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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 1er mai 2004      N° 902
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Éditorial des bulletins d'entreprises de Lutte Ouvrière en France
L'Europe s'élargit, mais à l'avantage surtout du grand patronat

L'élargissement de l'Union européenne de 15 à 25 pays doit entrer en application le 1er mai. Que diminue le morcellement de l'Europe, on pourrait s'en réjouir. Ce qu'on appelle l'Europe n'est même pas un véritable continent mais l'extrémité ouest d'un même continent qui comprend l'Europe et l'Asie. Pourtant, sur ce territoire à peine plus grand en surface que celui des seuls Etats-Unis, coexistent aujourd'hui 40 États, plus les mini-États d'opérette, Monaco, le Vatican, San Marin, Andorre et le Lichtenstein.
Mais c'est la partie la plus anciennement industrialisée de la planète et une région où se sont accumulées les richesses tirées du travail de ses propres classes laborieuses mais aussi du pillage de la planète entière. C'est encore un continent dominé par la rivalité entre grandes puissances impérialistes, principalement la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, rivalité qui a conduit à deux guerres mondiales au siècle dernier. Aucune de ces grandes puissances n'ayant pu imposer sa loi aux autres et unifier le continent sous sa domination, leurs classes possédantes ont fini par s'entendre pour créer un marché plus élargi que leurs marchés nationaux étriqués. Leurs grands patrons respectifs en avaient besoin pour faire face, dans la compétition internationale, à leurs rivaux américains ou japonais.
Cette unification a pris un demi-siècle pour passer, par élargissements successifs, de 6 pays à 15, pour arriver à 25. Mais, même à 25, elle n'inclut pas une grande partie de l'Europe, notamment des grands pays issus de la dislocation de l'Union soviétique comme la Russie ou l'Ukraine.
Les travailleurs pourraient se réjouir que s'affaiblissent les frontières qui séparent et opposent les peuples. Alors que les échanges sont mondiaux et qu'un nombre croissant de problèmes de l'humanité, à commencer par la préservation des mers ou de l'atmosphère, se posent à l'échelle planétaire, l'Europe ne devrait constituer qu'un seul pays depuis bien longtemps. On devrait pouvoir circuler librement, sans montrer ses papiers, s'installer pour vivre et travailler là où on veut, en bénéficiant de salaires et de protections sociales comparables.
L'unification européenne, faite par et pour les capitalistes, n'assure cependant que ce qui les intéresse : la liberté de placer leurs capitaux où et quand ils veulent, la liberté de vendre et d'acheter des marchandises, des entreprises et des hommes. Elle n'assure en revanche même pas un salaire minimum correct à l'échelle de l'Europe, pas plus qu'elle n'assure une harmonisation de la législation sociale par le haut. Elle n'assure pas les libertés élémentaires. Dans certains pays de l'Union par exemple, le divorce est interdit, dans d'autres il est interdit aux femmes d'accéder à l'IVG. Les trusts d'Europe occidentale n'ont même pas eu besoin de l'intégration de pays de l'Est dans l'Union européenne pour y investir librement en mettant la main sur des secteurs entiers de leur économie. La simple liberté de circulation n'est, en revanche, pas complètement accordée à leurs citoyens.
Les travailleurs n'ont rien à attendre de l'Union européenne, ni de son élargissement. Mais, contrairement à ce que prétendent les nationalistes de tous bords, ils n'en ont rien à redouter non plus. Les coups qui sont portés aux travailleurs ne le sont pas par l'Europe mais par leurs propres grands patrons et par leurs propres États qui les représentent. Ce n'est pas l'élargissement de l'Europe qui est responsable des délocalisations et des licenciements collectifs, mais les patrons qui y procèdent. Ce n'est pas l'Europe unie qui est à combattre, mais le grand patronat.
Le mieux que l'on puisse souhaiter de l'Union européenne, c'est qu'elle facilite même un tant soit peu les liens entre les classes ouvrières des différents pays et que, de ces liens, surgisse la conscience que, par-delà les frontières, les travailleurs constituent une seule et même classe ouvrière.
Et le 1er mai, début d'une Europe élargie, pourrait alors retrouver son sens véritable, celui de la Journée internationale des travailleurs.

