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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 15 mai 2004      N° 903
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Martinique
Semaine sur "la qualité de la vie" espwa a mal papay!

La semaine dernière, les salariés ont pu se frotter les mains de contentement en écoutant radios et télévisions. En effet, c’était la semaine de la « Qualité de vie au Travail », organisée par l’ARACT Martinique (Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) sous l’égide de l’ANACT (Association Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail, établissement public dépendant du Ministère du Travail). D’après ce que les salariés de Martinique ont pu entendre lors des débats et surtout des interventions des responsables de l’ARACT sur les ondes, ils pourraient presque se dire: «A nous la belle vie! l’amélioration des conditions de travail, la prise en compte du stress et du harcèlement au travail, la reconnaissance du travail par un salaire décent, tout cela devient désormais possible. Il suffit que nous soyons deux à le vouloir, le patron et nous salariés!»…Et puis, à la fin de la semaine, les salariés qui écoutaient toujours les radios ont même pu se dire qu’on allait entrer dans une ère nouvelle, celle de la «responsabilité sociétale des entreprises»!!! Mais oui! Mais oui! Il y a même des entreprises qui se sont portées volontaires pour mettre en place les indicateurs permettant d’apprécier l’efficacité sociale, environnementale, aux côtés des traditionnels critères d’efficacité économique.
Cette initiative menée à grand renfort de moyens publicitaires et de communications divers aurait pu avoir un caractère désuet et même dérisoire, tant est immense l’océan de misère et d’injustices sociales qui provient, en Martinique comme ailleurs, du fonctionnement de la société capitaliste.
Mais le contexte actuel n’est précisément pas un contexte d’amélioration des conditions de travail. C’est un contexte de casse organisée par le patronat et l’Etat à son service contre les intérêts des travailleurs. Casse pour des centaines d’ouvriers agricoles de la banane qui se trouvent jetés à la rue, victimes de la stratégie machiavélique des grosses sociétés, casse des statuts de pans entiers des travailleurs de la Fonction Publique, EDF, PTT, Education nationale, etc. Casse des retraites et de l’Assurance maladie.
Alors, oui dans un tel contexte, ce type d’initiative apparaît presque provocateur! De la poudre aux yeux pour faire croire qu’avec de la patience et de la bonne volonté de tous, les choses peuvent s’arranger. Mais aussi pour essayer d’endormir les travailleurs et ainsi les détourner des luttes. Et ce n’est pas le fait qu’il s’agit d’un organisme paritaire géré, par les syndicats de salariés, le patronat et l’Etat, qui change quoi que ce soit à l’affaire.



Victoire des "recalculés"
650 000 chômeurs toucheront leurs 30 mois d'indemnités!

Le 15 avril dernier, un jugement du tribunal de Marseille avait fait grand plaisir au monde du travail: L’UNEDIC et les ASSEDIC des Bouches-du-Rhône avaient été condamnés à rétablir l’indemnisation de 35 chômeurs. Ces derniers avaient été victimes de la réduction de 30 à 23 mois de la durée d’indemnisation chômage, en vertu d’une convention signée en novembre entre le MEDEF et différents syndicats, dont la CFDT. Cette mesure, qui est entrée en application le 1er janvier 2004, touchait 635 000 chômeurs, dits «recalculés». A Marseille, 35 d’entre eux ont porté plainte, et le tribunal a estimé qu’effectivement, il y avait eu rupture de contrat.
Par la suite, 2000 chômeurs ont suivi leur exemple et ont assigné l’UNEDIC en justice pour rupture de contrat.
Lundi 3 mai, le ministre de l’emploi JP Borloo a annoncé que les chômeurs «recalculés», seraient rétablis dans leurs droits. La mobilisation des 35 de Marseille a donc eu raison de cette nouvelle attaque contre des travailleurs déjà privés d’emploi. Il faut dire que la période était bien choisie: après sa défaite lors des dernières Régionales et dans la perspective des élections européennes, le gouvernement préfère prendre un profil plus bas vis-à-vis des travailleurs, qui contraste avec l’arrogance qu’il avait affichée jusqu’ici. Mais après les élections, il n’est pas garanti que cela dure.
Les chômeurs ont tout intérêt à s’organiser, car ceux qui sont indemnisés depuis le 1er janvier ne toucheront leur indemnité que pendant 23 mois. Le recul du gouvernement ne touche en effet que ceux qui sont entrés en chômage avant la date d’application de la convention. Mais comme l’a montré cette première victoire, la lutte paie, il faut donc la poursuivre.
DH: La cour de cassation a donné raison aux chômeurs.



