles sont obligées de reconnaître que le chômage reste massif en Guadeloupe. Il touche en effet près de 30% de la population active.
Pourtant, ces chiffres ne comptabilisent que les demandeurs d’emploi à la recherche d’un emploi à temps complet et disponibles immédiatement. Tous les autres, c'est-à-dire les demandeurs d’emploi en stage, les employés sur des contrats précaires, CES, CIA, CEC et autres, les intérimaires ou temporaires qui effectuent plus de 80 heures dans le mois, les employés à temps partiel ne sont pas comptabilisés. Il est vrai que ces catégories représentent un pourcentage très faible des chômeurs. Mais cela contribue quand même à faire diminuer les chiffres officiels.
Depuis quelques années une chasse organisée a été mise en place par l’ANPE et l’ASSEDIC pour sortir systématiquement du fichier tous ceux qui oublient de renouveler leur demande d’emploi. L’absence de pointage a été rationalisée et sanctionnée aussi efficacement en Guadeloupe que partout ailleurs. Ainsi, alors qu’auparavant un demandeur d’emploi était radié le mois qui suivait son absence de pointage, aujourd’hui la radiation a lieu pendant le mois où le pointage n’est pas effectué. Des centaines de personnes sont ainsi sorties des fichiers pendant au moins un mois. Mais ces personnes sont toujours au chômage car elles se réinscrivent aussitôt à l’ANPE. Les radiations administratives contribuent elles aussi à faire diminuer artificiellement les chiffres du chômage. Celles-ci interviennent quand les demandeurs ne se présentent pas à plusieurs convocations.
Autre méthode de diminution des chiffres, les erreurs qui interviennent au détriment des chômeurs dont le pointage n’est pas enregistré. Il est difficile de savoir à combien se montent toutes ces radiations. En tout cas, elles sont organisées et voulues par les autorités.
Sécurité sociale
Un mauvais coup est en préparation, préparons la riposte!
Le gouvernement prépare ce qu’il appelle sa « réforme » de l’assurance maladie. Après l’échec qu’il a subi aux dernières élections régionales, il a décidé de ne pas imposer cette réforme par des ordonnances mais par une concertation avec les «partenaires sociaux», c’est à dire les patrons, les médecins et professions de santé, les syndicats, les mutuelles. En clair il voudrait faire avaliser ses projets par tous ces représentants et faire en sorte que tout ce beau monde et en particulier les syndicats fassent admettre aux travailleurs et à la population les restrictions envisagées. On ne sait pas encore ce qui sortira exactement du projet de Douste Blazy, nouveau ministre de la santé. Mais on peut pressentir que l’on s’achemine vers de nouvelles réductions de remboursements de médicaments, vers l’augmentation de la CSG (Contribution sociale généralisée) ou de la CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale), augmentation des cotisations, restrictions budgétaires pour les hôpitaux et établissements de soins etc.
Or, c’est bien l’inverse qu’il faudrait faire. Il faudrait en réalité consacrer les sommes nécessaires pour que tout un chacun ait droit aux meilleurs soins, aux meilleurs suivis médicaux et embaucher médecins, infirmiers et personnels en conséquence.
Les tenants de cette réforme nous parlent sans arrêt de déficit de la «Sécu» de 10 milliards en 2003 et de 14 milliards d’euros prévisibles en 2004. Mais ce qu’ils ne nous disent pas c’est que des milliards ont été puisés dans le budget de la Sécu à bien d’autres fins que les remboursements de dépenses-maladie. Il faut savoir en effet que l’assurance maladie finance tout ou partie de la construction des hôpitaux, la formation des médecins à l’hôpital (médecins qui une fois formés quittent l’hôpital, pour la plupart et ouvrent un cabinet privé). Elle finance aussi la construction et le fonctionnement de la plupart des écoles d’infirmières et on se demande pourquoi ces formations ne seraient pas du domaine de l’éducation nationale comme pour toutes les écoles. Il n’existe aujourd’hui pas moins de cinq fonds financés par l’assurance maladie dits fonds médicaux et hospitaliers. Leur rôle est de distribuer des subventions. Et il n’y a pas que l’Etat qui pille les caisses de l’assurance maladie, il y a aussi les laboratoires pharmaceutiques, les constructeurs de matériel et les cliniques privées. Ces entreprises réalisent d’énormes profits sur la santé de la population. Et bien entendu on ne parle pas de récupération d’une partie de ces profits pour renflouer les caisses de la Sécu.
Le chômage engendré par les capitalistes qui licencient ou n’embauchent pas ou encore les bas salaires, afin qu’ils réalisent toujours plus de profits, entraînent aussi des pertes énormes pour les caisses puisqu’il y a moins de cotisants ou alors de faibles cotisations. Quant aux exonérations de charges sociales patronales elles ne cessent d’augmenter. La part des patrons dans le financement du régime général a baissé de 10 points depuis 1989 passant de 54% à 43%. La somme des exonérations de charges accordées au fil des ans par les gouvernements de gauche et de droite a représenté en 2003 un manque à gagner de 20 milliards d’euros. Deux fois plus que le «déficit» déclaré de la Sécu pour 2003!
Voilà donc les véritables causes du soi-disant «déficit» de la sécurité sociale. Et c’est la population que l’on voudrait rendre responsable, lui faisant croire qu’elle «abuse» qu’elle consomme trop de médicaments ou de soins en tous genres.