Arlette Laguiller



Saint-Martin
Du fuel dans l'eau du robinet

Depuis le vendredi 16 avril, il y a du fuel dans l’eau de St martin, une eau si rare et qui coûte si cher! Ce fuel proviendrait d’une fuite de l’usine EDF. L’eau de mer ainsi polluée a été pompée et dessalée avant d’être distribuée dans le réseau.
Le plus grave est que la population ne l’a pas su : rien sur les radios, un article sur le journal local payant, seulement le mercredi suivant. Dès le lundi les établissements scolaires ont été prévenus, mais certains seulement l’après midi, après la cantine et le brossage des dents des élèves avec l’eau polluée. De l’eau y a aussi été distribuée, mais avec parcimonie : l’équivalent d’un verre d’eau pour la semaine, pour chaque enfant. La mairie se vante (on peut le lire dans le journal France Antilles du 24 en Guadeloupe) de distribuer des bouteille d’eau potable. En réalité, à St Martin même, peu de gens sont au courant : faut-il qu’ils aillent la demander à la mairie? Ils l’ignorent. Chacun doit se débrouiller. Dans le même temps, les promotions sur l’eau en bouteille ont brusquement cessé dans le commerce. Il faut acheter l’eau au prix fort. Les difficultés des uns font les affaires des autres.



Basse-Terre
Dispute pour une (bonne) place

Son échec à la Région à peine digéré, la droite se donne en spectacle autour de la mairie de Basse-Terre. On se souvient que Michaux-Chevry avait cédé sa place de maire à Guy Georges du même parti qu’elle. Tous les deux devaient penser que cette situation, Chevry à la Région et Georges à la mairie resterait immuable. Mais les choses ont changé et toute la Guadeloupe a pu assister au spectacle plutôt lamentable de la lutte entre ces deux politiciens. La presse n’a pas hésité à déclarer qu’entre les deux protagonistes, tous les coups sont permis. Chevry veut «récupérer» sa place, Georges ne veut pas. Pourtant tous deux du même bord, du même parti, pourraient être satisfaits : leur politique sera de toutes façons appliquée à Basse-Terre. Mais apparemment ce n’est pas là l’enjeu, il y a d’autres intérêts. L’affaire semble étouffée pour le moment. Il a été question de faire démissionner les conseillers municipaux et de refaire les élections. Mais Chevry n’en a pas parlé publiquement. Ces politiciens sont probablement moins sûrs de leur succès auprès de la population.



Haïti
Après la chute du régime d'Aristide la situation de la population pauvre empire

Lors de la chute d’Aristide, les affrontements entre les bandes armées rebelles et les chimères ont frappé durement la population pauvre qui pendant des semaines a été démunie. 2 mois plus tard la situation qui étaient intenable ne s’améliore pas.
Alors que les supermarchés, les stations d’essence ou les banques qui avaient été pillées ont été reconstruites et relancent leurs activités par des opérations publicitaires, au bas de la ville les immondices s’entassent aux coins des rues. Le prix des denrées de base est monté en flèche du fait de la spéculation et du marché noir, les déplacements de chaque jour sont une bataille pour les habitants des quartiers populaires.
Bon nombre des entreprises de la zone industrielle sont fermées et le chômage a augmenté en flèche. Dans celles qui sont ouvertes les ouvriers sont soumis à une pression plus grande qu’auparavant. Les patrons ont prétexté la situation chaotique pour compresser le personnel, augmenter les cadences et baisser les salaires qui tombent à moins de deux euros par jour. Ceux qui réagissent sont renvoyés.
Le sentiment de détresse est tel que un travail est vital. Ainsi lors de l’ouverture du recrutement pour la police près de quinze mille personnes se sont précipitées pour postuler au 8000 places proposées. Lors de la bousculade du premier jour un jeune homme de 19 ans est mort étouffé piétiné et 20 autres ont été grièvement blessés. Les inscriptions ont été reportées et trois autres centres ont été ouverts.
Aussi quand le gouvernement demande à la population d’être patiente, que des élections seront réalisées avant la fin de 2005, les habitants des quartiers rigolent, ils remarquent que chacun des politiciens veut faire un tour à la présidence et que eux n’ont personne pour les représenter. N’importe qui pourrait être président cela ne changerait rien à leur sort disent-ils avec amertume puisque même Aristide n’a pas pu terminer son mandat.
Ces élections sont la solution proposée par le président Boniface Alexandre comme objectif principal de son intérim. Il est appuyé par les représentants des gouvernements américains et français qui le félicite pour cette orientation. Ainsi la coopération française finance des stages de formations pour les futurs observateurs du déroulement du scrutin. Quand à l’aide internationale, dite humanitaire, qui est censée inonder le pays, une bonne partie transite par les mains des anciens chimères qui sont toujours présents dans les quartiers populaires et ce sont recyclés en interlocuteur des représentants des impérialistes, comme ces chimères de Cité Soleil qui jouent au football chaque semaine avec les militaires américains.
Voilà la démocratie que demandent les politiciens locaux soutenus par les troupes militaires des impérialistes.