HAÏTI
Un gouvernement qui méprise la population pauvre

Après la chute d’Aristide la préoccupation du gouvernement provisoire est la tenue d’élection, un Conseil Electoral Provisoire a été mis en place le 29 avril avec la mission de réaliser ces élections durant l’année 2005. Sur 9 membres prévus 8 ont été nommés et «Lavalasse» crie au scandale car elle n’a pas encore envoyé son représentant. Les cliques politiques se battent mais la Convergence (ex-opposition à Aristide) est satisfaite en ayant une forte représentation, les Micha Gaillard et autre K. Plim se préparent pour les élections.
Au point de vue de la sécurité, le gouvernement remet en selle les anciens militaires, ils étaient des centaines à se présenter à l’Académie de Police pour soumettre leurs dossiers aux membres de la Commission Spéciale formée par le pouvoir, le dimanche 2 mai 2004. Les militaires démobilisés se sont dits prêts à reprendre leur place au sein des forces de Sécurité Nationale. Ils souhaitent aussi intégrer la police pour pouvoir intervenir dans la lutte contre l’insécurité disent-ils, mais ils ne perdent pas de vue leurs intérêts et exigent du même coup de l’Etat le remboursement de leurs fonds de pension volatilisés sous le régime Lavalas.
Depuis le départ du gouvernement Aristide/Neptune, les prix ont pratiquement doublé, malgré une certaine stabilité de la gourde par rapport au dollar. Il faut aujourd'hui entre 37 et 39 gourdes pour acheter un dollar américain, alors qu'il fallait , il y a peu, jusqu'à 45 gourdes.
Le prix du sac de riz a doublé sur le marché. Le sac de riz qui se vendait en février encore à 1000 gourdes se vend aujourd'hui à près de 2.000 gourdes. Ce n'est seulement le prix du riz qui a augmenté mais le prix de tous les produits de première nécessité. Le ministre du commerce, Saint-Lot, avait promis le mois dernier une baisse substantielle des prix des produits de première nécessité dans les 6 prochains mois. Entre temps, le tableau continue d'être de plus en plus sombre. Les habitants de toutes les régions du pays accusent le gouvernement Latortue de ne rien entreprendre pour faire baisser les prix des produits de première nécessité. Gérard Latortue a rétorqué mardi en accusant les grands commerçants d'être en grande partie responsables de la hausse des prix des produits de première nécessité. "Nous ne voulons pas intervenir pour faire respecter les prix, mais nous allons devoir le faire, si les commerçants persistent à vouloir faire de bénéfices démesurés", a-t-il lancé, affirmant que l'augmentation des prix du riz est également liée à une rareté sur le marché local, suite aux événements du 29 février dernier. Après les pillages par les chimères et la population, les gros commerçants ont rapidement reconstitué les stocks et reconstruit les magasins en augmentant les prix.
Peu avant son départ pour les Etats-Unis pour tenter de convaincre le gouvernement américain et les bailleurs de fonds de voler au secours de son gouvernement incapable de répondre aux revendications les plus élémentaires de la population, près de deux mois après son investiture, Gérard Latortue donnait sa solution et celle des possédants: il «invite la population haïtienne à changer ses habitudes alimentaires en consommant du maïs moulu, du manioc et d'autres produits qu'il estime moins chers que le riz».
Il demande à la population de se serrer la ceinture et d’admettre qu’il y a des produits uniquement réservés à la consommation des privilégiés. Cela exprime le mépris profond du chef du gouvernement intérimaire par rapport à la misère de la population pauvre. Ce politicien a vécu sans privation au sein du système aux USA, il a fait carrière au service des possédants, ce n’est pas lui qui osera toucher aux bénéfices des bourgeois en Haïti. Ces déclarations sont celle d’un larbin utilisant la démagogie pour calmer la population. C’est bien dans l’ordre des choses actuel. Ce nouveau gouvernement ne se préoccupe que des intérêts des possédants. Ceux de l’ancienne armée sont chargés de remettre l’ordre et la sécurité, la démocratie est aux mains du CEP et l’économie dans les mains des patrons, des banquiers, le tout sous la protection des militaires impérialistes!



Guadeloupe
Succès de la manifestation du 1er mai

Quelques milliers de travailleurs ont manifesté le 1er mai dans les rues du Lamentin.
Cette forte mobilisation a été le résultat de la participation unitaire de 9 organisations syndicales. Des syndicats de travailleurs, de la fonction publique et du privé ( CGTG, FAEN/SNCL,FSU, SNETAA-EIL, SNUI-IMPOTS, SPEG, SUD-PTT, UGTG, UNSA) ont appelé à cette manifestation. Un rassemblement a eu lieu sur la place de la Verdure où chaque organisation syndicale a mobilisé ses troupes. Plusieurs tentes ont été installées autour desquelles les manifestants, bien organisés, ont rassemblé banderoles et pancartes pour préparer la manifestation. Un défilé important a parcouru les quartiers de la commune. Les mots d’ordre dynamiques ainsi que les pancartes et les banderoles ont mis en avant les principales revendications des travailleurs. Les employés municipaux et les ouvriers de la banane, largement représentés ont dénoncé les licenciements. Les attaques du gouvernement Raffarin ont également été dénoncées par l’ensemble des manifestants. Le défilé s’est terminé sur la place où les représentants syndicaux ont pris la parole. Le caractère dynamique de cette mobilisation est encourageant pour l’avenir des luttes. C’est dans une ambiance conviviale, autour des stands repas que s’est achevée cette journée.