Il est vrai qu’aux Antilles comme en France, la durée de vie s’allonge grâce, entre autres, aux progrès considérables de la médecine. Bon nombre de personnes âgées ont besoin de soins constants qui leur permettent de vivre plus longtemps avec une meilleure qualité de vie. Bon nombre de maladies graves sont maintenant mieux prévenues et mieux soignées. Il faut évidemment se réjouir de ces progrès. En ce qui concerne la santé publique, on ne devrait aucunement raisonner en termes «comptables» mais seulement en terme de besoins à satisfaire. Pourquoi cela serait-il le cas pour la défense nationale (dont on pourrait se passer du reste) ou de l’éducation nationale et pas pour la Santé?
Mais même en raisonnant en terme de déficit, ou d’équilibre, il est possible que tous aient accès aux techniques de pointe et que tous bénéficient des soins curatifs ou palliatifs induisant un confort de vie ou de fin de vie qui s’améliore déjà d’année en année. Il suffirait de prélever même un infime pourcentage sur les immenses profits réalisés par les capitalistes (et parmi eux les capitalistes qui réalisent d’énormes profits sur la santé ne sont pas les moindres). Il serait ainsi possible de rééquilibrer le budget de l’assurance maladie. Mais évidemment, ce ne sont pas les gouvernements entièrement dévoués aux intérêts des capitalistes qui pourront le faire. Du reste, Douste Blazy l’a bien indiqué le 25 avril dernier en déclarant: « moins on touchera de manière aveugle les entreprises, mieux ça sera ». Alors c’est par la lutte qu’il faudra empêcher que ce soient encore une fois les travailleurs, la population qui paient.
Il y a un an les manifestations et les grèves, pourtant nombreuses et larges contre l’attaque sur les retraites n’ont rien pu empêcher. Il faut donc en conclure que pour empêcher cette fois l’attaque contre «la Sécu» il faudra se faire entendre dix fois plus fort et être dix fois plus menaçants! Rappelons-nous qu’en France en 1995 quand c’était Juppé qui dirigeait l’offensive contre la «Sécu» les travailleurs l’avaient bien fait reculer par un puissant mouvement! Alors tout est possible!
Décentralisation
Les personnels concernés doivent compter avant tout sur leur mobilisation
Le vote du projet de loi sur la décentralisation au Parlement a entraîné beaucoup de réserves des députés, tant de gauche que de droite. Raffarin a donc convié les présidents de région à une réunion, lundi 19 avril, pour discuter du projet. Cependant, face à son refus de renoncer au transfert aux régions de 95 000 personnels non-enseignants de l’éducation, les présidents de gauche ont quitté la séance.
Lors du vote au parlement, c’est un député UMP qui avait soulevé le problème du transfert de compétences aux collectivités, sans en assurer le financement. Les présidents de Région craignent fort de se retrouver face à d’insurmontables problèmes financiers. La vague promesse de Raffarin de reverser aux Régions une partie de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) pour faire face aux dépenses, n’a pas convaincu grand monde.
Les travailleurs concernés, et en particulier les TOS de l’éducation (Techniciens, Ouvriers, personnels de service), ne doivent pas pour autant compter sur cette opposition des présidents de régions pour régler le problème. La décentralisation a commencé en 1982, sous un gouvernement de gauche. Elle a consisté à transférer successivement une partie de plus en plus importante des services publics vers les départements, les régions et les communes. Elle s’inscrit dans une volonté de l’Etat de se désengager des services publics, de ne plus les financer, ou le moins possible. Cette volonté se traduit également par la privatisation de certains secteurs publics, tels que les télécommunications et plus récemment le projet concernant l’EDF, et par les crédits toujours insuffisants affectés aux services publics tels que la Santé, l’Education, etc.
Le projet de transférer aux Régions et départements les personnels TOS vient de Jospin. Le gouvernement de droite n’a fait que le reprendre et s’apprête à le concrétiser. Les travailleurs concernés n’ont donc pas grand chose à attendre de l’opposition des présidents de région de gauche ! Si Jospin ne l’a pas appliquée, c’est qu’il n’en a pas eu le temps.
Le seul moyen d’empêcher le gouvernement d‘appliquer ses projets à sa façon, c’est leur mobilisation, ainsi que celle de tous les travailleurs du secteur public et des usagers qui sont victimes d’une façon ou d’une autre du désengagement de l’état.
Guadeloupe
Extraits de l'"Écho des hôpitaux"
DECHARGE A LA RADIOLOGIE
Au fil des ans il s’est installé une véritable décharge dans le couloir extérieur de la radiologie : vieux journaux, bureaux, restes de matériaux laissés probablement par le dernier entrepreneur… Apparemment, cela ne gêne pas les chefs.
TRAUMATOLOGIE SUR LA SELLETTE
Selon la presse, un patient quelque peu indigent, à peine guéri, a été mis à la porte du service sans que les responsables aient mis en place un suivi.
Le lendemain, branle-bas dans le service. On cherche les responsables de cette bavure. On refait l’admission du patient. Il est pris en charge par le service social. Finalement il sera dirigé vers un clinique.
LE PORTE-MONNAIE AVANT LE SERMENT D’HIPPOCRATE
Le CHU se vide de ses médecins au profit de la clinique de Baie-Mahault. Pas étonnant! Il semblerait que les fins de mois soient plus… intéressantes. Mais, y aura-t-il de la place pour tous les demandeurs?
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