Guadeloupe
La Fête de Combat Ouvrier 2004

Le dimanche 16 mai de 12H à 20 H


La fête se déroulera dans le cadre champêtre du domaine du «Pako» à Baie Mahault. La carte que vous proposent dés maintenant nos militants sera exigée à l’entrée.


Horaires

12h Ouverture de la fête. Prise de contact, apéritif.
12h30 repas ( le menu sera précisé ultérieurement)
15h Allocutions
16h Bal titane
20h clôture de la fête


Tout au long de la fête, vous pourrez:

  • Consulter nos panneaux sur l’activité de nos camarades dans les entreprises, sur nos positions politiques
  • Vous entretenir avec nos camarades sur la politique, la vie, l’activité de Combat-Ouvrier
  • Participer aux forums.. ( présentation d’un sujet suivi d’un débat) sur des événements qui ont marqué la vie politique et sociale des Antilles et du monde.
  • Acheter, consulter livres, brochures et documents à la librairie de la fête
  • Prendre une collation, un café au stand réservé à cet effet
  • Commander des boissons au bar
  • A partir de 16h, danser jusqu’à 20h si vous le voulez.
  • Visiter les stands des autres organisations politiques ou associations qui auront honoré notre invitation à la fête.
  • Vous amuser avec les jeux vidéo, pour les jeunes.

Participation aux frais : 20 euros, 10 euros pour les enfants de moins de 12 ans.

Cette participation comprend l’apéritif, le repas et toute l’animation de la fête à l’exception des collations, du bar et du champagne.

Alors, le 16 mai, soyez nombreux à vous rendre à la fête annuelle de Combat-Ouvrier. Emmenez vos parents, amis, camarades de travail. Réclamez dores et déjà votre carte d’entrée aux militants.

A bientôt, tous!

Une liste "Lutte Ouvrière Ligue Communiste Révolutionnaire (LO-LCR)" en France soutenue par Combat Ouvrier aux élections européennes, dans les régions d'Outre-Mer!

Des listes LO-LCR seront présentes dans les 7 grandes régions de France aux élections européennes prochaines. Des militants de Combat Ouvrier y seront aussi présents dans la grande région des DOM-TOM, dont Ghislaine Joachim-Arnaud sera la tête de liste. Y figureront aussi nos camarades Danielle Diakok et Jean Marie Nomertin ainsi que des camarades de Lutte Ouvrière de l’île de la Réunion.
La huitième région sur laquelle figureront nos camarades recouvre: La Martinique, la Guyane, la Réunion, Mayotte, La Nouvelle Calédonie, la Polynésie et Wallis et Futuna. L’élection a lieu à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne sans panachage. Les sièges sont répartis dans la circonscription entre les listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés.
Evidemment tous ces départements, ces régions et ces territoires d’outre-mer, ex-colonies françaises subissent encore d’importantes discriminations, héritage de l’époque coloniale. Ils sont bien loin de l’Europe! Mais puisque l’occasion est donnée aux travailleurs et à la population de s’exprimer par un vote, eh bien! il sera possible de faire un vote de protestation utile. Il sera possible de dire qu’on rejette la politique des différents gouvernements européens qui s’attaquent aux intérêts des couches laborieuses de ces territoires comme ils le font contre les travailleurs de France.
La présentation d’une liste de travailleurs, de camarades qui militent quotidiennement aux côtés des travailleurs permettra à tous ceux qui condamnent la politique de la droite, tous ceux qui condamnent les attaques contre les intérêts des travailleurs (retraites, sécurité sociale notamment) de le dire. Et aussi, à tous ceux qui estiment que la gauche classique des Hollande, Fabius et autre Strauss-Kahn défend tout autant les intérêts du grand patronat, de voter pour des travailleurs qui défendent résolument les intérêts de leur classe ici, dans les dits DOM-TOM et en Europe.




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