Guadeloupe
Extrait de l'"Écho des assurances"

AU GAN DES AUGMENTATION DE SALAIRE AU RABAIS
Cette année l’augmentation de salaire s’est faite au minima. Environ 15 euros d’augmentation et une prime de 50 euros. Ce n’est pas avec une telle augmentation que nous pourrons aligner nos salaires sur ceux de Groupama. Il semblerait qu’il y ait une grosse différence et la direction a promis l’alignement ce qui nous ferait une augmentation substantielle. Nous devrons être très vigilant pour voir si la direction tient parole. Raison de plus d’avoir des représentants du personnel à la fois du Gan et de Groupama au sein du GIE.



Guadeloupe
Extrait de "Plantations en lutte"

PAYES EN RETARD: IL NE FAUT PAS LAISSER FAIRE
D. Bureau qui a investi dans des gîtes ruraux prétend aujourd’hui ne pas avoir d’argent pour nous payer nos salaires. Il nous doit déjà 2 quinzaines. Sommes-nous sûrs que Bureau n’a pas d’argent pour nous payer? Nous a-t-il ouvert ses livres de compte? Savons-nous ce qu’il a sur ses comptes bancaires, sur ceux de sa femme?
Si nous ne mettons pas un frein à cette pratique, plus rien n’arrêtera ce petit exploiteur.

UN EXEMPLE A SUIVRE
Chez H. Chaulet nous sommes habituellement payés le 2 de chaque mois. Parfois nous acceptons de l’être le 5. Mais voilà que ce mois-ci H. Chaulet a décidé qu’il ne peut nous payer que le 10. A Fenneteau on lui a fait savoir qu’on lui donne jusqu’au 5 pour nous payer et pas plus tard. Car si on le laisse faire, Chaulet nous payera désormais quand il le voudra bien.

F. LE METAYER: UN PATRON CYNIQUE …
Lors de notre mobilisation pour nous opposer à la vente de la plantation de Fonds Cacao, F. Le Métayer nous a déclaré: il faut que les travailleurs Haïtiens retournent chez eux et ensuite je vendrai mes terres.
Ce patron fait preuve d’un cynisme sans borne. Il estime aujourd’hui qu’il s’est suffisamment enrichi dans la banane grâce à notre travail et à celui des camarades d’origine haïtienne. Et maintenant il veut se débarrasser et de nous et des camarades haïtiens en demandant à ces derniers de retourner chez eux.
Nous n’avons pas l’intention de nous laisser jeter comme on le fait d’un «kleenex».



Guadeloupe
CHU Pointe-à-Pitre Abymes. Extrait de l'"Écho des hôpitaux"

PSYCHIATRIE: TRAVAIL D’ARIANE
Six ans après, la mission Masse revient en Guadeloupe se rendre compte de l’utilisation des moyens mis à la disposition de l’ARH au profit de la psychiatrie.
Il est encore trop tôt pour avoir les impressions de ces missionnaires, mais nous savons tous que la psychiatrie est plutôt en mauvais état: manque de médecins, locaux délabrés…
Actuellement la délocalisation vers un établissement des Abymes et la reconstruction des locaux suscite beaucoup d’espoir chez les employés. Mais ils devront surmonter de nombreux écueils s’ils veulent réellement que la population bénéficie d’un secteur psychiatrique digne de ne nom en Guadeloupe.

LE CHU FAIT-IL FUIR LES MEDECINS?
Pas de médecins depuis 7 mois au CMP de Marie Galante. Insuffisance de couverture médicale sur l’ensemble du secteur psychiatrique, manque de médecins anesthésistes, de radiologue, de cardiologue… Et la liste serait longue!
Peut-on concevoir un CHU dans de telles conditions?

RADIOLOGIE: LE PERSONNEL MONTE AU CRENEAU
Sur cinq appareils mobiles, quatre sont en panne depuis deux mois. Le poste d’IRM n’est utilisé qu’à mi-temps, faute de manipulateurs et de médecins radiologues. Toutes les salles de radiographie conventionnelles présentent des dysfonctionnements. Il manque du personnel de nettoyage, ce qui pose un gros problème d’hygiène.
Face à tous ces problèmes, le personnel a réagi.
Cette fois, la direction semble prendre au sérieux l’appel du personnel: un CHSCT a été convoqué.

PANNE SECHE!
Les agents souhaiteraient pouvoir se doucher après le travail. Mais les douches de certains vestiaires ne fonctionnent plus et cela depuis bien des années. A l’hôpital, l’entretien, connaît pas!




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