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À la Une
ÉditorialLe gouvernement veut rançonner les travailleurs pour renflouer la Sécurité Sociale
A partir de mardi 8 juin jusqu'à la fin juillet, M. Douste-Blazy ministre des affaires sociales présentera aux assemblées et organismes paritaires ses propositions pour combler le trou de la sécurité sociale. La philosophie de son nouveau plan n’innove en rien par rapport aux précédents. Lui comme ses prédécesseurs veulent faire payer aux plus pauvres la facture. Il veut faire en sorte que les travailleurs se sentent responsables de ce déficit.
Rappelons que ce déficit a été causé surtout par le gouvernement qui a exonéré les patrons de charges sociales sans compenser le manque à gagner pour les caisses de la Sécurité Sociale. Entre 1993 et 2003 ces exonérations de cotisations pour les entreprises ont été multipliées par 3. Les patrons doivent 20 milliards d’euros de cotisations à la sécurité sociale. Alors si l’Etat et les patrons payaient, il n’y aurait pas de trou de la sécurité sociale. Il a été causé aussi par la mise au chômage de centaines de milliers de travailleurs qui ne cotisent plus. Les plans sociaux, les licenciements suite aux fermetures d’entreprise par les capitalistes soutenus par le gouvernement sont légion. Les mesures que présente aujourd’hui le ministre et sa tentative de nous culpabiliser sont révoltantes. Il propose de poursuive le non-remboursement de médicaments. Il dit ne pas toucher les cotisations des actifs, mais propose de calculer la CSG ( contribution sociale généralisée) sur non pas 95% mais 97% des salaires. La CSG des retraités augmentera de 0,4%. De plus le forfait hospitalier passera de 13 à 14 euros. Il envisage également de faire payer 1 euro aux patients pour chaque acte médical. Cette dernière mesure, selon lui, pour nous « responsabiliser » et il préconise que les mutuelles ne prennent pas en charge cet euro. Le ministre doit nous prendre pour des débiles ou pour des enfants. Il pense qu’un euro nous fera prendre conscience. Mais il n’est qu’un hypocrite car son euro aura la même vie que le forfait hospitalier. A l’origine, ce dernier coûtait 20 francs, environ 3 euros. Aujourd’hui il est porté à 14 euros…
Sans le dire ce ministre nous traite de voleur, car il dit que pour faire baisser les dépenses de la sécurité sociale il fera la chasse aux congés maladies « bidon ». Le malade sera convoqué devant une commission composée de médecins. Si son congé de maladie n’est pas justifié, il sera condamné à rembourser les indemnités perçues. De plus, il préconise de refaire les cartes vitales, pour apposer la photo du propriétaire. Le but : lutter contre des prétendues fraudes.
A partir de 2007 tous les patients vont être dotés d’un dossier médical dit « partagé » sur lequel seront inscrits tous les actes médicaux. Il pourra être consulté sur internet. Ce dossier sera obligatoire et correctement rempli sinon vous ne serez pas remboursé.
On le voit, le ministre désigne les travailleurs comme responsables du trou de la sécurité sociale que lui et ses compères du patronat ont creusé. Il prend des sommes dans nos poches pour le combler. Il n’est pas questions de faire payer les patrons. Pourtant les affaires de ces messieurs se portent bien. Jamais les sociétés n’ont été aussi rentables. Douste-Blazy propose d’augmenter leurs cotisations de… 0,03%!!! treize fois moins que celles des retraités. Et on n’est même pas sûr qu’ils payeront. Il n’est pas non plus question pour le ministre de s’en prendre aux importants profits réalisés par les firmes pharmaceutiques sur le dos de la sécurité sociale.
Nous n’avons aucune raison d’accepter sans mot dire que le gouvernement continue à nous tondre sous prétexte de trou de la sécurité sociale. Pour faire échec à cette nouvelle mesure anti ouvrière, une seule voie : la lutte et la mobilisation. Tous ensemble, nous travailleurs, pouvons faire reculer le gouvernement si nous sommes suffisamment déterminés pour cela et entraîner avec nous tous ceux qui s’opposent à ces mesures.
