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À la Une
ÉditorialPrivatisations, de France Telecom à EDF-GDF, on nous ressort le même sénario
Sarkozy a laissé entendre aux syndicats d'EDF que finalement, il pourrait ne pas ouvrir tout de suite le capital de l'entreprise. En réalité, il ne s'agit pas d'un recul, mais d'une annonce de pure forme, car le texte du projet de loi n'a jamais dit le contraire. Ce qui est indiqué, c'est qu'EDF et GDF sont transformés en sociétés anonymes, dont l'État détient plus de 50% du capital, sans précision sur la date à laquelle le changement interviendra.
De même, quand Sarkozy accepte de voir inscrire dans la loi que l'État ne descendrait pas en dessous d'un seuil de 70% du capital, au lieu de 50% prévu initialement, ce n'est pas non plus un réel recul. Car il est vraisemblable que la privatisation ne se fera pas d'un seul coup: non pas par bonté d'âme vis-à vis des salariés et des usagers, mais tout simplement faute de capitalistes répondant à l'appel. Même si la vente de l'électricité et du gaz sont rentables (en utilisant le réseau déjà construit), il n'y aura pas forcément des dizaines de milliards de capitaux privés pour quitter d'autres placements, eux aussi très rémunérateurs, pour se placer d'un seul coup dans les nouvelles niches offertes à leurs propriétaires.
On a vu la façon dont la privatisation s'est faite à France Telecom. Au début, pour le gouvernement de gauche, le mot était tabou: il n'était question que de changer le statut de l'entreprise, qui avait déjà été séparée de La Poste par un précédent gouvernement de gauche pour constituer une administration distincte, avant d'être transformée en établissement public, puis en société anonyme. C'est la même transformation qui est prévue maintenant à EDF et GDF, qui doivent devenir deux sociétés anonymes différentes.
Pour France Telecom, la gauche plurielle parlait hypocritement d'"ouverture du capital". C'est par étapes successives que le capital privé s'y est introduit. Les premières ont été décidées par le gouvernement Jospin, qui jurait ses grands dieux que jamais la part de l'État ne descendrait en dessous de 50% garantis par la loi. Il ne restait ensuite au gouvernement Raffarin qu'à faire voter une nouvelle loi autorisant France Telecom à faire descendre la part de l'État en dessous de 50%, ce qui fut fait le 31 décembre dernier.
Il est prévu que cette mesure s'appliquera... au moment qui conviendra au gouvernement et à France Telecom, pour des raisons boursières notamment. Depuis le début de l'année, plusieurs fois le bruit a couru que cela allait se faire, mais pour le moment France Telecom n'a pas trouvé l'opportunité et la part de l'État, qui a diminué le 29 avril à l'occasion du rachat de Wanadoo par France Telecom, est encore de 53%. La privatisation n'en poursuit pas moins sa route, et on voit donc ce que valent les promesses d'un Sarkozy aujourd'hui concernant l'électricité et le gaz.
Quant aux garanties d'emplois, les salariés d'EDF-GDF ont toutes les raisons d'être mobilisés, quand on voit comment les travailleurs sont traités à France Telecom. La précarité se développe tandis que les salariés recrutés jusqu'en 1992 continuent, en tant que "fonctionnaires", de bénéficier d'une garantie de salaire, mais doivent accepter des mutations incessantes, avec à chaque fois une dégradation des conditions de travail due à la diminution globale des effectifs.
Enfin, en ce qui concerne l'ouverture à la concurrence, là aussi il y a le précédent du secteur des Telecoms, et la façon dont il a été ouvert au profit de Bouygues et de Vivendi. La différence est que, pour les Telecoms, la gauche avait mis en oeuvre en 1998 la politique prévue en 1996 par le gouvernement Juppé et son ministre Fillon, tandis qu'à EDF la droite prolonge les mesures décidées par le gouvernement Jospin.
Article paru dans le numéro 1972 du 18 juin de Lutte Ouvrière.