Guadeloupe
Les pompiers en grève
Les sapeurs-pompiers professionnels ainsi que les personnels administratifs et techniques se sont mis en grève avec leur syndicat CGTG à partir du 1er juin. Ils ont été ensuite rejoints dans le mouvement par les pompiers volontaires. Ils ont manifesté dans les rues de Pointe à Pitre le samedi 6 juin, et leur démarche a été très bien accueillie par la population qui, à juste titre, se sent concernée.
Ils posent de très nombreux points de revendication (88), qui se sont accumulés au fil des années : des résolutions actées en 1998 ne sont pas encore toutes réglées. Le protocole d’accord de juin 2002 n’est pas appliqué dans son intégralité, alors que d’autres problèmes se sont fait jour depuis.
Il faudrait au minimum l’embauche de 20 sapeurs-pompiers professionnels supplémentaires pour faire face aux besoins urgents. Les conditions déplorables d’hygiène et de sécurité mettent en danger ces travailleurs : le matériel de première nécessité est insuffisant, voire inexistant. Un malade nécessitant l’intervention des sapeurs-pompiers peut être atteint d’une maladie contagieuse très grave. Il faudrait alors un matériel de protection efficace : gants, masque de protection, tenue spéciale à usage unique, qui pour l’instant n’existent pas. Cela protègerait l’intervenant, mais aussi la population et sa famille, qui courent aussi le risque d’être contaminés. En effet, le sapeur-pompier doit continuer ses interventions et rentrer chez lui avec la tenue qu’il portait en secourant le premier malade, faute de possibilité de rechange ! Des protocoles d’intervention Pompier-SAMU sont aussi indispensables. Lorsqu’on leur demande d’intervenir, les pompiers ne sont pas mis au courant de la nature des cas qu’ils ont à traiter. Il serait indispensable qu’ils le soient et qu’ils soient équipés en conséquence, comme le sont les équipes du SAMU.
Le manque de personnel et les conditions de travail dangereuses sont liées à l’insuffisance de financement du département et des communes. Les communes sont pour la plupart endettées auprès de SDIS (Service départemental d’incendie et de Secours), et la participation du département n’a pas été versée dans son intégralité. Pour l’instant, l’administration fait la sourde oreille, mais la manifestation du samedi 6 juin et le soutien de la population les feront peut-être réfléchir avant que l’action se durcisse.
Martinique
Bâtiment: Le cynisme patronal!
Le 19 mai dernier, les patrons et les membres la commission paritaire du Bâtiment et Travaux Publics ont signé un protocole d’accord sur les salaires.
Cet accord prévoit une augmentation de salaires de 2 % et une prime de transport passant de 41,92 € à 50, soit une augmentation mensuelle de 8,08 € concernant cette prime.
A regarder de plus près on se demande si ces patrons ne se moquent pas des ouvriers. Car il s’agit véritablement d’une insulte avec ces miettes accordées aux salariés de ce secteur. Si on prend le cas d’un ouvrier manœuvre ou d’un OHQ, cette hausse ne représente qu’une augmentation horaire de 0,15 € pour l’un et de 0,21.pour l’autre. Soit une somme nette de 4,77 € pour le manœuvre et 6,68 € pour l’OHQ qui vient s’ajouter chichement à leur fiche de paie déjà maigre.
Il a fallu quatre réunions pour arriver à cet accord. De plus, ce patronat a eu le toupet de déclarer au cours des réunions que cette augmentation est en adéquation avec le coup de la vie.
Depuis plus d’un an, les activités dans le BTP se portent bien, partout fleurissent des chantiers, et d’après les estimations de ces patrons la quantité de ciment vendue est passée entre les années 2000 et 2001 de 243014 tonnes à 253571 tonnes soit près de 5 % d’augmentation et de 2002 à 2003 elle s’est pratiquement stabilisée.
Par contre, ces patrons ne viennent jamais dans ces réunions avec leurs livres de comptes pour que les représentants des salariés puissent avoir une meilleure estimation de leur richesse. Les ouvriers finiront bien un jour par l’exiger.
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