Sécurité Sociale
La réforme sur le dos des travailleurs se met en place
Le mercredi 16 juin Douste-Blazy, ministre de la santé et de la protection sociale, a présenté son projet de réforme de la Sécurité Sociale au conseil des ministres qui l’a adopté. Les prochaines étapes avant son application sont ses passages devant les députés puis devant les sénateurs. Il n’a pas eu l’accord des syndicats, mais il a bénéficié de leur neutralité bienveillante. CGT et FO, ne sont pas donné les moyens de mobiliser les travailleurs le mardi 15 pour préserver leur droit à la santé et contre le vol que constitue cette prétendue réforme de la Sécurité Sociale. La manifestation contre la réforme fut un échec et conforte le ministre a poursuivre sa réforme dans la voie choisie. Douste-Blazy se fait fort d’ici 2007 d’économiser 10 milliards d’euros et trouver 5 milliards presque exclusivement sur la santé des travailleurs et dans leurs poches. Les mesures phares sont:
- 1 euro supplémentaire qu’on aura à acquitter lors d’un acte médical. On sera exonéré si l’acte conduit à une hospitalisation. Sont exclus du paiement de cette immonde taxe les femmes enceintes et les bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle);
- Augmentation du forfait hospitalier qui de 13 euros passera progressivement à 16 euros en 2007;
- Augmentation de la CSG (contribution sociale généralisée) pour les travailleurs et surtout pour les retraités qui verront leur taxation s’accroître de 0,4%;
- Prolongation de la CRDS ( contribution au remboursement de la dette sociale ).
Douste-Blazy prévoit pour les patrons une augmentation de le C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés) de 0,03% mesure qui amènera dans les caisses de la sécurité 760 millions d’euros. Donc le ministre qui prévoit 5 milliards de recette supplémentaire pensent les prendre uniquement dans les poches des travailleurs.
De plus il les accompagne de mesures vexatoires sous prétexte de réaliser des économies.
- Contrôle plus accru des congés de maladie;
- Obligation de prouver son identité lors de l’utilisation de la carte vitale;
- Obligation d’avoir un médecin traitant et de le consulter avant un spécialiste. Sinon on paie plus cher et on est moins bien remboursé;
- Institution du dossier médical personnel qui contiendra tous les soins reçus par le patient, et devra être consulté par tous les praticiens avec tout acte sinon sanction.
Tous ces contrôles visent à rendre impossible l’accès à des soins de qualité au travailleurs, alors qu’ils paieront plus. Les riches eux ne sont pas concernés, ils peuvent toujours payer pour se faire soigner correctement dans une clinique privée.
Guadeloupe
Les pompiers ont obtenu satisfaction sur deux points essentiels
Après quinze jours de grève, les pompiers ont repris le travail administratif. Un protocole de suspension de conflit a été signé entre les représentants du personnel syndiqués à la CGTG et le bureau du Conseil d’administration.
Ils s’étaient fixé comme objectifs prioritaires l’embauche effective de 20 pompiers et le règlement du litige concernant les véhicules de service. Ils ont obtenu le recrutement de trente pompiers professionnels sur l’exercice budgétaire 2005. Le concours de recrutement aura lieu au cours du dernier trimestre 2004, la moitié des postes seront attribués à des pompiers volontaires désirant devenir professionnels, l’autre moitié à des candidats extérieurs. Par ailleurs, les départs en retraite seront remplacés indépendamment des embauches.
Les pompiers contestaient aussi le fait que certains cadres se soient attribué des véhicules de service qu’ils ont transformés en véhicules de fonction, utilisés pour leurs besoins personnels. Cela est d’autant plus choquant que les pompiers du rang, eux, manquent des moyens les plus élémentaires pour effectuer leur mission de façon efficace et sécurisée. Sur ce point de désaccord, ils ont obtenu un consensus: la distinction a été faite entre les véhicules de fonction, attribués au Directeur et Directeur adjoint, et les véhicules de service, qui devront être remisés dans les centres de secours les week ends et les jours de fête pour les groupements opérationnels.
De nombreux autres points de revendications restent encore en suspens. D’autres réunions sont prévues: avec le directeur du SDIS (service départemental d’incendie et de secours) le 1er juillet, et avec le bureau du Conseil d’administration le 6 juillet. Une rencontre a été organisée par la préfecture entre le directeur du SDIS et l’ARH concernant le protocole Pompiers-SAMU et les relations avec le service des Urgences à l’Hôpital.
Malgré certains efforts de leur direction, relayée par une partie de la presse, pour les faire passer pour des «privilégiés», les pompiers ont eu le soutien de la population qui, selon divers témoignages, a bien compris leur mouvement. Il faut souligner que les 80 gardes annuelles effectuées par les pompiers opérationnels durent 24 heures, durant lesquelles ils doivent rester en caserne, dans des conditions de confort souvent rudimentaires qu’ils mettent en cause dans leur cahier de revendications. Cette convention, qui tient compte du contexte local, a été l’aboutissement d’une de leurs revendications.
Concernant leurs autres revendications non satisfaites, ils attendent le résultat des futures négociations pour déterminer quelles suites donner au conflit.
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